Turquie: Erdogan défend sa politique économique, «risquée mais juste»

A dix-huit mois de la prochaine élection présidentielle prévue, le président Erdogan semble privilégier la croissance à tout prix, au risque de réduire encore le pouvoir d'achat de ménages déjà sonnés par la hausse de certains produits de base. (Photo, AFP)
A dix-huit mois de la prochaine élection présidentielle prévue, le président Erdogan semble privilégier la croissance à tout prix, au risque de réduire encore le pouvoir d'achat de ménages déjà sonnés par la hausse de certains produits de base. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 01 décembre 2021

Turquie: Erdogan défend sa politique économique, «risquée mais juste»

A dix-huit mois de la prochaine élection présidentielle prévue, le président Erdogan semble privilégier la croissance à tout prix, au risque de réduire encore le pouvoir d'achat de ménages déjà sonnés par la hausse de certains produits de base. (Photo, AFP)
  • «Ce que nous faisons est juste. Nous avons suivi et nous suivons un plan politiquement risqué mais juste», a déclaré M. Erdogan
  • La livre turque a perdu plus de 40% de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année, renchérissant les importations, dont la Turquie est très dépendante, notamment pour l'énergie et les matières premières

ANKARA: La Turquie est sur un chemin « risqué mais juste » pour l'économie, a affirmé mercredi le président turc Recep Tayyip Erdogan, défendant sa position controversée d'abaisser les taux directeurs malgré la dégringolade de la livre turque et l'inflation galopante. 

« Ce que nous faisons est juste. Nous avons suivi et nous suivons un plan politiquement risqué mais juste », a déclaré M. Erdogan devant les députés de son parti au Parlement.  

La banque centrale turque avait annoncé peu avant intervenir pour stopper la chute de la livre turque, qui a perdu près de 30% de sa valeur face au dollar en un mois. Mardi, la monnaie avait chuté de près de 6% face au billet vert. 

« Le monde entier sait que je suis contre les taux d'intérêt (élevés). Je n'ai jamais été pour. Je ne l'étais pas hier et je ne le serai pas demain », a dit le président turc, insistant sur le caractère définitif de sa décision d'abaisser les taux d'intérêts. 

À rebours des théories économiques classiques, le président Erdogan estime que les taux d'intérêts élevés favorisent l'inflation. Il affirme ainsi soutenir la production et les exportations en baissant les taux. 

Conformément au souhait du président, la banque centrale turque – officiellement indépendante – a ainsi abaissé de nouveau son taux directeur en novembre (de 16 à 15%) pour la troisième fois en moins de deux mois, alors que l'inflation frôle les 20% sur un an, un taux quatre fois supérieur à l'objectif initial du gouvernement. 

Croissance à tout prix 

A dix-huit mois de la prochaine élection présidentielle prévue, le président Erdogan semble privilégier la croissance à tout prix, au risque de réduire encore le pouvoir d'achat de ménages déjà sonnés par la hausse de certains produits de base. 

L'économie turque a enregistré une croissance de 7,4% sur un an au troisième trimestre de 2021, selon les chiffres officiels publiés mardi. Selon la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), l'économie turque pourrait atteindre une croissance de 9% en 2021 et 3,5% en 2022. 

Mais des experts s'inquiètent des conséquences de cette course à la croissance sur la valeur de la livre turque, et mettent en garde contre la fonte des réserves de devises du pays. 

Lors d'une précédente crise en 2018, la banque centrale turque avait, selon l'opposition, pioché 128 milliards de dollars dans ses réserves pour soutenir la livre. Si le montant des réserves utilisées par la banque centrale mercredi reste inconnu, des observateurs s'interrogent sur les risques de l'opération. 

Dans une note envoyée avant l'intervention de la banque centrale mercredi matin, l'économiste Timothy Ash avait mentionné son inquiétude quant à une éventuelle décision de contrôle des capitaux. 

