Présidentielle: quand Zemmour «dédiabolise» Le Pen

Une pancarte "Arrêtez de répandre la haine, Monsieur Zemmour !" brandie lors d'un rassemblement contre la visite à Genève du journaliste français d'extrême droite Eric Zemmour le 24 novembre 2021. (Fabrice Coffrini / AFP)
Une pancarte "Arrêtez de répandre la haine, Monsieur Zemmour !" brandie lors d'un rassemblement contre la visite à Genève du journaliste français d'extrême droite Eric Zemmour le 24 novembre 2021. (Fabrice Coffrini / AFP)
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Publié le Vendredi 26 novembre 2021

Présidentielle: quand Zemmour «dédiabolise» Le Pen

  • Marine Le Pen a concédé samedi que le polémiste, avec la "brutalité" de ses propositions lui rendait "service", notamment en la recentrant politiquement
  • Outre des sondages en berne, des salles refusent Zemmopur, comme à Londres ou à Genève, et l'organisation fragile de sa campagne suscite des critiques en interne

PARIS : Marine Le Pen, désireuse de "rassurer" les Français en 2022 pourrait paradoxalement bénéficier de la diabolisation et des difficultés rencontrées par son rival Eric Zemmour sur le point d'officialiser sa candidature à la présidentielle.

"Elle me plaît ! Zemmour est trop violent, trop clash et trop raciste. Marine, elle n'est pas raciste", s'exclame Karine Poulain, mère au foyer de 50 ans, venue saluer la candidate du Rassemblement national jeudi à la foire de Vesoul.

Marine Le Pen a elle-même concédé samedi que le polémiste, avec la "brutalité" de ses propositions lui rendait "service", notamment en la recentrant politiquement.

"La brutalité qui émane des propositions d'Eric Zemmour et son côté mono-thématique (NDLR: sur l'immigration) démontre que nous avons, en ce qui nous concerne, un projet complet, travaillé (...) avec des équipes pour le porter", soutient la responsable d'extrême droite, qui progresse un peu désormais dans les sondages quand Eric Zemmour semble stagner, après avoir été donné au second tour à sa place.

Marine Le Pen, qui veut "rassurer" les Français sur sa capacité à exercer le pouvoir, malgré son débat raté de 2017 et son échec aux régionales, admet que son futur adversaire la "recentre" et peut représenter "une réserve de voix (pour le second tour) plus importante que celle de Nicolas Dupont-Aignan", avec qui elle s'était alliée entre les deux tours en 2017, en lui promettant d'être son Premier ministre.

- «Expérience» -

Après un démarrage fulgurant, le putatif prétendant à l'Élysée, qui doit annoncer dans les prochains jours sa candidature, butte sur des difficultés. Outre des sondages en berne, des salles le refusent, comme à Londres ou à Genève, et l'organisation fragile de sa campagne suscite des critiques en interne.

Jusqu'au retrait cette semaine du soutien du financier Charles Gave, tandis que l'ex LR Jean-Frédéric Poisson, qui était prêt à s'occuper des législatives, n'a toujours pas renoncé à sa propre candidature en 2022.

Son point presse devant le Bataclan le jour anniversaire des attentats a fait tousser jusqu'au sein de la rédaction de l'hebdomadaire ultraconservateur Valeurs actuelles.

Quant à l'ami Philippe de Villiers, il ne viendra pas au Zénith à Paris le 5 décembre pour son premier meeting de campagne.

Eric Zemmour "est classé extrême-extrême droite et dans ce cas là Marine est reportée vers le centre. Elle bénéficie somme toute de la persécution dont Zemmour est la victime", a admis jeudi l'ancien président du FN (devenu RN) Jean-Marie Le Pen, exclu lui-même de son parti en 2015 pour ses propos polémiques sur la Shoah.

Le cofondateur du FN soutiendra le mieux placé des deux mais il considère aujourd'hui que le polémiste n'a pas "l'expérience" de sa fille et lui prédit une campagne "douloureuse".

- Femmes -

Eric Zemmour, c'est un retour au FN de 1998 et l'antithèse de la dédiabolisation conçue à partir de 2002 par les cadres du parti, qui visait à "en finir avec les déclarations polémiques", explique l'historien spécialiste de l'ultradroite Nicolas Lebourg.

