L'armée US a dissimulé des frappes aériennes qui ont tué des dizaines de civils en Syrie

Une jeune fille syrienne offre des fleurs à des soldats américains à al-Malikiyah (Derik), dans le nord-est de la Syrie, le 7 juin 2020. (Photo, AFP)
Une jeune fille syrienne offre des fleurs à des soldats américains à al-Malikiyah (Derik), dans le nord-est de la Syrie, le 7 juin 2020. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Lundi 15 novembre 2021

L'armée US a dissimulé des frappes aériennes qui ont tué des dizaines de civils en Syrie

  • Le commandement central de l'armée américaine a indiqué qu'une enquête militaire avait déterminé qu'il s'agissait de «frappes de légitime défense»
  • L'enquête a déterminé qu'aucune action disciplinaire n'était requise

ROME : L'armée américaine a dissimulé les frappes aériennes de 2019 en Syrie qui ont tué jusqu'à 64 femmes et enfants. Une frappe qui pourrait être qualifié de crime de guerre, et qui aurait eu lieu lors de la bataille contre l’Etat Islamique, selon une enquête publiée samedi par le New York Times.

Selon cette enquête, les deux frappes aériennes consécutives qui ont visé les alentours de la ville de Baghouz ont été commandées, secrètement, par une unité d'opérations spéciales américaine chargée des opérations au sol en Syrie, selon le Times. Le quotidien américain a également rapporté que le Commandement Central US, qui supervisait les opérations aériennes de l’armée américaine en Syrie, avait reconnu les frappes pour la première fois cette semaine tout en déclarant qu'elles étaient justifiées.

Dans un communiqué publié samedi, le Commandement Central a réitéré le récit rapporté par le New York Times et selon lequel 80 personnes ont été tuées dans les frappes, parmi lesquels 16 combattants de l’Etat Islamique et quatre civils. L'armée a cependant déclaré qu'il n'était pas clair si les 60 autres personnes étaient des civils, en partie parce que les femmes et les enfants auraient pu être des combattants.

Dans un communiqué encore plus détaillé, le Commandement Central de l'armée américaine a indiqué dimanche qu'une enquête militaire avait déterminé qu'il s'agissait de « frappes de légitime défense, proportionnelles et que des mesures appropriées avaient été prises pour exclure la présence de civils ».

L'enquête lancée par le Pentagone après que la présence de victimes civiles eut néanmoins été rapportée a établi que les frappes, en plus de 16 combattants de l'EI, avaient tué au moins 4 civils et blessé 8 autres.

« Nous endossons l'entière responsabilité des pertes de vie non-intentionnelles », a déclaré selon le communiqué le porte-parole du commandement central, le capitaine Bill Urban, ajoutant que l'armée « exècre la perte de vies innocentes ».

L'enquête militaire n'a toutefois pas permis de « déterminer avec certitude le statut de plus de 60 autres victimes » de ces frappes, précise le communiqué. 

Certaines femmes et certains enfants, « que ce soit suite à un endoctrinement ou à un choix, ont décidé de prendre les armes (...) et à ce titre, n'ont pu être strictement identifiés comme des civils », souligne le commandement central.

Des directives contournées

Selon le New York Times, ces frappes ont été menées malgré la présence de civils à la demande de cette unité des forces spéciales, la « Task Force 9 », et en ignorant les directives qui avaient été données  par l'armée américaine précisément pour éviter les victimes civiles sur ce terrain de conflit.

Chaque bombardement, explique le quotidien, devait être précédé de minutieuses vérifications: surveillance au drone, « parfois pendant des jours ou des semaines », examen par des analystes pour différencier combattants et civils, présence de juristes pour s'assurer du respect du droit de la guerre...

« Parfois, quand la force spéciale ne remplissait pas ces exigences, les commandants au Qatar (où se situe une base aérienne américaine, ndlr) et ailleurs refusaient de donner le feu vert pour la frappe », détaille l'enquête.

Mais le 18 mars 2019, la Task Force 9 a contourné ces consignes de prudence en faisant état d'un danger imminent et invoquant le droit à la légitime défense, comme lors de nombreuses autres frappes au cours de ce conflit, explique le New York Times.

« Une position des FDS (Forces démocratiques syriennes, dirigées par les Kurdes et soutenues par la coalition, ndlr) essuyant un feu nourri et menacée d'être débordée a demandé des frappes aériennes défensives sur des positions de combattants de l'EI », explique de son côté le commandement central, qui assure en outre n'avoir pas disposé au moment des faits de drone équipé de caméra à haute-définition au-dessus du champ de bataille.

« Il est important de comprendre que l'EI avait décidé de mettre leurs propres familles en danger » alors que des possibilités d'évacuation « leur avaient été offertes », affirme le communiqué militaire.

