La Turquie et la Grèce optent pour un apaisement en Méditerranée orientale

Le navire de recherche sismique Oruc Reis qui recherche des réserves d'hydrocarbures, de pétrole, de gaz naturel et de charbon en mer, amarré au port de Haydarpasa,  le 23 août 2019 (Photo, AFP)
Le navire de recherche sismique Oruc Reis qui recherche des réserves d'hydrocarbures, de pétrole, de gaz naturel et de charbon en mer, amarré au port de Haydarpasa, le 23 août 2019 (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 23 septembre 2020

La Turquie et la Grèce optent pour un apaisement en Méditerranée orientale

  • « La Turquie et la Grèce sont prêtes pour commencer des pourparlers exploratoires »
  • La Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l'Otan, se déchirent à propos de gisements d'hydrocarbures en Méditerranée orientale

ANKARA : La Turquie et la Grèce semblent avoir opté pour l'apaisement dans la crise que les oppose en Méditerranée orientale en se disant prêtes à entamer des négociations, après des semaines de tensions exacerbées par des manoeuvres militaires rivales.

L'annonce de ces pourparlers à été faite à l'issue d'une énième conférence téléphonique entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et la chancelière allemande Angela Merkel, qui joue les médiatrices entre les deux pays, à laquelle a également participé le président du Conseil européen Charles Michel.

Selon la présidence turque, les participants ont affirmé que « la Turquie et la Grèce sont prêtes pour commencer des pourparlers exploratoires » au sujet de la Méditerranée orientale où les deux pays se disputent des zones potentiellement riches en gaz naturel.

Erdogan a affirmé lors de la réunion que « l'élan visant à faire baisser les tensions et à exploiter les canaux de dialogue doit être appuyé par des mesures réciproques », selon la même source.

A Athènes, le ministère des Affaires étrangères grec a indiqué que les pourparlers programmés auraient lieu "bientôt" à Istanbul sans préciser à quelle date. 

Erdogan s'était dit vendredi prêt à rencontrer le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis s'il voyait des signes de « bonne intention » de sa part dans la crise qui oppose leurs pays en Méditerranée orientale.

Les dernier round de « pourparlers exploratoires » visant à régler leurs différends en Méditerranée orientale avait eu lieu en 2016.

La Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l'Otan, se déchirent à propos de gisements d'hydrocarbures en Méditerranée orientale, dans une zone qu'Athènes estime relever de sa souveraineté.  

Le 10 août, la Turquie a envoyé un navire de prospection sismique accompagné de navires de guerre dans les eaux entre la Grèce et Chypre. La tension s'était aggravée fin août, lorsque les deux pays ont effectué des manœuvres militaires rivales.

« Dialogue sincère »

La crise est au programme d'un sommet européen qui devait se tenir les 24 et 25 septembre à Bruxelles avant d'être reporté à début octobre, plusieurs pays, notamment la France - qui a pris fait et cause pour la Grèce dans cette crise -, brandissant le menace de sanctions contre la Turquie.

Un autre signal d'apaisement a justement été envoyé par un entretien téléphonique dans la soirée entre le président Emmanuel Macron et Erdogan, qui s'étaient invectivés avec une rare véhémence ces dernières semaines.

Erdogan a déclaré à Macron qu'il attendait de Paris une « attitude constructive » dans la crise qui oppose Ankara à Athènes en Méditerranée orientale, selon la présidence turque.

Le président français a demandé de son côté à son homologue turc, selon la présidence française, de s'engager « sans ambiguïté » pour la désescalade des vives tensions avec la Grèce et qu'un dialogue similaire « soit accepté par la Turquie avec la République de Chypre », autre pays de l'UE.

Pour appuyer leur revendications sur les secteurs disputés en Méditerranée la Turquie et la Grèce ont signé ces derniers mois des accords de délimitation maritime controversés, respectivement avec le gouvernement libyen de Tripoli et avec l'Egypte.

Dans une rencontre avec des journalistes mardi, l'ambassadeur des Etats-Unis à Ankara David Satterfield a affirmé qu' « aucune carte ou déclaration unilatérale impactant les droits d'une partie tierce n'est valable dans le cadre d'un règlement d'une dispute maritime », a-t-il dit.

Erdogan a adopté un ton plus conciliant dans son discours devant l'Assemblée générale annuelle de l'ONU lors duquel il appelé à un « dialogue sincère » pour résoudre le conflit avec la Grèce et l'Union européenne en Méditerranée, tout en rejetant tout « harcèlement » visant la Turquie. 

