Présidentielle française: semaine cruciale pour la droite

Le parti Les Républicains (LR), héritier du mouvement gaulliste de l'après-guerre qui fut le principal parti de gouvernement de la Ve République, ouvre son congrès mercredi pour élire samedi celui ou celle qui le représentera à la présidentielle de 2022. (AFP)
Le parti Les Républicains (LR), héritier du mouvement gaulliste de l'après-guerre qui fut le principal parti de gouvernement de la Ve République, ouvre son congrès mercredi pour élire samedi celui ou celle qui le représentera à la présidentielle de 2022. (AFP)
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Publié le Lundi 29 novembre 2021

Présidentielle française: semaine cruciale pour la droite

  • «C'est une semaine importante car on commencera à voir se dessiner le vrai portrait de la présidentielle», analyse Dominique Reynié
  • Avec une gauche éclatée et une extrême droite puissante d'après les sondages, le choix des militants de la droite classique permettra de voir les probables lignes de force de la présidentielle

PARIS: C'est une semaine décisive pour la droite française à cinq mois de l'élection présidentielle, avec d'une part la désignation du candidat du parti Les Républicains, et d'autre part l'éventuelle candidature du polémiste d'extrême droite Eric Zemmour, qui auront un fort impact sur le premier tour.


Avec une gauche éclatée et une extrême droite puissante d'après les sondages, le choix des militants de la droite classique permettra de voir les probables lignes de force de la présidentielle, et d'ajuster la campagne du président français Emmanuel Macron en vue de sa réélection.


Le parti Les Républicains (LR), héritier du mouvement gaulliste de l'après-guerre qui fut le principal parti de gouvernement de la Ve République, ouvre son congrès mercredi pour élire samedi celui ou celle qui le représentera à la présidentielle de 2022 (dont le premier tour est le 10 avril), au terme d'une campagne interne fortement marquée par les thèmes de l'extrême droite comme l'immigration, l'autorité ou la sécurité. 


Concomitamment, la polémiste d'extrême droite Eric Zemmour, phénomène de cet automne, qui mène sans le confirmer une pré-campagne électorale, pourrait annoncer sa candidature.


"C'est une semaine importante car on commencera à voir se dessiner le vrai portrait de la présidentielle", analyse Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol).


Selon lui, si Les Républicains se choisissent un représentant très marqué à droite, comme Eric Ciotti, cette nouvelle concurrence pour la cheffe du parti d'extrême droite Rassemblement national, Marine Le Pen, et Eric Zemmour, s'il est effectivement candidat, viendrait favoriser Emmanuel Macron. 


Tel ne serait pas le cas s'ils optent pour un candidat plus centriste tels que Xavier Bertrand, Valérie Pécresse ou Michel Barnier.


Ce dernier, sur une ligne de sérieux et d'apaisement, espère que sa fidélité à LR et sa stature internationale - en qualité d'ancien négociateur du Brexit à Bruxelles - paieront. 


Favori des sondages nationaux, Xavier Bertrand mise sur le triptyque autorité-territoires-travail pour gommer son éloignement du parti. 


Valérie Pécresse, qui a elle aussi quitté le parti après la défaite cinglante aux élections européennes de 2019, promet avec pugnacité l'"ordre", régalien et économique, programme précis à l'appui.


La ligne dure d'Eric Ciotti pourrait elle séduire les plus radicaux chez LR, tandis que Philippe Juvin promet une droite des services publics.

Impact pour Macron 
D'après un sondage publié dimanche, M. Bertrand est celui qui obtiendrait le meilleur score au 1er tour (13%), devant M. Barnier et Mme Pécresse qui seraient eux à 10%, des scores qui permettraient théoriquement d'espérer, avec une bonne dynamique de campagne, accrocher in fine une qualification pour le second tour.


Dans le même sondage, Emmanuel Macron arrive en tête avec 25%, devant Marine Le Pen, autour de 19%, et Eric Zemmour, entre 14 et 15%, selon les hypothèses.


Pour Emmanuel Macron, "c'est plus compliqué s'il y a une candidature de droite modérée qui peut revendiquer une expérience ministérielle et régionale, ou européenne, parce que c'est l'idée d'une possibilité d'une alternance sans aventure", estime M. Reynié. L'issue serait ainsi beaucoup plus incertaine pour le président, contrairement à une configuration qui l'opposerait à un candidat d'extrême droite, au second tour.


L'autre élément important de la semaine viendra justement de l'extrême droite, avec la candidature éventuelle d'Eric Zemmour dans les tout prochains jours, puisqu'il doit tenir un meeting à Paris dimanche.


Omniprésent dans le débat depuis la rentrée de septembre, le polémiste a vu sa cote gonfler, jusqu'à provoquer des interrogations sur la présence de Marine Le Pen au second tour, qui semblait jusqu'ici acquise.


