En Guadeloupe, la désinformation en ligne alimente la défiance vaccinale

Très récemment, une avocate installée en Guadeloupe a affirmé sur internet que le CHU de Pointe-à-Pitre avait reçu l'ordre de cacher le fait que des patients hospitalisés pour un Covid étaient vaccinés, et de les répertorier systématiquement comme non-vaccinés. (Photo/AFP)
Très récemment, une avocate installée en Guadeloupe a affirmé sur internet que le CHU de Pointe-à-Pitre avait reçu l'ordre de cacher le fait que des patients hospitalisés pour un Covid étaient vaccinés, et de les répertorier systématiquement comme non-vaccinés. (Photo/AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 25 novembre 2021

En Guadeloupe, la désinformation en ligne alimente la défiance vaccinale

  • Depuis le début de l'épidémie, les « fake news » sont loin d'avoir seulement essaimé en Guadeloupe mais la défiance envers la politique sanitaire y est très répandue pour un ensemble complexe de facteurs
  • Le décès de Jacob Desvarieux, le guitariste star de Kassav mort fin juillet des suites du Covid, a lui aussi alimenté une vague de suspicion au motif qu'il était totalement vacciné contre la maladie

PARIS : Quelles sont les “manipulations” qui, selon Emmanuel Macron, contribueraient à embraser la crise en Guadeloupe ? Le chef de l’Etat n'en a pas dit beaucoup plus mais une chose est sûre: la désinformation en ligne nourrit la défiance vaccinale sur l'île.

Très récemment, une avocate installée en Guadeloupe a affirmé sur internet que le CHU de Pointe-à-Pitre avait reçu l'ordre de cacher le fait que des patients hospitalisés pour un Covid étaient vaccinés, et de les répertorier systématiquement comme non-vaccinés.

Elle a beau préciser qu'elle tenait cette "information" de pompiers croisés dans des réunions du réseau "covido-sceptique" ReinfoCovid et qu'elle n'avait procédé à aucune vérification, cette affirmation a été massivement relayée sur Facebook et Twitter sous un titre laissant peu place au doute: "Selon les pompiers, le CHU de Guadeloupe a ordre de cacher les vaccinés hospitalisés”. Contactée par l'AFP, l'Agence régionale de santé (ARS) dément l'existence d'une telle consigne.

Sur la chaîne de télé locale Canal 10, qui ouvre ses plateaux à tous et sans filtre, un parent d'élève a, lui, affirmé que des "enfants" étaient morts du fait de la vaccination. La vidéo s'est propagée sur Facebook avant que n'apparaissent sur Twitter plusieurs publications affirmant, sans citer de source, que "cinq enfants" étaient décédés sur l'île du syndrome de Guillain Barré. Là encore, l'ARS dément.

 

Manifestation en musique sur le rond-point Perrin

La "liberté" en porte-étendard, quelque 300 manifestants guadeloupéens sont venus faire entendre leur voix mercredi au son de la musique de leur île, secouée par une crise aux racines multiples.

Soignants, personnel médical, pompiers, employés de l'Education nationale mais aussi simples citoyens ont répondu à l'appel du collectif LKP (Lyannaj Kont Pwofitasyion) pour contester le vaccin anti-Covid obligatoire pour les soignants et les pompiers, mais aussi faire valoir des revendications sociales, liées au coût de la vie et à la hausse du prix des carburants.

"Je ne suis pas +antivax+ mais contre cette obligation. C'est un viol car on force mon consentement", estime Colette, qui préfère garder l'anonymat.

Technicienne administrative dans un centre dépendant du CHU, elle dit avoir reçu une mise en demeure après avoir refusé de se vacciner contre le Covid-19, principalement par "manque de recul".

"Il faut laisser le libre choix à tout un chacun", estime-t-elle. "Je ne joue pas au loto avec mon corps car je sais que je ne vais pas gagner".

Bloqué depuis une semaine, ses accès cernés par quelques carcasses de voitures calcinées et des barricades, amas de tôle, pneus et débris en tous genres, le "rond-point Perrin", axe de passage important de la commune des Abymes, a repris des couleurs.

En contre-bas du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS), dont une partie du personnel est en grève et sur lequel flotte le drapeau indépendantiste (non officiel) de la Guadeloupe, des barnums ont été installés.

Elie Domota, porte-parole du LKP, est également venu sur le rond-point.

« Mas » et encens

Les manifestants, dont certains sont venus avec leurs enfants, dénoncent également les coupures d'eau fréquentes, problème chronique depuis des années, la cherté de la vie et la difficulté pour les jeunes à trouver un emploi.

