Johnson appelle la France à reprendre les migrants qui traversent la Manche

Au 20 novembre, 31500 migrants avaient quitté les côtes françaises depuis le début de l'année et 7800 avaient été sauvés. (Photo, AFP)
Au 20 novembre, 31500 migrants avaient quitté les côtes françaises depuis le début de l'année et 7800 avaient été sauvés. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 26 novembre 2021

Johnson appelle la France à reprendre les migrants qui traversent la Manche

  • La mort de 27 migrants qui tentaient de rejoindre l'Angleterre est le drame migratoire le plus meurtrier depuis la hausse en 2018 des traversées de la Manche
  • La question des traversées, qui attise régulièrement les tensions franco-britanniques, est délicate pour le gouvernement conservateur

 CALAIS : Après le choc face à la pire tragédie migratoire survenue en Manche et alors que Paris et Londres semblaient vouloir surmonter leurs désaccords, le Premier ministre britannique Boris Johnson a demandé jeudi à la France de reprendre les migrants arrivés illégalement en Angleterre depuis les côtes françaises.    

La mort de 27 migrants qui tentaient de rejoindre l'Angleterre, mercredi soir, dans le naufrage de leur embarcation est le drame migratoire le plus meurtrier depuis la hausse en 2018 des traversées de la Manche, face au verrouillage croissant du port français de Calais (nord de la France) et du tunnel ferroviaire, empruntés jusque-.

Si Paris et Londres semblaient jusqu'ici vouloir taire leurs désaccords et améliorer leur coordination, Boris Johnson a demandé au président français Emmanuel Macron de reprendre tous les migrants arrivant en Angleterre depuis la France.

"Je propose que nous mettions en place un accord bilatéral de réadmission pour permettre le retour de tous les migrants illégaux qui traversent la Manche", a indiqué le dirigeant britannique dans une lettre publiée sur Twitter, évoquant des accords similaires conclus par l'UE avec le Bélarus ou la Russie.

Selon lui, une telle mesure "aurait un effet immédiat et réduirait considérablement - voire arrêterait - les traversées".

"La France est un pays de transit, nous nous battons contre ces réseaux de passeurs qui utilisent la détresse, mais nous devons pour cela améliorer la coopération européenne", avait plus tôt plaidé le président français, en déplacement à Zagreb.

Semblant sur la même longueur d'ondes, la ministre britannique de l'Intérieur, Priti Patel, a appelé à un "effort international coordonné", devant les députés britanniques.

Ainsi, la France a invité "les ministres en charge de l'immigration belge, allemand, néerlandais et britannique, ainsi que la Commission européenne, à une rencontre" dimanche à Calais.

"Cette réunion devra permettre de définir les voies et moyens de renforcer la coopération policière, judiciaire et humanitaire" pour "mieux lutter contre les réseaux de passeurs", ont expliqué les services du Premier ministre français Jean Castex.

Cette volonté commune affichée laissait sceptiques certains observateurs tant les relations entre Paris et Londres sont exécrables.

"Ils vont devoir travailler ensemble. Mais peuvent-il y arriver quand les relations sont si mauvaises, avec toujours le risque que l'un dise que l'autre n'en fait pas assez ?", s'interroge John Springford, expert au Center for European Reform (CER) à Londres.

La question des traversées, qui attise régulièrement les tensions bilatérales, est délicate pour le gouvernement conservateur britannique, qui a fait de la lutte contre l'immigration son cheval de bataille dans la foulée du Brexit.

Dans un communiqué publié jeudi soir après une discussion entre Priti Patel et son homologue français Gérald Darmanin, le ministère de l'Intérieur britannique a indiqué avoir fait une "offre claire à la France en termes de coopération (...) et de patrouilles conjointes pour empêcher ces voyages dangereux d'avoir lieu".

La France a jusqu'ici toujours rejeté cette proposition de patrouilles communes, plusieurs fois avancée par Boris Johnson, pour une raison de souveraineté.