L'enquête, ajoute-t-il, a déterminé qu'aucune action disciplinaire n'était requise.

Les FDS et leurs alliés de la coalition menée par les Etats-Unis ont annoncé la défaite du « califat » de l'EI fin mars 2019 après être venus à bout du dernier bastion djihadiste de Baghouz.

Le New York Times avait déjà été à l'origine début novembre de révélations sur une frappe américaine ayant tué dix civils afghans, dont sept enfants, à Kaboul le 29 août alors que le chaotique retrait d'Afghanistan touchait à sa fin.

L'armée américaine a estimé qu'il s'agissait dans ce cas d'une erreur tragique, tout en assurant n'avoir pas enfreint les lois de la guerre.

(Avec AFP)

 

 

 


Incendie dans une raffinerie du Koweït après des attaques de drones

 Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
Short Url
  • "La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités"
  • En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe

DUBAI: Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne.

"La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités", selon l'agence, après une attaque la veille sur cette infrastructure qui avait déjà provoqué un incendie.

En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe.

L'attaque de vendredi sur la raffinerie Mina Al-Ahmadi n'a pas fait de victime mais a entraîné la fermeture de plusieurs unités du site, tandis que les pompiers tentent de contenir l'incendie, selon l'agence officielle koweïtienne.

Dans les autres pays du Golfe, les Emirats arabes unis ont dit vendredi répondre à des attaques de missiles et de drones, et le Bahreïn avoir maîtrisé l'incendie d'un entrepôt causé par des éclats provenant d'une "agression iranienne".

En Arabie saoudite, le ministre de la Défense saoudien a dit qu'en l'espace de deux heures, plus d'une douzaine de drones ont été "interceptés et détruits" dans l'est du pays et un autre dans le nord.

 

 


L'Arabie saoudite abat plusieurs drones alors que les attaques iraniennes se poursuivent

Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent. (AFP)
Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent. (AFP)
Short Url
  • Le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont également signalé qu'ils étaient confrontés à des tirs de missiles et à des menaces de drones
  • La raffinerie du port de Mina Al-Ahmadi de la Kuwait Petroleum Corporation a de nouveau fait l'objet d'attaques iraniennes

RIYAD: Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent.

Les autorités du Koweït et des Émirats arabes unis ont déclaré qu'elles étaient également confrontées à des tirs de missiles et à des menaces de drones.

La raffinerie portuaire Mina Al-Ahmadi de la Kuwait Petroleum Corporation a de nouveau été la cible d'attaques de drones iraniens, qui ont provoqué un incendie dans plusieurs de ses unités. Aucun blessé n'a été signalé.

Les pompiers tentent de maîtriser l'incendie dans l'installation, et certaines unités ont été fermées par précaution, a rapporté l'agence de presse nationale UNA.

Le ministère de l'intérieur de Bahreïn a déclaré que des éclats d'obus provenant de ce qu'il a décrit comme une "agression iranienne" ont déclenché un incendie dans un entrepôt, qui a été maîtrisé sans qu'aucun blessé ne soit à déplorer.

Selon le ministère saoudien de la défense, la majorité des drones ont été abattus au-dessus de la province orientale, où se trouvent les principales raffineries de pétrole du royaume, tandis qu'un autre a été intercepté au-dessus de la province septentrionale d'Al Jouf.

Cette nouvelle vague d'attaques survient un jour après qu'un drone a frappé une raffinerie de pétrole saoudienne sur la mer Rouge et provoqué des incendies dans deux autres installations au Koweït, alors que l'Iran intensifie sa campagne contre les infrastructures énergétiques du Golfe.

Ces frappes font suite aux dommages importants subis mercredi à Ras Laffan - la vaste plate-forme de gaz naturel du Qatar et la plus grande au monde - après que l'Iran a riposté aux frappes aériennes israéliennes sur son champ gazier de South Pars.

Ces derniers chiffres portent le nombre total de frappes de drones visant l'Arabie saoudite à au moins 503 depuis le 28 février, selon un décompte basé sur les rapports du ministère de la défense. Outre les drones, les défenses aériennes saoudiennes ont intercepté 42 missiles balistiques et sept missiles de croisière au cours de la même période, ce qui souligne la nature soutenue et variée de la campagne aérienne menée contre le royaume.


L'Iran en passe d'être «décimé», assure Netanyahu

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi que l'Iran était en passe d'être "décimé", près de trois semaines après le début d'une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi que l'Iran était en passe d'être "décimé", près de trois semaines après le début d'une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures. (AFP)
Short Url
  • L'Iran est "en train d'être décimé" et Israël "gagne la guerre", a lancé Benjamin Netanyahu
  • "Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent", a-t-il ajouté, sans préciser les délais envisagés

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi que l'Iran était en passe d'être "décimé", près de trois semaines après le début d'une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures.

