Présidentielle: Macron stable, Le Pen en hausse, Zemmour en baisse, selon un sondage

Eric Zemmour, à 14 ou 15% selon les cas de figure, perd deux à trois points. (Photo, AFP)
Eric Zemmour, à 14 ou 15% selon les cas de figure, perd deux à trois points. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 28 novembre 2021

Présidentielle: Macron stable, Le Pen en hausse, Zemmour en baisse, selon un sondage

  • Le président sortant recueillerait 25%
  • À gauche, Anne Hidalgo demeure à 6% dans la plupart des configurations et Jean-Luc Mélenchon oscille entre 7,5 et 8,5%

PARIS : Emmanuel Macron et Marine Le Pen seraient toujours en tête si l'élection présidentielle avait lieu dimanche, alors que le candidat putatif Eric Zemmour subit une légère baisse, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche et Sud-Radio publié dimanche.

Le président sortant recueillerait 25% (stable) au premier tour face aux candidats LR Xavier Bertrand, Michel Barnier ou Valérie Pécresse, mais 28% face à Eric Ciotti ou de Philippe Juvin.

Les adhérents LR voteront pour choisir l'un des cinq candidats à l'investiture à l'occasion d'un congrès prévu du 1er au 4 décembre.

Dans tous ces cas, la candidate du RN Marine Le Pen est stable, entre 19 et 20%, soit trois points de plus qu'en début de mois, alors qu'Eric Zemmour, à 14 ou 15% selon les cas de figure, perd deux à trois points.

Parmi les possibles candidats de droite, Xavier Bertrand recueillerait 13% (stable), Michel Barnier ou Valérie Pécresse 10%. Eric Ciotti est crédité de 6% et Philippe Juvin de 3%.

À gauche, Anne Hidalgo demeure à 6% dans la plupart des configurations et Jean-Luc Mélenchon oscille entre 7,5 et 8,5%, un point devant Yannick Jadot qui se situe entre 6,5% et 7,5%.

En cas de deuxième tour Macron-Le Pen, l'actuel président est crédité de 54% contre 46% pour la candidate d'extrême droite. Il perd deux points par rapport au début du moins (56% contre 44%).

Les intentions de vote ne constituent pas une prévision du résultat du scrutin. Elles donnent une indication des rapports de force et des dynamiques au jour de la réalisation du sondage.

Sondage réalisé auprès d’un échantillon de 1.351 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 1.510 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.


Affaire des « écoutes »: le procès en appel de Nicolas Sarkozy fixé à la fin de l'année

L'ancien président français Nicolas Sarkozy quitte le palais de justice de Paris, le 2 novembre 2021.(AFP)
L'ancien président français Nicolas Sarkozy quitte le palais de justice de Paris, le 2 novembre 2021.(AFP)
Short Url
  • L'ex-président, qui a toujours affirmé n'avoir jamais commis « le moindre acte de corruption », avait immédiatement annoncé qu'il allait faire appel
  • Les juges avaient considéré que l'ex-président s'était rendu coupable de corruption, en promettant d'appuyer la candidature de M. Azibert pour un poste de prestige à Monaco

PARIS : Le procès en appel de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, de son avocat Thierry Herzog et de l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert, dans l'affaire dite des "écoutes", se tiendra du 28 novembre au 14 décembre, a décidé lundi la cour d'appel de Paris. 

Nicolas Sarkozy avait été condamné en première instance, le 1er mars 2021, à trois ans de prison, dont un an ferme, pour corruption et trafic d'influence, une décision sans précédent pour un ancien chef de l'Etat. 

L'ex-président, qui a toujours affirmé n'avoir jamais commis "le moindre acte de corruption", avait immédiatement annoncé qu'il allait faire appel, tout comme MM. Herzog et Azibert, condamnés à la même peine, assortie d'une interdiction d'exercer de cinq ans pour Me Herzog. 

Leur procès en appel est prévu sur neuf journées entières ou demi-journées, les 28, 29 et 30 novembre, ainsi que les 5, 6, 7, 12, 13 et 14 décembre, a-t-il été décidé lors d'une audience de procédure. 

Dans cette affaire née en 2014 d'interceptions téléphoniques, également appelée affaire "Bismuth", le tribunal correctionnel avait estimé qu'un "pacte de corruption" avait été conclu entre Nicolas Sarkozy, son avocat et l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert. 

Les juges avaient considéré que l'ex-président s'était rendu coupable de corruption, en promettant d'appuyer la candidature de M. Azibert pour un poste de prestige à Monaco, en échange d'informations privilégiées, voire d'une influence sur un pourvoi en cassation qu'il avait formé. 

Lors du procès en première instance, la défense s'était insurgée contre un dossier basé sur des "fantasmes" et des "hypothèses" et avait plaidé à l'unisson la relaxe.  

Elle avait fait valoir qu'in fine, Nicolas Sarkozy n'a pas eu gain de cause devant la Cour de cassation et que Gilbert Azibert n'a jamais obtenu de poste à Monaco. Selon la loi, il n'est cependant pas nécessaire que la contrepartie ait été obtenue, ni que l'influence soit réelle, pour caractériser les délits de corruption et de trafic d'influence.

Nicolas Sarkozy s'était dit victime d'une "injustice profonde" et avait assuré qu'il se "(battrait) jusqu'au bout pour que la vérité triomphe". 

Retiré de la vie politique depuis 2016 mais toujours populaire à droite, l'ex-chef de l'Etat sera également rejugé dans l'affaire Bygmalion après avoir fait appel de sa condamnation en septembre à un an de prison ferme pour financement illégal de sa campagne présidentielle perdue de 2012. 


