Peng Shuai: des stars du tennis saluent la WTA pour son retrait de Chine

Cette photo d'archive prise Photo de Peng Shuai lors d'un de ses matchs à l'Open de France de Roland Garros 2018 à Paris. ( AFP)
Cette photo d'archive prise Photo de Peng Shuai lors d'un de ses matchs à l'Open de France de Roland Garros 2018 à Paris. ( AFP)
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Publié le Jeudi 02 décembre 2021

Peng Shuai: des stars du tennis saluent la WTA pour son retrait de Chine

  • La WTA s'inquiète du sort de l'ancienne numéro une mondiale en double, âgée de 35 ans, depuis qu'elle a accusé début novembre un ancien dirigeant chinois, de 40 ans son aîné, de l'avoir contrainte à un rapport sexuel.
  • En Chine, la fédération nationale de tennis reste muette

WASHINGTON: L'association qui gère le circuit professionnel féminin de tennis (WTA), a annoncé mercredi qu'elle suspendait ses tournois en Chine, à la suite du scandale sexuel dénoncé par la championne Peng Shuai.

La WTA s'inquiète du sort de l'ancienne numéro une mondiale en double, âgée de 35 ans, depuis qu'elle a accusé début novembre un ancien dirigeant chinois, de 40 ans son aîné, de l'avoir contrainte à un rapport sexuel.  

Une décision lourde mais une décision saluée: des grands noms du tennis ont chaleureusement accueilli la décision de la WTA, qui gère le circuit féminin de tennis, de suspendre les tournois en Chine, en soutien à la joueuse Peng Shuai qui a accusé un ex-haut dirigeant chinois d'agression sexuelle.


En réponse, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin, a dénoncé jeudi "toute politisation du sport".


La WTA a pris cette initiative en raison, selon son président Steve Simon, des "doutes sérieux" quant à la liberté de mouvement de la joueuse de 35 ans, ex-lauréate de Wimbledon et Roland-Garros en double.


Dans un communiqué virulent, il a annoncé mercredi soir "la suspension immédiate de tous les tournois WTA en Chine, y compris Hong Kong".

 

Ce que l'on sait des accusations de la Chinoise Peng Shuai

Ces accusations prennent un relief particulier après le mouvement mondial #MeToo contre les violences faites aux femmes.

Voici ce que l'on sait:

L'accusation

Le 2 novembre, un long message publié sur le compte officiel Weibo de la joueuse (équivalent de Twitter en Chine) décrit une relation sentimentale sincère mais contrariée avec Zhang Gaoli, avant et après qu'il n'occupe de hautes fonctions au sommet du régime communiste. M. Zhang a été de 2013 à 2018 l'un des sept hommes politiques les plus puissants de Chine. 

Dans l'écrit attribué à Peng Shuai, la joueuse explique que Zhang Gaoli a repris contact avec elle en 2018 lorsqu'il a pris sa retraite. Un rapport sexuel contraint est évoqué, la joueuse ne l'ayant "accepté" qu'après s'être sentie "forcée" suite à l'insistance de son amant.

La championne évoque par ailleurs son mal-être face au triangle amoureux qu'elle formait avec l'ex-dirigeant et son épouse. Elle accuse également M. Zhang de l'avoir négligée. Zhang Gaoli, aujourd'hui septuagénaire, n'a pas réagi publiquement à ces déclarations. 

Il n'est pas clair si le message, dont l'AFP n'a vu que des captures d'écran, a été personnellement publié par Peng Shuai.En Chine, le nom Peng Shuai apparaît toujours dans les résultats de recherche sur internet, mais l'affaire ainsi que les recherches associant la joueuse et M. Zhang ne donnent aucun résultat.

La disparition

A la suite de la publication du message, Peng Shuai n'a plus donné de nouvelles pendant plus de deux semaines, suscitant l'inquiétude de stars du tennis mondial.

L'Américaine Serena Williams s'est dite "bouleversée et choquée". "Ça doit faire l'objet d'une enquête et nous ne devons pas rester silencieux", a écrit l'Américaine sur Twitter.

Mi-novembre, la WTA sort de son silence en réclamant au régime communiste une enquête sur les accusations de Peng Shuai.