En Guadeloupe, 35% des 15-29 ans sont au chômage, contre 20% pour la moyenne nationale.

"Ca fait un moment qu'ils demandent du boulot, qu'on les écoute. Eh bien maintenant c'est tout le monde dans la rue, car il y en a ras-le-bol!", lance Colette.

Dans la rue, et sur les barricades pour certains, la contestation s'est teintée par endroits de dégradations et violences.

"Les barrages, oui, ça bloque, mais si on ne fait rien, on n'aura rien", estime Micheline, la cinquantaine. "C'est dommage que les jeunes abîment car ce sont quand même les Guadeloupéens qui sont pénalisés mais, d'un autre côté, s'il n'y a pas ça, l'Etat ne se lève pas".

"Là dans la joie, dans le plaisir", elle danse avec d'autres manifestants au son d'un "mas", groupe de musiciens maniant le tambour ka, la conque et le chacha, des instruments antillais.

Arborant un t-shirt "Rezistans Pou Libète" ("résistants pour la liberté", en créole), une dame tourne autour du "mas", munie d'une boîte métallique contenant de "l'encens purificateur" "pour chasser les mauvais esprits", explique-t-elle.

Les manifestants quittent ensuite le rond-point pour un "déboulé", marche (soutenue) dans les rues au rythme de la musique.

"Liberté, liberté" proclament certains, avant de tomber sur un cordon de gendarmes mobiles. "Yo armé nou pas armé" ("Ils sont armés, pas nous") scande la foule.

Après rapide négociation, les forces de l'ordre laissent passer les manifestants, qui bifurquent vers un autre itinéraire, au son du "mas" et dans le calme.

"C'est la musique du peuple. Malgré toutes les souffrances, tout ce qu'on endure, ça apaise", dit Micheline.

Depuis le début de l'épidémie, les "fake news" sont loin d'avoir seulement essaimé en Guadeloupe mais la défiance envers la politique sanitaire y est très répandue pour un ensemble complexe de facteurs mêlant notamment "inégalités sociales" et "confusion médiatique", expliquait la sociologue spécialiste de l'Outre-mer Stéphanie Mulot début septembre à l'AFP, évoquant également le "sujet majeur" du chlordécone.

Le chlordécone, un pesticide interdit en France en 1990, a continué à être autorisé dans les champs de bananes des Antilles françaises par dérogation ministérielle jusqu'en 1993, provoquant une pollution importante et durable.

Plus de 90% de la population adulte en Guadeloupe et Martinique est contaminée par le chlordécone, selon les autorités françaises, et les populations antillaises présentent un taux d'incidence du cancer de la prostate parmi les plus élevés au monde.

"Le sujet du chlordécone (...) a alimenté la défiance vis-à-vis du vaccin et du traitement de la crise sanitaire par l'État métropolitain", a estimé lundi le secrétaire général du syndicat Force ouvrière, Yves Veyrier.

 

Cinq choses à savoir sur l'île de la Guadeloupe

La Guadeloupe, île des Antilles françaises secouée depuis plusieurs jours par une crise déclenchée par l'obligation vaccinale contre le Covid-19 des personnels soignants, est un des départements les plus pauvres de France, frappé par un fort taux de chômage.

Île papillon

La Guadeloupe est un archipel de 1.700 km2, situé à 6.700 km de la métropole et à 120 km de la Martinique -également secouée par la crise-, au cœur de l'arc des Antilles.

L'île principale, à la forme de papillon, est composée de Basse-Terre et Grande-Terre, et est dominée par le volcan de la Soufrière. Les autres îles sont la Désirade, l'archipel des Saintes et Marie-Galante.

Cette ancienne colonie française (à partir de 1635) a été marquée par deux siècles d'esclavage, jusqu'à son abolition définitive en 1848.

Département français d'outre-mer depuis 1946, l'archipel accueille le plus grand centre au monde de mémoire sur la traite et l'esclavage, inauguré en 2015.

Tourisme, bananes et canne à sucre

La Guadeloupe a subi pendant plusieurs années les conséquences de la crise sociale de 2009, lorsqu'une grève générale contre la vie chère avait paralysé pendant 44 jours son économie, reposant notamment sur le tourisme, la culture de canne à sucre et de bananes.

Le secteur du tourisme a depuis 2020 été frappé de plein fouet par la pandémie de Covid-19, qui a encore aggravé la précarité économique des habitants.

L'appel à la grève générale, lancé le 15 novembre par un collectif d'organisations syndicales et citoyennes, pour contester la vaccination obligatoire des soignants vise aussi à obtenir une hausse des salaires et minima sociaux, ainsi que la baisse des prix des carburants et du gaz.

