A New York, la chute de la dynastie Cuomo

Andrew Cuomo, ex-gouverneur de l'Etat de New York (Photo, AFP).
Andrew Cuomo, ex-gouverneur de l'Etat de New York (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 02 décembre 2021

A New York, la chute de la dynastie Cuomo

  • C'est une dynastie politique comme l'Amérique en a le secret : la famille Cuomo, descendante d'immigrés italiens, est dans la tourmente
  • Andrew Cuomo, ex-gouverneur de l'Etat de New York, est confronté à des accusations d'agressions sexuelles par au moins 11 femmes

NEW YORK: C'est une dynastie politique comme l'Amérique en a le secret: la famille Cuomo, descendante d'immigrés italiens, est dans la tourmente après qu'Andrew, accusé d'agressions sexuelles, a démissionné de son poste de gouverneur de New York et que son frère Chris, journaliste vedette de CNN, a été écarté pour avoir conseillé son aîné.

La chute est vertigineuse depuis cet été pour les deux frères Cuomo.

Le cadet Chris, un journaliste de 51 ans, a été mis à l'écart mardi soir "pour une durée indéterminée" par la chaîne américaine d'information CNN.

Sur la foi d'une enquête de plusieurs mois de la procureure générale de l'Etat de New York Letitia James - elle-même candidate au poste de gouverneur de l'Etat - CNN reproche à Chris Cuomo d'avoir conseillé et "défendu" son frère aîné Andrew Cuomo, 64 ans en décembre, inculpé en octobre d'agression sexuelle contre une ancienne employée.

Agressions sexuelles

Confronté à des accusations d'agressions sexuelles par au moins 11 femmes, Andrew Cuomo, puissant gouverneur de l'Etat de New York pendant dix ans et qui avait pris une dimension politique nationale en 2020 grâce à sa gestion de la pandémie de Covid-19, a dû démissionner en août dernier.

La procureure James a rendu publiques lundi soir des milliers de pages de retranscriptions écrites et de vidéos d'auditions de nombre de protagonistes de son enquête contre Andrew Cuomo, parmi lesquels Chris Cuomo.

"Oui, c'est mon frère, je l'aime à mourir quoi qu'il arrive. Je n'en ai qu'un", avait répondu le journaliste aux enquêteurs qui l'interrogeaient en juillet sur la nature des conseils et de l'aide apportés à Andrew Cuomo dans la tourmente d'accusations d'agressions sexuelles. 

"Si je peux aider mon frère, je le ferai. S'il veut que j'entende quelque chose, je le ferai. S'il veut que je pèse sur quelque chose, j'essaierai de le faire", avait insisté Chris Cuomo.

C'est parce que ces documents judiciaires "révèlent un niveau d'implication pour aider son frère plus important que ce dont nous avions connaissance" que CNN a décidé mardi d'écarter son présentateur vedette, s'est justifié un porte-parole de la chaîne.

Pour comprendre la force des liens entre les deux frères, il faut se plonger dans la "saga familiale" des Cuomo depuis un siècle, symbole éclatant de l'immigration italienne aux Etats-Unis au début du 20e siècle, explique à l'AFP Michael Shnayerson, auteur de "The Contender", une biographie d'Andrew Cuomo.

Et remonter jusqu'au grand-père italien, Andrea Cuomo, parti de la région de Naples dans les années 1920 pour tenir avec sa femme Immacolata une épicerie dans le quartier du Queens à New York.

«Frapper»

Il parlait "à peine l'anglais et quand on lui demandait ce qui le motivait, il répondait +puncha puncha!+ ce qui signifiait ne pas cesser de frapper et ne jamais renoncer", raconte M. Shnayerson.

Leur fils Mario Cuomo, né en 1932 et éduqué à New York, gravit les échelons de la politique locale et du parti démocrate et sera élu à trois reprises gouverneur de l'Etat (1983-1994), marquant également de son empreinte la plus grande ville des Etats-Unis.

Pour leur biographe, Mario Cuomo était "un homme au charme immense mais qui fut avec ses fils aussi dur que son père l'avait été avec lui". 

Andrew et Chris Cuomo, 13 ans d'écart, grandissent dans un climat familial fait de "brutalité", de "rivalité" l'un contre l'autre, mais aussi avec un "lien fraternel indestructible", une "loyauté l'un envers l'autre et vis-à-vis du reste de la famille", poursuit M. Shnayerson.

Directeur de campagne de son père dans les années 1980, Andrew Cuomo entre aussi en politique au parti démocrate, puis au gouvernement de Bill Clinton dans les années 1990. Il devient procureur général de l'Etat de New York dans les années 2000, avant d'en être le gouverneur de 2011 à août dernier. 

Le clan Cuomo croise aussi pendant des décennies une dynastie politique d'envergure nationale, parfois rivale à New York: les Kennedy. L'une des filles d'Ethel et de Robert Kennedy, sénateur de New York assassiné en 1968, Kerry Kennedy, épouse Andrew Cuomo en 1990 jusqu'à leur divorce houleux en 2005.

"Dans cette grande saga familiale, Mario est resté le patriarche jusqu'à sa mort" en 2015, constate Michael Shnayerson. Mais après le décès de leur père, "Andrew et Chris ont peut-être manqué de la boussole morale pour les empêcher de dériver", conclut-il


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

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  • Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone
  • M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.