« Riad Salamé cherchait à accommoder la classe politique libanaise », accuse Alain Bifani

Dans un pays où la corruption politique est répandue, Alain Bifani était-il au courant ? (AFP).
Dans un pays où la corruption politique est répandue, Alain Bifani était-il au courant ? (AFP).
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Publié le Vendredi 25 septembre 2020

« Riad Salamé cherchait à accommoder la classe politique libanaise », accuse Alain Bifani

  • « Notre système est complètement malade, je ne veux pas en être le complice », affirme l’ancien directeur général du ministère des Finances après sa démission
  • « L’initiative française est la seule option sérieuse sur la table ; sa faiblesse est qu’elle s’appuie sur le système existant mais, de manière pragmatique, il n’y a pas d’autre solution »

PARIS: Alain Bifani, directeur général du ministère des Finances libanais, économiste de renommée internationale, protégé du président libanais Michel Aoun, a démissionné suite à l’impossibilité pour le gouvenernement Diab de poursuivre les négociations avec le FMI.

Dans une interview à Arab News en français à Paris, il répond aux critiques qui l’accusent d’avoir démissionné tardivement, après avoir été témoin pendant 20 ans de la corruption au sein du système de gouvernance de l’administration publique au Liban.

« Il faut d’abord bien comprendre comment fonctionne le système. Un directeur général donne un avis sur tout au quotidien. Il donne des avis négatifs sur ce qui lui semble mauvais, mais ne porte aucune responsabilité. C’est la même chose d’ailleurs pour tout membre du conseil central de la Banque du Liban, affirme Alain Bifani. Les gens oublient qu’en 2008, j’ai présenté ma démission et que suis revenu dessus uniquement parce qu’on me l’avait demandé. Ils oublient aussi que j’ai passé 20 ans à me battre au quotidien avec des ministres, j’émettais des critiques sur les mauvaises dépenses, les mutations qui ne convenaient pas. Je n’ai donc pas à endosser la responsabilité de la corruption. »

Dans un pays où la corruption politique est répandue, Alain Bifani était-il au courant ? « J’ai fait des rapports à mes ministres ou aux organismes de contrôle sur la corruption que j’avais constatée, conformément à ma mission de directeur général. Si je ne l’avais pas fait, j’aurais bien sûr été responsable. Je suis tout à fait tranquille par rapport à ça », affirme l’ancien directeur général du ministère des Finances. Il explique son changement de cap et sa démission par l’impossibilité de faire changer la donne à un moment clé de l’histoire du Liban. « Autrefois, je me battais pour changer des textes sur lesquels j’étais en désaccord, mais aujourd’hui il s’agit de bien plus que cela. Le Liban est confronté à un choix de système, comme au début des années 90, au début de la reconstruction », raconte Alain Bifani.

L’ex directeur du ministère des Finances revient sur ce choix de système. « Il y avait deux options : la première prévoyait de faire supporter l’ensemble des pertes financières au citoyen libanais, tandis que la seconde avait au contraire pour objectif de faire porter le poids de la crise à ceux qui ont outrageusement profité du système depuis longtemps. Je me suis battu pour la seconde option, et je fais partie de ceux qui ont participé à l’élaboration d’un plan de sauvetage préconisant cette option, négociée dans le cadre des discussions avec le FMI, fait remarquer Alain Bifani. Lorsque je me suis rendu compte que ce choix n’était pas privilégié et que les petits déposants allaient faire les frais de mesures qui ont surtout profité à l’élite politique et économique du pays, je me suis dit que je ne pouvais pas être complice d’une chose pareille. Cela a été le déclic. Y a-t-il eu au Liban une affaire de corruption clôturée par la justice ? En réalité, pratiquement aucune. »