Mais l'ancien journaliste, condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale, a vu quelques nuages poindre à l'horizon. 


Il n'a pas de parti pour le soutenir et son organisation, comme ses récentes déclarations, suscitent des critiques en interne. Côté financement de campagne, la tache semble ardue depuis la décision, la semaine dernière, de Charles Gave, un important soutien financier, de prendre ses distances avec le candidat putatif.


Enfin, il a échangé dimanche des doigts d'honneur avec une passante à Marseille (Sud), un épisode dont la photographie a eu un grand retentissement, contraignant M. Zemmour à reconnaître un geste "fort inélégant".


Immigration clandestine: Londres et Paris prolongent un accord, le temps de finaliser leurs négociations

Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
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  • "Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises en matière de maintien de l'ordre"
  • Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros)

LONDRES: Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat.

Le traité de Sandhurst, signé en 2018 entre Londres et Paris, prévoit que le Royaume-Uni finance une partie des actions menées par la France pour sécuriser la frontière, car c'est sur le sol français que se déroulent les contrôles des personnes en partance pour le Royaume-Uni.

Il avait été prolongé de trois ans en 2023, et devait expirer ce mardi à minuit.

Depuis des mois, les deux gouvernements négocient âprement une nouvelle prolongation, mais sont en désaccord sur les objectifs la future contribution financière du Royaume-Uni.

"Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises essentielles en matière de maintien de l'ordre et de surveillance", a indiqué mardi le ministère britannique de l'Intérieur dans un communiqué.

Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros), a-t-il précisé.

Depuis 2023, le Royaume-Uni a versé 540 millions d'euros à la France dans le cadre du traité, selon Paris.

L'an passé, 41.472 migrants ont entrepris la traversée périlleuse de la Manche depuis la France, soit le deuxième nombre le plus élevé après le record de 45.774 enregistré en 2022, selon les données du Home Office. Au moins 29 migrants ont péri en mer en 2025, selon un comptage effectué par l'AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.

Le gouvernement travailliste de Keir Starmer est sous pression pour réduire ces traversées, dans un contexte de montée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.

"Notre collaboration avec la France a permis d'empêcher 42.000 tentatives de traversées de la Manche par des migrants illégaux", a rappelé mardi la ministre britannique de l'Intérieur Shabana Mahmood, citée dans le communiqué.

Selon plusieurs médias britanniques, Londres souhaiterait conditionner le versement d'une contribution financière à l'atteinte d'un objectif d'interception d'embarcations supérieur à celui constaté actuellement.

La France s'y oppose, mettant en avant le droit international de la mer qui donne la priorité à la sécurité des embarcations et de leurs passagers.

 


Moyen-Orient : la France «s'étonne» des reproches de Trump sur l'interdiction de survol de son territoire

La France a dit mardi "s'étonner" des reproches de Donald Trump, qui l'a accusée de se montrer "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran en interdisant le survol de son territoire par "des avions à destination d'Israël chargés d'équipement militaire". (AFP)
La France a dit mardi "s'étonner" des reproches de Donald Trump, qui l'a accusée de se montrer "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran en interdisant le survol de son territoire par "des avions à destination d'Israël chargés d'équipement militaire". (AFP)
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  • "Nous confirmons cette décision qui est conforme à la position française depuis le début de ce conflit", a dit l'Elysée à la presse en réponse à un message du président sur les réseaux sociaux.
  • "La France n'a pas changé de position depuis le premier jour", a ajouté la présidence française

PARIS: La France a dit mardi "s'étonner" des reproches de Donald Trump, qui l'a accusée de se montrer "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran en interdisant le survol de son territoire par "des avions à destination d'Israël chargés d'équipement militaire".

"Nous confirmons cette décision qui est conforme à la position française depuis le début de ce conflit", a dit l'Elysée à la presse en réponse à un message du président sur les réseaux sociaux. "La France n'a pas changé de position depuis le premier jour", a ajouté la présidence française.

"Nous nous étonnons de ce tweet" de Donald Trump, a-t-elle encore affirmé.

Paris n'avait pas annoncé officiellement ou publiquement d'interdiction de survol de son territoire pour les appareils américains impliqués dans le conflit, comme l'a en revanche fait l'Espagne.

La France avait autorisé les Etats-Unis à poser des avions ravitailleurs sur sa base méridionale d'Istres début mars après avoir obtenu la garantie qu'ils ne participaient aux opérations menées en Iran.

