Dans le Nord, le textile Made in France en manque de bras

Des employés travaillent sur des machines à coudre à l''atelier résilience' à Roubaix, dans le nord de la France, le 21 octobre 2021. Cette ancienne terre textile peine à trouver des ouvriers. (Denis Charlet/AFP)
Des employés travaillent sur des machines à coudre à l''atelier résilience' à Roubaix, dans le nord de la France, le 21 octobre 2021. Cette ancienne terre textile peine à trouver des ouvriers. (Denis Charlet/AFP)
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Publié le Samedi 23 octobre 2021

Dans le Nord, le textile Made in France en manque de bras

  • Alors que 450 entreprises industrielles de la filière subsistent dans le nord, 15 projets promettant 4.000 emplois sont soutenus par le plan de relance
  • Ancienne capitale du négoce de laine, Roubaix (Nord) se voit en épicentre de cette dynamique: relocaliser 1% des vêtements achetés par les Français génèrerait 4.000 emplois

ROUBAIX, France : Du créateur pointu au mastodonte de la mode, les projets pour produire à nouveau des vêtements dans le nord de la France se multiplient, portés par les bouleversements de la crise sanitaire. Mais cette vieille terre textile peine à trouver des bras.

«Fallait t'y attendre, c'est la mondialisation !». En 1999, Levi's quittait La Bassée (Nord) pour la Turquie, laissant 541 personnes sur le carreau. Une pièce de théâtre, «501 Blues», était créée dans la foulée, portée par cinq anciennes ouvrières.

Vingt ans plus tard, elle vient d'être relancée. Avec cette fois une bonne nouvelle annoncée lors de la «première» à Lens (Pas-de-Calais): l'ouverture prochaine d'un atelier d'insertion, qui va produire des jeans pour 1083, marque emblématique du «Made in France».

Onze emplois seulement, puis 27 en 2024. Mais un symbole fort, au moment où les projets de (re)localisation d'activités textile fleurissent dans la région.

La crise sanitaire a stimulé une demande plus locale et responsable. Et alors que 450 entreprises industrielles de la filière subsistent dans le nord, 15 projets promettant 4.000 emplois sont soutenus par le plan de relance. «Les planètes sont alignées» pour faire redécoller le «Made in France», s'enthousiasment les professionnels des Hauts-de-France.

- «Jamais vécu ça !» -

Ancienne capitale du négoce de laine, Roubaix (Nord) se voit en épicentre de cette dynamique, avec un chiffre pour mantra: relocaliser 1% des vêtements achetés par les Français génèrerait 4.000 emplois.

«Produire en France va coûter environ 2,5 fois plus cher mais si on réussit à produire à la demande, sans stocks et donc sans démarques, on peut maintenir voire améliorer les marges», professe Guillaume Aélion, dont l'«Atelier Agile» conçoit des petites collections pour des enseignes. «20 à 25% de Made in France, c'est possible !»

Même des marques de la «fast fashion» se positionnent. La galaxie Mulliez (Jules, Pimkie...) va lancer «FashionCube» à Neuville-en-Ferrain (Nord): une centaine de salariés, pour produire 6% des pièces denim de ces marques, soit 400.000 pièces/an, avec l'objectif de ne pas coûter plus de 20% plus cher que les jeans asiatiques.

«On est tous à la recherche de sens, de faire moins, mais mieux», explique le directeur du projet, Christian Kinnen.

A Hordain, le spécialiste du textile technique Dickson-Constant ouvre une seconde usine nordiste. Et face à la demande de fils français, Safilin, parti en Pologne en 2005, rouvre une filature à Béthune (Pas-de-Calais).

«Je n'ai jamais vécu ça !», se réjouit Olivier Ducatillon, président de l'Union des industries textiles et habillement Nord. Au point qu'une difficulté apparaît: le manque de main d'oeuvre.

- «Détroit français» -

Si le textile ne représente plus que 14.000 emplois dans la région contre 150.000 il y a quelques années, 170 offres sont à pourvoir en confection, rien que dans la métropole lilloise.

Beaucoup de formations initiales ayant disparu, les entreprises recherchent surtout la motivation. Et forment en interne.