Deux fois plus de chômage qu'en métropole

Le taux de chômage au sens du Bureau International du Travail (BIT) s'établit à 17% de la population active âgée de 15 ans ou plus en moyenne pour l'année 2020, plus de deux fois supérieur à celui de la France métropolitaine (8%), selon l'Institut national des statistiques (Insee).

Un jeune actif sur trois est au chômage: le taux de chômage des 15-29 ans est de 35%.

En 2017, 34% de la population vivait en-dessous du seuil de pauvreté national de 1.010 euros par mois, comparé à 14% en métropole. Le revenu disponible des ménages les plus modestes était composé à près de 60% de prestations sociales (31% en métropole).

Autre indicateur des difficultés rencontrées par les habitants: les coupures d'eau, dues à la vétusté de réseau, sont fréquentes depuis des années.

Nombreux départs de jeunes 

La population de la Guadeloupe était estimée à moins de 380.000 habitants par l'Insee début 2020, l'archipel ayant perdu plus de 20.000 habitants depuis 2010.

Les installations de nouveaux arrivants sur le territoire ne compensent pas les vagues de départs vers la métropole de jeunes adultes en quête d'emploi ou poursuivant leurs études. Les moins de 25 ans représentaient 29% de la population en 2020 comparé à 35%, dix ans plus tôt.

 

Défiance envers les autorités

Publié sur un compte antivax, un tweet très partagé et accompagné du hashtag "dictature sanitaire" jouait sur ce parallèle. "Après avoir contaminé au chlordécone la Guadeloupe avec des cancers aux 4 coins de l'île, l'Etat leur demande de se faire injecter un vaccin en phase de test sous peine de perdre leur emploi... les Guadeloupéens refusent... Macron envoie le GIGN !".

Chef de file du mouvement contre la vie chère en 2009, le leader syndicaliste Elie Domota a creusé le même sillon dans des tribunes qui ont beaucoup voyagé sur les réseaux, dans lesquelles il refusait aujourd'hui de faire confiance à des autorités qui, s'agissant du chlordécone, avaient assuré que ce "ce produit ne présentait aucun risque pour la santé ni pour l'environnement".

"Nous serons totalement rassurés (sur les vaccins anti-Covid, ndlr) quand vous aurez confirmé (...) et que la République a assuré aux peuples +d’outre-mer+ la meilleure protection de sa santé", ironisait-il.

Le décès de Jacob Desvarieux, le guitariste star de Kassav mort fin juillet des suites du Covid, a lui aussi alimenté une vague de suspicion au motif qu'il était totalement vacciné contre la maladie.

Ce décès "nous enseigne une fois de plus que le vaccin que vous souhaitez nous imposer par tous les moyens ne protège pas (...) et pourrait même dans certains cas aggraver la santé", affirmait une pétition diffusée sur Facebook, qui ne mentionnait pas le fait que M. Desvarieux présentait des comorbidités depuis une greffe rénale.

Pour contrer cette défiance, l'ARS a, fait singulier, publié sur Facebook plusieurs vidéos pour "démêler le vrai du faux" sur les vaccins et contrer les "fausses informations". Lundi, le gouvernement s'est, lui, engagé à fournir aux soignants qui le souhaitent des injections sans ARN messager, répondant à l'une des revendications des opposants à l'obligation vaccinale.

Pas sûr que cela suffise face à l'ampleur du fossé vaccinal: au 16 novembre, 46,4% des Guadeloupéens, avaient reçu une première injection contre 76,7% de la population totale française.

Martinique: multiplication des barrages au 3e jour de grève générale

La situation s'envenimait mercredi soir en Martinique, au soir du troisième jour de grève générale, avec la multiplication des barrages sur les principaux axes routiers de l'île secouée comme sa voisine la Guadeloupe par une contestation du vaccin anti-Covid obligatoire, qui tourne à la violence dans certains quartiers.

Au Robert, un supermarché a été incendié, ont indiqué à l'AFP les pompiers, qui précisent n'intervenir qu'en présence des forces de l'ordre, après avoir essuyé plusieurs tirs de projectiles lors de leur mission.

Les autorités de Martinique ont ouvert mercredi la porte au dialogue avec l'intersyndicale qui a lancé les blocages lundi sur l'île et envisage de durcir le ton.

"Nous avons reçu une invitation à une rencontre jeudi matin à 10H00 (15H00 à Paris, NDLR) avec le préfet et le président du conseil exécutif (de la Collectivité territoriale de Martinique Serge Letchimy) à la préfecture", a annoncé à la presse Eric Bellemare, secrétaire général de Force ouvrière Martinique mercredi après-midi lors d'un point presse.

