France: en Alsace, l'industrie textile relocalisée devient une filière d'avenir

Emmanuel Lang et le PDG de Velcorex, Pierre Schmitt posent à l'usine de fabrication d'Hirsingue, dans l'est de la France, le 8 novembre 2021. (Photo, AFP)
Emmanuel Lang et le PDG de Velcorex, Pierre Schmitt posent à l'usine de fabrication d'Hirsingue, dans l'est de la France, le 8 novembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 13 novembre 2021

France: en Alsace, l'industrie textile relocalisée devient une filière d'avenir

  • A la frontière du massif des Vosges, il faut avoir du souffle pour suivre Pierre Schmitt, le patron du groupe Velcorex-Emmanuel Lang, lorsqu'il arpente ses usines installées sur plusieurs hectares
  • Dans ces vastes locaux, des dizaines de machines, parfois longues de plus de 70 mètres, coupent, désencollent, sèchent, brossent, blanchissent ou teignent les tissus

SAINT-AMARIN, France : Elle avait l'image d'une industrie du passé, elle pourrait devenir l'un des moteurs de la transition écologique: en Alsace, dans l'Est de la France, toute une filière de production de lin textile a été relocalisée, capable aujourd'hui de fournir des vêtements 100% français et de créer demain des matériaux composites.


A la frontière du massif des Vosges, il faut avoir du souffle pour suivre Pierre Schmitt, le patron du groupe Velcorex-Emmanuel Lang, lorsqu'il arpente ses usines installées sur plusieurs hectares à Saint-Amarin dans le département du Haut-Rhin.


Dans ces vastes locaux, des dizaines de machines, parfois longues de plus de 70 mètres, coupent, désencollent, sèchent, brossent, blanchissent ou teignent les tissus. Ces bijoux de mécanique et d'électronique ont été conservés in extremis lorsque cet entrepreneur âgé de 68 ans a repris d'anciennes entreprises textiles locales, promises à la liquidation au début des années 2010.


"Moi je suis normal. Simplement je n'aime pas le gâchis. Les fous sont ceux qui laissent partir un savoir-faire et des machines qui sont le résultat de dizaines d'années d'expérience, et qui disent que c'est la fatalité", explique-t-il. "Malheureusement, il y a en France un laxisme généralisé. Le pays est fou de laisser partir son industrie".


A force de vouloir maîtriser toute la chaîne de production, son groupe est parvenu, près de 20 ans après la délocalisation des dernières filatures de lin françaises, à faire revenir des machines de Hongrie pour en rouvrir une à Hirsingue (Haut-Rhin) en 2020.


"Aujourd'hui on est les seuls à pouvoir dire que le lin, lui-même produit en France, est filé chez nous, tissé chez nous, et ennobli chez nous", se félicite-t-il.


La toute première collection issue de cette production intégralement française, avec des jeans, des vestes, et des pantalons en velours de lin, est présentée au salon du Made in France à Paris, jusqu'au 14 novembre.

«Écosystème d'innovation»

Au-delà de son groupe, qui emploie désormais 150 personnes et continue à recruter, Pierre Schmitt se réjouit de voir la filière se structurer dans l'Hexagone: le pays est le premier producteur mondial de lin textile, et dispose, avec la société Schlumberger, installée à Guebwiller (Haut-Rhin), du leader mondial de la fabrication de machines pour fibres longues (lin, chanvre, laine et orties).


En Alsace, le groupe compte mobiliser les écoles d'ingénieurs textiles, créées à l'époque de la révolution industrielle, pour développer des projets de recherche.


"La proximité, c'est la condition indispensable pour créer un écosystème d'innovation. C'est ce que nous sommes en train de faire", assure Pierre Schmitt. "Je suis convaincu que nous pourrons bientôt déposer des brevets".


Son ambition porte sur la conception de nouveaux matériaux: mélangées à des résines, les fibres textiles peuvent remplacer certains plastiques, dérivés du pétrole ainsi que les fibres de verre et de carbone.


"La fibre de verre n'a aucune souplesse, elle est inerte, elle casse au moindre choc", explique Christian Didier, le directeur de la filiale Emmanuel Lang. "Alors que le lin a plusieurs atouts: il est plus léger, il est recyclable, et il absorbe les chocs".


Les applications de ces matériaux composites sont multiples. L'entreprise va participer à la confection de la coque du bateau de Roland Jourdain pour le prochain Vendée-Globe. Un constructeur automobile s'y intéresse pour fabriquer les éléments rigides du tableau de bord de ses véhicules. Et d'autres usages, dans l'isolation thermique et phonique des bâtiments, sont également envisagés.

«Il faudrait les banques»
Pour mener à bien tous ces projets, le groupe cherche à se projeter sur "le temps long", mais peine encore à réunir les fonds nécessaires à ses investissements.


"C'est sûr que le manque de moyens nous a freinés, on a déjà perdu deux à trois ans", estime Pierre Schmitt, qui avait hypothéqué sa maison pour financer les premières activités du groupe.


Son groupe recherche 10 millions d'euros pour de nouveaux développements, et élabore des solutions alternatives: un financement participatif a été lancé et une enveloppe de 2,6 millions d'euros a été obtenue auprès de l'Etat dans le cadre du plan de relance.


Des aides insuffisantes néanmoins pour boucler le budget. "Pour terminer le financement, il faudrait les banques, mais comme les entreprises que nous avons reprises ont perdu de l'argent par le passé, et qu'en plus c'est le secteur textile, on a deux préjugés énormes qui jouent en notre défaveur", regrette le patron qui réfléchit à solliciter des bailleurs de fonds étrangers.