Sur place rien n'entame la détermination des migrants, à l'instar d'Emmanuel D'Mulbah. "C'est démoralisant, je suis effrayé, mais je continuerai" à tenter cette traversée risquée, confesse auprès de l'AFP ce Libérien, en attente dans la ville portuaire de Calais: "C'est mon rêve."

«Kurdes, Iraniens et Afghans»

Le drame s'est déroulé sur un "long boat", un bateau gonflable fragile au fond souple dont l'utilisation par les passeurs s'est accru depuis l'été. Le bateau était parti de Dunkerque (nord), selon une source proche du dossier.

Parmi les victimes figurent 17 hommes, sept femmes et trois jeunes, selon la procureure de Lille (nord).

Les deux survivants, un Irakien et un Somalien, étaient en "grave hypothermie hier" mais "un peu mieux aujourd'hui", a indiqué jeudi Gérald Darmanin.

Environ 200 personnes, essentiellement des militants associatifs et quelques exilés, se sont réunies jeudi soir à Calais pour rendre hommage aux victimes.

Les circonstances du drame ne sont pas encore éclaircies, mais Mohamed, un Syrien de 22 ans, a affirmé auprès de l'AFP les avoir côtoyés: "Ils étaient avec moi ici à Calais il y a trois jours encore".

"Ils étaient Kurdes irakiens, Iraniens et Afghans. On a vécu dans les campements, dans la rue, on a même dormi dans la gare de Calais. Il y a trois jours, le groupe nous a dit 'On part en Angleterre', et ils sont partis", assure-t-il, entouré de plusieurs compatriotes qui opinent du chef. 

L'épave sera examinée pour éclaircir les causes du naufrage et cinq personnes, soupçonnées d'être des passeurs, ont été arrêtées, selon M. Darmanin.

Une enquête a été ouverte en France pour "aide à l'entrée et au séjour irréguliers en bande organisée", "homicide et blessures involontaires" et "association de malfaiteurs".

"Depuis le 1er janvier, nous avons arrêté 1 500 passeurs", a assuré M. Darmanin jeudi. Des passeurs qui fonctionnent comme des "organisations mafieuses" qui "relèvent du grand banditisme" avec l'utilisation notamment de "téléphones cryptés".

Au 20 novembre, 31 500 migrants avaient quitté les côtes depuis le début de l'année et 7 800 avaient été sauvés. Avant ce naufrage, le bilan humain depuis janvier s'élevait à trois morts et quatre disparus.     


Un haut commandant taliban pakistanais tué en Afghanistan

Des proches et des riverains portent le cercueil d'un policier assassiné, tué lors d'une attaque revendiquée par les Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), lors de ses funérailles dans la ville frontalière de Chaman le 28 janvier 2022. (Photo d' illustration Abdul BASIT / AFP)
Des proches et des riverains portent le cercueil d'un policier assassiné, tué lors d'une attaque revendiquée par les Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), lors de ses funérailles dans la ville frontalière de Chaman le 28 janvier 2022. (Photo d' illustration Abdul BASIT / AFP)
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  • Un haut commandant des talibans pakistanais a été tué dans l'explosion de sa voiture, dans l'est de l'Afghanistan
  • Sa mort pourrait remettre en cause un cessez-le-feu fragile conclu entre le TTP et le gouvernement pakistanais en juin

PESHAWAR: Un haut commandant des talibans pakistanais a été tué dans l'explosion de sa voiture, dans l'est de l'Afghanistan, a indiqué à l'AFP une source militante.

Le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) a déclaré qu'une annonce serait prochainement faite concernant "le martyre d'un chef principal" du mouvement, mais une source au sein du TTP a indiqué à l'AFP qu'il s'agissait d'Abdul Wali, un commandant qui utilisait l'alias Omar Khalid Khorasani.

Sa mort pourrait remettre en cause un cessez-le-feu fragile conclu entre le TTP et le gouvernement pakistanais en juin, alors que des pourparlers de paix menés sous la médiation des talibans afghans progressaient.

L'armée pakistanaise a déclaré mardi que quatre soldats avaient été tués dans une attaque suicide contre un convoi militaire dans le Waziristan du Nord, où le TTP est très présent, à la frontière avec l'Afghanistan.