"L'hostilité des femmes envers le (vote) RN n'est plus", en raison d'une "posture moins guerrière et plus apaisée affichée" par Marine Le Pen, et de la "précarisation accrue des femmes", analyse une note récente de la Fondation Jean-Jaurès.

Or dans le cas d'Eric Zemmour, dont les propos à l'égard des femmes sont régulièrement dénoncés au RN, les femmes voteraient moins pour lui que les hommes.

La candidate du RN a également mis l'accent sur le pouvoir d'achat et le volet social de son programme, un point jugé faible chez son rival.

Reste que les deux prétendants ont beaucoup de points communs. Ils sont hostiles aux quotas pour les femmes et ont des projets similaires sur l'immigration et la "préférence nationale", qui passeraient par une révision en profondeur de la Constitution.

Zemmour, une campagne tout en fracas, en quête d'un nouveau souffle

 

Eric Zemmour boucle vendredi à Marseille une campagne électorale qui n'aura jamais dit son nom, tout en fracas, marquée par une envolée sondagière et des polémiques incessantes, mais qui semble marquer le pas à l'approche d'une annonce de candidature attendue dans les tout prochains jours.

"Peut-être qu'il faut passer à l'action", fait mine de se demander début juin l'éditorialiste du Figaro et animateur d'une émission quotidienne sur CNews, tandis que le malaise grandit à Europe 1, en plein rapprochement avec la chaîne ultra-conservatrice de Vincent Bolloré, grand ami d'Eric Zemmour.

Les signaux d'une possible candidature du polémiste d'extrême droite, mesuré pour la première fois par l'Ifop à 5,5% d'intentions de vote, se multiplient après l'échec du RN aux régionales.

Dès le lendemain du second tour le 27 juin, des affiches "Zemmour président" fleurissent sur les murs de plusieurs villes. Le Journal officiel publie l'agrément de l'association de financement du parti Les Amis d'Eric Zemmour, par la Commission des comptes de campagne.

Premier caillou dans la chaussure du putatif prétendant à l'Elysée, la maison d'édition Albin Michel ne publiera pas son nouvel essai en raison de son projet "de s'engager dans la présidentielle".

Fin août, il n'est toujours pas candidat mais son équipe fait savoir qu'elle a réuni une centaine de promesses de parrainages, alors qu'il n'y en aurait en réalité qu'une dizaine.

Invité dans le Vaucluse par un entrepreneur proche de François Fillon, Rafik Smati, le polémiste assène que Marine Le Pen "ne gagnera jamais" la présidentielle.

Il expose ses obsessions d'une France "en danger de mort" qui sera en 2050 "un pays à moitié islamique", et avance ses propositions controversées: "arrêter" l'immigration et "obliger les gens à donner des prénoms français" parce qu'"appeler son enfant Mohamed, c'est coloniser la France".

- «Ambiguïté» -

Le coup d'envoi de sa pré-campagne est lancé le 17 septembre à Toulon, où Eric Zemmour entame la promotion de son livre "La France n'a pas dit son dernier mot", dans des conférences qui prennent vite l'allure de meetings.

"Zemmour président" scandent à chaque fois ses jeunes soutiens dans des salles souvent pleines, tandis que des manifestants à l'extérieur protestent contre sa venue, comme à Nantes.

Le maire de Béziers Robert Ménard, qui soutient Marine Le Pen et apprécie aussi Eric Zemmour, s'inquiète d'une division du "camp national" mais échoue à les réunir dans sa ville. Eric Zemmour est alors crédité de 7 à 8% dans les sondages.

Considéré par le CSA comme une "personnalité politique", son temps de parole est décompté et il doit quitter son émission phare sur CNews.

Il crie à la "censure" mais est aussitôt invité sur tous les plateaux, tandis que des débats sur la couverture du non candidat agitent les rédactions.

L'hypothèse de sa candidature parasite la rentrée à Fréjus de Marine Le Pen qui multiplie les clins d'oeil à son égard tout en marquant ses différences.

La fascination ou la répulsion qu'il génère réjouissent l'intéressé, interrogé tous les jours sur sa candidature. "C'est mon intérêt de faire durer l'ambiguïté", dit-il.