En Chine, la fédération nationale de tennis reste muette. Interrogé, le ministère des Affaires étrangères refuse de commenter l'affaire au motif qu'elle ne relève pas d'une question diplomatique. L'ONU, puis plusieurs pays, n'en demandent pas moins à Pékin de faire la lumière sur la situation de Peng Shuai.

La "réapparition"

Les médias chinois à destination du public étranger multiplient ensuite les déclarations, photos et vidéos censées rassurer sur le sort de la joueuse. Le 17 novembre, la chaîne de télévision CGTN publie une capture d'écran d'un courriel en anglais attribué à Peng Shuai et qu'elle aurait envoyé à la WTA. Peng Shuai y affirme que le terme "d'agression sexuelle" utilisé par la WTA pour décrire l'affaire est incorrect et que "tout va bien" chez elle.

La WTA a ensuite déclaré douter que la championne soit vraiment l'autrice du courriel. Deux jours plus tard, un journaliste chinois diffuse sur Twitter, réseau social bloqué en Chine, des photos de la joueuse apparemment prises à son domicile, sans qu'il soit possible de déterminer quand elles ont été prises.

Puis des vidéos diffusées sur Twitter par le rédacteur en chef du quotidien nationaliste Global Times montrent Peng Shuai présente à un match de tennis entre adolescents, et dînant en ville avec des amis. Les conditions de tournage de ces vidéos ne sont pas connues.

Le CIO entre en scène

Le 21 novembre, le Comité international olympique (CIO) fait savoir que son président, Thomas Bach, a eu un entretien de 30 minutes en visioconférence avec Peng Shuai. 

Le CIO précise alors que la championne a dit être "saine et sauve" et souhaite que sa vie privée soit "respectée".

La WTA avait jugé "positif" de voir l'athlète mais estimait que "la vidéo seule n'est pas suffisante" pour montrer qu'elle est "libre de ses décisions et de ses actions".


Cette position ferme a été saluée par de nombreuses vedettes.


Pour Billie Jean King, douze tournois du Grand Chelem en simple à son palmarès, la WTA "est du bon côté de l'histoire". "Quel leader", a de son côté écrit sur Twitter la Française Alizée Cornet à l'adresse de Steve Simon. 


"Je soutiens complètement la position de la WTA parce qu'on n'a pas assez d'informations" sur Peng Shuai, a affirmé de son côté le N.1 mondial de tennis Novak Djokovic, tandis que Roger Federer et Rafael Nadal n'ont pas réagi à ce dernier développement.


Martina Navratilova, deuxième joueuse la plus titrée du tennis féminin, a salué jeudi la WTA pour sa "position courageuse" où "nous faisons passer les principes avant les dollars". 


Elle a également interpellé le Comité international olympique (CIO): "je peux à peine vous entendre!", a lancé l'ex-championne, accusant l'organisation d'être trop discrète depuis le début de l'affaire.


"Quelle autre organisation sportive, culturelle, politique et des droits de l'homme rejoindra et collaborera avec la WTA ? C'est une route difficile, mais c'est la bonne", a écrit l'Américaine Pam Shriver, victorieuse de 21 tournois du Grand Chelem en double, sur Twitter.

Risque financier

Le retrait décidé par la WTA pourrait coûter à terme des millions d'euros à l'organisation, car la Chine constitue l'un de ses plus gros marchés.


L'ex-N.1 mondial Andy Roddick a souligné le risque pris selon lui par Steve Simon: "Bien agir est bien plus facile quand ça ne coûte rien. Respect."


Le pays asiatique n'a toutefois pas accueilli de tournois WTA récemment en raison du Covid-19 et n'en aurait vraisemblablement pas organisé dans un proche avenir.


Lors de la saison 2019, la dernière à ne pas avoir été touchée par l'épidémie, dix tournois avaient été organisés en Chine, dont les Masters féminins de fin d'année qui, avec 14 millions de dollars, avaient été mieux dotés financièrement que leurs équivalents masculins.


"J'espère que les dirigeants du monde vont continuer à se manifester pour que justice soit rendue à Peng et à toutes les femmes, quelles qu'en soient les conséquences financières", a souligné Steve Simon dans son communiqué.


