L'Ethiopie accuse les Etats-Unis de propager des «fausses informations»

Le média d'Etat éthiopien a rapporté mercredi que le Premier ministre Abiy Ahmed "mène maintenant la contre-offensive" contre les rebelles et "dirige le champ de bataille depuis hier". (Photo, AFP)
Le média d'Etat éthiopien a rapporté mercredi que le Premier ministre Abiy Ahmed "mène maintenant la contre-offensive" contre les rebelles et "dirige le champ de bataille depuis hier". (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 26 novembre 2021

L'Ethiopie accuse les Etats-Unis de propager des «fausses informations»

  • Des foules de partisans du gouvernement ont manifesté jeudi devant les ambassades des Etats-Unis et du Royaume-Uni dans la capitale Addis Abeba
  • Les affirmations de l'Ethiopie mettent en relief des tensions croissantes entre le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed et des puissances mondiales

ADDIS ABEBA : L'Ethiopie a accusé jeudi les Etats-Unis de propager de fausses informations sur les conditions de sécurité dans le pays frappé par la guerre, avertissant qu'elles pourraient nuire aux relations bilatérales. 

Des foules de partisans du gouvernement ont manifesté jeudi devant les ambassades des Etats-Unis et du Royaume-Uni dans la capitale Addis Abeba, agitant des drapeaux éthiopiens et scandant "Stop à l'ingérence étrangère" et "Stop aux fake news".

Les affirmations de l'Ethiopie mettent en relief des tensions croissantes entre le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed et des puissances mondiales qui le considéraient autrefois comme un réformateur.

L'Ethiopie était perçue par Washington comme un partenaire crucial pour la sécurité dans la Corne de l'Afrique instable, mais les relations se sont détériorées en raison de la guerre qui dure depuis plus d'un an contre les rebelles tigréens qui menacent désormais de marcher sur Addis Abeba. 

Le 5 novembre, le Département d'Etat a ordonné le retrait du personnel non-essentiel de son ambassade à Addis Abeba en raison du "conflit armé, de troubles civils et d'éventuelles pénuries d'approvisionnement". La décision américaine a été suivie par plusieurs autres missions diplomatiques. 

Cette semaine, l'ambassade des Etats-Unis semble avoir irrité le gouvernement du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed en publiant un avertissement concernant un risque d'attaques terroristes en Ethiopie.

Nuir «aux relations»

"Auparavant, ils (les Américains) diffusaient des informations selon lesquelles Addis Abeba est encerclée (par les rebelles), maintenant ils ajoutent cette fausse information selon laquelle une attaque terroriste va avoir lieu", a déclaré jeudi Kebede Desisa, un porte-parole du gouvernement éthiopien, lors d'une conférence de presse.

"Ces actions nuisent aux relations historiques entre les deux pays", a-t-il ajouté. 

L'administration de Joe Biden a annoncé courant novembre son intention de retirer l'Ethiopie d'un important accord commercial qui accorde un accès sans taxes à la plupart des exportations. 

Mais l'administration américaine s'est abstenue d'imposer des sanctions contre le gouvernement éthiopien et les rebelles dans l'espoir de parvenir à un règlement du conflit. 

La guerre a démarré au Tigré en novembre 2020 lorsque le Premier ministre éthiopien y a envoyé l'armée fédérale afin d'en destituer les autorités, issues du Front de libération du Tigré (TPLF), qui défiaient son autorité et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires. 

M. Abiy avait proclamé la victoire trois semaines plus tard, après la prise de la capitale régionale Mekele. Mais, en juin, le TPLF a repris l'essentiel du Tigré et poursuivi son offensive dans les régions voisines de l'Amhara et de l'Afar, pour menacer désormais Addis Abeba. 

Les combats ont fait des milliers de morts et poussé des centaines de milliers de personnes dans des conditions proches de la famine, selon des estimations de l'ONU.

Efforts pour un cessez-le feu

L'envoyé spécial de l'Union africaine pour la Corne de l'Afrique, l'ex-président Olusegun Obasanjo, mène des efforts diplomatiques pour parvenir à arracher un cessez-le-feu, mais peu de progrès ont été enregistrés jusqu'à présent. 

Le média d'Etat éthiopien Fana Broadcasting Corporate a rapporté mercredi que M. Abiy "mène maintenant la contre-offensive" et "dirige le champ de bataille depuis hier", affirmant qu'à Addis Abeba le vice-Premier ministre Demeke Mekonnen gère désormais les "affaires courantes". M. Abiy est un ancien opérateur radio de l'armée devenu lieutenant-colonel.  

Le TPLF souhaite que le gouvernement et les forces alliées se retirent de la partie ouest du Tigré, tandis que le gouvernement d'Abiy veut que le TPLF se retire d'Amhara et d'Afar.

Les dirigeants du TPLF ont également déclaré qu'ils avaient l'intention de briser ce qu'ils décrivent comme un "siège" humanitaire du Tigré, où très peu d'aide a pu parvenir au cours du mois dernier.

Il y a une semaine, le gouvernement a annoncé qu'il autoriserait 369 camions transportant de l'aide à entrer au Tigré.

Mercredi, le bureau de coordination humanitaire de l'ONU a déclaré que près de 40 camions transportant de la nourriture et d'autres aides étaient partis pour le Tigré depuis Semera, la capitale de l'Afar. 

"C'est le premier convoi depuis le 18 octobre", a déclaré ce bureau dans un communiqué. Mais "des camions transportant du carburant et des fournitures médicales attendent toujours à Semera l'autorisation des autorités."

L'ONU a également effectué son premier vol humanitaire d'Addis Abeba à Mekele cette semaine depuis une suspension en octobre de ce type de vols en raison d'une campagne de frappes aériennes gouvernementales dans la région.

La France a rejoint cette semaine une longue liste de pays exhortant leurs citoyens à quitter l'Ethiopie à bord de vols commerciaux. Un mail envoyé aux ressortissants français annonce qu'un vol charter à destination de Paris partira dimanche.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.