Les Restos du Coeur lancent leur 37e campagne, alarmés par «l'aggravation de la précarité»

La pandémie de Covid-19 a marqué les esprits l'an dernier, avec l'allongement des files d'attente devant les centres de distribution alimentaire. (Photo, AFP)
La pandémie de Covid-19 a marqué les esprits l'an dernier, avec l'allongement des files d'attente devant les centres de distribution alimentaire. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 23 novembre 2021

Les Restos du Coeur lancent leur 37e campagne, alarmés par «l'aggravation de la précarité»

  • L'association créée par Coluche a aidé 1,2 million de personnes depuis novembre 2020 et distribué 142 millions de repas, contre 136 millions l'année précédente
  • «Sur le terrain, on constate vraiment une aggravation de la précarité des plus démunis, notamment chez les personnes que nous connaissions déjà»

PARIS : Les Restos du Cœur lancent mardi leur 37e campagne annuelle et alertent sur "l'aggravation de la précarité" des plus démunis provoquée par la crise sanitaire, au moment où l'aide alimentaire n'a jamais été aussi cruciale en France.

La pandémie de Covid-19 a marqué les esprits l'an dernier, avec l'allongement des files d'attente devant les centres de distribution alimentaire. Et la pression ne baisse pas: l'association créée par Coluche a aidé 1,2 million de personnes depuis novembre 2020 et distribué 142 millions de repas, contre 136 millions l'année précédente.

"Sur le terrain, on constate vraiment une aggravation de la précarité des plus démunis, notamment chez les personnes que nous connaissions déjà", explique à l'AFP son président, Patrice Douret. 

Plus que de fabriquer de "nouveaux pauvres", l'épidémie a surtout enfoncé ceux qui étaient déjà fragilisés, selon l’association. Plus de la moitié (53%) de ses bénéficiaires déclarent avoir subi une perte de revenus liée à la crise sanitaire, tandis que 15% avouent qu'elle les a forcés à pousser la porte des Restos.

"La reproduction de la précarité nous préoccupe plus que jamais", poursuit M. Douret, particulièrement inquiet des difficultés rencontrées par les jeunes et les mères seules avec enfants; 40% des bénéficiaires des Restos sont des mineurs. "On a vraiment peur que la reprise économique suggérée par les indicateurs exclue ces publics les plus précaires."

A la veille de l'élection présidentielle, le gouvernement vante actuellement les effets de sa politique du "quoi qu'il en coûte" - prise en charge du chômage partiel et aides exceptionnelles versées aux plus modestes. 

Outre un recul du chômage, il s'est notamment réjoui début novembre d'une estimation provisoire de l'Insee, qui montre que le taux de pauvreté est resté stable en 2020, contrairement à l'explosion redoutée. Ce qui n'empêche pas que "certaines situations de pauvreté se sont aggravées à la faveur de la crise", selon l'institut statistique.

Aide alimentaire indispensable

Le secteur associatif insiste lui sur ce risque de décrochage des plus pauvres. D'autant que "la situation s'aggrave avec la hausse des prix de l'énergie: pour payer les factures, les arbitrages se font souvent au détriment de l'alimentation", rappelle M. Douret.

La semaine dernière, le Secours Catholique a sonné l'alarme dans un rapport selon lequel "près de 10% de la population" est contrainte de recourir à l'aide alimentaire. Entre 5 et 7 millions de personnes ont bénéficié de cette aide en 2020, contre 5,5 millions en 2017. 

La Fédération des banques alimentaires, qui organise elle sa grande collecte nationale sur trois jours du 26 au 28 novembre, s'inquiète également de "la hausse constante du nombre" de ses bénéficiaires, qui a progressé de 6% en 2020 et continue d'augmenter cette année.

Au gré des différents confinements, l'isolement des plus précaires s’est encore accentué. Pour tenter d'enrayer ce phénomène, les Restos du Cœur tentent d'aller chercher tous ceux qui n'osent pas se rendre dans leurs locaux, ou n'en ont pas les moyens.

L'association a ainsi lancé des centres itinérants en milieu rural: elle espère doubler leur nombre et atteindre 60 services mobiles de ce type dans les prochains mois. Ses distributions alimentaires en pleine rue ont également augmenté de 25% depuis deux ans.

Oeufs, lait, viande… Elle tente également d’obtenir de nombreux produits en circuit court pour améliorer la qualité des paniers distribués. Pour cela, elle réclame une amélioration de la gestion du Fonds européen d’aide aux plus démunis, qui finance un repas sur quatre aux Restos.

"On rencontre des problèmes sur les légumes en conserve, notamment les haricots verts, car il n'y a aucun prestataire qui répond aux appels d’offres organisés par l'Etat pour fournir ces produits", regrette M. Douret.

