Le Conseil de sécurité de l’ONU a la responsabilité morale de rectifier ses erreurs en Libye, déclare son ambassadeur

Les membres du Conseil de sécurité de l’ONU doivent reconnaître leur rôle dans les événements en Libye ces dernières années, dit l’ambassadeur du pays. (Photo, AFP)
Les membres du Conseil de sécurité de l’ONU doivent reconnaître leur rôle dans les événements en Libye ces dernières années, dit l’ambassadeur du pays. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 25 novembre 2021

Le Conseil de sécurité de l’ONU a la responsabilité morale de rectifier ses erreurs en Libye, déclare son ambassadeur

  • L’ambassadeur Taher el-Sonni a averti que le gel des avoirs libyens était «politisé» et accuse la Belgique de détournement de fonds à la suite de la saisie des avoirs
  • Les membres du Conseil de sécurité de l’ONU appellent les autorités libyennes à soutenir le processus électoral de décembre et à lutter contre le traitement inhumain des migrants dans les centres de détention du pays

NEW YORK: L’envoyé de l’ONU pour la Libye a rappelé au Conseil de sécurité sa «responsabilité morale» de rectifier les erreurs commises par le passé à l’encontre du peuple libyen et a appelé à la fin de l’ingérence étrangère dans les affaires du pays.

S’exprimant avant les élections présidentielles et nationales historiques de décembre en Libye, l’ambassadeur Taher el-Sonni a déclaré que les membres du Conseil de sécurité devaient reconnaître leur rôle dans les «événements qui se sont produits en Libye ces dernières années».

Mercredi, il a affirmé lors de la réunion du Conseil de sécurité que «le peuple libyen se remettra de cette crise», et a ajouté: «Nous deviendrons plus forts». Les membres du Conseil ont exprimé l’espoir que ces élections se déroulent dans une atmosphère libre et équitable, et ont appelé toutes les parties à résoudre les différends par des moyens légitimes et à s’abstenir de perturber le processus politique.

Bien qu’ils aient salué un récent accord sur le retrait des combattants étrangers et des mercenaires du pays, les membres du Conseil de sécurité ont également appelé la Libye à redoubler d’efforts pour relever ses défis humanitaires, alors que de plus en plus de cas de traitements inhumains de migrants dans les centres de détention du pays sont signalés.

L’ambassadeur Jeffrey DeLaurentis, conseiller principal pour les affaires politiques spéciales à la mission américaine, a salué la «démonstration sans ambiguïté du soutien international à la Libye» lors de la conférence de Paris ce mois-ci, mais a rappelé «à ceux qui voudraient interférer dans les élections en Libye ou attiser la violence que le Conseil de sécurité peut imposer des sanctions à toute personne, libyenne ou non, qui fait obstruction aux élections». Il a ajouté que le Conseil «doit cibler ceux qui veulent saboter les élections afin qu’ils rendent des comptes si nécessaire».

Le représentant permanent adjoint de la mission russe, Dmitry Polyanskiy, a souligné le soutien de Moscou au rapatriement des mercenaires étrangers afin d’éviter «le risque de nuire au cessez-le-feu existant» et a exhorté tous les groupes à «travailler de manière constructive les uns avec les autres». Le soutien de la Russie à l’Armée nationale libyenne inclut des mercenaires de la société de sécurité privée russe Wagner.

Toutefois, M. El-Sonni a mis les ambassadeurs en garde contre le fait de «rabaisser les citoyens libyens, en particulier les jeunes, qui sont désormais plus conscients de l’histoire de leur pays après dix ans de conflit». Les Libyens «ont appris du passé et découvert toutes les conspirations menées contre eux», a-t-il poursuivi.

«On a assisté à une véritable réconciliation nationale. Nous tournons la page d’un chapitre douloureux de l’histoire de la Libye», a-t-il affirmé. Il a rassuré le Conseil en affirmant que «le peuple libyen se remettra de la crise et deviendra plus fort». «Nous demandons simplement à ceux qui s’immiscent dans nos affaires intérieures de nous laisser tranquilles, comme nous le disons en Libye. Malgré tous les défis, nous restons inébranlables et unis: c’est le secret de notre force, quoiqu’il arrive», a-t-il lancé.

La Libye «apprécie» les initiatives internationales visant à trouver une solution pacifique dans le pays, mais le processus doit être approprié et mené par les Libyens, qui «doivent diriger et non être dirigés», a noté l’ambassadeur.

Les autorités libyennes actuelles se sont engagées à respecter une feuille de route qui prévoit la tenue d’élections à la date prévue et la garantie de leur succès, a-t-il mentionné. «Les demandes souveraines du peuple libyen de se débarrasser de toute forme de présence étrangère sur son territoire, indépendamment des étiquettes ou des catégories, doivent être honorées.»

