Soudan: le Premier ministre met un coup d'arrêt aux purges

Le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok (Photo, AFP).
Le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 25 novembre 2021

Soudan: le Premier ministre met un coup d'arrêt aux purges

  • Douze ministres sur 17 issus du bloc réclamant un pouvoir uniquement civil ont démissionné lundi, rejetant la stratégie de dialogue avec l'armée
  • Si M. Hamdok est parvenu à obtenir la libération d'une poignée de politiciens, de son propre aveu des dizaines d'autres sont toujours en détention

KHARTOUM: Le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok a ordonné mercredi l'arrêt "immédiat" des limogeages et annoncé le "réexamen" de toutes les nominations annoncées durant sa détention dans la foulée du putsch militaire du 25 octobre.

Ce jour-là, le général Abdel Fattah al-Burhane a dissous l'ensemble des institutions du pays et dans les semaines suivantes a limogé les patrons des médias d'Etat, d'entreprises et de banques publiques ainsi que de nombreux responsables au sein des différents gouvernorats.

En outre, des ambassadeurs ayant annoncé faire défection ont été relevés de leur fonction par un haut fonctionnaire occupant alors de facto le poste de chef de la diplomatie.

M. Hamdok lui-même a été détenu puis placé en résidence surveillée. Il a repris son poste dimanche après un accord controversé avec le général Burhane mais n'a toujours pas de gouvernement.

Selon un communiqué, M. Hamdok a ordonné "l'arrêt immédiat et jusqu'à nouvel ordre des limogeages et des embauches dans les institutions publiques locales et nationales". Et "les embauches et limogeages décidés récemment seront étudiés et réexaminés".

M. Hamdok, devenu après sa nomination en 2019 le visage civil de la transition soudanaise, est sous le feu des critiques depuis son accord avec le général Burhane, chef de l'armée et auteur du coup d'Etat.

Douze ministres sur 17 issus du bloc réclamant un pouvoir uniquement civil ont démissionné lundi, rejetant la stratégie de dialogue avec l'armée. 

Si M. Hamdok est parvenu à obtenir la libération d'une poignée de politiciens, de son propre aveu des dizaines d'autres sont toujours en détention. 

Appels à manifester jeudi

Dans un entretien mercredi avec des médias locaux, il a expliqué avoir signé l'accord pour "faire cesser l'effusion de sang", pour "ne pas perdre les acquis des deux années écoulées" et parce que l'accord donne "une date claire pour les élections", les premières libres du pays depuis plus de 30 ans, en juillet 2023.

Les autorités de transition, dont le gouvernement de M. Hamdok, avaient été mises en place au Soudan en 2019 après la chute du régime du général Omar el-Béchir mis à l'écart par l'armée sous la pression de la rue.  

M. Hamdok a assuré n'avoir subi "aucune pression" durant sa résidence surveillée au cours de ce qu'il a refusé de qualifier de coup d'Etat et indiqué avoir entamé des rencontres en vue de nommer son cabinet.

La rue, qui l'accuse de "trahison", entend maintenir sa pression sur les nouvelles autorités militaro-civiles dont son exclus les partisans d'un pouvoir uniquement civil.

Sur les réseaux sociaux, les militants ont appelé à faire de jeudi la "journée des martyrs" avec de nouvelles manifestations, malgré une répression qui a fait depuis le 25 octobre 42 morts et des centaines de blessés, selon un dernier bilan annoncé mercredi par un syndicat de médecins prodémocratie.

Volker Perthes, émissaire de l'ONU au Soudan, a appelé à  éviter "l'effusion de sang et les arrestations arbitraires" lors des manifestations, parlant d'un "test" pour les nouvelles autorités.


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
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  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.