Le nouveau variant Omicron attise les craintes dans le monde

Un monde tendu craint le pire près de deux ans après l'émergence de la Covid-19 et le déclenchement d'une pandémie qui a tué plus de 5 millions de personnes dans le monde. (Photo, AP)
Un monde tendu craint le pire près de deux ans après l'émergence de la Covid-19 et le déclenchement d'une pandémie qui a tué plus de 5 millions de personnes dans le monde. (Photo, AP)
Singapour s’est rapidement jointe à la Grande-Bretagne pour imposer une interdiction de voyager, le ministère de la Santé affirmant qu'il restreindrait les arrivées d'Afrique du Sud et des pays voisins par mesure de précaution. (Photo, AFP)
Singapour s’est rapidement jointe à la Grande-Bretagne pour imposer une interdiction de voyager, le ministère de la Santé affirmant qu'il restreindrait les arrivées d'Afrique du Sud et des pays voisins par mesure de précaution. (Photo, AFP)
L'Afrique du Sud a demandé vendredi la réunion urgente d'un groupe de travail de l'Organisation mondiale de la santé sur l'évolution du virus pour discuter du nouveau variant. (Photo, AP)
L'Afrique du Sud a demandé vendredi la réunion urgente d'un groupe de travail de l'Organisation mondiale de la santé sur l'évolution du virus pour discuter du nouveau variant. (Photo, AP)
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Publié le Samedi 27 novembre 2021

Le nouveau variant Omicron attise les craintes dans le monde

  • Les scientifiques examinent toujours le variant, observé pour la première fois au début de cette semaine
  • Plusieurs pays, y compris dans le Golfe, instituent des restrictions de voyage pour les visiteurs d'Afrique australe

LONDRES/BRUXELLES : La découverte d'un nouveau variant du coronavirus, baptisé "Omicron" par l'OMS, a jeté un froid vendredi dans une grande partie du monde, les pays se hâtant d’arrêter les voyages aériens, alors que les marchés chutaient et que les scientifiques tenaient des réunions d'urgence pour évaluer les risques exacts, en grande partie inconnus.

Des experts médicaux, dont l'Organisation mondiale de la santé, ont mis en garde contre toute réaction excessive avant que le variant, provenant d'Afrique australe, ne soit mieux compris. Mais un monde tendu craignait le pire près de deux ans après l'émergence de la Covid-19 et le déclenchement d'une pandémie qui a tué plus de 5 millions de personnes dans le monde.

Le Secrétaire britannique à la Santé, Sajid Javid, a indiqué aux parlementaires que la nouvelle version pourrait être plus transmissible que le variant delta et rendre les vaccins moins efficaces.

«Nous devons agir rapidement et le plus tôt possible», a affirmé Javid.

Certains pays ont décidé d'arrêter les voyages aériens en provenance d'Afrique australe, alors que les actions chutaient en Asie, en Europe et aux États-Unis. Le Dow Jones Industrial Average a perdu 800 points en début de cotation. Le prix du pétrole a baissé de 7 %.

«La dernière chose dont nous avons besoin est de faire entrer un nouveau variant qui causera encore plus de problèmes», a déclaré le ministre allemand de la Santé Jens Spahn au milieu d'une hausse substantielle de cas dans l'Union européenne - qui compte 27 pays -, recommandant l'interdiction des vols en provenance des pays d'Afrique australe.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a précisé que les vols «devraient être suspendus jusqu'à ce que nous ayons une idée claire du danger posé par ce nouveau variant, et que les voyageurs revenant de cette région devraient respecter de strictes règles de quarantaine.»

Elle a insisté sur une extrême prudence, mettant en garde sur le fait que «des mutations pourraient conduire à l'émergence et à la propagation de variants du virus encore plus inquiétants, qui pourraient se propager dans le monde en quelques mois.

La Belgique est devenue le premier pays de l'Union européenne à annoncer un cas du variant. Cela concernait une personne venant de l'étranger.

«C'est un variant suspect. Nous ne savons pas si c'est un variant très dangereux», a déclaré le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke.

Israël, l'un des pays au monde qui comptent le plus grand nombre de personnes vaccinées, a annoncé vendredi avoir également détecté dans le pays un premier cas du nouveau variant chez un voyageur de retour du Malawi. Le voyageur et deux autres cas suspects ont été placés en isolement. Israël a déclaré que tous les trois étaient vaccinés, alors que les responsables cherchaient à connaître le statut vaccinal exact des voyageurs.