Face au creusement des inégalités, les Français "font preuve d'une générosité exceptionnelle, dont nous allons encore avoir besoin", souffle le dirigeant associatif. L'année 2020 a été marquée par un record de dons aux associations, selon le baromètre de France Générosités.

Cet élan de solidarité démontre que "la lutte contre la précarité est une priorité de Français", selon lui. "Pourtant, on ne la voit pas assez dans les programmes des différents candidats à la présidentielle", déplore-t-il.


Ingérences étrangères: Matignon veut poursuivre à la rentrée "un travail commun" avec les formations politiques

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 21 juillet 2026. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 21 juillet 2026. (AFP)
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  • Sébastien Lecornu veut relancer à la rentrée un travail avec tous les partis contre les ingérences étrangères
  • Le gouvernement prévoit de renforcer la lutte contre la désinformation électorale avec des sanctions accrues et un protocole de signalement

PARIS: Sébastien Lecornu a dit mercredi soir qu'il souhaitait poursuivre, "à la rentrée", "un travail commun" avec l’ensemble des formations politiques pour lutter contre les ingérences étrangères, alors que trois candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle ont été visés ces derniers jours par des opérations de déstabilisation russes.

"Je partage l’idée que ce sujet mérite un travail commun. C’est précisément celui que nous avons engagé à Matignon et que nous poursuivrons à la rentrée avec l'ensemble des formations politiques", a écrit sur X le chef du gouvernement, interpellé sur le sujet par le tribun insoumis Jean-Luc Mélenchon.

En juin, le Premier ministre avait reçu à Matignon les partis politiques sur ce thème. Il avait alors évoqué des "perspectives de menaces lourdes sur l'élection présidentielle", soulignant que "l'ensemble de la classe politique" pouvait être concernée.

Depuis la fin juillet, trois prétendants déclarés ou pressentis à l'Elysée, le patron d'Horizons Edouard Philippe, celui de Renaissance Gabriel Attal et de Place Publique Raphaël Glucksmann ont été ciblés par la Russie à travers des campagnes de désinformation en ligne. Une première en France pour des candidats à la présidentielle, même si ces opérations sont restées peu visibles, d'après une source sécuritaire.

"Le dispositif de détection que nous avons mis en place fonctionne", s'est félicité mercredi soir Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, "nous avons déjà présenté en Conseil des ministres un projet de loi pour renforcer encore notre arsenal, notamment en triplant les peines contre la production de faux contenus en période électorale".

"Un protocole de transmission automatique de tous les cas détectés sera également mis en place, en lien avec les formations politiques et les services compétents", a-t-il ajouté.

Depuis la réunion avec les partis en juin, il précise avoir reçu des propositions de la part de certaines formations politiques, mais que "toutes n'ont pas encore répondu".


L'ambassadeur d'Arabie saoudite en France reçoit la députée Amélia Lakrafi

L'ambassadeur d'Arabie saoudite en France, le Dr Faisal Al-Mejfel (à droite), reçoit Mme Amélia Lakrafi (à gauche), députée et vice-présidente du groupe d'amitié France–Arabie saoudite à l'Assemblée nationale. (Photo : compte X @KSAembassyFRA)
L'ambassadeur d'Arabie saoudite en France, le Dr Faisal Al-Mejfel (à droite), reçoit Mme Amélia Lakrafi (à gauche), députée et vice-présidente du groupe d'amitié France–Arabie saoudite à l'Assemblée nationale. (Photo : compte X @KSAembassyFRA)
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  • Les échanges ont porté sur plusieurs dossiers d'intérêt commun entre la France et l'Arabie saoudite

DUBAI: L'ambassadeur d'Arabie saoudite en France, le Dr Faisal Al-Mejfel, a reçu Mme Amélia Lakrafi, députée des Français établis hors de France et vice-présidente du groupe d'amitié France–Arabie saoudite à l'Assemblée nationale.

Au cours de cette rencontre, les deux responsables ont échangé sur plusieurs sujets d'intérêt commun, dans le cadre des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite. Les discussions ont porté sur des dossiers partagés, illustrant la poursuite du dialogue entre les deux pays. 

Cette rencontre s'inscrit dans le cadre des échanges entre les représentants français et saoudiens visant à renforcer la coopération sur des enjeux d'intérêt mutuel.