Une invitation arrivée alors que les membres de l'intersyndicale menaçaient "de prendre d'autres dispositions" face au "mépris affiché par la préfecture" avait lancé le représentant syndical.

Les leaders des 17 organisations syndicales, qui ont lancé un appel à la mobilisation en Martinique depuis lundi, devaient se tourner vers leurs bases respectives pour décider des actions à venir.

Les syndicats ont tout de même prévenu qu'ils ne comptaient pas baisser la garde. "Si jusqu'à présent l'Etat a fait de petits pas, c'est grâce au rapport de force", a observé Gabriel Jean-Marie, secrétaire général de la CGTM. Les barrages pourraient donc persister.

La préfecture de Martinique avait déjà signalé "des évènements très violents (...) dans l'agglomération de Fort-de-France" dans la nuit de mardi à mercredi. "Sept policiers et cinq gendarmes ont été légèrement blessés mais ils n'ont pas été hospitalisés", selon la même source.


Un défilé «massif» et européen pour le dernier 14-Juillet d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron préside mardi pour la dernière fois le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, une édition 2026 voulue "massive" et qui mettra à l'honneur l'Ukraine et ses alliés, essentiellement européens. (AFP)
Emmanuel Macron préside mardi pour la dernière fois le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, une édition 2026 voulue "massive" et qui mettra à l'honneur l'Ukraine et ses alliés, essentiellement européens. (AFP)
Short Url
  • Pour la présidence française, c'est un "symbole fort de l'Europe qui prend conscience de la dangerosité du monde et qu'il faut prendre en main son destin"
  • Cette coalition, initiée par la France et le Royaume-Uni et composée essentiellement d'Européens, s'est engagée à soutenir militairement l'Ukraine, y compris par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un cessez-le-feu conclu

PARIS: Emmanuel Macron préside mardi pour la dernière fois le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, une édition 2026 voulue "massive" et qui mettra à l'honneur l'Ukraine et ses alliés, essentiellement européens.

Près de 6.700 troupes à pied, 98 avions, 31 hélicoptères et 315 véhicules: jamais autant de militaires n'auront défilé sur les Champs-Elysées afin d'illustrer "le réarmement de la France, l'autonomie stratégique de la France et le réveil stratégique européen", selon l'Elysée.

Au lendemain d'un nouveau sommet dans la capitale française des 37 pays de la "coalition des volontaires" pour l'Ukraine, la France met à l'honneur des contingents de chacun de ces pays -500 défilants au total- ainsi que 25 militaires ukrainiens qui défileront à leur suite.

Pour la présidence française, c'est un "symbole fort de l'Europe qui prend conscience de la dangerosité du monde et qu'il faut prendre en main son destin", alors que la Russie menace la sécurité du continent et que les Etats-Unis de Donald Trump sont perçus comme imprévisibles.

Cette coalition, initiée par la France et le Royaume-Uni et composée essentiellement d'Européens, s'est engagée à soutenir militairement l'Ukraine, y compris par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un cessez-le-feu conclu, afin de dissuader la Russie de toute nouvelle offensive. "Une coalition d'illuminés et de va-t-en-guerre", a réagi lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky ainsi que 24 chefs d'Etat ou de gouvernement européens, parmi lesquels l'Allemand Friedrich Merz, le Britannique Keir Starmer, le Polonais Donald Tusk ou encore la Danoise Mette Frederiksen, doivent assister au défilé.

"Le message que nous envoyons au monde est le suivant: oui, la paix est notre but, oui, nous chérissons la liberté et le droit. Et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre toujours et au prix du sang s'il le faut", a déclaré le chef de l'Etat lors de son traditionnel discours aux Armées à la veille de la fête nationale.

"Signalement stratégique" 

Le défilé sera ouvert par la Patrouille de France suivie de deux Mirage 2000 français, avec à leur bord des copilotes ukrainiens formés en France. Des avions de dix pays européens y participeront également.

Pour son dernier défilé en tant que chef des Armées, Emmanuel Macron, qui avait invité le président américain Donald Trump pour son premier en 2017, entend aussi montrer la remontée en puissance des armées sous sa présidence, au cours de laquelle le budget de défense aura doublé.

"L'engagement a été tenu, les faits sont là et l'histoire jugera", a-t-il fait valoir lundi.

La loi de programmation militaire, dont l'actualisation a été approuvée le 1er juillet par le Parlement, prévoit 436 milliards d'euros sur la période 2024-2030, soit 36 milliards de plus que dans sa version adoptée en 2023.

