Le succès des talibans afghans enhardit leurs homonymes pakistanais

Le porte-parole de Tehreek-e-Taliban Pakistan, Shahidullah Shahid, à droite, s'exprime lors d'une conférence de presse dans un lieu tenu secret au Pakistan, le 21 février 2014. (Photo, AFP)
Le porte-parole de Tehreek-e-Taliban Pakistan, Shahidullah Shahid, à droite, s'exprime lors d'une conférence de presse dans un lieu tenu secret au Pakistan, le 21 février 2014. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 13 novembre 2021

Le succès des talibans afghans enhardit leurs homonymes pakistanais

  • Mouvement distinct des talibans afghans, mais mû par la même idéologie et une longue histoire commune, le TTP a mené d'innombrables attentats qui ont ensanglanté le Pakistan entre sa création, en 2007, et 2014
  • «Depuis la chute de Kaboul, (nos combattants) peuvent bouger (plus) librement côté afghan. Ils n'ont plus peur des drones américains, et ils peuvent se rencontrer et communiquer facilement»

PESHAWAR : La prise de pouvoir des talibans en Afghanistan a donné un élan supplémentaire à leurs homonymes pakistanais, déjà renaissants depuis un an, forçant Islamabad à négocier avec eux pour éviter un retour à l'époque où ils terrorisaient le Pakistan.


Mouvement distinct des talibans afghans, mais mû par la même idéologie et une longue histoire commune, le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) a mené d'innombrables attentats qui ont ensanglanté le Pakistan entre sa création, en 2007, et 2014.


Affaibli ensuite par d'intenses opérations de l'armée, il a dû se replier de l'autre côté de la frontière, dans l'Est afghan, et réduire ses attaques sur le sol pakistanais.


Mais il est revenu en force depuis plus d'un an, sous l'impulsion d'une nouvelle direction, et encore plus après le retour au pouvoir des talibans afghans en août.


"Depuis la chute de Kaboul, (nos combattants) peuvent bouger (plus) librement côté afghan. Ils n'ont plus peur des drones américains, et ils peuvent se rencontrer et communiquer facilement", confie à l'AFP une source au sein du TTP.


Ce regain de confiance a été illustré fin octobre par la publication de photos du chef du TTP, Noor Wali Mehsud, circulant sans se cacher en Afghanistan, serrant les mains d'habitants et s'exprimant en public. Ce qui aurait été inimaginable sous l'ancien gouvernement afghan, pro-occidental.


Le TTP a aussi revendiqué 32 attaques en août et 37 en septembre, soit le total mensuel le plus élevé depuis "cinq ou six ans", relèvent les chercheurs Amira Jadoon et Abdul Sayed dans un récent article. Il en avait revendiqué 149 en 2020, soit trois fois plus qu'en 2019.


Le groupe "veut reproduire la réussite des talibans afghans", note Syed Irfan Ashraf, chercheur à l'université de Peshawar.


Le TTP a été créé par des jihadistes pakistanais alliés à Al-Qaïda, qui avaient combattu aux côtés des talibans en Afghanistan dans les années 90, avant de s'opposer au soutien apporté par Islamabad aux Américains après l'invasion de ce pays en 2001.

Nouvelle cohésion
Ses membres sont principalement d'ethnie pachtoune, comme les talibans afghans, que le Pakistan a longtemps soutenus clandestinement pour maintenir son influence en Afghanistan et y circonscrire celle de son éternel rival, l'Inde.


Né dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, à la frontière avec l'Afghanistan, le TTP a tué en moins d'une décennie des dizaines de milliers de civils pakistanais et membres des forces de sécurité.


L'opération Zar-e-Azb, lancée par l'armée pakistanaise en 2014, a permis de chasser des zones tribales le TTP, déjà amoindri par les tirs de drones américains, les divisions internes et les ralliements à la franchise régionale du groupe Etat islamique (EI-K).


Affaibli à partir de 2015, le TTP s'est redressé après la mort en 2018 de son chef, Maulana Fazlullah, tué par un drone.