Le nouveau variant a immédiatement attisé les craintes de nouveaux bouleversements économiques liés à la pandémie.

«Les investisseurs sont susceptibles de tirer d'abord et de poser des questions ensuite, jusqu'à ce que l'on en sache plus», a indiqué Jeffrey Halley, analyste auprès de la société de courtage Oanda.

Les prix du pétrole ont chuté, le brut américain reculant de 6,7% à 73,22 $ le baril, et l'indice de référence international Brent reculant de 5,6% à 77,64 $, deux importants changements inhabituels en une seule journée. La pandémie a fait chuter les prix du pétrole lors du déclenchement initial de la pandémie en 2020, en raison du fait que les restrictions de voyage ont réduit la demande de carburant.

Les actions des compagnies aériennes se sont enfoncées, avec Lufthansa en baisse de 12,4%, IAG, société mère de British Airways et Iberia, en baisse de 14,4%, Air France-KLM en baisse de 8,9% et easyJet en baisse de 10,9%.

S'exprimant avant le communiqué de l'UE, le Dr Michael Ryan, responsable des urgences à l'OMS, a mis en garde contre les «réponses impulsives.»

«Nous avons vu dans le passé, à la minute où il y avait n’importe quelle mention sur n’importe quelle variation tout le monde fermer ses frontières et restreindre les voyages. Il est vraiment important que nous restions ouverts et concentrés», a affirmé Ryan.

Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies ont approuvé, et ont fortement déconseillé toute interdiction de voyager dans les pays qui ont signalé le nouveau variant. Dans un communiqué, il ont soutenu le fait que l'expérience passée de la pandémie a montré que de telles interdictions de voyager n'avaient «pas donné de résultats significatifs.»

Le Royaume-Uni a interdit les vols en provenance d'Afrique du Sud et de cinq autres pays d'Afrique australe à compter de vendredi à midi, et a annoncé qu’il serait demandé à toute personne récemment arrivée de ces pays de passer un test de dépistage du coronavirus.

L'Allemagne a indiqué que ses interdictions de vol pourraient être annoncées dès vendredi soir. Spahn a déclaré que les vols revenant d'Afrique du Sud ne pourront transporter que des ressortissants allemands rentrant chez eux, et que les voyageurs devront être mis en quarantaine durant 14 jours, qu'ils soient vaccinés ou non.

L'Allemagne a enregistré un nombre record de cas quotidiens ces derniers jours, et a dépassé jeudi les 100 000 décès dus à la Covid-19.

Le ministère italien de la Santé a également annoncé des mesures interdisant l'entrée à toute personne ayant séjourné dans sept pays d'Afrique australe – Afrique du Sud, Lesotho, Botswana, Zimbabwe, Mozambique, Namibie et Eswatini – au cours des 14 derniers jours. Les Pays-Bas et la République tchèque ont prévu des mesures similaires.

Le gouvernement japonais a annoncé que les ressortissants japonais en provenance d'Eswatini, du Zimbabwe, de Namibie, du Botswana, d'Afrique du Sud et du Lesotho devront se mettre en quarantaine dans des logements spéciaux du gouvernement pendant 10 jours, et passer des tests de Covid-19 les troisième, sixième et dixième jours. Le Japon n’a pas encore ouvert ses frontières aux ressortissants étrangers.

Le gouvernement sud-africain a déclaré que la décision du Royaume-Uni d'interdire temporairement l’entrée du pays aux Sud-Africains «semble avoir été précipitée», arguant du fait que l'OMS n'a pas encore établi les prochaines mesures à prendre.

Le coronavirus évolue à mesure qu'il se propage, et de nombreux nouveaux variants, notamment ceux présentant des mutations potentiellement à risque, disparaissent souvent. Les scientifiques surveillent les changements possibles susceptibles d’être plus transmissibles ou plus mortels, sachant que pouvoir définir les dangers exacts des nouveaux variants prend du temps.