"La France n'a pas laissé des avions à destination d'Israël, chargés d'équipement militaire, survoler le territoire français. La France a été TRES PEU COOPERATIVE en ce qui concerne le +boucher iranien+ qui a été éliminé avec succès", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

 


Macron attendu à Tokyo, le conflit au Moyen-Orient en toile de fond

Le président français Emmanuel Macron à l’Élysée, à Paris, le 24 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron à l’Élysée, à Paris, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron entame une visite au Japon pour renforcer les partenariats franco-japonais dans le nucléaire civil, l’innovation technologique et spatiale, et discuter de la crise au Moyen-Orient
  • Le président Emmanuel Macron entame une visite au Japon pour renforcer les partenariats franco-japonais dans le nucléaire civil, l’innovation technologique et spatiale, et discuter de la crise au Moyen-Orient

TOKYO: Emmanuel Macron doit entamer mardi une visite au Japon qui vise a renforcer les partenariats franco-japonais dans le nucléaire civil ou l'innovation technologique et spatiale, mais qui est aussi percutée par la guerre au Moyen-Orient.

Le président français est attendu à 17H30 locales (08H30 GMT) à Tokyo, avant une soirée dédiée à la culture populaire nippone et une rencontre prévue avec Kunihiko Moriguchi, peintre réputé de kimonos.

Les échanges économiques et politiques auront lieu mercredi tandis que le couple présidentiel déjeunera avec l'Empereur Naruhito et l'Impératrice jeudi.

S'il s'agit de son quatrième déplacement dans l'archipel, c'est la première fois qu'Emmanuel Macron s'y rend pour une visite pleinement consacrée aux relations avec le Japon. Et ce sera mercredi son "premier entretien à part entière" avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, après un échange en marge du G20 à l'automne, relève un responsable de la diplomatie japonaise.

Ce responsable a évoqué, parmi les attentes, "la poursuite des communications en vue d'un apaisement rapide de la situation en Iran".

"La crise au Moyen-Orient sera au cœur de nos échanges", a confirmé la présidence française avant le voyage. Les deux dirigeants discuteront de la "façon dont on peut essayer de trouver des solutions communes", a-t-elle ajouté, insistant sur une possible coopération autour d'une initiative française pour rallier une coalition de "volontaires" sur le sujet du détroit d'Ormuz.

Le conflit déclenché il y a un mois par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, et la riposte de Téhéran, ont provoqué le blocage de facto de cet étroit passage maritime dans le Golfe par lequel transite, en temps normal, une grande part des importations de pétrole du Japon mais aussi de la Corée du Sud, où Emmanuel Macron doit se rendre ensuite jeudi et vendredi.

- "Attractivité" -

Ces deux pays asiatiques ont signé avec une vingtaine d'autres, dont la France, une déclaration d'Etats se disant "prêts à contribuer aux efforts" pour accompagner la réouverture du détroit, mais quand les armes se seront tues.

Le G7, présidé cette année par la France qui organisera un sommet en juin, et dont est également membre le Japon, multiplie aussi les messages communs, dont une déclaration lundi pour se dire déterminé à "prendre toutes les mesures nécessaires" pour stabiliser le marché de l'énergie face à la flambée des cours du brut.

Emmanuel Macron, qui a longtemps mis en avant sa capacité à discuter avec son homologue américain Donald Trump avec lequel les relations semblent toutefois s'être tendues dernièrement, pourra échanger à cet égard avec Sanae Takaichi.

La dirigeante japonaise, devenue en octobre la première femme à la tête de l'archipel, s'est imposée avec des positions ultranationalistes et conservatrices et n'a pas ménagé ses efforts pour afficher ses affinités avec le milliardaire républicain.

Au-delà de la crise géopolitique, le président français compte sur cette visite pour mettre l'accent sur "l'attractivité de la France", selon son entourage. Accompagné de nombreux chefs d'entreprises françaises, il doit rencontrer mercredi, en marge d'un forum économique, les dirigeants de Softbank, champion des investissements dans l'intelligence artificielle, de Iwatani, l'entreprise japonaise qui a investi dans la start-up lyonnaise Carester, ou encore du fabricant d'équipements pour la recherche Horiba.

Les deux pays entendent aussi signer une feuille de route en matière de nucléaire civil au Japon, dans la lignée d'une coopération déjà bien établie. Et renforcer les partenariats dans le domaine spatial, la recherche et les "technologies de rupture".

En présence de plusieurs ministres français, dont ceux de la Défense et des Affaires étrangères Catherine Vautrin et Jean-Noël Barrot, un volet consacré à la sécurité est aussi prévu.

Emmanuel Macron arrive à Tokyo en plein pic de floraison des emblématiques cerisiers du Japon, moment fort de l'année. Mais l'instant espéré de "hanami", ou observation des fleurs, pourrait être gâché par la pluie attendue trois jours durant dans la capitale japonaise.