A Roubaix, l'ENSAIT, dernière école d'ingénieur française encore centrée sur le textile, est passée en 20 ans d'une cinquantaine d'étudiants à 130, selon son directeur.

Une Ecole de production industrielle vient aussi d'être lancée à Roubaix, pour former en deux ans des jeunes souvent en marge du système scolaire. Ils apprennent à utiliser 14 types de machines à coudre différentes, certaines à commande vocale, avec port USB...

«Ce sont des emplois d'avenir, qui ne seront pas délocalisés, et plus la confection comme l'ont connue leurs parents. Il ne reste plus de travail à la chaîne en France», insiste le directeur, Pierre Delannoy.

A Roubaix, ville jeune au taux de chômage proche de 30%, l'Atelier Résilience, monté pendant la crise sanitaire pour produire des masques, mais désormais plus diversifié, a parié sur l'insertion des chômeurs.

Ce réseau d'une centaine d'ateliers emploie 800 personnes, dont 110 à Roubaix, et a généré 30 millions de chiffres d'affaires en un an.

«Roubaix, c'est pas une ville qui avait une super connotation», concède sa responsable, Stéphanie Calvino. «Mais je pense que c'est le Détroit français.»


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.


Transport maritime: CMA CGM inaugure le "Notre-Dame", plus grand porte-conteneurs français

L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
  • CMA CGM a baptisé au Havre le "Notre-Dame", le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français et premier d'une série de 10 navires géants, renforçant la souveraineté maritime française
  • Fonctionnant au GNL, ce navire de 400 mètres peut transporter 24.000 conteneurs et assurera les échanges commerciaux entre l'Asie et l'Europe

LE HAVRE: CMA CGM a baptisé jeudi au Havre (Seine-Maritime) le "Notre-Dame", plus gros porte-conteneurs sous pavillon français et le premier d'une série de dix navires géants commandés par l'armateur basé à Marseille.

Long de 400 mètres et plus haut que les tours de la cathédrale parisienne dont il porte le nom, le navire a été inauguré à la mi-journée devant plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le maire du Havre Édouard Philippe et l'épouse du chef d'Etat Brigitte Macron.

"Je nomme ce navire CMA CGM Notre-Dame. Je souhaite bon vent à son équipage et à tous ceux qui navigueront à son bord", a lancé sa marraine Delphine Arnault, PDG de Christian Dior Couture, avant de briser la traditionnelle bouteille de champagne sur la coque.

Le choix du pavillon français vient d'un engagement pris par le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, devant Emmanuel Macron en novembre 2025.

Alors que les armateurs défendaient un avantage fiscal menacé, M. Saadé avait annoncé l'immatriculation sous pavillon français de ces nouveaux porte-conteneurs, présentés comme une contribution au renforcement de la souveraineté maritime française.

"Dans un monde où les routes maritimes sont de nouveau sous tension, notre mission n'a jamais été aussi essentielle", a déclaré jeudi le patron du troisième armateur mondial.

"À l'heure où la mer redevient un espace d'affirmation et de souveraineté (...), pour la France, dont la prospérité repose en grande partie sur les échanges internationaux, c'est un enjeu direct de compétitivité", a-t-il poursuivi.

Fleuron d'une nouvelle génération de porte-conteneurs géants, le "Notre-Dame" a été commandé pour transporter les marchandises produites par les usines asiatiques vers les consommateurs européens, et pour les produits agroalimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques européens vers l'Asie.

Ce mastodonte des mers, le plus grand du monde à fonctionner grâce au gaz naturel liquéfié (GNL), sort du gigantesque chantier naval Yangzijiang Shipbuilding (YZJ) près de Shanghai, en Chine.

Il peut embarquer 24.000 conteneurs standards, soit l'équivalent de 20.000 camions ou 600 trains de fret, et son équipage est composé en moyenne d'une trentaine de personnes.

Le choix de son nom s'inscrit dans une tradition de séries thématiques adoptée par l'armateur. Pour cette nouvelle génération de porte-conteneurs, CMA CGM a choisi de mettre à l'honneur des symboles du patrimoine français.

Après le "Notre-Dame", le deuxième navire de la série, le "Panthéon", doit rejoindre la flotte en septembre.