L'Europe et l’Afrique du Nord face à une pollution plastique catastrophique en Méditerranée

Les pays où le tourisme occupe une place importante, comme la France, l’Italie, la Grèce et Chypre, unissent leurs efforts pour lutter contre le problème. (AFP)
Les pays où le tourisme occupe une place importante, comme la France, l’Italie, la Grèce et Chypre, unissent leurs efforts pour lutter contre le problème. (AFP)
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Publié le Lundi 22 novembre 2021

L'Europe et l’Afrique du Nord face à une pollution plastique catastrophique en Méditerranée

  • Pour les 21 pays qui se partagent les 28 000 kilomètres de littoral méditerranéen, le problème des déchets plastiques est de plus en plus grave
  • L’Égypte se dirige rapidement vers ce que l’ONU définit comme une pénurie d’eau absolue, quand l’approvisionnement annuel en eau pour chaque personne devient inférieur à 500 m3

LONDRES: Aux yeux de millions de personnes à travers le monde, la Méditerranée représente une destination de vacances idéale: de jolis villages au bord de l’eau, une cuisine des plus exquises, de belles plages et, surtout, des eaux d’un bleu limpide. Si ces paysages sont dignes d’une carte postale, la mer Méditerranée, elle, est en proie à une crise environnementale causée par l’homme.

En septembre, lors du Congrès mondial de la nature, organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à Marseille, la crise du plastique en Méditerranée était inscrite noir sur blanc à l’ordre du jour. Des représentants de pays où le tourisme occupe une place importante, comme la France, l’Italie, la Grèce et Chypre, ont uni leurs voix pour dénoncer le niveau de pollution plastique et mettre en lumière leurs propres efforts en vue de lutter contre le problème.

Selon un rapport publié l’année dernière par l’UICN, le volume total de déchets plastiques – trouvés principalement sous les vagues – en Méditerranée s’élèverait à 3,5 millions de tonnes, avec 150 000 à 610 000 tonnes supplémentaires se frayant un chemin jusqu’à la mer chaque année.

Pour les 21 pays qui se partagent les 28 000 kilomètres de littoral méditerranéen, le demi-milliard de personnes qui vivent le long des 1 693 bassins versants qui l’alimentent et les 340 millions de touristes qui visitent ces pays chaque année, ce problème est de plus en plus grave.

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La mer Méditerranée est en proie à une crise environnementale causée par l’homme. (AFP)

Cependant, parmi tous ces pays, un seul a été désigné comme la principale source du problème. Les doigts accusateurs sont pointés vers l’Égypte qui, selon l’UICN, rejette plus de plastique dans la mer que tout autre pays. Ce taux est d’ailleurs deux fois plus élevé que celui du deuxième pays le plus polluant.

Selon le rapport, baptisé «La Méditerranée: Mare Plasticum» – «la mer de plastique» en latin – cette région est «largement considérée comme l’un des environnements les plus menacés au monde» et elle «est soumise à une catastrophe d’origine humaine désormais omniprésente: la pollution plastique».

Le pays le plus polluant, rapporte l’UICN, est l’Égypte, responsable chaque année de la «fuite» de plus de 74 000 tonnes de macroplastiques – des morceaux d’un diamètre supérieur à 5 mm – puis l’Italie (34 000 tonnes) et la Turquie (24 000 tonnes).

Ensemble, ces trois pays les plus polluants sont responsables de plus de 50 % des 216 269 tonnes de macroplastiques qui finissent dans la mer Méditerranée chaque année, en grande partie à cause de «déchets mal gérés».

En ce qui concerne les microplastiques – dont plus de 13 000 tonnes se retrouvent dans la mer – l’Égypte s’en tire légèrement mieux et se classe deuxième derrière l’Italie (3 000 tonnes par an) avec 1 200 tonnes. La poussière des pneumatiques représente plus de la moitié du total des microplastiques, suivie par les textiles (33 %) et les microbilles de plastique utilisées dans les cosmétiques (12 %).