Des divergences avec les Hariri et le gouverneur de la Banque centrale

On dit d’Alain Bifani, proche du président Aoun, qu’il est hostile aux Hariri. « Je vais être honnête, réagit l’ancien ministre. Je n’ai jamais été partisan de l’approche économique adoptée par Rafic Hariri. Je pense qu’un État a besoin de ses institutions publiques pour fonctionner et qu’on ne peut pas en faire fi, en argumentant que l’important, c’est que le système marche. Dans ce cas, le système n’est plus juste : il n’existe pas d’organismes de contrôle forts, on perd tous les gardes fou indispensables. Je peux bien sûr comprendre qu’un Premier ministre ait eu envie de faire vite, d’abattre des murs, mais je pense que tout ça ne pouvait que mener à une déliquescence  de l’État », soutient l’ancien homme clé du ministère des Finances, qui nuance cependant son point de vue. « Je dois dire qu’à partir de 2003, nous avons commencé à avoir une très bonne relation avec Rafic Hariri, cela a duré jusqu’à son assassinat. Ensuite, lorsque Saad Hariri a été Premier ministre, nous sommes partis d’un très bon pied, mais l’arrivée de Fouad Siniora au ministère des Finances n’a pas été une bonne chose. Je ne m’entendais pas avec lui. Sa conception de l’État, des finances publiques n’avait rien à voir avec mes principes.

Avec Riad Salamé, le gouverneur de la Banque du Liban, les différences d’approches étaient aussi marquées.« Nous avons toujours eu des relations cordiales, mais nous n’avons jamais eu la même approche. Je n’ai jamais été fan d’une politique qui consiste à tout prix à stabiliser un pouvoir d’achat pour une certaine catégorie de la population. Il cherchait à accommoder la classe politique, ce à quoi je m’opposais. Nous avons eu cette discussion de nombreuses fois ensemble. Il n’a jamais fixé des lignes rouges à la classe politique. Quand il s’est rendu compte en 2015-2016 que le système bancaire n’était plus viable, il s’est laissé embarquer dans une politique suicidaire prévoyant des ingénieries financières permettant juste de prolonger sa survie. Je ne pouvais pas être d’accord. »

Quel avenir pour le Liban ?

Alain Bifani a accueilli positivement l’initiative d’Emmanuel Macron et sa vison sur l’avenir des réformes au Liban. « Notre système est complètement malade. Si on cherche à le perpétuer, ce ne sera de toute façon que du très court terme. Je ne le souhaite pas. L’initiative française a au moins le mérite d’exister. C’est la seule option sérieuse sur la table. Sa faiblesse est qu’elle s’appuie sur le système existant, mais de manière pragmatique, il n’y a pas d’autre solution, et il faut bien passer par là. On attend de cette initiative la formation d’un nouveau gouvernement, un travail herculéen afin de gérer la faillite de l’économie, car nous sommes bien en faillite, une entente avec le FMI, la mise en place de filets sociaux très puissants, car on parle de près de 60% de la population qui vit dans la misère. Il faut aussi que les services publics comme l’eau ou l’électricité fonctionnent à nouveau efficacement. Le Liban a besoin d’une énorme refonte de son système de gouvernance, un système judicaire indépendant qui puisse atteindre le plus haut sommet de la pyramide, et que les politiques soient rendus responsables de leurs actes. Il faudra des responsables compétents et qui sauront agir vite pour faire toutes ces transformations. »

L’ancien directeur général du ministère des Finances pointe la complexité de tout changement de système. « Il faudrait qu’il y ait un déminage au sein du Parlement, qui au final ne fait que représenter les différents clans politiques qui ont tout à perdre d’une réforme du système. Le système est verrouillé de l’intérieur. La récente déclaration de Riad Salamé qui a dit qu’il suivrait toute décision prise par le nouveau gouvernement est peut-être un verrou de moins, l’avenir le dira. »

Concernant l‘impact des sanctions américaines sur le Hezbollah et ses alliés, Alain Bifani estime qu’on a amplifié leur impact sur l’économie dans son ensemble. « Elles ciblent des individus, ce qui peut avoir une portée politique pour certaines personnes, mais ce n’est pas cela qui va faire que le Liban recevra plus ou moins de milliards », conclut-il.


