Avec la crise sanitaire, des Français rêvent d'autonomie

Pour «revenir à des choses saines», le couple, installé dans le Cantal, produit sa nourriture, s'habille dans les brocantes, limite sa consommation électrique, économise l'eau. (Photo, AFP)
Pour «revenir à des choses saines», le couple, installé dans le Cantal, produit sa nourriture, s'habille dans les brocantes, limite sa consommation électrique, économise l'eau. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 20 novembre 2021

Avec la crise sanitaire, des Français rêvent d'autonomie

  • Les Ricci ont embarqué leurs deux filles de 8 et 4 ans dans leur nouvelle vie, entre boulangerie, élevage de brebis et ateliers de "vie à l'ancienne" dans ce décor de carte postale, sur les pentes du Puy Mary, à 1 200 mètres d'altitude
  • Ce choix de vie «touche toutes les couches de la population, la crise les conforte car ils se sont rendus compte de la fragilité du système»

LAVIGERIE : De Londres à un hameau du centre de la France : Juliette et Thibault ont tout quitté pour se "connecter à la nature", un choix de vie frugale conforté par la crise sanitaire qui a nourri les rêves d'autosuffisance alimentaire et énergétique.

Pour "revenir à des choses saines", le couple, installé dans le Cantal, produit sa nourriture, s'habille dans les brocantes, limite sa consommation électrique, économise l'eau : "pas de douche, on se lave au gant de toilette!", assure Juliette Ricci, 37 ans, qui enseignait le français à Londres.

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"On n'est pas auto-suffisant à 100%, mais on arrive à avoir nos légumes, nos produits laitiers, nos oeufs, la viande, le miel", détaille son époux Thibault, 37 ans lui aussi, architecte passé par le cabinet de Jean Nouvel.

Les Ricci ont embarqué leurs deux filles de 8 et 4 ans dans leur nouvelle vie, entre boulangerie, élevage de brebis et ateliers de "vie à l'ancienne" dans ce décor de carte postale, sur les pentes du Puy Mary, à 1 200 mètres d'altitude.

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Le Cantal attire car il a "l'avantage d'être éloigné des centrales nucléaires, des sites Seveso, d'avoir une nature préservée et un foncier accessible", explique Mathieu Foudral, un permaculteur de la région qui propose des formations sur l'autonomie alimentaire. 

Son public : "des personnes de tous les âges, souvent des gens en transition professionnelle, en burn-out, abîmés par la crise, qui ne trouvent plus de sens, comme des infirmiers ou des enseignants". D'autres départements ruraux dans le pays séduisent aussi les candidats à l'autonomie.

"S'auto-suffire, c'est avoir la capacité de se dire +je l'ai fait moi-même et je n'ai pas besoin de tout le reste, de dépenser de l'argent pour m'en sortir+", souligne Thibauld Ricci.

La famille avait d'abord repris la boulangerie d'un village voisin, mais le confinement a modifié son projet d'origine.

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Deux fois par semaine, l'ancien architecte se lève aux aurores pour pétrir ses pains bios à la main dans un fournil en pierre sans électricité, avant de les cuire dans le four qu'il a construit lui-même ; puis de livrer sa fournée.

Un grand écart pour celui qui a vécu à Londres puis en Norvège : "J'avais l'impression d'avoir fait le tour du métier d'architecte, mon grand-père était boulanger, ça devait résonner quelque part..."

Et "quand on voit tout ce qui se passe avec le pass sanitaire et toutes les complications autour, on se dit +on est bien, perchés sur notre montagne+!", dit-il.

3 poules, 21 oeufs

"Sur moins d'un hectare, qu'est-ce qu'on peut avoir ? Par exemple, trois poules qui nous donnent 21 oeufs par semaine. On sait ce que nos poules mangent, comment elles sont traitées, cela nous permet d'avoir une relation différente avec ce qu'on met dans notre assiette", souligne Juliette.

Venue de Blois, à environ 400 kilomètres plus au nord, la famille Rivière se prépare, elle aussi, à vivre dans une ferme du Cantal. Franck, le père de famille, va quitter un emploi confortable dans un bureau d'étude pour rejoindre une entreprise de mécanique près d'Aurillac.

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"Le confinement a été un déclencheur qui nous a permis de passer à l'acte. Nous ne voulons plus perdre notre vie à la gagner. On a tout à réapprendre, il va falloir se retrousser les manches", prédit son épouse Cécile, une enseignante de 43 ans. 

Ils ont atterri dans le village de Prunet pour un stage chez un adepte de la collapsologie qui a fondé un "éco-îlot résilient". 

Ce choix de vie "touche toutes les couches de la population, la crise les conforte car ils se sont rendus compte de la fragilité du système", explique Remy Richard, leur formateur et désormais voisin. 

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Cet ancien informaticien enseigne "le principe de résilience" à ceux qui veulent passer du système actuel "promis à un effondrement" à une plus grande autonomie dans tous les domaines (éducation, santé, énergie, alimentation).

Mais selon lui, "le profil de l'écolo avec sa yourte et ses dreadlocks, c'est fini". 


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
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  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.