Bien que les bouteilles et autres déchets plastiques soient omniprésents sur les plages méditerranéennes, la plupart des plastiques polluants se trouvent sous la surface, encrassant les sédiments et perturbant les cycles de vie de plusieurs espèces de poissons et de plantes aquatiques.

Les chiffres sont choquants: parmi les 100 principaux sites du bassin méditerranéen qui contribuent à la fuite annuelle de macroplastiques, pas moins de 75 se trouvent en Égypte. Cependant, on ne sait toujours pas à quel point l’Égypte est réellement responsable des torts qui lui sont imputés.

Après tout, le bassin versant du Nil, qui contribue à lui seul à 25 % des fuites totales de plastique dans la Méditerranée, est partagé par l’Égypte avec 10 autres pays en amont, tous ayant leur part de responsabilité dans la pollution du puissant système fluvial déversé dans la mer.

Marine Moulin, porte-parole de l’Union pour la Méditerranée – dont l’Égypte est membre et dont le secrétaire général, Nasser Kamel, est un ancien diplomate égyptien – déclare: «De nombreux littoraux ont été identifiés comme les endroits de la Méditerranée les plus pollués par le plastique, mais nous le savons tous, le plastique, une fois en mer, ne connaît plus de frontières.»

Un porte-parole de l’organisation non gouvernementale WWF insiste sur la «nécessité pour tous les pays de mettre en place des politiques solides pour réduire la consommation de plastique, assurer une collecte des déchets à 100 % et augmenter les systèmes de recyclage et de réutilisation, car la Méditerranée est un bassin à moitié fermé».

En outre, «les pays de l’Union européenne (UE) devraient aider les pays du sud de la Méditerranée à augmenter les investissements visant à renforcer les installations de collecte et de recyclage. Dans le même temps, les pays de l’UE devraient veiller à ce que les pays qui importent leurs déchets disposent des installations nécessaires pour gérer efficacement tous leurs déchets, tant internes qu’importés.»

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Greenish a organisé un certain nombre d’opérations de nettoyage de plages pour éliminer les déchets plastiques. (Photo fournie).

«Il n’est guère réaliste», ajoute l’Union pour la Méditerranée, «de s’attendre à ce que l’Égypte règle seule le problème. Il existe de solides arguments pour que les États méditerranéens européens plus riches aident leurs pays voisins plus pauvres, compte tenu de l’importance des pertes en matière de tourisme.»

«Les gouvernements, le secteur privé, les institutions de recherche et les institutions financières doivent tous collaborer pour repenser les processus et les chaînes d’approvisionnement, investir dans l’innovation et adopter des modes de consommation durables, ainsi que des pratiques améliorées de gestion des déchets pour fermer le robinet de plastique.»

 

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Pour les 21 pays qui se partagent les 28 000 kilomètres de littoral méditerranéen, le problème des déchets plastiques est de plus en plus grave. (AFP).

L’Égypte est très consciente du problème de la pollution plastique. L’année dernière, l’agence pour l’environnement du pays a déclaré que les Égyptiens utilisaient près de 12 milliards de sacs en plastique par an, causant de «graves problèmes» dans le Nil, la Méditerranée et la mer Rouge.

Greenish, une entreprise sociale qui organise des activités éducatives pour atteindre les objectifs de développement durable, a organisé un certain nombre d’opérations de nettoyage de plages pour éliminer les déchets plastiques. Le cofondateur, Shady Khalil, affirme que «les Égyptiens sont de plus en plus conscients du plastique que nous utilisons, ainsi que des déchets sur les plages et dans les stations balnéaires autour de l’Égypte».

Il précise toutefois que «la gestion des déchets en Égypte est un travail en cours». Lui aussi pense que «les pays du nord de la Méditerranée devraient aider financièrement l’Égypte et, surtout, faire pression sur les entreprises européennes, comme Nestlé et L’Oréal, pour les inciter à réduire l’utilisation de plastiques dans leurs produits».

«En nettoyant les plages, nous trouvons beaucoup de produits de ces entreprises, dans le Nil mais aussi en Méditerranée», indique M. Khalil. «Une grande partie des déchets plastiques en Égypte appartiennent à des entreprises d’un pays du nord», précise-t-il.