« Notre priorité est de résoudre les conflits par un dialogue sincère, fondé sur le droit international et une base équitable », a déclaré le chef de l'Etat turc qui parlait par visioconférence.

« Cependant, je veux clairement affirmer que nous n'allons jamais tolérer aucun diktat, harcèlement ou attaque », a-t-il ajouté.

Il a proposé l'organisation d'une conférence régionale pour discuter « des droits et des intérêts » des pays riverains de la Méditerranée orientale, comprenant aussi l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN). 

Pour « donner une opportunité à la diplomatie », Ankara avait rappelé au port l13 septembre le navire de recherche, l'Oruç Reis, dont le déploiement en Méditerranée orientale avait porté la tension à son comble.


Trafic interrompu à l'aéroport d'Istanbul en raison de la neige

L'aéroport international Sabiha Gokcen lors d'une forte chute de neige à Istanbul, le 16 février 2021. (Photo, AFP)
L'aéroport international Sabiha Gokcen lors d'une forte chute de neige à Istanbul, le 16 février 2021. (Photo, AFP)
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  • L'aéroport international d'Istanbul, l'un des principaux d'Europe, a suspendu ses opérations lundi en raison d'abondantes chutes de neige
  • Le second aéroport, Sabiha Gokcen, sur la rive asiatique, fonctionnait normalement malgré quelques retards

ISTANBUL: L'aéroport international d'Istanbul, l'un des principaux d'Europe, a suspendu ses opérations lundi en raison d'abondantes chutes de neige, ont annoncé les autorités du transport aérien. 

Selon un message de la direction générale des aéroports civils sur Twitter, les opérations ont été provisoirement interrompues « en raison de conditions exceptionnelles » qui réduisent la visibilité sur les pistes et devraient reprendre à 18H00, heure locale (15H00 GMT), après évaluation de la situation. 

Cependant, plusieurs pistes devraient rester fermées jusqu'à 22H00 (19H00 GMT), a prévenu de son côté la Direction de l'Aviation civile, au risque de provoquer au minimum des retards. 

Le second aéroport, Sabiha Gokcen, sur la rive asiatique, fonctionnait normalement malgré quelques retards. 

La neige a commencé à tomber ce week-end sur la majeure partie de la Turquie, redoublant d'intensité dans la nuit de samedi à dimanche. 

Lundi, le gouvernorat (préfecture) d'Istanbul a mis en garde la population contre de nouvelles chutes de neige attendues en soirée, l'invitant à renoncer à prendre la route.   

Un millier d'avions se croisent chaque jour à l'aéroport « Istanbul Havilimani », situé sur la rive européenne à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest du centre-ville, près de la Mer Noire. 

Istanbul Havalimani a été inauguré en 2019 en remplacement de l'aéroport Ata Türk, devenu trop exigu.  

Sa construction avait suscité de nombreuses polémiques, notamment sur les atteintes portées à l’environnement - il est en pleine campagne - et le choix de sa situation, près de la Mer noire, où un épais brouillard sévit fréquemment en hiver. 

En 2021, Istanbul Havalimani a accueilli 37 millions de passagers, selon le ministère turc des Transports, ce qui en avait fait le premier aéroport d'Europe, connecté notamment à l'Asie centrale, au Moyen-Orient et à l'Afrique. 

C'est la première fois que le trafic y est suspendu depuis son ouverture, ont souligné les responsables de l'aviation civile. 

La neige est également tombée lundi sur une grande partie de la Grèce, jusque sur l'île méridionale de Crète et plusieurs îles de la mer Egée, à l'ouest de la Turquie, sans y affecter le trafic aérien. 

Selon Costas Lagouvardos, directeur de recherche à l'Observatoire national d'Athènes, la capitale grecque n'a pas connu de telles conditions météorologiques depuis 1968. 

Les chutes de neige devraient se poursuivre mardi, d'après les services météorologiques. 


Liban: l'ex-Premier ministre Saad Hariri annonce son retrait de la vie politique

L'ancien Premier ministre Saad Hariri prononce un discours à Beyrouth, le 24 janvier 2022. (Reuters)
L'ancien Premier ministre Saad Hariri prononce un discours à Beyrouth, le 24 janvier 2022. (Reuters)
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  • «Je suspends ma participation à la vie politique et invite ma famille politique au sein du Courant du Futur à suivre ma voie», a-t-il déclaré
  • Le quinqagénaire, propulsé sur la scène politique après l'assassinat de son père Rafic Hariri en 2005, a annoncé sa décision lors d'un bref discours prononcé à Beyrouth

BEYROUTH: L'ancien Premier ministre et principal leader sunnite libanais Saad Hariri a annoncé lundi son retrait de la vie politique libanaise, évoquant notamment « l'influence iranienne » sur le pays, le »désordre sur la scène internationale » et les « divisions internes ». 

