Il n’y a «pas de baguette magique» pour résoudre la crise économique au Liban

Najib Mikati. (Fourni)
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Publié le Jeudi 11 novembre 2021

Il n’y a «pas de baguette magique» pour résoudre la crise économique au Liban

  • Le Liban fait actuellement face aux retombées diplomatiques des commentaires formulés par le ministre de l'Information sur la guerre au Yémen
  • Le Hezbollah insiste sur le fait que les propos du ministre de l'Information, George Kordahi, ne doivent pas le conduire à la démission

BEYROUTH: Le gouvernement libanais n'a pas de «baguette magique» pour résoudre la crise économique du pays, a déclaré mercredi le Premier ministre du pays du Cèdre, Najib Mikati, adressant ainsi sa sympathie à la population, qui rencontre d’importantes difficultés.

Il a tenu ces propos après avoir rendu visite au métropolite de l’archidiocèse grec-orthodoxe de Beyrouth, Élias Aoudé, avec lequel il a également évoqué les problèmes qui entravent l'enquête sur l'explosion meurtrière du port survenue l'année dernière.

Le Hezbollah et le mouvement Amal demandent que le juge Tarek Bitar soit retiré de l'enquête sur cette tragédie; tous deux ont décidé de boycotter, jusqu'à ce qu'il soit dessaisi, les sessions du Cabinet, que le Premier ministre a remplacé par des réunions mini-ministérielles destinées à traiter les questions essentielles.

«Nous n'avons pas de baguette magique», déclare Mikati, répondant aux appels exprimés pour activer le rôle du gouvernement afin de sauver le Liban de la crise économique. «Nous sommes conscients des inquiétudes des citoyens et nous cherchons à alléger certaines charges, notamment les conditions de vie.»

Il ajoute que la justice libanaise doit assumer son rôle de manière équitable et adopter des lois unifiées pour atteindre des résultats. «Nous soutenons le maintien de Bitar et nous n'interférons pas dans le système judiciaire.»

Mardi dernier, un groupe de militantes a pris d'assaut le palais de justice de Beyrouth et a scellé le bureau du juge Habib Mezher pour protester contre sa «tentative illégale de retirer l'affaire à Bitar et de s’approprier les enquêtes confidentielles».

Le Club des juges libanais exhorte les politiciens à cesser de s'ingérer dans la justice pour le bien du pays afin que le processus judiciaire suive son cours sans aucun abus. «Sinon, l'histoire risque de ne pas être clémente», prévient-il.

Par ailleurs, le Liban fait actuellement face aux retombées diplomatiques des commentaires formulés par le ministre de l'Information sur la guerre au Yémen.

La tentative entreprise par la Ligue arabe pour régler le conflit entre le Liban et l'Arabie saoudite a échoué, en dépit de la médiation du secrétaire général adjoint de l'organisme, Hossam Zaki.

 

Nous n'avons pas de baguette magique. Nous sommes conscients des inquiétudes des citoyens et nous cherchons à alléger certaines charges, notamment les conditions de vie.

 

 

Najib Mikati

Le Hezbollah insiste sur le fait que les propos du ministre de l'Information, George Kordahi, ne doivent pas le conduire à la démission.

Mikati a réaffirmé que les liens fraternels qui unissent le Liban et les pays du Golfe constituent une priorité et il a une nouvelle fois appelé le ministre à démissionner, soulignant que «l'intérêt national suprême, dans les affaires politiques et dans les relations internationales, doit prévaloir sur les intérêts factionnels et personnels».

Il a rencontré mercredi dernier les ambassadeurs du Liban en Arabie saoudite et à Bahreïn, Fawzi Kabbara et Miled Nammour. Ils sont rentrés au Liban après avoir été renvoyés de ces deux pays du Golfe.

Tous deux ont exprimé leur crainte que cette crise affecte l'avenir des relations bilatérales avec les pays du Golfe et les intérêts des communautés d'expatriés libanais.

Ils ont indiqué à Mikati que, au moment de leur départ, les responsables saoudiens et bahreïnis les avaient assurés qu’ils étaient profondément soucieux de conserver des liens étroits avec le Liban, rappelant la solide amitié qui les unissait au peuple libanais.

Les deux ambassadeurs ont souligné que, avec le temps, il serait plus difficile de rétablir les liens.

Le journal Al-Qabas, citant une source sécuritaire koweïtienne, a rapporté mercredi dernier: «Le ministère koweïtien de l'Intérieur a cessé de délivrer toutes sortes de visas aux Libanais jusqu'à nouvel ordre dans le contexte de la récente crise diplomatique entre les pays du Conseil de coopération du Golfe et le Liban.»

La même source déclare au journal: «Les Libanais qui résident au Koweït ne sont pas inclus dans cette décision et ils ont le droit de retourner dans le pays. Les visas pour les familles, les touristes, les hommes d'affaires et les représentants du gouvernement, ainsi que les visas de travail, ne seront plus accordés.»