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La Méditerranée est «largement considérée comme l’un des environnements les plus menacés au monde». (AFP).
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En avril 2019, le gouvernorat égyptien de la mer Rouge, qui abrite certaines des destinations touristiques les plus célèbres du pays, comme le centre de plongée de Hurghada, a annoncé qu’il interdisait l’utilisation d’objets en plastique à usage unique, comme les pailles, les sacs en plastique et les couverts.

Au cours d’un événement parallèle peu médiatisé lors du Congrès mondial de la nature le mois dernier, l’Égypte faisait partie des sept pays (avec la France, la Grèce, l’Algérie, le Maroc, l’Italie et Monaco) qui ont lancé une nouvelle initiative, baptisée «La Méditerranée: une mer exemplaire d’ici à 2030», pour «mettre fin à la surpêche, limiter la pollution plastique et développer un transport maritime durable d’ici à 2030».

Cependant, la crise du plastique n’est ni le seul problème environnemental de l’Égypte ni d’ailleurs le plus urgent. Les défis environnementaux auxquels le pays est confronté sont innombrables. Nombre d’entre eux exigent une action urgente et au moins un problème représente une véritable menace existentielle.

Pour les 21 pays qui se partagent les 28 000 kilomètres de littoral méditerranéen, le problème des déchets plastiques est de plus en plus grave. (AFP)

La pénurie d’eau chronique en Égypte figure en tête de liste. C’est un problème qui s’aggrave à mesure que les populations des dix pays qui se développent rapidement le long du Nil se multiplient et sollicitent de plus en plus le débit limité du fleuve.

L’Égypte se dirige rapidement vers ce que l’Organisation des nations unies (ONU) définit comme une pénurie d’eau absolue, quand l’approvisionnement annuel en eau pour chaque personne devient inférieur à 500 m3. Avec seulement 20 m3 d’eau provenant de ressources internes, la population égyptienne et l’importante industrie agricole dépendent totalement de l’eau douce du Nil. L’ONU affirme que le pays pourrait connaître une pénurie d’eau absolue d’ici à 2024.

L’érosion côtière et l’affaissement progressif du delta du Nil constituent d’autres problèmes étroitement liés aux demandes de plus en plus impossibles imposées au fleuve.

Le problème réside en partie dans la hausse du niveau de la Méditerranée, qui devrait s’accélérer avec les changements climatiques. Mais les scientifiques ont également découvert que le delta du Nil, qui n’est en moyenne qu’à un mètre au-dessus du niveau de la mer, s’affaisse lentement, en grande partie en raison de la réduction de la quantité de sédiments déposés dans le delta à cause du débit réduit du Nil.

D’autres défis environnementaux nécessitent l’attention du gouvernement. En août, le pays a été frappé par une vague de chaleur inhabituellement violente, que l’Autorité météorologique a attribuée au changement climatique. De plus, le pays continue de lutter contre la malédiction saisonnière des «nuages noirs», le smog annuel qui s’accumule au-dessus des villes égyptiennes entre septembre et novembre.

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La plupart des plastiques polluants se trouvent sous la surface, encrassant les sédiments et perturbant les cycles de vie de plusieurs espèces de poissons et de plantes aquatiques. (AFP).

Une étude menée par le ministère de l’Environnement sur les causes de ce phénomène donne une idée des multiples enjeux auxquels le gouvernement doit faire face pour tenter d’atteindre ses objectifs climatiques. L’incinération des déchets agricoles représente 42 % du problème; les émissions des usines, 23 %; les gaz d’échappement des véhicules, 23 % et la combustion des déchets urbains, 12 %.

Le réchauffement climatique figure, bien entendu, en tête de liste pour tout le monde, mais les fonds demeurent largement insuffisants.