Contesté en interne, il a été remplacé par Noor Wali Mehsud, membre de la redoutée tribu Mehsud, originaire du Waziristan du Sud, celle du fondateur du TTP, Baitullah Mehsud.


Sous son nouveau commandement, le mouvement a retrouvé une cohésion à partir de l'été 2020 en ralliant une dizaine de factions, proches d'Al-Qaïda ou de retour après avoir un temps quitté le TTP.


Au même moment, l'EI-K était affaiblie en Afghanistan, pris en étau entre l'armée gouvernementale, aidée des Etats-Unis, et les talibans, alors insurgés.


Pour tenter d'améliorer l'image de son groupe et se distinguer de l'extrémisme de l'EI-K, Noor Wali Mehsud a exigé que les attaques se concentrent sur les forces de sécurité et non plus les civils.

Négociations à petits pas
Il a réaffirmé son soutien aux talibans afghans, désormais à couteaux tirés avec l'EI-K, devenu leur principal adversaire et qui multiplie les attaques sanglantes à Kaboul et ailleurs.


Fort de 2 500 à 6 000 combattants selon l'ONU, le TTP fait à nouveau peur dans les zones tribales, même s'il ne les contrôle plus en partie comme au début des années 2010.


Ses militants ne s'y manifestent pas ouvertement comme avant, "mais les gens peuvent sentir leur présence", surtout la nuit, raconte à l'AFP un notable de la tribu Mehsud.


Dans son district du Waziristan du Sud, très traditionnel et religieux, "la plupart des gens aiment les talibans afghans, car ce qu'ils font l'est au nom de l'islam", dit-il.


Le TTP reste apprécié par certains, mais les gens craignent surtout que son retour ne rouvre une ère de violences.


Le gouvernement pakistanais, qui ne cache pas sa préoccupation, a annoncé en octobre avoir ouvert des négociations de paix avec le TTP, pour la première fois depuis 2014.


Les deux parties ont indiqué en début de semaine avoir conclu un cessez-le-feu d'un mois, éventuellement renouvelable pour la durée des pourparlers.


Le TTP avait fait de la libération d'une centaine de ses membres une pré-condition à cette trêve, selon la source interne au groupe. Mais les autorités n'ont pas confirmé avoir accédé à cette demande.


Islamabad avance à petits pas dans ces négociations, échaudé par des accords passés jamais suivis d'effet.


D'après la radio Mashaal, ces négociations sont parrainées par Sirajuddin Haqqani, ministre afghan de l'Intérieur et chef du réseau Haqqani, classé terroriste par Washington mais également réputé de longue date très proche de l'armée pakistanaise.

En Afghanistan, la justice des talibans toujours dans le flou

KANDAHAR : Dans un QG taliban du sud afghan, 12 accusés attendent d'être jugés dans une petite pièce recouverte d'un tapis. Une cellule improvisée, où la justice du nouveau régime tarde à passer.


Aucun de ces détenus du district de Panjwai n'a encore vu le juge, occupé ailleurs. En attendant, les soldats talibans se font parfois juges, jury et exécuteurs, avec quelques rudiments de loi islamique.


Ils ont ainsi décidé de garder un homme d'affaire de 41 ans, arrêté pour une dette non réglée, jusqu'à ce qu'il la rembourse à son créditeur, explique à l'AFP le "condamné", qui dit s'appeler Haji Baran.


Cette décision rapide semble lui convenir. "Pour ça, la loi islamique est bonne", souligne-t-il.


L'instauration d'une justice islamique rapide, efficace, équitable est au coeur du projet politique et idéologique des talibans.


Bien avant le retour au pouvoir à la mi-août, l'instauration de tribunaux islamiques a été pour les talibans "un moyen de conquérir le pouvoir", avance Adam Baczko, chercheur spécialiste de l'Afghanistan qui a mené une enquête de terrain sur le sujet entre 2010 et 2016.


"A partir de 2004, dans les zones qu'ils contrôlaient, les gens se tournaient vers eux", rappelle-t-il, car ils étaient "de plus en plus mécontents de l'ingérence des troupes occidentales et du système judiciaire officiel qui apparaissait comme corrompu et népotique". 