Macron défend son «je traverse la rue» et ses projets pour l'université

Le président français Emmanuel Macron salue un élève agriculteur lors d'une visite au lycée agricole d'Ahun, le 24 janvier 2022. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron salue un élève agriculteur lors d'une visite au lycée agricole d'Ahun, le 24 janvier 2022. (Photo, AFP)
Short Url
  • «Beaucoup de secteurs offrent des emplois, donc normalement, quand on a de la bonne volonté...», a répliqué le président, citant la plateforme «un jeune une solution» et le développement de l'alternance
  • «Contrairement à ce que j'ai pu lire partout dans la presse, je n'ai jamais dit ça», s'est écrié Emmanuel Macron, en assurant qu'il ne voulait pas «faire payer» les étudiants mais au contraire lutter contre la précarité

AHUN: Interpellé par des jeunes dans la Creuse, Emmanuel Macron est revenu lundi sur des propos controversés, d'une part son « je traverse la rue » pour inciter les chômeurs à trouver un emploi et d'autre part sa récente allusion à des formations payantes à l'université. 

Lors d'un échange entre le président et des jeunes à Ahun, Florian, 20 ans, lui a ressorti sa fameuse petite phrase de septembre 2018 lorsque le chef de l'Etat avait dit à un horticulteur au chômage: « je traverse la rue et je vous trouve un travail ». 

« Quand vous dites: traversez la rue pour trouver du travail, mais quand vous avez en face de vous un panneau stop, qui vous dit que vous n'avez pas assez de temps de travail, pas d'expérience professionnelle, or pour l'avoir il faut travailler et pour travailler il faut de l'expérience, donc on tourne en rond », a dit le jeune homme.  

« Beaucoup de secteurs offrent des emplois, donc normalement, quand on a de la bonne volonté... », a répliqué le président, citant la plateforme « un jeune une solution » et le développement de l'alternance. 

« C'est un peu ça ce que je disais avec cette formule, qui était plus adaptée à Paris, où je me trouvais à ce moment-là qu'à ici, mais qui était totalement vraie à Paris. Pour qui est prêt à y aller, il y a du travail », a encore insisté le chef de l'Etat.  

Autre sujet, qui a récemment suscité des critiques de ses adversaires pour 2022, ses récents propos sur la gratuité à l'université, où il jugeait intenable un système d'études supérieures « sans aucun prix » pour les étudiants mais avec un taux d'échec massif, sans autre explication.  

Ses adversaires, de Valérie Pécresse à Yannick Jadot, l'ont accusé de vouloir augmenter les droits d'inscription. 

« Contrairement à ce que j'ai pu lire partout dans la presse, je n'ai jamais dit ça », s'est écrié Emmanuel Macron, en assurant qu'il ne voulait pas « faire payer » les étudiants mais au contraire lutter contre la précarité.  

« Je défie qui que ce soit de retrouver cette phrase qui est sortie partout. Il paraît qu'on est en campagne, et donc apparemment beaucoup de gens dans ce cas-là sortent des choses et vous font dire le contraire ». 

« Ce que j'évoquais, c'est plutôt des formations professionnelles tout au long de la vie, que les universités vont devoir mettre en place et qui, elles, ont vocation à être payantes. Et qui vont permettre aux universités d'avoir ainsi des revenus et de fonctionner en se donnant plus de moyens », a-t-il expliqué. 

 


Jour J pour le pass vaccinal, les restaurateurs résignés

«Quand une partie de la population contrôle une autre partie de la population, ce n'est pas bon», déplore Alain Fontaine, président de la société française des Maîtres restaurateurs. (Photo, AFP)
«Quand une partie de la population contrôle une autre partie de la population, ce n'est pas bon», déplore Alain Fontaine, président de la société française des Maîtres restaurateurs. (Photo, AFP)
Short Url
  • «Pour nous, le pass vaccinal ne change pas grand-chose», confie Alain Deriot, gérant du restaurant Jour de pêche à Lille, dont la clientèle est «souvent vaccinée»
  • Le pass vaccinal «ne sera pas une contrainte supplémentaire», a estimé Didier Chenet, président du GNI, syndicat patronal des indépendants de l'hôtellerie restauration

PARIS: Cinq semaines après son annonce par le gouvernement, le pass vaccinal a remplacé lundi l'ancien pass sanitaire, obligatoire pour les plus de 16 ans souhaitant aller au restaurant ou prendre le train, une transition contestée mais sans encombre selon les témoignages recueillis dans plusieurs villes. 

« Pour nous, le pass vaccinal ne change pas grand-chose », confie Alain Deriot, gérant du restaurant Jour de pêche à Lille, dont la clientèle est « souvent vaccinée ». 

« Les petits contrôles de pass à l'entrée, on sait faire (...) Mais les contrôles d'identité, je ne me vois pas les faire, c'est intrusif », souligne-t-il, alors que la loi autorise désormais les gérants d'établissements à contrôler l'identité des clients en cas de doute sur le pass présenté. 

Même son de cloche pour César Armand, du bar lillois Les Arts: « Bien sûr, parfois on a des doutes quand on regarde la date de naissance et que la tête de la personne ne correspond pas, mais moi je ne suis pas policier ». 

Sammy, serveur dans un café à Paris, relève que, de toute façon, la levée des restrictions sera « vite là », le gouvernement ayant annoncé la fin du port du masque en extérieur et du télétravail obligatoire le 2 février, puis la réouverture des discothèques et le retour de la consommation au comptoir le 16 février. 

Mais désormais un test négatif ne suffit plus, comme c'était le cas avec le pass sanitaire, sauf pour accéder aux établissements et services de santé: à partir de 16 ans, il faut justifier d'un statut vaccinal contre la Covid-19 pour accéder aux activités de loisirs, restaurants et bars (sauf restauration collective), foires ou transports publics interrégionaux (avions, trains, cars).