Abordant la question des avoirs gelés de son pays, M. El-Sonni a expliqué qu’il ne s’agissait plus d’une tentative de protéger l’argent libyen, mais d’un «mécanisme politisé visant à permettre à certains d’usurper les trésors du peuple». La semaine dernière, l’AFP a rapporté que le Premier ministre libyen, Abdel Hamid Dbeibah, avait accusé la Belgique de chercher à saisir 15 milliards de dollars (1 dollar = 0,86 euro) d’avoirs libyens gelés par l’ONU depuis le début du conflit libyen en 2011.

«J’ai le regret de vous informer que nous sommes à nouveau victimes d’un détournement de fonds», a dit M. El-Sonni au Conseil de sécurité, mettant en garde contre ce «dangereux précédent». Les avoirs de la Libye en Belgique font l’objet d'un litige vieux de dix ans après que le Global Sustainable Development Trust, une organisation caritative appartenant au prince  Laurent de Belgique, a investi des millions d’euros dans un projet de reboisement sous le régime de Mouammar Kadhafi. Cependant, ce projet n’a jamais été mené à bien en raison du renversement du dictateur. Le prince cherche depuis lors à obtenir une compensation.

«Tout conflit ou différend doit être résolu entre les gouvernements et ne doit pas constituer une menace pour les citoyens», a souligné l’ambassadeur, qui a appelé Bruxelles à s’abstenir de toute action «provocatrice» et à collaborer avec le gouvernement libyen pour trouver une solution diplomatique à la question.

L’envoyé libyen a demandé au Conseil de sécurité et au comité des sanctions d’honorer les engagements pris pour protéger les avoirs de Tripoli, et a appelé tous les pays «à ne pas porter atteinte à cet argent ou à le saisir sous quelque prétexte que ce soit, en violation flagrante de la résolution du Conseil».

L’ambassadeur a rappelé que des institutions libyennes spécialisées menaient actuellement des enquêtes sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité présumés commis pendant le conflit libyen. «Aucun délai de prescription n’est applicable», a-t-il expliqué, ajoutant que la découverte de fosses communes en Libye «sera toujours un point noir» dans leur histoire.

La réunion de mercredi était également la dernière au cours de laquelle l’envoyé de l’ONU pour la Libye, Jan Kubis, a présenté un exposé au Conseil, après avoir démissionné cette semaine,  invoquant des raisons personnelles. M. El-Sonni a déclaré qu’il regrettait la démission de M. Kubis «à ce moment critique» et a demandé au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, de clarifier les plans de l’ONU concernant sa succession.

 

Ce texte est la traduction d’un texte paru sur Arabnews.com


Liban: les frappes israéliennes ont fait plus de 3.000 morts depuis le 2 mars 

Les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban depuis le début des hostilités entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars, selon un nouveau bilan officiel lundi, alors que les violences se poursuivent malgré la trêve. (AFP)
Les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban depuis le début des hostilités entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars, selon un nouveau bilan officiel lundi, alors que les violences se poursuivent malgré la trêve. (AFP)
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  • Les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban depuis le début des hostilités entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars
  • Dans un communiqué, le ministère libanais de la Santé a recensé 3.020 morts, dont 116 membres du personnel médical et 211 enfants ou mineurs

BEYROUTH: Les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban depuis le début des hostilités entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars, selon un nouveau bilan officiel lundi, alors que les violences se poursuivent malgré la trêve.

Dans un communiqué, le ministère libanais de la Santé a recensé 3.020 morts, dont 116 membres du personnel médical et 211 enfants ou mineurs, ainsi que 9.273 blessés.

 

 


L'ONU exige qu'Israël empêche un «génocide» à Gaza

Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
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  • Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza
  • Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites"

GENEVE: Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie.

Dans un nouveau rapport, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a déclaré que les actions menées par Israël à Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023 constituaient des "violations flagrantes" du droit international, s'apparentant souvent à des "crimes de guerre et autres atrocités".

Dans la conclusion de ce rapport, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé Israël à veiller au respect d’une ordonnance de la Cour internationale de justice de 2024 lui enjoignant de prendre des mesures pour prévenir les actes de génocide à Gaza.

Selon lui, Israël doit veiller "avec effet immédiat à ce que son armée ne se livre pas à des actes de génocide, (et prendre) toutes les mesures nécessaires pour prévenir et punir l’incitation au génocide".

Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza. Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites".

Ce rapport, qui concerne la période allant du 7 octobre 2023, date à laquelle une attaque sans précédent du Hamas en Israël a déclenché une offensive israélienne à Gaza, jusqu'en mai 2025, condamne aussi les "violations graves" commises par des groupes armés palestiniens.

