Découverte d'un pendentif gravé par l'homme il y a 41 500 ans

Vue aérienne de la grotte de Stajnia en Pologne où le pendentif en ivoire de mammouth du Paléolithique supérieur a été découvert en 2010. (© Marcin Żarski / Nature)
Vue aérienne de la grotte de Stajnia en Pologne où le pendentif en ivoire de mammouth du Paléolithique supérieur a été découvert en 2010. (© Marcin Żarski / Nature)
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Publié le Jeudi 25 novembre 2021

Découverte d'un pendentif gravé par l'homme il y a 41 500 ans

  • Vieux de 41 500 ans, découvert en Pologne, c'est le pendentif gravé de ponctuations par une main humaine le plus ancien de l'histoire et le seul précisément daté
  • L'époque est alors riche en production d'objets de parures, considérés comme des manifestations d'un comportement symbolique

PARIS: Vieux de 41 500 ans, découvert en Pologne, c'est le pendentif gravé de ponctuations par une main humaine le plus ancien de l'histoire et le seul précisément daté, grâce à une technique de pointe, révèle une étude publiée jeudi. 

Fabriqué dans l'ivoire d'une corne de mammouth, bruni par le temps, l'objet de 4,5 cm de haut tient dans la main. Il porte encore le petit trou et une partie du deuxième par lesquels passait un lien pour le porter autour du cou. Et surtout une succession d'au moins 50 « ponctuations », des incisions minuscules pratiquées en courbes harmonieuses, dont le sens exact échappe aux paléontologues.  

L'objet, en deux fragments, a été découvert dans la grotte de Stajnia, un abri naturel dominant une vallée dans le sud de la Pologne. L'endroit a déjà fait la Une des revues de paléontologie avec la découverte de molaires de Néandertaliens, datant de plus de 40 000 ans. 

L'époque est alors riche en production d'objets de parures, considérés comme des manifestations d'un comportement symbolique. Particulièrement sous la main d'Homo sapiens, fraîchement arrivé sur le continent eurasiatique depuis l'Afrique, mais aussi sous celle des Néandertaliens, ces « cousins » de l'homme moderne, qui disparaîtront bientôt.  

La découverte du pendentif, qui remonte à 2010, le place en compagnie d'une poignée d'objets ponctués, découverts en France et dans le Jura souabe allemand, mais aussi en Russie et jusqu'au-delà du cercle arctique. 

Leurs datations s'étalant d'environ 30 000 à 40 000 ans, à l'époque de l'Aurignacien, donnent lieu à des discussions « chaudement débattues », pour savoir si cet art a pris naissance à un endroit précis, et si oui, à quel endroit, remarque l'étude parue dans Scientific Reports. 

Cycle de la Lune ?  

Certains prétendent que le Jura souabe, avec notamment une statuette anthropomorphe ponctuée, est « le centre où cette technique est née et s'est ensuite répandue en Europe », dit la professeure Sarah Talamo, directrice du Laboratoire de datation carbone à l'Université de Bologne, et principale auteure de l'étude. 

Mais, ajoute-t-elle, « on n'en sait rien, car on ne connaît pas les dates exactes de ces objets, dont la datation a été obtenue indirectement », par l'étude de l'environnement où ils ont été découverts. Autrement dit, « sans techniques de pointe ». 

En revanche, et en collaboration avec une équipe de l'Institut Max Planck pour l'évolution anthropologique, la scientifique a pu déterminer précisément l'âge du pendentif de Stajnia, grâce à la spectrométrie de masse par accélérateur. Cette technique de pointe exige de 200 à 1 000 fois moins de matière que la datation carbone classique. En l'occurrence, il a suffit de prélever un échantillon de seulement un demi-gramme du précieux pendentif pour en déterminer l'âge.  

Quant à la précision, elle est capitale pour « comprendre comment cette technique a pu se répandre » sur le continent à l'Aurignacien, poursuit la chercheuse.  

Notamment en considérant la particularité remarquable que partage le pendentif de Stajnia avec un autre os gravé daté autour de 38 000 ans, la plaquette Blanchard, du nom d'un site de Dordogne, à 2 000 km de là: tous deux portent une série de ponctuations, organisées en une longue boucle et courbe.  

Un dessin interprété comme un décompte de gibier, un système de numération ou « ressemblant de manière frappante à un analemme lunaire », comme le note l'étude: une représentation de la position changeante de l'astre observée chaque jour depuis un même lieu au cours du cycle de la Lune.   

L'enjeu, selon les auteurs de l'étude, est donc de revoir la datation des autres objets ponctués, et plus largement de « l'art mobile, pour mieux comprendre l'émergence d'un comportement symbolique et de la cognition moderne dans l'évolution humaine ». 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".