Selon l'Elysée, "il faut concevoir ce défilé comme un signalement stratégique, c'est-à-dire un message que la France envoie, celui d'armées puissantes qui sont capables d'entrer en premier dans un conflit, de combattre".

La France entend donc montrer ses muscles avec des avions qui voleront au-dessus des Champs-Elysées avec des maquettes d'armements sous les ailes, une première pour un 14-Juillet, ou encore des hélicoptères qui défileront "au-dessus des chars, de façon à reproduire un petit peu ce qui se passe sur le champ de bataille", explique-t-on à l'Elysée, qui entend montrer "une armée modernisée prête au combat".

Au cours du défilé seront également mis à l'honneur les militaires français déployés sur le flanc Est de l'Europe, notamment en Estonie et en Roumanie, ainsi que la Marine nationale qui célèbre ses 400 ans.


14 juillet : dans un Golfe en transformation, la France mise sur des partenariats de long terme

De gauche à droite : Sheikh Faisal Al Rawas, président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Oman ; Emmanuel Macron, président de la République française ; Gérard Wolf, MEDEF International ; et Lionel Rabin, président du Conseil d'affaires conjoint Oman-France. (Fournie)
De gauche à droite : Sheikh Faisal Al Rawas, président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Oman ; Emmanuel Macron, président de la République française ; Gérard Wolf, MEDEF International ; et Lionel Rabin, président du Conseil d'affaires conjoint Oman-France. (Fournie)
Short Url
  • Les pays du Golfe redéfinissent leurs partenariats autour de la sécurité, de l’innovation et de la création de valeur à long terme, au-delà des seuls échanges commerciaux
  • La France, grâce à son ancrage historique et à une coopération diversifiée, reste un partenaire stratégique pour des pays comme Oman et les Émirats arabes unis

DUBAÏ: Le 14 juillet ne se limite pas à la célébration de l’histoire et des valeurs françaises. Il offre aussi un regard sur la place de la France auprès de ses partenaires internationaux. Dans le Golfe, où les équilibres économiques et géopolitiques évoluent rapidement, les attentes en matière de coopération changent. Les États de la région ne recherchent plus uniquement des fournisseurs ou des investisseurs, mais des partenaires capables de s’inscrire dans la durée.

Sécurité, diversification économique, innovation technologique, souveraineté industrielle et développement des compétences sont désormais au cœur des relations entre les pays du Golfe et leurs partenaires internationaux. Dans un environnement régional en mutation rapide, les questions de défense et de sécurité sont de plus en plus liées aux enjeux économiques.

La relation entre la France et Oman illustre cette évolution. Pour Lionel Rabin, fondateur et Managing Director de Haltiqa – Bridging Energies et président du Oman–France Joint Business Council, « la relation avec la France illustre ce qui définit aujourd’hui un partenariat stratégique de long terme : la confiance, la continuité et la capacité à contribuer concrètement aux priorités nationales ».

Selon lui, la coopération franco-omanaise s’est progressivement étendue « à la défense, à l’énergie, à la logistique, aux infrastructures, à l’industrie, aux technologies et à l’intelligence artificielle », avec l’objectif de transformer le dialogue politique en projets économiques concrets.

Cette évolution concerne également les Émirats arabes unis, où la relation avec la France s’est renforcée autour de secteurs stratégiques. Agnès Lopez Cruz, directrice de la CCI France-Émirats, souligne que ce partenariat repose sur « la qualité et la continuité du dialogue », mais aussi sur une coopération élargie à « l’énergie, l’innovation, les technologies de pointe et, de plus en plus, l’intelligence artificielle ».

Face aux incertitudes régionales et à la volonté des pays du Golfe de diversifier leurs économies, la France conserve plusieurs atouts : une présence historique, un dialogue stratégique établi et une coopération qui dépasse désormais les secteurs traditionnels.

À l’occasion du 14 juillet, l’enjeu est donc moins de dresser le bilan d’une relation historique que d’observer sa transformation. Dans un Golfe qui cherche à construire de nouveaux équilibres, les partenariats se mesurent désormais à leur capacité à accompagner les ambitions nationales sur le long terme.


Iran: pas de levée de sanctions «tant que» Téhéran ne renonce pas à son programme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
  • "Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques"
  • Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région.

"Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe", a déclaré Jean-Noël Barrot sur BFM TV/RMC.

"Et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre avenir", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris.

"Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

Il a de nouveau appelé toutes les parties à revenir "au protocole de négociation qui a été fixé par cet accord parce que (...) elles n'ont aucun intérêt à l'escalade".

Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d'une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.