Lorsque les 42 pays membres de l’Union pour la Méditerranée se sont réunis pour discuter des questions environnementales et de l’action climatique au Caire le 5 octobre, l’accent a été mis sur l’échec des pays développés à tenir l’engagement qu’ils avaient pris en 2009 pour allouer 100 milliards de dollars (1 dollar = 0,89 euro) par an, jusqu’en 2020, en vue d’aider les pays en développement à faire face à la crise climatique.

Quoi qu’il en soit, lors de cette même réunion, la ministre égyptienne de l’Environnement s’est engagée, au nom de son gouvernement, à «écologiser» la moitié de ses programmes d’ici à 2024. C’est une tâche considérable, compte tenu du volume actuel des émissions de CO2 de l’Égypte et du niveau général de pollution.

En octobre, l’Égypte a fait part de son souhait d’accueillir la Conférence des nations unies sur les changements climatiques l’année prochaine à Charm el-Cheikh – une excellente nouvelle pour les hôtels et restaurants de la station balnéaire de la mer Rouge, durement touchés par la pandémie mondiale.

Toutefois, accueillir le principal événement mondial sur le changement climatique mettra en lumière les multiples défis environnementaux auxquels l’Égypte est confrontée. Alors que Le Caire intensifie ses efforts en la matière avant la COP27, l’espoir est que la crise de la pollution plastique qui se cache sous la surface de la Méditerranée se retrouve en tête du programme écologique du gouvernement.

 

Twitter: @JonathanGornall

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran exige pour rouvrir Ormuz que les Etats-Unis acceptent "toutes" ses conditions

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi. (Photo d’archives/AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi. (Photo d’archives/AFP)
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  • L’Iran maintient le détroit d’Ormuz fermé et exige la fin de la guerre, la levée du blocus et des sanctions, ainsi que des compensations avant toute réouverture
  • Malgré des échanges indirects avec Washington, les négociations restent bloquées, tandis que les tensions régionales s’intensifient avec la reprise des attaques des Houthis au Yémen

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, enjeu majeur de la guerre au Moyen-Orient, restera verrouillé tant que Washington n'acceptera pas "toutes" les conditions posées par Téhéran, ont insisté dimanche les Gardiens de la Révolution, éloignant l'espoir d'un règlement rapide du conflit.

Minimisant ces exigences, le président Donald Trump a déclaré dans une interview au média Axios que les Etats-Unis restaient "discrets" et se contentaient "d'observer l'Iran avec son inflation galopante", une économie en "très mauvais état" et le risque selon lui de ne plus pouvoir payer ses troupes.

Les Etats-Unis imposent depuis juillet un blocus des ports iraniens qui, selon lui, aggrave la crise économique en Iran.

"Ça va s'arranger. Ça finit toujours par s'arranger", a estimé le président, qui a multiplié les déclarations contradictoires sur le conflit. "C'est comme une partie d'échecs", a-t-il estimé.

Au coeur des hostilités: le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran, que le puissant corps des Gardiens de la Révolution ont affirmé considéré comme "un théâtre de guerre et plus seulement (comme) une voie maritime".

"Notre stratégie actuelle est de maintenir ce détroit fermé jusqu'à ce que l'ennemi accepte toutes nos conditions", ont-ils dit.

Loin devant le nucléaire et les missiles iraniens avancés fin février pour justifier l'offensive américano-israélienne, la réouverture de ce passage vital pour le commerce mondial d'hydrocarbures est désormais la priorité n°1 de Donald Trump. Ces derniers jours encore, il n'a cessé de promettre que les discussions allaient bon train et que son déblocage était imminent.

Mais les conditions listées samedi par Téhéran pourraient mener au bras de fer: les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Nombre de ces dispositions figuraient déjà dans le protocole d'accord irano-américain signé en juin, qui devait ouvrir la voie à des négociations plus larges et avait permis une brève réouverture d'Ormuz couplée d'un reflux des prix du pétrole - avant que le processus ne déraille.

Alors que des divergences avec les Etats-Unis ont émergé au fil du conflit, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui insisté dimanche sur le volet nucléaire, redisant qu'"avec ou sans accord", l'ennemi iranien "n'aurait pas d'armes nucléaires".