Mais trois mois après leur prise de pouvoir, la généralisation de la justice talibane reste encore embryonnaire. 


«La fille était d'accord»

A quelques kilomètres de là, dans la prison centrale de Kandahar, Mansour Maulavi, son directeur adjoint, fait visiter les baraquements à l'odeur fétide, où 200 suspects de crimes sont détenus.


A la main il tient un câble électrique, qui peut servir à repousser et fouetter d'éventuels prisonniers récalcitrants. 


Les procédures sont les mêmes que celles qu'avaient les talibans lorsqu'ils étaient encore une rébellion, explique M. Paulavi, qui dirigeait alors leur prison clandestine locale.


"Nos juges viennent et décident" du sort de ces prisonniers "selon la charia" (la loi islamique), explique-t-il. 


Un homme, arrêté il y a deux mois alors qu'il se trouvait chez lui avec une adolescente de 14 ans, est extrait de sa cellule.  


La jeune fille "était d'accord pour se marier, mais pas ses parents, c'est pour ça qu'ils ont appelé les talibans", raconte l'accusé, Mohammad Naeem, 35 ans, assis en tailleur dans la cour de la prison. 


"Mais je n'ai pas touché la fille, ils peuvent faire des tests et vérifier", plaide-t-il. 


S'il est reconnu coupable de relation sexuelle hors mariage, donc d'adultère, il encourt en théorie la lapidation à mort. Mais il affiche sa confiance envers "la loi islamique", qui permettra selon lui de montrer qu'il n'a "rien fait de mal".


Châtiments violents

Le souvenir des châtiments corporels cruels et radicaux infligés par les talibans dans les années 90 (lapidation, homosexuels morts écrasés sous des tas de briques...) hante toujours une partie de la population.


Mais les talibans d'aujourd'hui, qui doivent gagner la confiance de la population pour asseoir leur règne, semblent vouloir parfois éviter les peines les plus sévères, par exemple en invoquant l'absence de témoins.


Ils s'attachent également en priorité à limiter les dérapages susceptibles de ternir leur image et la respectabilité dont ils ont besoin pour trouver des ressources et obtenir de l'aide internationale.


"Si quelqu'un prend sur lui de tuer une personne, même s'il s'agit d'un de nos hommes, il devra faire face à la loi", a assuré le porte-parole du gouvernement, Zabiullah Mujahid, après que des hommes se présentant comme des talibans ont tué trois convives d'un mariage qui y avaient mis de la musique (interdite par les talibans des années 1990, ndlr). 


Cela n'empêche pas les autorités talibanes d'utiliser des images de châtiments violents pour nourrir la crainte et la dissuasion. 


Le 26 septembre à Herat (ouest), elles ont ainsi pendu à des grues les corps de quatre hommes accusés de rapt et tués par des policiers, pour "donner une leçon aux autres ravisseurs pour qu'ils ne kidnappent ou ne harcèlent personne", selon le gouverneur de la province Ahmad Muhajir.

«Des gages»
Pour Adam Baczko, les talibans tentent actuellement "de trouver une voie entre leur idéologie, qui les amène à être particulièrement répressifs", sur les questions de moeurs notamment, "et une volonté de donner des gages aux instances internationales" en respectant un fonctionnement bureaucratique et certaines normes, y compris sur les droits de l'Homme.


"Le simple fait de parler ce langage", sans préjuger des actes futurs, est "l'évolution la plus importante du mouvement depuis les années 1990", souligne-t-il.


Dans la plus vaste prison de Kaboul, vide depuis que les talibans ont libéré les détenus à la mi-août, un des responsables de l'administration pénitentiaire talibane, Asadullah Shahnan, prépare la réouverture.


Lui qui fut détenu pendant six ans à la prison de Pul-e-Charkhi a beaucoup à redire sur la manière dont il fut traité. Il se rappelle notamment que les jours d'exécution, les prisonniers étaient amenés aux fenêtres et forcés de regarder.


"Nous ne ferons pas comme ça", assure-t-il, suggérant que les talibans ont tourné la page des années 1990, lorsqu'ils flagellaient ou exécutaient des condamnés en public dans les stades ou sur les places des villes. 


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.