«On compte tout»: les Turcs éprouvés par l'effondrement de leur monnaie

Un employé d'un bureau de change compte les billets de banque en livres turques devant le panneau électronique affichant les taux de change dans un bureau de change à Istanbul, le 6 août 2020. (Photo, AFP)
Un employé d'un bureau de change compte les billets de banque en livres turques devant le panneau électronique affichant les taux de change dans un bureau de change à Istanbul, le 6 août 2020. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 20 novembre 2021

«On compte tout»: les Turcs éprouvés par l'effondrement de leur monnaie

  • La livre turque, dont la dégringolade s'accélère, a vu sa valeur fondre d'un tiers face au billet vert depuis le début de l'année
  • Les économistes préviennent que ce n'est sûrement pas fini avec les choix baroques du président Recep Tayyip Erdogan, vent debout contre toute hausse des taux d'intérêt au risque d'une inflation galopante, déjà à près de 20% sur un an

ISTANBUL : Sur le marché populaire d'Eminönü, près du grand bazar d'Istanbul, Naime sort son calepin: avec l'effondrement de la livre turque, les étiquettes valsent d'un jour à l'autre. "Je note les prix et je compte tout", confie la retraitée.

La monnaie nationale a passé jeudi pour la première fois de son histoire la barre des 11 livres pour un dollar. La livre turque, dont la dégringolade s'accélère, a vu sa valeur fondre d'un tiers face au billet vert depuis le début de l'année. 

Et les économistes préviennent que ce n'est sûrement pas fini avec les choix baroques du président Recep Tayyip Erdogan, vent debout contre toute hausse des taux d'intérêt au risque d'une inflation galopante, déjà à près de 20% sur un an.

Jeudi, la Banque centrale a de nouveau abaissé le taux directeur d'un point à 15%, provoquant le plongeon immédiat de la monnaie.

"Je ne peux plus acheter ce que je veux. Quand je vais au marché, d'un jour à l'autre les prix changent", explique Naime.

Autrefois, dit-elle, elle pouvait aisément s'offrir des vacances avec sa famille.

"C'est fini tout ça, maintenant on arrive à peine à joindre les deux bouts."

«Nos salaires, c'est du vent»

Abdullah Cici et son épouse, un autre couple de retraités, s'est infligé un long trajet jusqu'au bazar d'Eminönü en espérant payer moins cher.

"On a trois fois rien et on a dépensé 120 livres (9,5 euros)", se plaint l'homme de 75 ans, désignant le cabas de son épouse.

"On aurait besoin de beaucoup d'autres choses... Ils ont des salamis, des soudjouk (sorte de saucisse épicée) là-bas. Je les adore, mais je ne peux plus me les permettre", confie-t-il avec une nuance de regret en montrant l'épicerie de ses rêves.

"Les salaires, c'est du vent maintenant."

Hatice, son épouse, complète: "On achète par petites quantités, une livre au lieu d'un kilo".

Les prix flambent en Turquie depuis l'été dernier. Le chef de l'Etat a accusé les grandes enseignes de supermarchés.

Mais le salaire minimum net plafonne à 2 825 livres soit, au cours du jour, 224 euros. Et pour les observateurs, il est devenu impossible de vivre en famille avec cette somme dans les grandes villes.

Un pain vaut 2,5 livres et un kilo de viande hachée (la plus consommée), 90 livres. Les cinq litres d'huile ont dépassé les 100 livres.

Le taux de chômage, dans ce pays de 83 millions d'habitants, atteignait officiellement 11,5 % en septembre mais nombre de Turcs trouvent à s'employer dans le secteur informel, agriculture ou construction.

Au bazar, les vendeurs s'époumonent en criant que, chez eux, "il n'y a pas d'augmentation".

Feriye est venue acheter un manteau à son mari en espérant tomber sur une affaire, faute de pouvoir fréquenter les centres commerciaux qui ont fleuri partout en ville.

"J'ai une pension de 2 600 livres (200 euros). Comment voulez vous que je paye un manteau 1 600 (120 euros)?" demande-t-elle. "Je ne sais pas si je vais trouver quelque chose d'abordable ici."

Sur le pont de Galata qui enjambe la Corne d'Or, Hafzullah Canbay a lancé sa canne à pêche en attendant de prendre son service comme chauffeur de minibus. 

Pour lui, les politiques actuelles ne font qu'enrichir les riches et appauvrir les plus pauvres.

"Ne me demandez pas quelle est la solution. Je vais vous dire clairement: je n'attends rien des politiques, quels qu'ils soient."

"Ne me demandez pas non plus si j'ai encore de l'espoir. Je n'en ai plus. Je ne vois aucune éclaircie", dit-il.

L'homme a même renoncé aux pique-niques avec ses enfants le weekend. "Ce n'est plus possible, on doit vivre en comptant tout. Voilà où on en est."


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


Plan d'économies à La Provence (CMA Média), avec de possibles départs

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
  • Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies
  • Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels)

MARSEILLE: CMA Média prévoit un plan d'économies au quotidien La Provence, pouvant comporter de 20 à 30 départs y compris à la rédaction, a-t-on appris mardi de sources concordantes au sein du journal marseillais, le groupe cherchant déjà à vendre les antennes locales de BFMTV.

Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies, avec notamment un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM. L'annonce d'une mise en vente des neuf chaînes locales de BFM avait provoqué une grève largement suivie.

Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), existant depuis 2023, confirmant une information du média d'investigation La Lettre.

Cherchant à "réaliser entre 1,5 et deux millions d'économies", la direction explore plusieurs pistes. "On va tout repeigner, contrats de prestations, coûts de papier, déplacements...", dit-il.

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable.

"Tout ça se fait dans le cadre de notre stratégie de retour à l'information de proximité, mais dans une contrainte économique forte", poursuit M. Pelé. Car malgré un "redressement de la diffusion, notamment avec les municipales" en mars, le groupe a connu "un décrochage publicitaire."

Le syndicat SNJ La Provence évoque également "de nouveaux départs" dans le cadre de la GEPP. "Si tout reste à définir, entre 20 et 30 personnes pourraient être cette fois-ci ciblées" dont du personnel de la rédaction, selon un communiqué du SNJ consulté par l'AFP.

"La cartographie n'est pas faite, ça ne se fera pas avant la rentrée. Donc pour l'instant, c'est un peu prématuré", indique sous couvert d'anonymat un membre du CSE, rappelant que l'entreprise compte près de 300 salariés, pour moitié des journalistes.

D'après le SNJ, "l'enchaînement des GEPP, qui sont à l'origine des outils pour transformer les entreprises, ne saurait être à lui seul une stratégie". Dénonçant "un plan social déguisé", le syndicat souligne "qu'une personne partie grâce à cet outil ne peut pas être remplacée."

Via CMA Media, CMA CGM détient la chaîne télé d'information continue BFMTV, la radio RMC, les chaînes télé RMC Découverte, RMC Story et RMC Life, les journaux La Tribune/La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin, ainsi que le média vidéo en ligne Brut.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.