Marchés mondiaux: l'inflation américaine éclipse le pétrole et l'IA

Les marchés mondiaux ont les yeux tournés vers l'inflation américaine mercredi qui éclipse les moteurs habituels des algorithmes boursiers, la volatilité du pétrole et des valeurs de la tech. (AFP)
Les marchés mondiaux ont les yeux tournés vers l'inflation américaine mercredi qui éclipse les moteurs habituels des algorithmes boursiers, la volatilité du pétrole et des valeurs de la tech. (AFP)
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  • Des chiffres plus élevés que prévu pourraient accélérer la hausse des taux d'intérêt, d'abord sur le marché obligataire puis sur décision des banques centrales lors de leur prochaine réunion en septembre
  • "Les marchés s'attendent toujours à une hausse des taux de la Fed (Réserve fédérale américaine, ndlr) d'ici la fin de l'année, mais cette hausse est sans cesse repoussée : la probabilité d'un relèvement en septembre est actuellement d'environ 50%"

PARIS: Les marchés mondiaux ont les yeux tournés vers l'inflation américaine mercredi qui éclipse les moteurs habituels des algorithmes boursiers, la volatilité du pétrole et des valeurs de la tech.

"Environ 30% des économistes s'attendent à une publication de l'inflation inférieure à 3,4% (en glissement annuel), alors que seulement 12% d'entre eux anticipent une inflation plus élevée", d'après Florian Ielpo de la banque privée suisse Lombard Odier.

Des chiffres plus élevés que prévu pourraient accélérer la hausse des taux d'intérêt, d'abord sur le marché obligataire puis sur décision des banques centrales lors de leur prochaine réunion en septembre.

"Les marchés s'attendent toujours à une hausse des taux de la Fed (Réserve fédérale américaine, ndlr) d'ici la fin de l'année, mais cette hausse est sans cesse repoussée : la probabilité d'un relèvement en septembre est actuellement d'environ 50%", déclare aussi Florian Ielpo.

"Quelles que soient les données aujourd'hui, les risques haussiers pesant sur l'inflation ne disparaîtront pas", estime Ipek Ozkardeskaya de Swissquote.

"Outre l'énergie, la forte hausse des prix des puces devrait également continuer de maintenir la pression sur les prix à la consommation comme sur les prix à la production", poursuit-elle.

Bourses prudentes en Europe

En Europe vers 08H00 GMT, Francfort continuait sur sa lancée des derniers jours (+0,10%), tout comme Milan (+0,04%).

Londres (-0,20%) se repliait comme Paris (-0,33%) avec une baisse des ventes du titre du groupe de luxe Kering (-3,12%).

A Séoul, l'indice Kospi a bondi en clôture de 3,68%, à nouveau porté par une envolée des valeurs des groupes de puces mémoire (Samsung et SK Hynix), grâce aux bons résultats la veille à New York de CoreWeave (cloud).

Wall Street a cependant terminé en baisse.

"Oracle, Amazon et SpaceX ont perdu plus de 2%, rappelant que les +hyperscalers+ (géants de l'IA et du cloud, ndlr) restent vulnérables dès que le coût du capital se tend", souligne l'analyste John Plassard de Cité Gestion.

"Intel a poursuivi son recul après avoir relevé de 15 à 20 milliards de dollars le montant de son augmentation de capital. À l'inverse, Nvidia a fini sans tendance après avoir confirmé la mobilisation de 500 milliards de dollars de financements pour construire de nouvelles infrastructures d'intelligence artificielle", ajoute-t-il.

Dans l'ensemble, les marchés boursiers se montrent résilients.

"C'est assez étonnant de voir à quel point les marchés boursiers mondiaux parviennent actuellement à se détacher des foyers de crise géopolitique et à inscrire sans cesse de nouveaux records", observe depuis Francfort Andreas Lipkow de CMC Markets.

En Europe, malgré "les températures anormalement élevées de cet été, asséchant les fleuves et perturbant davantage les transports au sein du continent, les anticipations de bénéfices pour les entreprises du Stoxx 600 (indice européen, ndlr) ne cessent d'augmenter", relève également Ipek Ozkardeskaya.

Le pétrole toujours volatil

Le pétrole poursuivait sur une sixième journée de hausse à 89,50 dollars le baril de Brent de la mer du Nord (+0,66%) et 83,89 dollars le WTI américain (+0,83%) vers 08H00 GMT.

Les tensions se sont multipliées ces dernières heures au Moyen-Orient dissipant l'espoir d'un accord Iran/Etats-Unis encore évoqué mardi par le Pakistan, médiateur dans le conflit.

"Pendant ce temps, les réserves stratégiques de pétrole des États-Unis continuent de diminuer, et le FMI avertit que les prix actuels du pétrole brut ne reflètent pas la gravité du choc d'offre pétrolière que traverse le monde", selon Iepk Ozkardeskaya.

L'Agence internationale de l'énergie a indiqué mercredi qu'elle revoyait fortement en baisse sa prévision de la demande de pétrole en 2026.

Le dollar menacé 

Sur le marché monétaire, l'euro reste fort par rapport au dollar à 1,1538 dollar pour un euro, en raison "d'une nouvelle perte d'appétit pour les bons du Trésor américain" d'après Ipek Ozkardeskaya.

Malgré l'intervention américaine, le yen restait faible à quasiment 160 yen pour un dollar, ce qui "ne fait qu'ajouter de l'huile sur le feu, car la faiblesse du yen ravive les inquiétudes concernant les ventes de bons du Trésor américains par le Japon", d'après Ipek Ozkardeskaya.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.