"Candidat au débat", il affronte en duel sur BFMTV le chef de file de LFI Jean-Luc Mélenchon devant quatre millions de téléspectateurs, avant d'être reçu à Budapest par le Premier ministre hongrois ultraconservateur Viktor Orban.

- Nuages -

Coup de tonnerre le 6 octobre: Eric Zemmour est donné au second tour à 17-18% devant Marine Le Pen. La perspective de ne pas se qualifier pour le deuxième tour, une première dans les sondages depuis des années, pousse la candidate du RN à hausser le ton face au polémiste. Elle demande à son rival de se déclarer et met l'accent sur le pouvoir d'achat, point jugé faible chez Eric Zemmour.

Son lieutenant, le président du RN Jordan Bardella, dénonce la "brutalité" d'Eric Zemmour sur les femmes.

Le putatif candidat, condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale, s'amuse à prendre pour cible des journalistes avec un fusil, après avoir souhaité ôter le pouvoir aux médias. Le jour anniversaire des attentats du 13-Novembre, il accuse François Hollande de n'avoir pas "protégé les Français". Devant le Bataclan.

Pendant que le groupe Lagardère, dans le giron de Bolloré, remanie les directions de Paris-Match et du JDD, il amplifie la mobilisation, affiche ralliements et financements, ainsi qu'un QG rue Goujon, à deux pas de l'Elysée.

Mais au terme de sa fulgurante percée, les nuages s'amoncellent, avec des sondages qui stagnent à 13-15%, des salles qui le refusent comme à Londres et Genève, et une organisation fragile qui suscite des critiques en interne. Jusqu'au retrait cette semaine du soutien du financier Charles Gave, qui lui a accordé un prêt de 300.000 euros.

Dans son entourage, on le conjure de se déclarer vite pour réenclencher une dynamique. L'annonce est imminente, attendue en amont du congrès des Républicains, autre cible pour celui se présentant comme le seul héritier du RPR, qui commence mercredi.

La salle pour son premier meeting de campagne est déjà réservée: ce sera le dimanche 5 décembre au Zénith de Paris.

Zemmour prié par le diocèse de Marseille de ne pas s'exprimer à la «Bonne Mère»

Le diocèse de Marseille a prié Eric Zemmour, en déplacement dans la cité phocéenne, de ne pas s'exprimer dans l'enceinte de la "Bonne Mère", l'emblématique basilique Notre-Dame-de-la-Garde, où il avait prévu un point-presse vendredi après-midi.

"Ce qui a été demandé à M. Zemmour c'est que ce point-presse se passe à l'extérieur des grilles du sanctuaire, car il s'agit d'un lieu privé et surtout d'un lieu sacré", a précisé le diocèse à l'AFP, en confirmant l'information initiale du site d'investigation local Marsactu.

"Qu'il visite Notre-Dame est son droit, mais ce n'est pas le lieu pour une déclaration politique", a insisté le diocèse auprès de l'AFP, en précisant que cette demande serait la même quel que soit le parti politique concerné. "Et nous espérons que cette requête sera respectée", a-t-il ajouté.

Le polémiste d'extrême droite, condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale, avait prévu de s'exprimer devant la presse vendredi, "côté parvis" de Notre-Dame-de-la-Garde, lors d'une visite de deux jours dans la deuxième ville de France.

Avant ce point-presse et sa visite à Notre-Dame-de-la-Garde, M. Zemmour a prévu une "déambulation" dans le quartier du Panier, derrière l'hôtel de ville. Samedi, il doit se rendre sur le Vieux-Port, au marché aux poissons, après un "rendez-vous provençal" vers la cathédrale de la Major.


Affaire Epstein: Jack Lang annonce sa démission de l'Institut du monde arabe

L’ancien ministre français de la Culture et président de l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris, Jack Lang, pose le 28 janvier 2013 à Paris. (AFP)
L’ancien ministre français de la Culture et président de l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris, Jack Lang, pose le 28 janvier 2013 à Paris. (AFP)
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  • Jack Lang a annoncé sa démission de la présidence de l’IMA après l’ouverture d’une enquête financière liée à ses relations avec Jeffrey Epstein, mettant fin à une semaine de fortes pressions politiques
  • Une procédure est engagée pour désigner un président par intérim, tandis que Jack Lang conteste les accusations et affirme vouloir se défendre devant la justice

PARIS: Pressé depuis plusieurs jours de quitter la présidence de l'Institut du monde arabe (IMA), l'ancien ministre de la Culture Jack Lang a finalement présenté samedi sa démission, après l'ouverture d'une enquête financière visant ses liens avec Jeffrey Epstein.