Juillet 2026, mois le plus chaud jamais enregistré en France, et l'un des plus secs

Le lac des Brenets, sur le Doubs à la frontière franco-suisse, asséché par les fissures souterraines, le manque de pluie et les vagues de chaleur répétées, le 28 juillet 2026. (AFP)
Le lac des Brenets, sur le Doubs à la frontière franco-suisse, asséché par les fissures souterraines, le manque de pluie et les vagues de chaleur répétées, le 28 juillet 2026. (AFP)
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  • Juillet 2026 est le mois le plus chaud jamais enregistré en France, avec des vagues de chaleur record
  • Une sécheresse sévère a aggravé les incendies, dont un mégafeu ayant brûlé près de 42 000 hectares

PARIS: Vagues de chaleur, sécheresse, incendies : le mois de juillet 2026 restera dans les annales comme le plus chaud et l'un des plus secs jamais enregistrés en France depuis le début des mesures en 1900, illustration d'un changement climatique dont les effets s'intensifient.

Avec une température moyenne de 24,9°C, le mois dernier efface les précédents records de la canicule d'août 2003 (24,8°C) et de juillet 2006 (24,4°C), a annoncé mardi Météo-France.

L'excédent de température par rapport aux normales (période 1991-2020) - déjà établies en prenant en compte un climat réchauffé par les activités humaines depuis 1850-1900 - atteint, comme en juin, +3,8°C.

"Il s'agit de la deuxième anomalie mensuelle la plus élevée" jamais enregistrée après février 1990 (+4°C), indique le prévisionniste national dans un communiqué.

Sur les températures maximales, l'excédent atteint même 5,2°C de plus que les normales de saison.

- canicules plus fréquentes -

Juillet 2026 a été marqué par deux vagues de chaleur. La première, du 4 au 19 juillet, est la troisième plus longue jamais enregistrée en France. La seconde, débutée le 28 juillet, est toujours en cours.

Des phénomènes extrêmes qui sont de moins en moins des exceptions : Météo-France rappelle que plus de la moitié des 54 vagues de chaleur recensées dans le pays se sont produites au cours des 15 dernières années.

Sous l'effet du changement climatique, ces épisodes deviennent "de plus en plus fréquents", "démarrent de plus en plus tôt dans la saison" et atteignent des températures toujours plus élevées.

En juillet, plusieurs autres pays européens ont également subi des épisodes caniculaires, notamment en Hongrie, Autriche ou Grèce, où le thermomètre a frôlé voire dépassé les 40°C.

Depuis la fin mai, la France a déjà subi quatre épisodes de fortes chaleurs, dont l'un historiquement intense fin juin.

Ce n'est peut-être pas fini : pour août, septembre et octobre, Météo-France privilégie un scénario plus chaud que la normale, sur fond de "poursuite des conditions de blocages anticycloniques".

Le prévisionniste rappelle toutefois qu'il s'agit de tendances saisonnières et non de prévisions météorologiques, et que cela ne permet pas de conclure que de nouvelles vagues de chaleur auront lieu.

- sécheresse et incendies -

Avec un déficit de pluie de près de 70%, juillet 2026 a également été le troisième mois de juillet le moins arrosé en France, aggravant encore la sécheresse superficielles des sols observée depuis deux mois.

À la fin juillet, "les sols sont encore plus secs qu'en 2022 et 2025 à la même période, et atteignent des niveaux équivalents aux plus bas jamais enregistrés" à la mi-août 2022, indique Météo-France.

Cette sécheresse record, combinée aux fortes chaleurs, a de lourdes conséquences pour l'agriculture et favorise les départs et la propagation des incendies.

Pas une journée de juillet ne s'est écoulée sans qu'au moins plusieurs départements ne soient placés en danger élevé de feux de forêt, selon Météo-France. Le 12 juillet, 70 départements étaient concernés. Les 5, 6 et 8 juillet, huit départements méditerranéens ont même été classés en danger très élevé.

Fin juillet, un mégafeu, caractérisé par son intensité, sa propagation rapide et sa difficulté à être maîtrisé, a notamment ravagé près de 42.000 hectares, selon les premières estimations, et entraîné l'évacuation de plus de 220.000 personnes en Gironde.

En termes de superficie brûlée, un tel sinistre ne s'était plus produit en France métropolitaine et en Corse depuis août 1949.

Les précédents mois de juillet les plus secs remontaient à 2022, avec un déficit de précipitations de 85%, et à 2020 (75%).

Le mois dernier, quasiment pas une goutte de pluie n'est tombée au nord de la Seine, dans la région nantaise, en Occitanie, dans l'intérieur du Var, sur la Côte d'Azur et en Corse.

Seule la région Auvergne-Rhône-Alpes a bénéficié de quelques précipitations. Mais cela s'est déroulé lors d'orages violents les 16 et 25 juillet, dont l'un a même provoqué une mini-tornade dans la Loire.

Mais sur l'ensemble du pays, c'est un "soleil accablant", constate Météo-France, qui a dominé le mois dernier. Avec un excédent d'ensoleillement de 35% en moyenne, juillet 2026 se classe au deuxième rang des mois de juillet les plus ensoleillés jamais enregistrés, derrière juillet 2022 (+40%).