Les talibans pakistanais du TTP sont un groupe distinct des talibans afghans, mais mûs par la même idéologie et une longue histoire commune.

Selon la source du TTP, qui a demandé à ne pas être identifiée, Abdul Wali et deux autres commandants ont été tués lorsque leur voiture a été "ciblée" dans la province de Paktika, frontalière du Waziristan, dans l'est de l'Afghanistan.

"Lorsque nous sommes arrivés à son véhicule, celui-ci était en feu, mais la nature de l'explosion n'est pas encore claire", a déclaré cette source, ajoutant que Abdul Wali revenait d'une réunion avec le chef du TTP, Noor Wali Mehsud.

Abdul Wali est une épine dans le pied des autorités pakistanaises depuis plus d'une décennie.

En 2014, il a formé une faction distincte et plus militante du TTP, connue sous le nom de Jamaat-ul-Ahrar, qui a revendiqué certaines des attaques les plus meurtrières du pays, notamment un attentat suicide à Lahore le dimanche de Pâques 2016, qui a fait 75 morts.

Il avait annoncé il y a deux ans une fusion avec le TTP, lequel a déclaré en juin dernier un "cessez-le-feu indéfini" avec Islamabad après le début de pourparlers de paix négociés par les talibans afghans à Kaboul.

Ces pourparlers de paix ont provoqué la colère de nombreux Pakistanais, qui se souviennent des attaques brutales du TTP, notamment contre des écoles, des hôtels, des églises et des marchés.

Depuis le retour des talibans afghans au pouvoir à Kaboul il y a un an, Islamabad se plaint de plus en plus des attaques du TTP, notamment le long de la poreuse frontière avec l'Afghanistan.

Le nouveau régime de Kaboul a toujours assuré qu'il ne permettrait pas que des groupes militants utilisent le sol afghan pour lancer des attaques contre ses voisins.


La Russie lance un satellite iranien sur fond d'accusations sur l'Ukraine

La fusée Atlas V transportant le satellite météorologique GOES-T est lancée depuis le Space Launch Complex 41 à Cap Canaveral, en Floride, le 1er mars 2022. (Photo d'illustration CHANDAN KHANNA / AFP)
La fusée Atlas V transportant le satellite météorologique GOES-T est lancée depuis le Space Launch Complex 41 à Cap Canaveral, en Floride, le 1er mars 2022. (Photo d'illustration CHANDAN KHANNA / AFP)
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  • Le satellite de télédétection Khayyam a été lancé par une fusée Soyouz depuis le cosmodrome russe de Baïkonour à 05H52 GMT
  • Le satellite, nommé en l'honneur du poète et savant persan Omar Khayyam (1048-1131), a ensuite été placé sur orbite

ALMATY: La Russie a lancé mardi depuis le Kazakhstan un satellite iranien d'observation sur fond d'inquiétudes, certains responsables occidentaux craignant que Moscou ne l'utilise pour soutenir son offensive en Ukraine, ce que réfute Téhéran.

Le satellite de télédétection Khayyam a été lancé par une fusée Soyouz depuis le cosmodrome russe de Baïkonour à 05H52 GMT, selon des images retransmises en direct par l'Agence spatiale russe Roscosmos.

Le satellite, nommé en l'honneur du poète et savant persan Omar Khayyam (1048-1131), a ensuite été placé sur orbite.

Il a notamment pour but de "surveiller les frontières du pays", d'améliorer la productivité agricole, de contrôler les ressources hydriques et les catastrophes naturelles, selon l'Agence spatiale iranienne.

Pour les Etats-Unis, le programme spatial iranien est destiné à des fins militaires plus que commerciales, tandis que Téhéran maintient que ses activités aérospatiales sont pacifiques et conformes à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

Cette fois, les autorités iraniennes ont cependant dû se défendre d'accusations de type différent, après que le quotidien américain The Washington Post a rapporté que la Russie "envisage d'utiliser le satellite pendant plusieurs mois" dans le cadre de son offensive en Ukraine avant d'en céder le contrôle ensuite à l'Iran.