- "Semi-négociations" -

Tout en réfutant la tenue de négociations avec Washington - dont le président américain s'est plusieurs fois prévalu - le chef de la diplomatie iranienne a fait état dimanche d'"un échange de messages à travers des intermédiaires".

"Ca ne s'appelle pas une négociation. Ca s'appelle échanger des messages", a argué Abbas Araghchi. Il a exclu de renouer le dialogue "tant que les violations américaines" du protocole d'accord ne cessaient pas.

L'Iran affirme ne dialoguer qu'avec Oman, l'autre pays riverain du détroit d'Omuz, pour tracer un futur itinéraire de passage. Ces discussions en sont toujours à leur "phase finale", a redit M. Araghchi.

"Nous ne faisons que des semi-négociations avec eux", a lancé Donald Trump, auprès d'Axios.

Téhéran refuse de revenir à la situation d'avant-guerre et entend imposer des frais de service à Ormuz, contre l'avis de Washington.

- Pause dans les bombardements -

Les bombardements américains ont cessé depuis plus d'une semaine, mais Donald Trump avait conditionné cette suspension à la conclusion d'un accord rapide.

Sur le front de guerre le plus récent, les Houthis du Yémen ont revendiqué dimanche une frappe de drone sur la raffinerie du géant pétrolier saoudien Aramco, sur la mer Rouge.

Ryad, qui soutient le gouvernement yéménite face aux rebelles, a annoncé qu'un incendie, dont il n'a pas précisé la cause, avait été maîtrisé sur le site.

Les Houthis ont aussi tiré des missiles balistiques et des drones sur des "troupes de l'ennemi saoudien et des dépôts d'armes dans la zone de Mokha", ville portuaire yéménite plus au sud, faisant selon une source médicale au moins 11 morts, civils et militaires.

Après quatre ans d'accalmie, les hostilités ont repris en juillet, marquant une nouvelle étape de l'embrasement régional consécutif à la guerre irano-américaine.

Les Houthis avaient alors annoncé un blocus des navires saoudiens en mer Rouge, devenue un passage essentiel pour le transport d'hydrocarbures depuis qu'Ormuz est paralysé. Ils ont aussi frappé à plusieurs reprises le royaume, pour la première fois depuis une trêve négociée en 2022.

L'Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis et déjà ciblée par l'Iran pendant la guerre, a signé vendredi avec le Pakistan et la Turquie un pacte de défense mutuelle.


Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz pour ses centres de données

Le logo du géant américain de la vente en ligne Amazon sur la façade d’un centre de redistribution à Horn-Bad Meinberg, dans l’ouest de l’Allemagne, le 9 décembre 2024. (AFP)
Le logo du géant américain de la vente en ligne Amazon sur la façade d’un centre de redistribution à Horn-Bad Meinberg, dans l’ouest de l’Allemagne, le 9 décembre 2024. (AFP)
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  • Amazon construit au Texas une centrale à gaz de 7,65 GW dédiée à ses centres de données, avec une autorisation d’émettre plus de 30 millions de tonnes de GES par an
  • Le projet illustre l’explosion des besoins énergétiques liés à l’IA, tout en soulevant de fortes inquiétudes environnementales et sanitaires malgré les engagements climatiques d’Amazon

WASHINGTON: Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz qui pourrait devenir la plus importante source d'émission de gaz à effet de serre des Etats-Unis, a confirmé vendredi le géant technologique américain.

Le projet, nommé GW Ranch, est destiné à alimenter en électricité d'immenses centres de données et ne sera pas connecté au réseau électrique, une solution de plus en plus utilisée par les géants de la tech pour satisfaire à la hâte l'énergie requise par le boom lié à l'IA.

Le projet prévoit 35 turbines pour une capacité totale de 7,65 gigawatts, selon des permis, plus de quatre fois la puissance du réacteur nucléaire EPR de Flamanville en France, et plus que n'importe quelle centrale à gaz actuellement en activité aux Etats-Unis.

La centrale a l'autorisation d'émettre plus de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, plus que n'importe quelle autre infrastructure dans le pays.