"Après 20 jours, je peux vous annoncer que l'Iran n'a aujourd'hui plus la capacité d'enrichir de l'uranium et qu'il n'a plus la capacité de produire des missiles balistiques", a déclaré M. Netanyahu, lors d'une conférence de presse télévisée.

En lançant une offensive contre Téhéran avec Israël le 28 février, Donald Trump avait d'abord dit que son objectif était d'éliminer la menace nucléaire iranienne, bien qu'il ait affirmé avoir détruit ce programme dans des frappes de juin 2025.

D'après le Premier ministre israélien, l'arsenal de missiles, drones et lanceurs de Téhéran est aujourd'hui fortement amoindri.

L'Iran est "en train d'être décimé" et Israël "gagne la guerre", a lancé Benjamin Netanyahu. "Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent", a-t-il ajouté, sans préciser les délais envisagés.

Si Washington n'a pas non plus fixé d'échéance à ses opérations militaires, le président Trump a assuré jeudi qu'il ne déployait "pas de troupes".

Raffineries touchées 

Conséquence des frappes massives jeudi sur des sites de production d'hydrocarbures dans le Golfe, le baril américain WTI, en hausse de plus de 5% jeudi, est brièvement repassé au-dessus de 100 dollars.

Le gaz européen s'est lui envolé (jusqu'à +35%), tandis que les Bourses européennes terminaient en forte baisse tout comme le Dow Jones et le Nasdaq à New York.

Parmi les installations visées: Ras Laffan, premier site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar, où une attaque iranienne a fait des "dommages considérables", selon Doha.

Le Qatar juge que les attaques vont réduire sa capacité d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) de 17%.

Deux raffineries au Koweït ont par ailleurs été ciblées par des drones, tout comme une raffinerie saoudienne à Yanbu, sur la mer Rouge.

Ces attaques répondent à celles, la veille, du site de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha.

L'Iran, qui dit viser le Golfe parce qu'il abrite des intérêts américains, ne fera preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques sont à nouveau visées, a prévenu le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

"Moratoire" 

Donald Trump a indiqué qu'Israël avait frappé la partie iranienne du site offshore, "sous le coup de la colère".

Israël a "agi seul", a confirmé Benjamin Netanyahu. "Le président Trump nous a demandé de suspendre toute nouvelle attaque et nous nous y conformons", a déclaré le Premier ministre.

Donald Trump a toutefois menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques.

Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants européens ont appelé jeudi à un "moratoire" sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et hydrauliques, exhortant également toutes les parties à une "retenue maximale".

Si d'autres infrastructures sont visées, le baril "dépassera probablement 120 dollars dans l'immédiat, avec un potentiel de hausse supplémentaire", estime Aditya Saraswat, analyste à Rystad Energy.

Pour ajouter au marché pétrolier des millions de barils, Washington pourrait lever certaines sanctions sur le pétrole iranien, mais uniquement celui qui est déjà stocké en mer sur des navires, selon le ministre des Finances Scott Bessent.

Dans la même optique, les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont commencé à libérer des stocks de pétrole, comme annoncé mi-mars.

"Tensions" 

Au 20e jour de la guerre, l'Iran démontre conserver une importante capacité de frappe.

"Nous voyons apparaître des fissures et nous essayons de les creuser aussi vite que possible, non seulement au sein du haut commandement mais aussi sur le terrain", a toutefois assuré Benjamin Netanyahu, qui a dit en outre ne pas vraiment savoir "qui dirige l'Iran en ce moment".

"Ce que nous constatons, c'est qu'il y a beaucoup de tensions parmi ceux qui se disputent le pouvoir", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse.

Peu après ses déclarations, plusieurs explosions ont été entendues au-dessus de Jérusalem à la suite du signalement d'une nouvelle salve de missiles iraniens, ont rapporté des journalistes de l'AFP.

Dans le Golfe, le stratégique détroit d'Ormuz reste bloqué quasi totalement par Téhéran.

Un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux circule d'ordinaire par ce passage.

Après un appel américain qui était d'abord resté lettre morte, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon se sont dits "prêts à contribuer" aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit, le moment venu.

Le président français Emmanuel Macron a évoqué en ce sens la possibilité d'un "cadre onusien" pour une future mission, après les hostilités.

Dans la capitale iranienne, rien ou presque ne suggérait jeudi un pays enlisé dans la guerre.

A la veille de Norouz, le Nouvel an persan habituellement célébré avec faste, le centre-ville était comme à l'accoutumée embouteillé, mais avec une présence des forces de sécurité plus importante que d'ordinaire.