"Je propose de remettre ma démission lors d’un prochain conseil d’administration extraordinaire", a écrit l'actuel président de l'IMA, dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères, transmise à l'AFP.

Jean-Noël Barrot, a immédiatement "pris acte" de cette décision, suivi par l'Elysée, et a précisé qu'il lançait la procédure de désignation de son successeur à la tête de l'IMA.

"Je convoque un conseil d'administration sous sept jours qui désignera un ou une président(e) par intérim", a-t-il ajouté.

A 86 ans, le président de ce prestigieux institut culturel français passera donc la main avant la fin de son quatrième mandat, en raison de ses liens récemment révélés avec le financier et criminel sexuel Jeffrey Epstein.

Initialement convoqué par le Quai d'Orsay dimanche, M. Lang ne s'y rendra pas, mais a avancé son retour à Paris depuis l'étranger à samedi soir, a précisé à l'AFP son entourage.

La décision met fin à une semaine de tensions, provoquée par la publication fin janvier de millions de documents, nouveau volet des "Epstein files".

Accusé d'avoir entretenu des liens proches avec un homme déjà condamné pour sollicitation de prostituée mineure, l'ancien ministre de la Culture emblématique de François Mitterrand a d'abord résisté aux demandes de démission.

Mercredi, il avait rejeté toute hypothèse d'un départ de l'IMA.

Mais les pressions se sont accélérées, d'abord au sein de la classe politique puis jusqu'au sommet de l'Etat, quand l'Elysée et Matignon avaient exigé sa convocation auprès du ministère des Affaires étrangères.

Jean-Noël Barrot avait déclaré se réserver "toutes les options" quant au mandat de M. Lang, qualifiant les premiers éléments de l'affaire d'"inédits et d'une extrême gravité".

- "Très triste" -

La défense de l'ancien ministre n'a quant à elle pas beaucoup évolué.

Après avoir assumé ses liens avec Jeffrey Epstein, puis plaidé la naïveté, il a réaffirmé son innocence samedi.

"Les accusations portées à mon encontre sont inexactes et je le démontrerai", a-t-il assuré dans le courrier au ministre des Affaires étrangères.

"Je me réjouis que la justice se saisisse de ce dossier", a-t-il aussi affirmé, évoquant l'enquête préliminaire ouverte vendredi par le parquet national financier (PNF) contre lui et sa fille Caroline Lang pour "blanchiment de fraude fiscale aggravée", après des "faits révélés par Mediapart".

Sur la base des nouveaux éléments publiés par l'administration américaine, le média a fait état de liens financiers et d'intérêts économiques communs entre la famille Lang et le financier.

D'après son avocat Laurent Merlet, interrogé samedi sur BFM TV, Jack Lang "est à la fois très triste de quitter une institution muséale qu'il aime beaucoup" mais également "extrêmement combatif et ne laissera pas les calomnies prendre le terrain".

D'après les messages exhumés, le nom de l'ancien ministre ressort 673 fois de la correspondance de l'ancien homme d'affaires américain décédé en prison en 2019.

Les deux hommes ont notamment négocié en 2015 la vente entre eux d'un riad à Marrakech, et les messages ont continué les années suivantes.

"Cher Jeffrey, (...) votre générosité est infinie", aurait écrit Jack Lang en 2017. "Puis-je encore abuser ?", avait-il aussi demandé, avant de solliciter le milliardaire pour qu'il le transporte en voiture à une fête organisée hors de Paris.

La fille de l'ancien ministre, Caroline Lang, a quant à elle démissionné lundi de la tête d'un syndicat de producteurs de cinéma après les révélations sur une société "offshore" qu'elle a fondée en 2016 avec l'homme d'affaires américain.

Au micro de BFM TV samedi, avant la démission du président de l'IMA, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a dénoncé "la complaisance du système politique et du système médiatique à l'égard de Jack Lang".