Le groupe de travail technique de l'OMS doit se réunir vendredi pour évaluer le nouveau variant – actuellement identifié comme B.1.1.529 – et peut décider de lui donner un nom de l'alphabet grec. Il indique que les infections du coronavirus ont bondi de 11% en Europe au cours de la semaine dernière, seule région au monde où les cas de Covid-19 continuent d'augmenter.

Le directeur de l'OMS pour l'Europe, le Dr Hans Kluge, a averti que sans mesures urgentes, 700 000 décès supplémentaires pourraient avoir lieu dans le continent d'ici le printemps.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.


Désarmement du Hamas à Gaza: Kushner dit espérer des "progrès" d'ici 30 jours

La feuille de route approuvée par le Hamas le 30 juillet prévoyait que la mise hors service des armes serait supervisée par la Force internationale de stabilisation, une unité en cours de création qui doit se déployer à Gaza si la situation s’apaise. (AFP)
La feuille de route approuvée par le Hamas le 30 juillet prévoyait que la mise hors service des armes serait supervisée par la Force internationale de stabilisation, une unité en cours de création qui doit se déployer à Gaza si la situation s’apaise. (AFP)
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  • Kushner vise un début de désarmement du Hamas sous 30 jours, sous supervision américaine
  • Israël conditionne toute reconstruction de Gaza au désarmement total du Hamas

WASHINGTON: L'émissaire américain Jared Kushner a dit lundi espérer un début de désarmement du Hamas d'ici "30 jours", qui se ferait sous supervision d'un général américain, après avoir rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Nous pourrions constater des progrès d'ici à peine 30 jours, avec, espérons-le, le début du retrait d'une partie des armes, et, espérons-le également, le comblement de certains tunnels au cours des 60 à 90 prochains jours", a-t-il déclaré depuis Tel Aviv à la chaîne américaine Fox News.

"Des progrès pourraient donc intervenir assez rapidement, mais cela nécessite la coopération des deux parties, et nous espérons bien sûr surmonter cette épreuve", a ajouté le gendre de Donald Trump.

Selon un responsable israélien, Israël et les États-Unis sont convenus lundi de charger un général américain de superviser le désarmement du Hamas.

Un tel accord vise à satisfaire Israël, après que M. Netanyahu, confronté à une difficile campagne de réélection, a rejeté publiquement le dernier volet d'un plan américain de sortie de guerre dans la bande de Gaza.

"On a eu une très, très bonne réunion aujourd'hui. On a passé près de quatre heures avec lui et son équipe à passer en revue tous les détails (...) et à dissiper certains malentendus", a affirmé M. Kushner, qui avait rencontré la veille des responsables du Hamas.

Le mouvement islamiste palestinien avait donné son accord fin juillet à ce plan américain prévoyant son désarmement et le retrait israélien du territoire palestinien, occupé à plus de 60% par Israël.

Dimanche, M. Kushner avait rencontré des membres de la direction du Hamas, insistant, selon des sources proches des négociations, sur le désarmement du mouvement et appelant à des mesures "vérifiables".

"Ils ont dit tout ce qu'il fallait mais, à l'évidence, il est très très difficile de leur faire confiance", a dit l'émissaire américain à Fox News au sujet de sa rencontre avec le Hamas.

- "Hors service" -

MM. Netanyahu et Kushner "sont convenus qu'aucun redéploiement ni aucune reconstruction n'auraient lieu dans la bande de Gaza avant que le Hamas ne soit désarmé dans l'ensemble" du territoire, a affirmé à l'AFP un haut responsable israélien.

"Il a également été convenu que la première étape vers la démilitarisation de Gaza consisterait à demander au Hamas de remettre ses armes afin qu'elles soient mises hors service sous la supervision d'un général américain", a ajouté ce responsable.

M. Kushner était accompagné de membres du "Conseil de paix" de Donald Trump, notamment l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Selon un responsable de cet organe, qui n'a pas confirmé l'implication d'un général américain, "chaque arme collectée sera entièrement mise hors service".

- Pressions -

L'administration Trump a déjà nommé le général américain Jasper Jeffers à la tête de la Force internationale de stabilisation (ISF) appelée à se déployer à Gaza aux termes du plan du président américain, avalisé par l'ONU, qui a conduit à un cessez-le-feu, précaire, en octobre 2025.

Telle que rendue publique par le "Conseil de Paix" en juillet, la feuille de route prévoit que le désarmement du Hamas aille de pair avec le retrait israélien et soit supervisé par le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe de technocrates palestiniens censé gérer provisoirement le territoire.