"Tous les ordres liés au contrôle et à l'opération de ce satellite seront émis dès le premier jour et immédiatement après le lancement par des experts iraniens basés au ministère des Communications iranien", a affirmé dimanche l'Agence spatiale iranienne dans un communiqué.

Accusations «fausses»

"Aucun pays tiers ne peut accéder aux données" envoyées par le satellite via un "algorithme de cryptage", a-t-elle assuré, en dénonçant des affirmations "fausses" du journal américain.

En octobre 2005, la Russie avait déjà lancé le premier satellite iranien, Sina-1, depuis le cosmodrome de Plessetsk (nord-ouest de la Russie).

Le lancement du Khayyam a eu lieu trois semaines après une visite du président russe Vladimir Poutine en Iran où il a rencontré le 19 juillet son homologue Ebrahim Raïssi et le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

Ce dernier avait appelé à renforcer la "coopération sur le long terme" avec la Russie.

En juin 2021, le président russe avait réfuté des informations du Washington Post affirmant que Moscou s'apprêtait à fournir un satellite sophistiqué à l'Iran pour améliorer ses capacités d'espionnage.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé en mars la mise en orbite d'un nouveau satellite militaire de reconnaissance baptisé Nour-2, après le lancement du premier, Nour-1, en avril 2020.

Le lancement du satellite Khayyam intervient aussi au moment où les négociations sur le nucléaire iranien réunissant Iran, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne ont repris à Vienne, après un blocage de plusieurs mois, afin de sauver l'accord de 2015.

L'Union européenne a mis lundi un texte final sur la table, mais Téhéran n'a pas encore donné son aval.

Le pacte connu sous son acronyme anglais JCPOA vise à garantir le caractère civil du programme nucléaire iranien, accusé de chercher à se doter de l'arme atomique malgré ses démentis.

Mais à la suite du retrait unilatéral en 2018 des Etats-Unis sous l'impulsion de Donald Trump et du rétablissement des sanctions américaines, Téhéran s'est progressivement affranchi de ses obligations.


Le Kenya, puissance économique d'Afrique de l'Est, élit son président

Une Kenyane vote dans un bureau de vote lors des élections générales du Kenya à l'école St. Stephen dans le quartier informel de Mathare à Nairobi, au Kenya, le 9 août 2022. (Luis Tato / AFP)
Une Kenyane vote dans un bureau de vote lors des élections générales du Kenya à l'école St. Stephen dans le quartier informel de Mathare à Nairobi, au Kenya, le 9 août 2022. (Luis Tato / AFP)
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  • Les Kényans ont commencé à affluer dans les bureaux de vote pour élire mardi un nouveau président, mais aussi des députés et élus locaux lors de scrutins à forts enjeux
  • Depuis le centre financier jusqu'à des bidonvilles de Nairobi, ainsi que dans plusieurs régions du pays, de longues files d'attentes se sont formées dans la pénombre devant les bureaux de vote, qui ouvraient à 06h00 locales

NAIROBI: Les Kényans ont commencé à affluer dans les bureaux de vote pour élire mardi un nouveau président, mais aussi des députés et élus locaux lors de scrutins à forts enjeux pour la locomotive économique d'Afrique de l'Est, frappée par une flambée du coût de la vie.

Les 22,1 millions d'électeurs doivent voter six fois pour déterminer l'avenir politique de ce pays considéré comme un îlot démocratique dans une région instable, mais qui fut aussi le théâtre de graves violences il y a quinze ans.

Depuis le centre financier jusqu'à des bidonvilles de Nairobi, ainsi que dans plusieurs régions du pays, de longues files d'attentes se sont formées dans la pénombre devant les bureaux de vote, qui ouvraient à 06h00 locales.

"Je me suis levé tôt afin de venir et de choisir mon leader, qui amènera du changement. J'ai de l'espoir", a affirmé à Kisumu, grande ville de l'Ouest, Moses Otieno Onam, 29 ans, au milieu d'une foule joyeuse.