L'attaque du Hamas a causé la mort de 1.221 personnes du côté israélien, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Le rapport met aussi en lumière les sévices subis par les otages capturés par les groupes armés palestiniens, dont beaucoup ont fait état de tortures et agressions sexuelles alors qu'ils étaient détenus "dans des conditions inhumaines" pendant des mois.

Meurtres "illégaux" 

Le rapport consacre également une large part aux actions d’Israël à Gaza, où sa campagne militaire de représailles a fait plus de 72.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire dirigé par le Hamas, dont les statistiques sont considérées comme fiables par l’ONU.

Une grande partie de ces meurtres "semblent illégaux", indique le rapport, qui souligne aussi comment Israël a "mené des attaques contre des cibles civiles ou protégées".

Parmi celles-ci figurent "des établissements de santé et des installations médicales", ainsi que des civils, dont des journalistes, des professionnels de santé, des acteurs humanitaires et des policiers, et ce "de manière systématique et répétée".

Cette campagne d’Israël à Gaza a rendu les conditions de vie dans une grande partie du territoire "incompatibles avec la survie des Palestiniens en tant que groupe", a alerté le Haut-Commissariat.

Il a également déclaré que "le recours à une force inutile et disproportionnée en Cisjordanie a(vait) conduit à des centaines de meurtres illégaux".

"En Cisjordanie, le taux de déplacements forcés de Palestiniens n'a pas été aussi élevé depuis des décennies et l'expansion des colonies israéliennes est sans précédent", a déclaré lundi devant la presse à Genève Ajith Sunghay, qui dirige le bureau du Haut-Commissariat dans les territoires palestiniens.

Sur les deux territoires, "l’armée israélienne et d’autres forces de sécurité ont provoqué des déplacements de population à grande échelle", ajoute le Haut-Commissariat.

Le rapport relève que les violations commises par Israël dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés révélaient une pratique visant à infliger un "déplacement forcé, un dépeuplement et un nettoyage ethnique de vastes parties du territoire palestinien occupé".

Depuis, le fragile cessez-le feu d'octobre dernier "a permis de réduire l'ampleur considérable des violences observées jusqu’alors et a ouvert une marge de manœuvre humanitaire modeste", a déclaré Ajith Sunghay.

"Cependant, les meurtres et la destruction des infrastructures se sont poursuivis presque quotidiennement, et la situation humanitaire générale reste désastreuse", a-t-il ajouté.

Le Haut-Commissariat a jugé "essentiel que toutes les violations énumérées dans le rapport fassent l’objet d’un examen en bonne et due forme" par des "instances judiciaires crédibles et impartiales".

 


Le président libanais promet de faire «l'impossible» pour arrêter la guerre avec Israël

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  • Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.
  • Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

BEYROUTH: Le président libanais a promis lundi de faire "l'impossible" pour arrêter la guerre avec Israël qui poursuit ses frappes, faisant plus de 3.000 morts depuis mars, malgré une trêve et de nouvelles négociations bilatérales en vue.

"Il est de mon devoir et de ma responsabilité de faire l'impossible (...) pour arrêter la guerre contre le Liban et son peuple", a déclaré Joseph Aoun dans un communiqué.

Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.

Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

Et le département d'État américain a indiqué qu'il organiserait un nouveau cycle de discussions les 2 et 3 juin.

Malgré la trêve, Israël a poursuivi lundi ses frappes contre plusieurs localités dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

L'armée israélienne a appelé à l'évacuation de trois localités dans les régions de Tyr et de Nabatiyé en prévision de bombardements, et réitéré plus tard son appel pour l'une de ces localités.

Dimanche, des frappes israéliennes près de Baalbeck, dans l'est du pays, ont tué sept personnes dont un chef du Jihad islamique palestinien, allié du Hezbollah.

La formation, qui rejette les négociations directes entre le Liban et son ennemi juré, a revendiqué lundi deux attaques contre des objectifs militaires en Israël.

"En riposte à la violation du cessez-le-feu" par Israël, le Hezbollah a visé "une plateforme du Dôme de fer", le système de défense aérienne israélienne, dans un camp militaire, "au moyen d'un drone d'attaque", a déclaré le mouvement dans un communiqué, ajoutant par ailleurs avoir visé un véhicule militaire dans le nord d'Israël.

Le Hezbollah a aussi revendiqué lundi des attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban.

Ces dernières semaines, le Hezbollah a utilisé à plusieurs reprises des drones FPV à fibre optique, à bas coût. "Aujourd'hui, nous faisons face au défi de neutraliser les drones FPV", avait déclaré dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Les négociations parrainées par Washington portent notamment sur l'épineuse question du désarmement du Hezbollah, que le groupe refuse.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Depuis le début des hostilités, les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban, dont 211 enfants ou mineurs et 116 membres du personnel médical, selon un nouveau bilan officiel lundi.

Le bilan des frappes israéliennes au Liban dépasse les 400 morts depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.