Le Pentagone enquête sur une frappe de 2019 ayant tué des civils en Syrie

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, et leurs alliés de la coalition menée par les Etats-Unis ont annoncé la défaite du «califat» de l'EI fin mars 2019 après être venus à bout du dernier bastion djihadiste de Baghouz. (Photo, AFP)
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, et leurs alliés de la coalition menée par les Etats-Unis ont annoncé la défaite du «califat» de l'EI fin mars 2019 après être venus à bout du dernier bastion djihadiste de Baghouz. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 30 novembre 2021

Le Pentagone enquête sur une frappe de 2019 ayant tué des civils en Syrie

  • Le ministre Lloyd Austin a chargé le général de l'armée de Terre Michael Garrett de «réexaminer les rapports de l'enquête déjà menée sur cet incident»
  • La nouvelle enquête devra notamment déterminer si les lois de la guerre ont été respectées

WASHINGTON : Le ministère américain de la Défense a lancé lundi une nouvelle enquête sur une frappe aérienne ayant tué des civils en 2019 en Syrie, deux semaines après la publication d'une enquête du New York Times accusant l'armée américaine d'avoir cherché à dissimuler la présence de victimes non-combattantes.

Le ministre Lloyd Austin a chargé le général de l'armée de Terre Michael Garrett de "réexaminer les rapports de l'enquête déjà menée sur cet incident", qui s'est produit le 18 mars 2019 à Baghouz, en Syrie, a annoncé le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

Selon le New York Times, une force spéciale américaine opérant en Syrie -- parfois dans le plus grand secret -- a bombardé à trois reprises ce jour-là un groupe de civils près de Baghouz, le dernier bastion du groupe Etat islamique (EI), tuant 70 personnes dont des femmes et enfants.

Le général Garrett, qui dirigeait encore les forces terrestres au Moyen-Orient quelques jours avant la frappe meurtrière, aura 90 jours pour passer en revue non seulement la frappe mais aussi la manière dont l'enquête initiale a été menée et la façon dont la hiérarchie militaire en a été informée, a précisé le porte-parole.

La nouvelle enquête devra notamment déterminer si les lois de la guerre ont été respectées et si les mesures de protection des civils censées avoir été suivies selon de précédentes enquêtes portant sur ce drame ont réellement été mises en oeuvre, a ajouté M. Kirby.

Elle devra aussi établir si des sanctions doivent être appliquées et si les procédures en place doivent être modifiées, a-t-il détaillé.

L'enquête initiale menée par le commandement central de l'armée américaine, qui supervise les opérations militaires au Moyen-Orient, avait déterminé qu'il s'agissait de "frappes de légitime défense", "proportionnelles" et que des "mesures appropriées avaient été prises pour exclure la présence de civils".

Mais certaines femmes et certains enfants, "que ce soit suite à un endoctrinement ou à un choix, ont décidé de prendre les armes (...) et à ce titre, n'ont pu être strictement identifiés comme des civils", soulignait le commandement central.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, et leurs alliés de la coalition menée par les Etats-Unis ont annoncé la défaite du "califat" de l'EI fin mars 2019 après être venus à bout du dernier bastion djihadiste de Baghouz.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.