Syrie: deux civils tués dans une région druze 

Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales. (AFP)
Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales. (AFP)
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  • Une des sources de sécurité druze a déclaré qu'un obus tiré depuis un secteur contrôlé par le gouvernement avait "visé la périphérie de la ville de Soueïda"
  • L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a également fait état de deux morts et de combats

SOUEIDA: Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales.

La situation est tendue dans la province de Soueïda, où vivent de nombreux membres de cette minorité issue du chiisme, depuis des affrontements meurtriers il y a un an, les pires depuis la chute du président Bachar al-Assad fin 2024.

Une des sources de sécurité druze a déclaré qu'un obus tiré depuis un secteur contrôlé par le gouvernement avait "visé la périphérie de la ville de Soueïda, touchant un tracteur et tuant les deux personnes qui se trouvaient à bord: le conducteur et une femme".

Cette source, qui a requis l'anonymat, a également indiqué que "des affrontements intermittents ont lieu entre la Garde nationale et les forces gouvernementales depuis samedi soir", faisant référence au groupe armé de l'influent chef druze Hikmat al-Hijri.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a également fait état de deux morts et de combats.

La deuxième source de sécurité, qui s'est rendue sur le site de la frappe, a dit avoir vu le tracteur "entièrement brûlé", ajoutant que les deux victimes étaient des agriculteurs.

Le gouvernement syrien n'a pas immédiatement réagi à ces informations.

Des factions druzes contrôlent la ville de Soueïda et d'autres secteurs de la province du même nom malgré des tentatives de Damas d'y rétablir son autorité.

Il s'agit de l'une des dernières zones échappant au gouvernement islamiste qui cherche, depuis fin 2024, à unifier le pays, morcelé par plus de 13 ans de guerre.

Samedi, des groupes armés druzes avaient empêché des élèves de se rendre à leurs examens dans un secteur de la province contrôlé par le gouvernement.

La province de Soueïda avait été le théâtre en juillet 2025 d'affrontements entre combattants druzes et bédouins, qui avaient dégénéré après l'intervention de forces gouvernementales, puis de combattants tribaux en appui aux Bédouins.

Ces violences, les pires depuis fin 2024, avaient fait plus de 2.000 morts, selon l'OSDH. D'après des survivants et des ONG, elles avaient été marquées par de nombreuses exactions visant les druzes.

Damas a récemment annoncé avoir renvoyé plusieurs personnes devant la justice dans le cadre de l'enquête sur ces affrontements.

En 2025, l'armée israélienne avait bombardé des positions gouvernementales, affirmant vouloir protéger la communauté druze, présente aussi en Israël.

Hikmat al-Hijri a déclaré cette semaine que "les druzes étaient partie intégrante de l'Etat d'Israël".


A Tripoli, la Syrie et la Libye officialisent leur rapprochement diplomatique

 Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.  (AFP)
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne. (AFP)
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  • "Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne"
  • Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi

TRIPOLI: Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.

"Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne", a déclaré le ministre syrien, qui a tenu des discussions avec son homologue libyen par intérim Taher El-Baour et a été reçu par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, chef du gouvernement libyen reconnu par l'ONU.

Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi.

"Cette ambassade assurera le suivi administratif des Syriens qui se sont réfugiés en Libye pendant les années de guerre, à une époque où il n'y avait plus de représentation diplomatique, Tripoli ayant rompu ses relations avec l'ancien régime", a ajouté M. Chaibani.

Selon l'agence officielle syrienne Sana, la communauté syrienne en Libye est estimée à environ 200.000 personnes.

"Nous avons également convenu de renforcer la coordination sécuritaire pour lutter contre l'immigration clandestine, ainsi que contre les stupéfiants et les organisations terroristes", a-t-il poursuivi.

Durant les dernières années du conflit en Syrie (2011-2024), la Libye est devenue un terrain d'affrontement entre des forces loyales à Bachar al-Assad et des factions de l'opposition et islamistes syriennes.

Des mercenaires issus des deux camps y ont combattu pour le compte de leurs parrains russes et turcs respectifs, qui soutenaient des camps opposés dans le conflit libyen.

A la mi-août 2025, une délégation dépêchée par Damas avait rouvert l'ambassade de Syrie à Tripoli, fermée depuis 2012, sans toutefois reprendre immédiatement la fourniture de services consulaires.


Les Emirats arabes unis disent avoir fait face à un drone venant d'Iran

Une vue de Dubaï. (AFP)
Une vue de Dubaï. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont affirmé lundi avoir "réagi" à un drone provenant d'Iran détecté au-dessus de leurs eaux territoriales
  • Les forces aériennes émiraties "ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont affirmé lundi avoir "réagi" à un drone provenant d'Iran détecté au-dessus de leurs eaux territoriales, après que Téhéran a dit avoir attaqué une base américaine dans le pays du Golfe.

Les forces aériennes émiraties "ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X.