« Si les gens pensent qu'un contrôle des capitaux pourrait s'imposer, la prochaine étape sera une ruée bancaire. Nous n'en sommes pas là, mais au moindre signal d'un contrôle des capitaux, ce risque sera accru », a-t-il ajouté. 

20% d'inflation 

La livre turque a perdu plus de 40% de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année, renchérissant les importations, dont la Turquie est très dépendante, notamment pour l'énergie et les matières premières. 

Le taux d'inflation pour novembre, qui sera rendu public vendredi, pourrait ainsi être supérieur à 20%, selon certains experts, fragilisant le quotidien de nombreux Turcs. Parmi les parmi de l'OCDE, seule l'Argentine connaît une inflation plus élevée. 

Le chef de l'Etat turc a cependant minimisé les conséquences de sa politique, les jugeant temporaires. 

« Le taux de change peut être à la hausse aujourd'hui mais en baisse demain. L'inflation peut monter aujourd'hui et chuter demain », a-t-il estimé. Il a cependant dit « surveiller attentivement » les fluctuations de la monnaie et la hausse des prix. « Nous savons ce que nous faisons. (...) C'est notre job », a-t-il affirmé. 


Liban: huit personnes, dont trois secouristes, tués dans des frappes israéliennes

Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
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  • Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités
  • La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés

BEYROUTH: Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire.

Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités.

La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés.

"Israël continue de violer les lois et conventions internationales qui protègent les civils" a dénoncé le président libanais, Joseph Aoun.

Les secouristes tués "participaient à une mission de secours et d'intervention d'urgence auprès des blessés d'une frappe aérienne israélienne visant un bâtiment (...) qui a également causé la mort de résidents civils", a-t-il détaillé.

Ailleurs, le ministère de la Santé a fait état d'une personne tuée et de 15 blessées, dont cinq enfants, dans une frappe israélienne sur Jwaya (sud).

Deux autres personnes ont été tuées et 13 blessées dans un bombardement israélien à Jibchit, toujours dans le sud, selon un premier bilan du ministère.

"Pas encore terminé" 

L'armée israélienne a de son côté annoncé avoir découvert et détruit deux tunnels du Hezbollah, d'une longueur totale de deux kilomètres, à la frontière des deux pays, utilisés selon elles par des unités d'élite du mouvement pro-iranien.

Celui-ci a rouvert un front contre Israël le 2 mars pour venger la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué dans l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël a riposté par des frappes meurtrières et déployé des troupes dans le sud du pays voisin.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril mais les deux belligérants ont poursuivi les combats en s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon une source militaire israélienne, l'installation souterraine détruite près de la frontière avait été "conçue, soutenue et financée par l'Iran" pour "lancer des raids contre les communautés israéliennes".

"Nous détruisons leur infrastructure terroriste, nous tuons plusieurs dizaines de leurs terroristes — et n'avons pas encore terminé", a commenté le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

L'explosion liée à la destruction du tunnel a creusé un "grand cratère" dans la ville de Qantara, selon les médias d'Etat libanais.

Au-delà de la "ligne jaune" 

L'armée israélienne avait ordonné plus tôt dans la journée l'évacuation "immédiate" de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Peu après, l'agence de presse libanaise Ani a fait état de frappes aériennes sur ces zones.

Les villages concernés se trouvent au-delà de la zone de dix kilomètres de profondeur, délimitée par une "ligne jaune", que l'armée israélienne a établie il y a dix jours.

"Israël n'a aucune visée territoriale sur le Liban. Notre présence dans les zones situées le long de notre frontière nord n'a qu'un seul objectif: protéger nos citoyens", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques".

A trois reprises mardi, l'armée a déclaré avoir tenté d'intercepter "une cible aérienne suspecte" dans la zone où opéraient ses troupes, sans donner de précisions.

Elle a aussi affirmé que le Hezbollah avait lancé des drones "qui ont explosé à proximité de soldats", sans faire de blessés.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre a été grièvement blessé lundi par des drones, selon l'armée.

Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 2.500 personnes ont été tuées et quelque 7.800 blessées au Liban dans la campagne militaire israélienne, selon le ministère libanais de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués sur la période, d'après les autorités.


Reprise de la vie nocturne au Caire avec la fin des économies d'électricité

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans
  • "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

LE CAIRE: La célèbre vie nocturne du Caire a repris des couleurs mardi soir, avec la fin des mesures d'économie d'énergie qui avaient mis en pause l'habituelle frénésie de la mégalopole et forcé magasins, cafés et restaurants à fermer bien plus tôt, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

La guerre, accompagnée d'une flambée des prix de l'énergie, avait contraint la capitale égyptienne à réduire durant un mois sa consommation d'électricité.

Les fermetures fixées à 21h00 locales, puis repoussées à 23h00, avaient vidé les rues et créé un immense sentiment de frustration chez les commerçants et leurs clients.

Mais le gouvernement a levé les restrictions et les établissements peuvent de nouveau fermer leurs portes à 01h00 du matin. Quant aux magasins et centres commerciaux, ils sont désormais autorisés à rester ouverts jusqu'à 23h00 et minuit le week-end.

A Heliopolis, quartier chic de l'est, les familles ont envahi les rues avec leurs enfants, tandis que des groupes d'amis fumaient le narguilé.

"Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans. "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

Pour s'assurer du respect des mesures d'économie d'énergie, des patrouilles de police menaçaient les noctambules récalcitrants d'amendes de 50.000 livres égyptiennes (environ 800 euros), voire de peines d'emprisonnement en cas de récidive.

Pour Wafaa Ahmed, 58 ans, propriétaire d'une boutique qui a vu son chiffre d'affaires chuter de 80%, l'assouplissement arrive à point nommé, "surtout à l'approche de la saison estivale".

"Personne ne fait ses courses le matin en été. Maintenant, les clients ont le temps", explique-t-elle, contente de la fin d'un "véritable désastre" pour les commerçants.

La ville de plus de 20 millions d'habitants est réputée pour son niveau sonore nocturne, alimenté par la circulation automobile, des marchés bondés ou encore des bateaux de fêtards illuminant le Nil.

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient.

Selon le Premier ministre Moustafa Madbouly, la facture mensuelle d'importation d'énergie a plus que doublé entre janvier et mars, pour atteindre 2,5 milliards de dollars (2,1 millions d'euros). La livre égyptienne a perdu autour de 15% de sa valeur et l'inflation a atteint 13,6% en mars.

M. Madbouly a appelé à la mise en place de mesures incitatives pour accélérer la transition vers l'énergie solaire, tandis que le gouvernement a diffusé des campagnes télévisées appelant les consommateurs à réduire leur consommation d'électricité.

 


L'armée israélienne ordonne l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban

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  • Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté
  • Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens

JERUSALEM: L'armée israélienne a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban, une annonce précédant généralement des frappes dans ce secteur.

Ce nouvel ordre d'évacuation survient alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril entre le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah et Israël, après un mois et demi de guerre. Les deux belligérants s'accusent de le violer.

"Avertissement urgent aux résidents du Liban se trouvant dans les villages et localités suivants", a indiqué sur X le porte-parole en arabe de l'armée israélienne, Avichay Adraee, énumérant une liste de 17 villages.

Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté.

Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

Dans la bande de territoire située entre la frontière et cette ligne jaune, Israël affirme s'autoriser à effectuer des frappes contre le Hezbollah.

Depuis une semaine, l'armée israélienne affirme que le Hezbollah effectue régulièrement des tirs de drones explosifs vers ses positions.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre grièvement blessé mardi par ces engins volants meurtriers, selon des communiqués publiés par l'armée.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré lundi que les roquettes et les drones du Hezbollah demeuraient un défi majeur, ajoutant qu'Israël poursuivrait ses frappes.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars en tirant des roquettes en direction d'Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.