Guadeloupe: au CHU de Pointe-à-Pitre, le «village» des personnels suspendus

Le gouvernement a annoncé jeudi repousser la mise en œuvre de l'obligation vaccinale et lever les suspensions pour les soignants qui accepteront un accompagnement individuel. (Photo/AFP)
Le gouvernement a annoncé jeudi repousser la mise en œuvre de l'obligation vaccinale et lever les suspensions pour les soignants qui accepteront un accompagnement individuel. (Photo/AFP)
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Publié le Samedi 27 novembre 2021

Guadeloupe: au CHU de Pointe-à-Pitre, le «village» des personnels suspendus

  • Selon la direction du CHU, 90% du personnel est en conformité avec l'obligation vaccinale, dont parmi eux 75% de vaccinés
  • Le gouvernement a annoncé jeudi repousser la mise en œuvre de l'obligation vaccinale

POINTE-A-PITRE : Des barnums décorés, un barbecue, un micro-ondes ou encore des glacières. Après des mois de lutte contre l'obligation vaccinale des soignants, les personnels suspendus du CHU de Pointe-à-Pitre ont transformé le piquet de grève en petit "village" et forment "une famille" solidaire face aux difficultés.

Ils sont une bonne centaine, pour la majorité suspendus depuis mi-novembre, présents sur ce "bik de résistance". Certains sont là depuis le 9 septembre et le début de la grève d'une partie du personnel.

"Au début, il n'y avait que quelques chaises. Mais quand on a compris qu'on était là pour des mois, on s'est mieux installé. Une vie s'est constituée. Car ce qu'on demande, c'est de vivre", explique Sormain Sandrou, syndicaliste de l'UTS-UGTG.

Sur le piquet, qui fait face à un tag "nous vaincrons", plusieurs services (radiologie, laboratoire, psychiatrie, gastro-entérologie, etc.) disposent de leur propre espace, décoré plus ou moins soigneusement, avec drapeaux, peintures, dessins ou encore des plantes.

Sont également suspendues des pancartes en créole martelant l'opposition à l'obligation vaccinale pour les soignants et pompiers, point de départ de la crise qui a embrasé la Guadeloupe depuis 10 jours avant de dégénérer en violences et de s'étendre à des revendications sociales.

Des masques chirurgicaux tagués ("Liberté"), des blouses et des petits cercueils en carton pendent également.

Un concours du meilleur barnum a même été organisé récemment sur le "bik", pour "remotiver les troupes, donner un peu d'énergie et créer le +lyanaj+ (lien) entre collègues, pour que le mouvement soit plus soudé", explique Delphine Isaac, technicienne de laboratoire et syndicaliste.

"On a besoin de ça pour exister et garder le moral", ajoute-t-elle, opposée à l'obligation vaccinale au nom du "droit à disposer librement de son corps", et au vaccin contre le Covid-19 par "manque de recul".

Selon la direction du CHU, 90% du personnel est en conformité avec l'obligation vaccinale, dont parmi eux 75% de vaccinés.

Les temps sont durs, après des mois de conflit et alors qu'approche fin novembre et le risque d'une première fiche de paie tronquée pour la majorité des suspendus - environ 15% du personnel travaillant au CHU est suspendu, dont la moitié de soignants, selon la direction.

Le gouvernement a annoncé jeudi repousser la mise en œuvre de l'obligation vaccinale et lever les suspensions pour les soignants qui accepteront un accompagnement individuel.

Combien seront-ils ? En tout cas, pour le syndicaliste Sormain Sandrou, cette annonce ne "change rien" sur la poursuite de la mobilisation puisqu'elle exige le retrait de l'obligation vaccinale.

« Réelle souffrance »

En attendant, "la solidarité s'est organisée naturellement", selon Teddy Lunion, employé du service pharmacie.

"On partage un peu tout ici. On était déjà une famille, on l'est encore plus. C'est souvent dans la douleur qu'on voit qui est dans la famille", ajoute-t-il.

Des cagnottes ont été créées pour améliorer "le confort sous la tente car c'est long, 10-12 heures sur un piquet, samedi, dimanche et jours fériés compris", selon Delphine Isaac.

Les grévistes ont pu aussi compter sur la solidarité de la population.

Des restaurateurs offrent de la nourriture, des habitants de l'eau ou des jus.

"Ça fait chaud au cœur quand vous allez acheter du pain et que le boulanger vous dit +ne payez pas, car ce n'est pas normal qu'on vous coupe votre salaire+", raconte Anne Négoce-Atexide, qui travaille également à la pharmacie.

Anne Négoce-Atexide "prend comme une punition" sa suspension: "Ce n'est pas normal qu'on nous coupe, pour une injection dont nous ne voulons pas, notre salaire après des années d'études pour le seul métier qu'on aime. On s'est toujours donné pour notre travail."