Début novembre, dans un message publié sur le réseau social chinois Weibo, Peng Shuai s'était épanchée longuement sur sa relation avec l'ancien vice-Premier ministre chinois Zhang Gaoli, marié et de 40 ans son aîné.


Peng Shuai dit également avoir, il y a trois ans, après la retraite de Zhang Gaoli, "accepté" un nouveau rapport sexuel avec lui, mais avoir "pleuré" et s'être sentie "forcée" de le faire après l'insistance du dirigeant.


De nombreuses stars du tennis mondial, de Chris Evert à Naomi Osaka, plusieurs pays occidentaux comme la France et les Etats-Unis, mais aussi l'Union européenne et l'ONU, ont déjà demandé à Pékin de clarifier le sort de Peng Shuai.

Affaire censurée 

La jeune femme est réapparue le 21 novembre dans un restaurant de Pékin et lors d'un tournoi de tennis organisé dans la capitale chinoise, selon des vidéos publiées par des journalistes de médias officiels.


Elle a aussi déclaré lors d'une visioconférence avec le président du CIO, Thomas Bach, être "saine et sauve à son domicile à Pékin" mais qu'elle "aimerait que sa vie privée soit respectée".


"Rien de tout cela n'est acceptable et ne le sera jamais. Si les puissants peuvent supprimer les voix de femmes et balayer sous le tapis des accusations d'abus sexuels, alors les fondements sur lesquels reposent la WTA - égalité pour les femmes - seraient fortement ébranlés", a déclaré Steve Simon mercredi.


La décision de la WTA n'était pas rapportée jeudi par les médias chinois, contraints au silence depuis le début de l'affaire.


La nouvelle fait également l'objet d'une intense censure sur les réseaux sociaux. La grande majorité des Chinois n'ont ainsi pas connaissance de l'effervescence entourant Peng Shuai.


Certains internautes chinois, au courant de l'information, ont toutefois publié jeudi des commentaires sur le compte officiel Weibo de la WTA.


Certains affichaient leur "admiration" du président de la WTA qui, estiment-ils, a du "cran". Tandis que d'autres accusaient l'organisation d'être "anti-chinoise" et lui demandaient de "dégager de Chine et le plus loin possible".

La Chine s'oppose à toute "politisation" après le retrait de la WTA

Pékin a accusé jeudi l'instance qui gère le circuit féminin de tennis de "politisation du sport", après la décision de la WTA de suspendre les tournois en Chine en soutien à la joueuse de tennis Peng Shuai.

"Nous sommes fermement opposés à toute politisation du sport", a indiqué devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin.

Peng Shuai nouvel entretien vidéo avec le CIO qui défend son «approche humaine»

LAUSANNE: Le Comité international olympique a annoncé s'être de nouveau entretenu mercredi avec la joueuse de tennis chinoise Peng Shuai, et a répondu jeudi aux accusations de complaisance avec la Chine en défendant son "approche humaine" de la situation.

"Nous partageons la même inquiétude que nombre d'autres personnes et organisations au sujet du bien-être et de la sécurité de Peng Shuai", mais "nous avons opté pour une approche très humaine et centrée sur la personne", plaide dans un communiqué l'instance olympique, qui n'a pas rendu public d'enregistrement ou d'image de cet entretien.

Si le patron de l'olympisme Thomas Bach avait obtenu il y a dix jours le premier contact d'un interlocuteur étranger avec la joueuse, c'est "une équipe du CIO" qui a conduit cette deuxième visioconférence "d'une demi-heure", pendant laquelle la joueuse "a semblé être en sécurité et aller bien, compte tenu de la situation difficile où elle se trouve".

"Nous lui avons offert un soutien très large, nous resterons en contact régulier avec elle, et avons déjà fixé une rencontre personnelle en janvier" - envisagée lors du premier entretien avec Thomas Bach, précise l'organisation basée à Lausanne.

Comme dans ses précédents communiqués sur le sujet, le CIO n'a fait aucune allusion aux accusations d'agression sexuelle formulées début novembre par Peng Shuai contre un ex-haut dirigeant chinois, n'a pas réclamé d'éclaircissement sur ce point ni de garantie sur la pleine liberté de mouvement de la joueuse.