En 1977, Jack Lang avait fait partie des signataires d'une pétition défendant les relations sexuelles entre adultes et enfants, publiée dans Le Monde mais aussi dans Libération.

Avoir signé cette pétition "était une connerie", avait-il regretté en 2021.


Acteurs des énergies renouvelables et nucléaire rassurés après leur rencontre avec Lecornu

Le Premier ministre Sébastien Lecornu (C) s’exprime lors du débat sur les motions de censure contre le projet de loi de finances 2026, adopté sans vote via l’article 49.3, à l’Assemblée nationale le 2 février 2026. (AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu (C) s’exprime lors du débat sur les motions de censure contre le projet de loi de finances 2026, adopté sans vote via l’article 49.3, à l’Assemblée nationale le 2 février 2026. (AFP)
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  • La réunion à Matignon a été jugée constructive et rassurante par les syndicats et entreprises, mais aucune donnée chiffrée sur les capacités de production ou objectifs précis n’a encore été annoncée dans la PPE
  • Les filières solaire, éolienne et hydraulique sont encouragées à se développer parallèlement au nucléaire, avec un accent sur l’emploi et la relance des projets pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles

PARIS: Les syndicats des énergies renouvelables, de même que les acteurs du nucléaire, sont sortis rassurés du rendez-vous à Matignon vendredi en amont de la possible publication ces prochains jours de la très attendue feuille de route énergétique de la France sur dix ans.

La réunion avec le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre de l'Économie Roland Lescure "a confirmé un point essentiel: à l'évidence, il n'y aura pas de moratoire sur les énergies renouvelables", se sont félicités le Syndicat des énergies renouvelables (SER), France Renouvelables et Enerplan dans un communiqué commun vendredi.

"Cette clarification était attendue et nécessaire pour rassurer les salariés des entreprises du secteur", ont-ils ajouté.

Les trois acteurs indiquent que la filière "a obtenu des garanties du Premier Ministre sur la relance des appels d'offres" indispensables au développement de projets.

De leur côté, EDF, Framatome (filiale d'EDF) et Orano "saluent la priorité donnée à l'électrification et le soutien marqué à la pérennité et au développement de la filière nucléaire", selon un communiqué commun vendredi soir.

"Aux côtés des énergies renouvelables et dans un contexte de relance de l'hydraulique, l'engagement des acteurs de la filière contribuera à renforcer la performance du système électrique et la trajectoire bas carbone du pays", disent les entreprises, évoquant notamment "le programme de construction des réacteurs EPR2 et la prolongation de la politique de traitement-recyclage des combustibles".

Les syndicats des énergies renouvelables avaient auparavant appelé à constituer "une véritable +équipe de France des énergies+, alignée sur des objectifs clairs et ambitieux afin de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles".

"La réunion a été très constructive. Le Premier ministre a été à l'écoute", a déclaré à l'AFP Daniel Bour, le président du syndicat Enerplan, qui représente la filière de l'énergie solaire.

Sébastien Lecornu n'a en revanche pas donné de perspectives chiffrées concernant les objectifs de production ou de capacités assignés aux différentes filières productrices d'énergie (solaire, éolien, nucléaire, hydraulique...), qui seront rendus publics dans la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), la feuille de route énergétique de la France jusqu'en 2035.

Les représentants des énergies renouvelables craignaient qu'un moratoire soit mis en place les concernant ou que les volumes de développements prévus ne permettent pas à leurs filières de se maintenir.

France Renouvelables s'est inquiété jeudi de l'impact sur l'emploi d'un ralentissement du déploiement du solaire et de l'éolien.

De leur côté, les acteurs du nucléaire voient dans la publication prochaine de la PPE "l'engagement de l'Etat pour le renouveau de la filière nucléaire française tout en sécurisant le développement des énergies renouvelables".