En rejetant ce texte, M. Netanyahu avait exigé un désarmement "véritable" du Hamas, dont l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 en Israël a déclenché la guerre à Gaza.

Au pouvoir dans ce territoire depuis 2007, le mouvement a annoncé en juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au NCAG.

M. Kushner avait insisté dimanche sur l'absence de tout rôle futur du Hamas dans la gouvernance de Gaza, selon les mêmes sources proches des négociations.

Le mouvement palestinien avait de son côté appelé à exercer des pressions sur M. Netanyahu pour débloquer la mise en oeuvre de la feuille de route, avait indiqué un responsable du Hamas à l'AFP.

Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent comme terroriste.

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté et en demande d'aide humanitaire.

Au moins 1.265 Palestiniens y ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont l'ONU juge les chiffres fiables.

Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel du ministère de la Défense tués.


Niger: plusieurs soldats tués dans des attaques d'un groupe rebelle dans le Nord

Le Premier ministre du Gouvernement d'unité nationale (GNU) de Libye, basé à Tripoli, Abdulhamid Dbeibah, reçoit le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, au siège du GNU à Tripoli, le 15 juin 2026. (Photo : Mahmud Turkia / AFP)
Le Premier ministre du Gouvernement d'unité nationale (GNU) de Libye, basé à Tripoli, Abdulhamid Dbeibah, reçoit le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, au siège du GNU à Tripoli, le 15 juin 2026. (Photo : Mahmud Turkia / AFP)
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  • Des attaques ont "visé tôt vendredi des postes de sécurité mixtes de Séguédine", a indiqué dimanche à l'AFP une source sécuritaire dans le nord du Niger
  • "Il y a eu plusieurs morts et des dégâts", a précisé la même source, sans plus de détails

ABIDJAN: Plusieurs soldats ont été tués dans des attaques menées vendredi par un groupe rebelle contre des positions des forces nigériennes à Séguédine, dans l'extrême nord désertique du pays, a appris l'AFP dimanche de sources sécuritaire et locale.

Séguédine est une petite localité-oasis située dans l'extrême nord-est du Niger, un point de transit pour les flux migratoires vers la Libye et l'Europe.

Des attaques ont "visé tôt vendredi des postes de sécurité mixtes de Séguédine", a indiqué dimanche à l'AFP une source sécuritaire dans le nord du Niger.

"Il y a eu plusieurs morts et des dégâts", a précisé la même source, sans plus de détails.

Dimanche après-midi, les autorités nigériennes n'avaient pas encore communiqué sur ces attaques.

Un habitant de Bilma, le département qui administre Séguédine, a déclaré à l'AFP que ces attaques ont "fait des morts et une partie du camp militaire et des véhicules ont été incendiés" par les assaillants.

Les attaques ont été revendiquées samedi par les rebelles du Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ), qui ont affirmé avoir fait "15 victimes dans les rangs des FDS" (Forces de défense et de sécurité) nigériennes, dans un communiqué publié samedi sur sa page Facebook.

L'AFP n'a pas pu confirmer dans l'immédiat ce bilan de sources indépendantes.

Le MPLJ est un groupe rebelle qui soutient le président Mohamed Bazoum, renversé par un coup d'Etat en juillet 2023 et détenu depuis.

Selon ce mouvement, ses "forces ont mené une opération contre le camp de la Garde nationale" et un "poste mixte de la police, de la gendarmerie et de la douane" de Siguédine.

Le MPLJ souligne que "les affrontements" avec l'armée "ont occasionné d'importants dégâts matériels" et dit avoir "emporté du matériel roulant et une quantité d'armes et des munitions".

Ce groupe mène depuis deux ans des attaques sporadiques contre l'oléoduc long de 2.000 km qui achemine le pétrole brut nigérien vers le Bénin, pays côtier voisin.

En février, l'armée nigérienne avait repoussé vers le Tchad une attaque du MPJL visant cet oléoduc dans le nord-est qui abrite des puits de pétrole.

Le MPLJ et son leader Moussa Konaï, qualifiés de "terroristes" par Niamey, réclament notamment le retour à l'ordre constitutionnel au Niger, dirigé par le général Abdourahamane Tiani.