Cette discrétion, largement perçue comme une volonté de ménager l'hôte des prochains Jeux d'hiver de Pékin (4-20 février 2022), contraste avec les virulentes prises de position de nombreuses stars du tennis et la décision annoncée mercredi par la WTA, qui gère le circuit féminin de tennis, de suspendre ses tournois en Chine.

"Il existe différentes façons d'assurer son bien-être et sa sécurité. Nous avons adopté une approche très humaine et centrée sur la personne pour aborder sa situation", se justifie le CIO, se défendant par ailleurs de contact direct avec le pouvoir chinois: "comme il s'agit d'une triple participante aux Jeux, le CIO aborde ces préoccupations directement avec les organisations sportives chinoises".

"Nous avons recours à la +diplomatie discrète+ qui, compte tenu des circonstances et de l'expérience des gouvernements et d'autres organisations, est considérée comme le moyen le plus prometteur d'agir efficacement dans ce type d'affaires humanitaires", a plaidé l'organisation.


Pas de négociation directe entre l'Iran et les Etats-Unis à Doha, selon le Qatar

  • "M. Steve Witkoff et M. Jared Kushner sont ici à Doha pour rencontrer des médiateurs et des responsables qataris, et les discussions porteront sur l'ensemble des questions régionales (...) y compris, bien sûr, les négociations avec l'Iran, mais aussi le L
  • "Ils ne sont pas ici pour leurs négociations avec les Iraniens"

DOHA: Le Qatar, un des pays médiateurs dans le conflit Iran/Etats-Unis, a affirmé mardi qu'aucune discussion directe n'était prévue dans les jours à venir à Doha, où Washington a envoyé ses émissaires pour des réunions avec des médiateurs.

Les deux camps avaient annoncé l'envoi de responsables au Qatar pour avancer après la signature mi-juin d'un protocole d'accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris au Liban.

"M. Steve Witkoff et M. Jared Kushner sont ici à Doha pour rencontrer des médiateurs et des responsables qataris, et les discussions porteront sur l'ensemble des questions régionales (...) y compris, bien sûr, les négociations avec l'Iran, mais aussi le Liban", a déclaré Majed Al Ansari, porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Ils ne sont pas ici pour leurs négociations avec les Iraniens", a-t-il précisé. Par ailleurs, selon lui, "aucune rencontre directe n'est programmée entre les deux parties dans les prochains jours" ni aucune "réunion de haut niveau".

Côté iranien, une "délégation technique effectue des allers-retours à Doha en fonction de l'avancée des négociations. Il n'y a actuellement aucune délégation de haut niveau sur place", a ajouté le porte-parole.

Les discussions techniques portent sur des points du dossier nucléaire, des questions économiques, de performance de l'Etat ou sur la sécurité, a énuméré Majed Al Ansari.

Le Qatar a d'abord refusé de prendre le rôle de médiateur, après avoir été la cible de tirs iraniens en représailles aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran. Mais depuis plusieurs semaines, il joue un rôle plus actif dans les négociations auprès du Pakistan, autre pays médiateur.


Hostilités en pause entre Téhéran et Washington, réunions annoncées au Qatar

Un avion de chasse F-16 de l’US Air Force patrouille dans le ciel au-dessus du Moyen-Orient. (Central Command)
Un avion de chasse F-16 de l’US Air Force patrouille dans le ciel au-dessus du Moyen-Orient. (Central Command)
  • L’Iran et les États-Unis prévoient des échanges au Qatar, mais Téhéran exclut toute négociation directe
  • Tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz après des attaques et un ralentissement du trafic maritime

WASHINGTON: L'Iran et les Etats-Unis ont annoncé lundi des réunions cette semaine au Qatar après leurs attaques des derniers jours, mais Téhéran évoque des rencontres techniques sans négociations directes avec le camp adverse quand Washington parle de "réunions de haut niveau".

Les deux camps ont décidé, selon un responsable américain, de cesser leurs attaques, menées en dépit de la signature d'un protocole d'accord à la mi-juin pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient.

Et le président américain a écrit sur son réseau Truth Social: "L'IRAN A DEMANDE UNE REUNION. ELLE AURA LIEU DEMAIN (mardi) A DOHA !".