Deux Chinois inculpés en France, suspectés d'espionnage pour Pékin

Le président français Emmanuel Macron salue la foule en quittant l'université du Sichuan après une rencontre avec des étudiants à Chengdu, dans la province du Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine, le 5 décembre 2025. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron salue la foule en quittant l'université du Sichuan après une rencontre avec des étudiants à Chengdu, dans la province du Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine, le 5 décembre 2025. (AFP)
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  • Ces quatre suspects, interpellés fin janvier en Gironde (sud-ouest), ont été déférés notamment pour "livraison d'informations à une puissance étrangère" de nature "à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation"
  • A l'issue de leur inculpation, les deux ressortissants chinois ont été placés en détention provisoire, selon une source proche du dossier, les deux autres personnes ont été placées sous contrôle judiciaire

PARIS: Des données militaires sensibles sont au coeur du dossier: deux ressortissants chinois ainsi que deux autres personnes ont été inculpés jeudi à Paris pour espionnage présumé au profit de Pékin.

Ces quatre suspects, interpellés fin janvier en Gironde (sud-ouest), ont été déférés notamment pour "livraison d'informations à une puissance étrangère" de nature "à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation", décrit le parquet de Paris, sollicité par l'AFP.

Ces infractions présumées font encourir jusqu'à 15 ans de réclusion.

A l'issue de leur inculpation, les deux ressortissants chinois ont été placés en détention provisoire, selon une source proche du dossier, les deux autres personnes ont été placées sous contrôle judiciaire.

"Mon client a séjourné en France pour des raisons strictement professionnelles. Il conteste totalement les accusations formulées à son encontre et n'a aucun lien avec un quelconque service d'espionnage", a commenté auprès de l'AFP Me Baptiste Bellet, avocat de l'un des ressortissants chinois.

"L'information judiciaire confirmera la réalité de sa situation et établira son innocence", poursuit ce conseil.

Les défenseurs des autres mis en cause n'ont pu être joints dans l'immédiat par l'AFP.

Le parquet de Paris avait précisé mercredi que la venue des deux ressortissants chinois en France était destinée à "effectuer une mission de captation de données satellitaires du réseau Starlink et des données provenant d'entités d'importance vitale, notamment militaires, afin de les retransmettre à leur pays d'origine, la Chine".

L'enquête, dirigée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, a été confiée à la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure).

Le 30 janvier, la police a été avisée que deux personnes de nationalité chinoise étaient suspectées de procéder à des opérations de captation satellitaire depuis leur location sur la plateforme Airbnb en Gironde. A l'origine de l'affaire: des riverains avaient constaté le déploiement d'une parabole d'environ 2 mètres de diamètre, corrélée à une déconnexion internet.

Lors d'une perquisition menée le lendemain, les enquêteurs ont découvert "un système d'ordinateurs reliés à des antennes paraboliques permettant la captation de données satellitaires", qui a été saisi pour exploitation.

"Brouillage de fréquences" 

L'agence nationale des fréquences radios, requise, avait constaté "l'utilisation illégale de fréquences, l'utilisation non conforme d'équipements radio, le brouillage de fréquences, la détention illégale de dispositifs techniques de captation de données informatiques".

Le dispositif permettait "d'intercepter illégalement le flux descendant des satellites, notamment des échanges entre entités militaires d'importance vitale", avait souligné le parquet.

Ces deux Chinois avaient, pour leur demande de visa, déclaré travailler comme ingénieurs pour une entreprise spécialisée dans la recherche et le développement d'équipements et de systèmes de communication sans fil, selon le ministère public.

Cette entreprise coopère avec des universités établissant des projets à vocation militaire, selon la même source.

Deux autres personnes ont été interpellées lorsqu'elles se sont présentées dans le logement, suspectées d'avoir procédé à l'importation illégale du matériel, a précisé le parquet.

C'est donc une nouvelle affaire d'espionnage présumé au profit de la Chine en France. Mi-décembre, un enseignant-chercheur à l'institut d'ingénierie et de mécanique de Bordeaux, préfecture du département de la Gironde, avait été mis en examen, soupçonné d'ingérence au profit de la Chine en ayant fait pénétrer une délégation chinoise dans des zones sensibles interdites.

Ce professeur, laissé libre sous contrôle judiciaire, est poursuivi notamment pour "livraison d'information à une puissance étrangère", "intelligence avec une puissance étrangère" et "complicité d'intrusion dans un local ou terrain clos intéressant la défense nationale".

Plusieurs affaires d'espionnage en lien avec la Chine ont par ailleurs secoué l'Europe ces derniers mois.