A l'aide d'images satellites, le cabinet spécialisé du secteur Cleanview a fait le lien entre ce projet de centrale et trois permis de centres de données déposés cette semaine par Amazon dans cette zone aride du Texas, près de la frontière mexicaine.

Un porte-parole du géant américain a confirmé l'information, en insistant: "Amazon tient à payer intégralement le coût réel de l'alimentation de nos opérations."

"C'est exactement ce que fait notre nouveau projet de centres de données dans le comté de Pecos: il sera alimenté par une centrale dédiée qui n'augmentera pas les prix de l'électricité pour les foyers texans", a-t-il ajouté, sur fond d'inquiétude politique sur une hausse des factures.

L'entreprise affirme qu'elle "explore les possibilités" d'ajouter de l'énergie solaire au site et qu'elle utilisera de l'eau non-potable pour éviter de siphonner le réseau local. Le géant américain affirme aussi maintenir son objectif de bilan carbone neutre d'ici à 2040.

La soif d'électricité des centres de données est telle que, depuis quelques années, de plus en plus d'infrastructures installent, directement près de leurs serveurs, des centrales dédiées et hors-réseau, comme d'immenses groupes électrogènes.

Si elles sont moins polluantes que les centrales à charbon, celles à gaz restent des sources importantes d'émissions responsables du réchauffement climatique, d'autant plus que la production de gaz naturel provoque des fuites de méthane, un gaz au très puissant effet de serre.

Ces centrales émettent aussi des gaz toxiques et des particules fines qui peuvent représenter des dangers pour la santé.


Foot: Hervé Renard nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire

Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
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  • Hervé Renard est nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire, un poste qu'il avait déjà occupé entre 2014 et 2015 avec une victoire à la CAN
  • Le Français succède à Emerse Faé, qui quitte ses fonctions malgré le sacre continental de 2024 et le meilleur parcours mondial de l'histoire du pays en 2026

PARIS: Le Français Hervé Renard a été nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire pour succéder à Emerse Faé, a annoncé mardi la fédération ivoirienne de football (FIF) sur ses réseaux sociaux.

Âgé de 57 ans, Renard, qui a brièvement dirigé la Tunisie lors du Mondial-2026 en étant arrivé en pleine compétition, avait déjà occupé ce poste entre 2014 et 2015, avec à la clé une Coupe d'Afrique des nations en 2015.

Renard, dont l'arrivée avait été annoncée dès mardi par le journal le Parisien, prend la suite de Faé, non reconduit par la FIF malgré une Coupe d'Afrique des nations remportée en 2024 et une qualification en 16e de finale lors du Mondial 2026, une première dans l'histoire du pays.

Renard, qui a dirigé au cours de sa carrière de nombreuses sélections, avait pris la tête de la Tunisie à la suite du lourd revers contre la Suède (5-1) lors du premier match des Aigles de Carthage au Mondial, une déroute qui avait coûté sa place à Sabri Lamouchi.

Il a officié à deux reprises, avec deux défaites à la clé, contre le Japon (4-0) et les Pays-Bas (3-1).

Libre de tout contrat après ce court intérim, Hervé Renard retrouve onze ans plus tard le banc de la Côte d'Ivoire où il jouit d'une très grande popularité, gagnée grâce au sacre de la CAN-2015 avec la génération de Yaya Touré, après près de 25 ans de disette.

Déjà vainqueur de la CAN trois ans plus tôt avec la Zambie, le technicien s'est bâti une réputation solide sur le continent africain où il a multiplié les expériences à la tête d'équipes nationales (Ghana, Angola, Maroc...).

Il a toutefois connu ces dernières années des expériences plus mitigées notamment à la tête de la sélection saoudienne, dont il a été limogé en avril malgré une qualification au Mondial-2026, ou sur le banc de l'équipe de France féminine, avec laquelle il a atteint les quarts des JO-2024 à Paris.

M. Renard est attendu à Abidjan dans les prochains jours afin de prendre officiellement ses fonctions, a précisé la fédération ivoirienne.