Le duel s'annonce serré entre les deux principaux candidats à la présidence, des figures du paysage politique. Raila Odinga, 77 ans, vétéran de l'opposition désormais soutenu par le pouvoir, affronte William Ruto, 55 ans, vice-président qui fait figure de challenger.

Ce dernier a voté peu après 06h00 dans le village de Kosachei, dans son fief de la vallée du Rift, situé à une trentaine de kilomètres d'Eldoret.

"Ce matin c'est le jour J", a déclaré ce fervent chrétien "born again" après avoir prié et glissé son bulletin dans l'urne aux côtés de son épouse.

"Je veux demander à tous les autres électeurs (...) de voter consciemment et résolument pour choisir les hommes et les femmes qui pourront faire avancer ce pays ces cinq prochaines années", a ajouté M. Ruto.

Nouvelle ère

Si aucun des deux adversaires, qui se connaissent bien pour avoir été alliés dans le passé, n'obtient mardi plus de 50% des voix, le Kenya connaîtra pour la toute première fois un second tour dans une élection présidentielle.

Quelle que soit l'issue, le nouveau président marquera l'histoire en n'appartenant pas à la communauté kikuyu, la première du pays, qui contrôle le sommet de l'Etat depuis vingt ans et dont est issu le sortant Uhuru Kenyatta - que la Constitution empêchait de se représenter après deux mandats.

Mardi, les électeurs doivent départager un Luo, M. Odinga, et un Kalenjin, M. Ruto, deux autres importantes communautés du pays.

Dans ce pays historiquement marqué par le vote tribal, certains experts estiment que ce facteur pourrait s'estomper cette année face aux enjeux économiques, tant la flambée du coût de la vie domine les esprits.

La pandémie, puis la guerre en Ukraine, ont durement touché ce moteur économique régional, qui malgré une croissance dynamique (7,5% en 2021) reste très corrompu et inégalitaire.

"Nous voulons des emplois, des emplois, des emplois", insistait samedi lors d'un meeting de M. Ruto Grace Kawira, journalière de 32 ans.

William Ruto, qui s'érige en défenseur des "débrouillards", a martelé son ambition de "réduire le coût de la vie". M. Odinga a lui promis de faire du Kenya "une économie dynamique et mondiale", composé d'une seule "grande tribu".

- Spectre des violences -

Historiquement, la composante ethnique a nourri les conflits électoraux, comme en 2007-2008 quand la contestation des résultats par M. Odinga avait conduit à des affrontements inter-communautaires faisant plus de 1.100 morts. Quinze ans ont passé depuis ces violences mais leur spectre continue de planer.

En 2017, des dizaines de personnes étaient mortes dans la répression de manifestations, après une nouvelle contestation par M. Odinga des résultats du vote - finalement annulé par la Cour suprême dans une décision historique.

"Le Kenya vote, l'Afrique de l'Est retient son souffle", titrait samedi The East African.

Mais cet hebdomadaire respecté ajoutait que "le Kenya a fait de grandes enjambées dans son évolution démocratique, et est en fait regardé comme une démocratie mature selon les standards régionaux".

En dehors de rares incidents et d'un impressionnant flux de désinformation sur les réseaux

sociaux, la campagne fut paisible et les deux favoris ont appelé au calme. Quelque 150.000 officiers doivent cependant être déployés à travers le pays.

Lundi, la vie a mené son cours normal à Nairobi, même si la dynamique capitale semblait quelque peu alanguie, en raison notamment de la fermeture des écoles et du départ de nombreux électeurs vers leur région d'origine.

Des sources diplomatiques ont affirmé à l'AFP avoir bon espoir que le calme prévaudrait mardi mais ont insisté, dans ce pays marqué par la suspicion de fraudes, sur l'enjeu de la rapidité dans la publication des résultats.

La Commission électorale, soumise à une pression extrême et qui a dû annuler lundi quatre scrutins locaux en raison notamment de problèmes d'impression des bulletins, a jusqu'au 16 août pour déclarer les résultats.

Les quelque 46.000 bureaux de vote doivent fermer à 17H00 locales.