Le CCG affiche une unité sécuritaire après une tentative d’infiltration au Koweït

Le secrétaire général du CCG, Jasem Mohamed Albudaiwi. (SPA)
Le secrétaire général du CCG, Jasem Mohamed Albudaiwi. (SPA)
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  • Les ministres du Golfe soulignent le caractère « indivisible » de la sécurité régionale après l’arrestation au Koweït d’individus présumés liés aux Gardiens de la révolution iraniens
  • Le CCG prévoit de renforcer sa coordination, affirme le secrétaire général Jasem Mohamed Albudaiwi

RIYAD : Les ministres de l’Intérieur du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont affirmé mercredi que la sécurité du bloc régional était « indivisible » et ont appelé à un renforcement de la coordination face aux menaces régionales après l’arrestation au Koweït de cellules présumées liées au Corps des gardiens de la révolution islamique iranien, selon l’Agence de presse saoudienne.

Le secrétaire général du CCG, Jasem Mohamed Albudaiwi, a indiqué que les ministres avaient insisté sur la nécessité d’une coopération plus étroite entre leurs ministères et les autorités sécuritaires concernées lors d’une réunion extraordinaire tenue au siège du secrétariat du bloc à Riyad.

La réunion était présidée par le ministre bahreïni de l’Intérieur, Rashid bin Abdullah Al-Khalifa, dans un contexte de fortes tensions régionales et d’inquiétudes sécuritaires liées au conflit en cours impliquant l’Iran, Israël et les États-Unis.

Selon Albudaiwi, les ministres ont discuté de la situation sécuritaire régionale et des moyens de renforcer la coordination commune du CCG afin de faire face aux défis résultant des attaques visant les États du Golfe.

« La sécurité des États du CCG est indivisible », a-t-il déclaré, ajoutant que les ministres avaient souligné l’importance de faire face à toutes les menaces pesant sur la stabilité de la région et de lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes.

Cette déclaration intervient quelques jours après l’annonce par les autorités koweïtiennes de l’arrestation de quatre ressortissants iraniens accusés d’avoir tenté d’infiltrer l’île de Bubiyan, un site stratégique proche des côtes irakiennes et iraniennes abritant le port Moubarak Al-Kabeer.

Le ministère koweïtien de l’Intérieur a indiqué que les suspects avaient reconnu appartenir aux Gardiens de la révolution et qu’ils avaient pour mission de mener des actes hostiles après être entrés dans les eaux koweïtiennes à bord d’un bateau de pêche loué. Deux autres suspects présumés ont pris la fuite lors d’un échange de tirs avec les forces koweïtiennes, au cours duquel un membre des forces de sécurité a été blessé.

L’Iran a rejeté ces accusations, les qualifiant d’« absolument sans fondement », affirmant que les quatre officiers étaient entrés accidentellement dans les eaux koweïtiennes en raison d’une panne de navigation. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a ensuite demandé la libération des détenus et déclaré que Téhéran se réservait le « droit de répondre ».

La tentative d’infiltration a rapidement été condamnée par plusieurs États du Golfe, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et Bahreïn, qui ont tous exprimé leur solidarité avec le Koweït et qualifié l’incident de violation de la souveraineté koweïtienne.

Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Abdullah bin Zayed Al-Nahyan, a déclaré que la sécurité du Koweït était indissociable de celle de l’ensemble de la région du Golfe, reprenant ainsi le langage adopté plus tard lors de la réunion du CCG.

L’Arabie saoudite a également condamné ce qu’elle a qualifié de tentative d’infiltration iranienne visant à déstabiliser le Koweït, avertissant que de telles actions compromettaient les efforts internationaux destinés à restaurer la sécurité régionale.

Albudaiwi a ajouté que les ministres du CCG avaient également présenté leurs condoléances aux familles des victimes des récentes attaques contre les États du Golfe et souhaité un prompt rétablissement aux blessés.