Le quinquagénaire, propulsé sur la scène politique après l'assassinat de son père, l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, en 2005, a annoncé sa décision lors d'un bref discours prononcé à Beyrouth.  

Cette annonce intervient après une série de revers financiers et politiques au cours des dernières années, tandis que le Liban est frappé par la pire crise socio-économique de son histoire. 

« Je suspends ma participation à la vie politique et invite ma famille politique au sein du Courant du Futur à suivre ma voie », a-t-il déclaré, appelant le principal parti sunnite dont il préside, à ne pas présenter de candidats aux élections législatives prévues en mai. 

« Il n'existe aucune opportunité positive au Liban (en raison) de l'influence iranienne sur le pays, du désordre sur la scène internationale, des divisions internes, du confessionalisme et du délitement de l'État », a dit M. Hariri. 

Poids lourd de la politique libanaise, le Hezbollah est armé et financé par l'Iran chiite, grand rival régional de l'Arabie saoudite sunnite et représente la seule faction libanaise à avoir gardé ses armes après la guerre civile (1975-1990). 

Au Liban abonné aux crises politiques à répétition, M. Hariri a déjà dirigé trois gouvernements. Depuis son accession au pouvoir pour la première fois en 2009, il s'est peu à peu forgé une réputation d'homme de compromis. 

Il a présenté sa troisième démission environ deux semaines après le début des manifestations populaires contre la classe politique le 17 octobre 2019.  

Malgré sa nomination le 22 octobre 2020 pour former le gouvernement, il n'a pas pu aller au bout de sa mission du fait du ressentiment populaire et des divisions politiques. 

Lors des dernières élections de 2018, qui ont consolidé l'influence du Hezbollah, le nombre de sièges du bloc parlementaire de M. Hariri a diminué d'environ un tiers, et certains ont lié la baisse de sa popularité aux concessions politiques qu'il a faites, qui, selon lui, visaient à préserver la paix civile. 


L’Arabie saoudite condamne les attaques par missiles menées par la milice houthie contre Abu Dhabi et Jazan

Le ministère émirati de la Défense a déclaré aujourd’hui avoir abattu deux missiles houthis visant le pays. (AFP)
Le ministère émirati de la Défense a déclaré aujourd’hui avoir abattu deux missiles houthis visant le pays. (AFP)
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  • Le ministère saoudien des Affaires étrangères déclare aujourd’hui dans un communiqué que la milice sème la corruption au Yémen et tue des civils
  • De même, le Koweït a condamné l’offensive, insistant sur la nécessité d’une prise de position internationale contre la milice

DUBAÏ: Le ministre saoudien des Affaires étrangères a condamné les attaques «répétées» de la milice houthie contre des civils et des infrastructures vitales au sud du Royaume et à Abu Dhabi.

Le ministère émirati de la Défense a déclaré aujourd’hui avoir abattu deux missiles houthis lancés contre le pays, mais qui n’ont cependant pas fait de victimes, rapporte l’agence de presse officielle WAM.

Un F-16 a détruit un lanceur de missiles balistiques dans la province d’Al-Jawf, au Yémen, immédiatement après l'attaque.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères déclare aujourd’hui dans un communiqué que la milice sème la corruption au Yémen et tue des civils.

Il souligne également la nécessité pour la communauté internationale d’agir immédiatement pour contrer les attaques répétées des Houthis.

Par ailleurs, le Royaume appelle le Conseil de sécurité des nations unies à mettre fin au comportement agressif de la milice.

En Arabie saoudite, deux habitants ont été légèrement blessés après que les Houthis ont tiré un missile balistique dimanche sur la zone industrielle d’Ahad al-Masarihah, à Jazan, peu de temps avant l’attaque contre Abu Dhabi.

Le royaume de Bahreïn a dénoncé ces attaques menées par les Houthis contre des civils.

De même, le Koweït a condamné l’offensive, insistant sur la nécessité d’une prise de position internationale contre la milice.

Le ministère turc des Affaires étrangères a, quant à lui, déclaré que les attaques contre les deux pays constituent une violation flagrante du droit international.

Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a en outre indiqué que la poursuite des attaques des Houthis reflète le rejet par la milice de tous les efforts de paix au Yémen.

 

 Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com