Peu après, la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a annoncé sur Fox News que les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner se rendraient sur place "cette semaine pour participer à des réunions de haut niveau".

D'après CNN, qui cite deux responsables américains, Steve Witkoff est déjà en route pour Doha.

Un diplomate au fait des pourparlers a confirmé à l'AFP une rencontre "ces prochains jours des équipes techniques", ajoutant que "les canaux de communication pour désamorcer les incidents étaient opérationnels".

- Tensions autour d'Ormuz -

Après avoir d'abord démenti toute réunion, la diplomatie iranienne a confirmé lundi l'envoi d'une "délégation d'experts" cette semaine à Doha. Mais "dans les prochains jours, nous ne négocierons pas avec la partie américaine, à aucun niveau", a insisté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.

Les tensions se cristallisent autour de la gestion du stratégique détroit d'Ormuz, où le trafic a ralenti ce week-end après deux attaques de navires.

Au total, 29 bateaux transportant des matières premières ont franchi le détroit samedi et 12 dimanche, selon les données de la société de suivi maritime Kpler, un chiffre en net recul par rapport aux jours précédents.

L'Iran répète depuis des semaines en dépit de l'opposition des Etats-Unis qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage était gratuit. Et il a menacé les navires tentés de contourner l'itinéraire autorisé.

Accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires la semaine dernière, les Etats-Unis ont bombardé le pays en retour, et l'Iran a ciblé ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn.

De quoi fragiliser le protocole d'accord signé le 17 juin entre Téhéran et Washington.

- Frais de service -

L'Iran et Oman revendiquent leur souveraineté sur le transit dans le détroit et envisagent donc des frais de service. Pourtant la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, non ratifiée par Téhéran, garantit la liberté de navigation "sans entrave" des navires dans les détroits servant à la navigation internationale.

Verrouillé par la République islamique pendant la guerre lancée le 28 février par Israël et les Etats-Unis, cette voie maritime cruciale pour le commerce mondial d'hydrocarbures a rouvert peu après la signature du protocole d'accord.

Téhéran n'autorise cependant qu'un seul couloir de passage, le long de ses côtes.

Oman entretient de son côté le flou et a annoncé l'ouverture d'une voie de navigation alternative temporaire, présentée comme une initiative concertée avec l'ONU pour évacuer les marins et navires bloqués.

Le sultan d'Oman, Haïtham ben Tariq, et le président français Emmanuel Macron ont plaidé lundi pour une "navigation libre, sans conditions ni restrictions" et convenu d'y mener des "opérations de déminage conjointes". Ce à quoi la diplomatie iranienne a répondu en sommant la France de ne pas "compliquer davantage" la situation.

- "Détermination" -

Au Liban, que Téhéran avait exigé d'inclure dans les pourparlers avec les Etats-Unis, Israël a poursuivi ses frappes ce week-end, malgré la signature vendredi à Washington d'un accord-cadre pour une "paix durable".

Selon un média d'Etat libanais, une frappe israélienne a encore eu lieu lundi dans le sud du pays.

L'accord-cadre prévoit notamment qu'Israël continue à occuper le sud du Liban, comme depuis le début de cette nouvelle guerre contre le Hezbollah, jusqu'à ce que le mouvement chiite soutenu par l'Iran rende les armes.

Une exigence de longue date, que le gouvernement libanais peine à mettre en oeuvre malgré la pression des Etats-Unis.

Lundi, le président libanais Joseph Aoun a justement affiché sa "détermination" à asseoir l'autorité de l'Etat en déployant son armée jusqu'à la frontière avec Israël, dans une zone où le Hezbollah est implanté.

Le Liban a été entraîné dans le conflit le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le nord d'Israël en soutien à son parrain iranien, visé par l'offensive américano-israélienne. Israël a riposté en jurant d'"éliminer" le mouvement, et déployé ses troupes dans le sud. Ses frappes ont depuis fait plus de 4.200 morts, selon Beyrouth.


Les Etats-Unis et l'Iran cessent les hostilités «pour le moment»

Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain. (AFP)
  • Les deux camps s'accusaient mutuellement de violations du cessez-le-feu ces derniers jours, dans un regain de tensions après la signature le 17 juin de leur protocole d'accord
  • Le responsable américain n'a cependant pas confirmé des informations de médias américains faisant état d'une rencontre entre Iraniens et Américains mardi au Qatar, avec Ormuz au programme

WASHINGTON: Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain.