Il a salué « l’efficacité et la vigilance » des agences de sécurité du CCG dans la découverte et le démantèlement des cellules présumées hostiles, affirmant que ces opérations reflétaient le haut niveau de préparation des services de sécurité du Golfe.

Cette réunion d’urgence intervient alors que les États du Golfe restent en état d’alerte renforcée face à l’escalade des tensions régionales, notamment les attaques iraniennes de missiles et de drones visant les Émirats arabes unis, les menaces pesant sur la navigation maritime dans le détroit d’Ormuz et les inquiétudes concernant la sécurité des routes énergétiques et maritimes stratégiques.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban et Israël retentent un rapprochement à Washington

Une personne est visible à l’intérieur d’un véhicule en flammes tandis que des hommes tentent d’éteindre l’incendie après une frappe aérienne israélienne ayant touché une voiture dans la ville côtière de Barja, au sud de Beyrouth, au Liban, mercredi 13 mai 2026. (Photo AP/Mustafa Jamalddine)
Une personne est visible à l’intérieur d’un véhicule en flammes tandis que des hommes tentent d’éteindre l’incendie après une frappe aérienne israélienne ayant touché une voiture dans la ville côtière de Barja, au sud de Beyrouth, au Liban, mercredi 13 mai 2026. (Photo AP/Mustafa Jamalddine)
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  • Des négociateurs israéliens et libanais se retrouvent à Washington pour tenter de consolider le cessez-le-feu avant son expiration le 17 mai, malgré la poursuite des frappes israéliennes au Liban
  • Le Liban réclame l’arrêt des attaques israéliennes, tandis qu’Israël maintient sa pression contre le Hezbollah, dans un contexte de fortes tensions régionales impliquant aussi l’Iran

WASHINGTON: Négociateurs israéliens et libanais se retrouvent à partir de jeudi à Washington, à quelques jours de l'expiration d'un cessez-le-feu qui n'a pas empêché des centaines de morts supplémentaires lors de frappes israéliennes contre le Hezbollah.

Cette rencontre, la troisième de ce type, intervient au lendemain d'une série de frappes israéliennes sur une trentaine de lieux au Liban qui a fait au moins 22 morts, selon le ministère libanais de la Santé.

Les représentants des deux pays s'étaient déjà rencontrés le 23 avril dans la capitale américaine. Le président Donald Trump avait annoncé à cette occasion une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun. Mais cet espoir ne s'est pas concrétisé, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.

La trêve a été prolongée jusqu'au dimanche 17 mai. Depuis son entrée en vigueur le 17 avril, plus de 400 personnes ont péri dans des frappes israéliennes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Israël s'est réservé le droit de continuer à viser le Hezbollah, le mouvement chiite pro-iranien qui a entraîné le Liban dans la guerre à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

"Quiconque menace l'Etat d'Israël mourra en raison de sa faute", a encore averti la semaine dernière Benjamin Netanyahu après l'assassinat d'un important chef militaire du Hezbollah en plein cœur de Beyrouth.

Dans ses propres tractations indirectes avec Washington, l'Iran exige que toute trêve concerne aussi le Liban -- à savoir qu'Israël cesse de frapper son allié du Hezbollah.

- "Consolidation" -

A Washington, le Liban vient chercher "une consolidation du cessez-le-feu", a déclaré à l'AFP un haut responsable ayant requis l'anonymat. "La priorité est de mettre un terme aux morts et aux destructions".

Plus de 2.800 personnes ont péri au Liban depuis le début du conflit début mars, dont au moins 200 enfants, d'après Beyrouth.

Israël vise des secteurs à forte population chiite, dont la banlieue sud de Beyrouth, et s'est emparé d'une bande frontalière qu'il occupait déjà entre 1982 et 2000.

Washington dit défendre la souveraineté du Liban sur tout son territoire mais appelle aussi le pays à s'en prendre au Hezbollah.

Pour le département d'Etat, "ces pourparlers doivent permettre de rompre catégoriquement avec l'approche ratée des deux dernières décennies qui autorisait des mouvements terroristes à s'enraciner et à s'enrichir, tout en sapant l'autorité de l'Etat libanais et en menaçant la frontière septentrionale d'Israël".

A la différence de la précédente session de négociations, ni le secrétaire d'Etat Marco Rubio ni Donald Trump lui-même n'y participeront. Tous deux sont en visite officielle en Chine.

Pour ces deux journées d'entretiens au département d'Etat, l'équipe de médiateurs américains comprend les ambassadeurs des Etats-Unis en Israël et au Liban, respectivement Mike Huckabee, un pasteur évangélique, et Michel Issa, un partenaire de golf de Donald Trump qui est né au pays du Cèdre.

Le Liban est représenté par Simon Karam, un avocat et diplomate de 76 ans, et Israël par son ambassadeur Yechiel Leiter, 67 ans, allié de longue date de Benjamin Netanyahu.


L'ONU contrainte de réduire "considérablement" son aide alimentaire en Syrie

Des employés du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies distribuent des colis d’aide aux Syriens déplacés avant l’arrêt des livraisons d’assistance, dans le camp d’Atmé, en périphérie d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 6 décembre 2023. (Archive/AFP)
Des employés du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies distribuent des colis d’aide aux Syriens déplacés avant l’arrêt des livraisons d’assistance, dans le camp d’Atmé, en périphérie d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 6 décembre 2023. (Archive/AFP)
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  • Le PAM réduit fortement son aide alimentaire en Syrie et dans les pays voisins à cause d’un manque critique de financement, touchant des millions de personnes vulnérables
  • L’assistance passe de 1,3 million à 650 000 bénéficiaires, avec une baisse de couverture de 14 à 7 gouvernorats, alors que 7,2 millions de Syriens restent en insécurité alimentaire aiguë

ROME: Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU a annoncé mercredi avoir dû "réduire considérablement" ses opérations d'aide en Syrie et auprès des réfugiés syriens dans les pays voisins en raison de "pénuries critiques de financement".

"Le PAM a réduit de 50% son assistance alimentaire d’urgence, passant de 1,3 million de personnes à 650.000 en mai, et a mis fin à un programme national de subvention du pain qui soutenait quotidiennement des millions de personnes", souligne l'agence de l'ONU, basée à Rome, dans un communiqué.

"La réduction de l’assistance du PAM est uniquement dictée par les contraintes de financement, et non par une diminution des besoins", a déclaré Marianne Ward, directrice du Programme alimentaire mondial pour la Syrie, citée dans le communiqué.

L'agence de l'ONU rappelle que même s'il y a "des signes de stabilisation dans certaines parties du pays, 7,2 millions de personnes en Syrie restent en insécurité alimentaire aiguë, dont 1,6 million confrontées à des conditions sévères".

Alors qu'en 2025, le PAM a pu aider 5,8 millions de personnes dans les 14 gouvernorats de Syrie via différents programmes, "les contraintes de financement persistantes obligent désormais à réduire davantage la couverture, qui passe de quatorze à seulement sept gouvernorats", ajoute le communiqué.

Les pénuries de financement touchent également les réfugiés syriens se trouvant dans les pays voisins tels que le Liban, la Jordanie ou encore l'Egypte, "où la hausse des coûts, l’instabilité persistante et le manque d’opportunités de revenus accentuent la vulnérabilité", note le PAM.

L'agence de l'ONU dit avoir besoin de "189 millions de dollars pour les six prochains mois (juin–novembre 2026) afin de maintenir et de rétablir une assistance vitale à l’intérieur de la Syrie".

"Un financement rapide permettra au PAM d’atteindre 1,6 million des personnes les plus vulnérables, de maintenir un soutien nutritionnel essentiel, de garantir l’accès à du pain abordable pour des millions d’autres et de contribuer à prévenir une nouvelle détérioration à un moment qui demeure déterminant pour le relèvement de la Syrie", souligne le communiqué.