Vendredi, les grévistes ont fait venir une psychologue. "Car le village est beau, il a l'air dynamique, mais derrière il y a une réelle souffrance de personnes qui perdent leur emploi et se retrouvent sans le sous avec une famille à nourrir, des factures", souligne Delphine Isaac.

Sormain Sandrou abonde: "C'est clair que mentalement pas mal de gens sont stressés par rapport à la situation. Mais on reste solidaire."


Dans le quartier de Belleville à Paris, un ramadan entre ferveur et inquiétude

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
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  • Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne
  • L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré

PARIS: Des étals chargés de pâtisseries, d’épices et d’olives, des pains encore tièdes, des galettes dorées, des montagnes de dattes et des rangées de sodas. Comme chaque année, le traditionnel marché du ramadan a investi les trottoirs du boulevard de Belleville (dans le XIe arrondissement de Paris), transformant le lieu en un vaste théâtre gourmand à ciel ouvert.

Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne. L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré.

belleville

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. Certains restaurants ont même fermé leur salle pour la transformer en cuisine de production, où l’on pétrit du pain à la chaîne, nature ou farci.

Pour les commerçants, c’est le moment le plus intense de l’année : les odeurs de pain grillé et de pâtisseries au miel attirent les passants, souvent sans idée précise de ce qu’ils vont acheter. « On ne sait jamais vraiment ce qu’on vient chercher, mais on trouve toujours ce qui nous plaît », sourit Nahel, venu faire ses courses avec sa fille, dans ses sacs : des feuilles de brick, de la crème et du pain arabe.

À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire

Le marché est devenu bien plus qu’un lieu d’approvisionnement : c’est un rendez-vous collectif, un moment attendu, une tradition solidement ancrée dans la vie du quartier. À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire ; même les commerces qui ne vendent habituellement pas de nourriture participent.

Monsef, gérant d’une boutique de téléphonie, a installé devant sa vitrine des cageots de menthe et de fruits. « Ça ne rapporte pas grand-chose, mais on veut faire partie de la fête », explique-t-il.

Pour beaucoup, le ramadan est avant tout un temps de lien social et de générosité : les repas partagés se multiplient, les dons aussi. « On distribue des repas, on aide les plus démunis, on se rend davantage à la mosquée ; le mois sacré reste un moment de spiritualité et de solidarité », indique un restaurateur.

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Mais cette année, la ferveur est traversée par une inquiétude persistante : les conversations glissent régulièrement vers l’actualité internationale marquée, depuis quelques jours, par la guerre au Proche-Orient. Impossible pour certains de ne pas penser à ce qui se passe à Gaza ou, plus largement, dans l’ensemble de la région. « Quand on voit qu’ici on profite du ramadan et qu’ailleurs certains vivent sous les bombes, ça met mal à l’aise », confie Majid, commerçant.

Les télévisions allumées au moment de la rupture du jeûne en témoignent : certains préfèrent les séries traditionnelles du mois sacré, d’autres suivent en continu les chaînes d’information. La fête existe, mais elle est plus grave, plus retenue, comme si la joie devait désormais cohabiter avec l’inquiétude.

À cela s’ajoute une autre préoccupation : le budget. Car le ramadan reste un mois de générosité et d’abondance, mais cette abondance a un prix. Les commerçants constatent que les habitudes changent : les clients comparent davantage, achètent plus prudemment ; l’inflation est dans tous les esprits. « Les prix ont augmenté comme tout le reste, observe un épicier. Même si les gens ne le disent pas toujours, on sent qu’ils sont touchés. »

Pour beaucoup de familles modestes, le mois sacré exige une véritable préparation financière : certains mettent de l’argent de côté toute l’année pour pouvoir garnir la table plus généreusement qu’à l’ordinaire. Car le ramadan est aussi une fête domestique, rythmée par les invitations, les repas partagés et l’abondance symbolique, mais cette générosité pèse.

« On dépense beaucoup. On est obligés de prévoir, sinon on ne s’en sort pas », reconnaît une habituée du quartier, venue acheter des pâtisseries qui lui rappellent son pays d’origine, la Tunisie, et plus précisément Tunis.

belleville

Pour les habitants issus de l’immigration, le ramadan à Belleville est aussi une manière de recréer un peu du pays quitté : les saveurs, les odeurs, les produits traditionnels permettent de maintenir un lien affectif avec les racines. Certains viennent même de loin pour retrouver cette ambiance. Salma, franco-libanaise, a fait le déplacement simplement pour ressentir cette atmosphère familière, qui la rapproche de ses souvenirs malgré la distance et les inquiétudes liées à l’actualité de sa région d’origine.

Entre abondance et retenue, joie et gravité, le ramadan 2026 s’inscrit dans une époque troublée. À Belleville, on continue de célébrer, de partager, mais cela n’atténue pas le ressentiment face aux souffrances du monde et aux difficultés du quotidien.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.