"Il est prévu que les discussions techniques continuent sur tous les points du protocole d'accord. Les deux parties vont cesser (leurs attaques) pour le moment et les navires peuvent circuler librement" dans le détroit d'Ormuz et autour, a expliqué dans un mail transmis à l'AFP ce responsable.

Les deux camps s'accusaient mutuellement de violations du cessez-le-feu ces derniers jours, dans un regain de tensions après la signature le 17 juin de leur protocole d'accord.

Le responsable américain n'a cependant pas confirmé des informations de médias américains faisant état d'une rencontre entre Iraniens et Américains mardi au Qatar, avec Ormuz au programme.

Verrouillé par la République islamique pendant la guerre lancée le 28 février par Israël et les Etats-Unis, ce qui a déstabilisé le commerce mondial d'hydrocarbures et fait flamber les cours du pétrole, le détroit a rouvert la semaine dernière.

Téhéran n'autorise cependant qu'un seul couloir de passage, le long de ses côtes, et menace de s'en prendre à tout navire contrevenant. "Aucune autre institution ni aucun autre pays" que l'Iran n'est "responsable" de la gestion du détroit, a martelé dimanche le chef de la diplomatie Abbas Araghchi.

"Toute ingérence" dans la gestion du détroit conduira "à des retards dans (sa) réouverture et augmentera les tensions", a-t-il lancé.

Possible rencontre au Qatar 

L'Iran a vu d'un mauvais oeil l'annonce par Oman de l'ouverture d'une voie de navigation alternative temporaire, présentée comme une initiative concertée avec l'ONU pour évacuer les marins et navires bloqués. Des dizaines de bateaux l'ont empruntée cette semaine.

Et depuis jeudi, deux navires ont été touchés par des projectiles d'origine inconnue - des attaques attribuées à Téhéran par l'armée américaine qui a riposté deux jours de suite en bombardant l'Iran.

Téhéran a de son côté répliqué en tirant missiles et drones vers ses voisins du Golfe, notamment le Koweït et Bahreïn.

Citant deux responsables américains et une troisième source ayant connaissance du dossier, le média Axios a affirmé que des discussions devaient avoir lieu mardi au Qatar pour résoudre les différends concernant Ormuz, voie par laquelle transite habituellement quelque 20% des hydrocarbures mondiaux.

Si l'Iran et Oman revendiquent leur souveraineté sur Ormuz, la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), adoptée en 1982, garantit un droit de "passage en transit" dans les détroits qui servent à la navigation internationale, comme celui d'Ormuz, incontournable pour relier le Golfe au reste du monde.

Le texte, non ratifié par Téhéran, dispose que "tous les navires et aéronefs" dont le but est le transit "continu et rapide" du détroit jouissent d'une liberté de navigation "sans entrave".

Frappes israéliennes au Liban 

Au Liban, que Téhéran avait exigé d'inclure dans le protocole d'accord avec les Etats-Unis, Israël a poursuivi ses frappes dimanche. Et ce malgré, aussi, la signature vendredi à Washington d'un accord-cadre en vue d'une "paix durable".

Dans un communiqué conjoint, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense israéliens Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit un long et profond tunnel du Hezbollah dans le sud du Liban.

L'Agence libanaise d'information ANI (officielle) a rapporté des bombardements, le ministère de la Santé faisant état de deux blessés après le lancement d'une grenade par "l'ennemi israélien" sur une localité du sud du pays.

Le chef du Parlement libanais allié au Hezbollah pro-Iran, Nabih Berri, a affirmé dimanche que l'accord avec Israël "ne sera pas adopté" en l'état.

Le mouvement chiite, qui rejette lui aussi cet accord, a dit se réserver le droit de "défendre sa patrie" après les dernières attaques israéliennes.

L'accord conditionne le retrait d'Israël du Liban - dont les troupes occupent un secteur dans le sud - au désarmement du Hezbollah. Une exigence de longue date que Beyrouth peine à mettre en oeuvre.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran.