La Tunisie, malade de son administration publique, est obligée de se soigner

Si la Tunisie ne met pas en œuvre des réformes, les bailleurs de fonds multilatéraux, FMI en tête, n’accorderont pas au pays les financements dont il a tant besoin. FETHI BELAID / AFP
Si la Tunisie ne met pas en œuvre des réformes, les bailleurs de fonds multilatéraux, FMI en tête, n’accorderont pas au pays les financements dont il a tant besoin. FETHI BELAID / AFP
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Publié le Jeudi 02 décembre 2021

La Tunisie, malade de son administration publique, est obligée de se soigner

  • Certains Tunisiens accusent notamment l’administration d’avoir saboté la digitalisation de ses services
  • Si la Tunisie ne met pas en œuvre des réformes, les bailleurs de fonds multilatéraux, FMI en tête, n’accorderont pas au pays les financements dont il a tant besoin

TUNIS: Le nouveau gouvernement va devoir réformer une administration peu efficace et de plus en plus coûteuse. Sinon, les bailleurs de fonds multilatéraux n’accorderont pas à la Tunisie les financements dont elle a besoin d’urgence afin de sortir de l’une des plus graves crises financières de son histoire.

«Le ratio masse salariale de la fonction publique/PIB est l'un des plus élevés au monde»: ce cri d’alarme a été lancé par Mme Christine Lagarde, alors directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), lors de la visite en Tunisie qu’elle a effectuée au mois de septembre 2015. Six ans plus tard, les choses ont empiré: la masse salariale est passée de 14,3 à 19 milliards de dinars tunisiens (1 dinar tunisien = 3,25 euros). En outre, cette administration publique est loin de rendre au pays les services dont il a besoin.

Saluée par une partie des Tunisiens pour avoir su maintenir opérationnels les services essentiels dans les moments difficiles, au lendemain du 14 janvier 2020 par exemple, cette administration est accusée par une autre frange de la population d’être le principal frein aux progrès du pays, plus particulièrement à l’investissement, donc à la création de richesse. Sur ce sujet, les études et les enquêtes se suivent et leurs conclusions, qui ne varient pas d’un iota, tendent à accréditer cette seconde thèse.

Au mois de mai 2016, une enquête du ministère de la Fonction publique avait révélé que l’absentéisme dans l’administration faisait perdre tous les ans au pays 2,7 millions de jours de travail.

À l’occasion de sa 5e édition, Miqyes, le baromètre de la santé des PME, centré sur les PME à capital étranger, propose une enquête réalisée par la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) et le Pnud Tunisie (Programme des nations unies pour le développement de la Tunisie, NDLR). Ce sondage indique, comme les quatre précédents, que l’administration fiscale est considérée par les dirigeants de PME comme le principal blocage administratif (19,7%). Elle arrive notamment avant les douanes (16,5%), la Caisse nationale de sécurité sociale (11,4%), la Banque centrale de Tunisie (4,4%). Elle constitue en outre un problème transversal: les autorisations, en particulier, représentent un véritable casse-tête.

En Tunisie, l’administration freine des quatre fers toute volonté de changement.

Les fonctionnaires sont même décrits comme des fainéants. Au mois de mai 2016, une enquête du ministère de la Fonction publique, de la Gouvernance et de la Lutte contre la corruption, alors dirigé par l’ingénieur Kamel Ayadi – ancien président de la Fédération mondiale des organisations d’ingénieurs (FMOI) – avait révélé que l’absentéisme dans l’administration faisait perdre tous les ans au pays 2,7 millions de jours de travail.

Pire encore, l’administration freine des quatre fers toute volonté de changement. Certains l’accusent, par exemple, d’avoir saboté la digitalisation de ses services, dont on parle depuis près de vingt ans.

Khaled Kaddour réfute cette thèse. Cet ancien directeur général des réformes et prospectives auprès du Premier ministre, chargé de la fonction publique et du développement administratif, au début des années 2000, puis ministre de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables de septembre 2017 à août 2018, tient ces propos pour «des idées reçues».

Selon lui, «l’administration applique la stratégie de l’État, mais, s’il n y a pas de vision claire qui prenne en considération les moyens disponibles, aucune réforme ne peut réussir». M. Kaddour concède toutefois que «la digitalisation de tous les services est devenue une nécessité en cette période de pandémie et qu’il est indispensable d’accélérer la transition digitale; elle aura d’ailleurs un impact positif sur le développement du pays».

Sur ce sujet, Kamel Ayadi ne lave pas l’administration de tout soupçon. Il est cependant moins question, selon lui, de sabotage que d’une «inertie et un déficit de leadership au niveau de la conduite du changement». «S’il y a eu des avancées, elles restent, néanmoins, très en deçà des besoins réels du pays et du potentiel humain dont dispose la Tunisie pour mener un tel projet à terme», estime-t-il.

L’ancien ministre comprend pourquoi l’administration, qui «possède à son actif des réussites depuis l’indépendance», a mal tourné. Alors qu’elle a en principe pour mission, et pas seulement dans le pays du Jasmin, de mettre en œuvre les politiques et les services publics, elle a été utilisée en Tunisie par les gouvernements successifs, surtout après le 14 janvier 2011, comme un pis-aller pour faire face aux problèmes économiques et sociaux dont l’acuité n’a fait que croître au cours des dix dernières années.

Pour calmer la colère populaire, ces gouvernements ont multiplié les recrutements «afin de satisfaire des besoins qui ne sont pas ceux de l’administration, mais ceux de la société». De ce fait, «son profil a changé et sa rentabilité a baissé».

Toutefois, Kaddour et Ayadi ne divergent pas sur le remède.

À la différence des gouvernements qui l’ont précédé depuis le 14 janvier 2011 celui que dirige Najla Bouden depuis le 12 octobre 2021 n’aura pas cette possibilité de reporter cette nécessaire réforme.

Selon le premier, l’administration, qui «aura toujours un rôle important pour le développement du pays», doit «se transformer et se conformer aux normes et aux standards internationaux» afin de devenir «un levier de compétitivité et d’attractivité internationale».

Le second, lui, constate que, s’il «y a eu des tentatives de changement, elles n’ont pas été menées à terme, faute de volonté politique». Il faut rappeler que la tentative de réforme de l’administration entreprise par Kamel Ayadi a été mal acceptée par les fonctionnaires et qu’il a été limogé au bout de neuf mois seulement. Il n’en demeure pas moins «persuadé que, en dépit de sa complexité, un tel projet n’est pas impossible à concrétiser». «Il suffit de disposer d’un leadership fort, d’une vision claire et de beaucoup de persévérance», préconise-t-il.

À la différence des gouvernements qui l’ont précédé depuis le 14 janvier 2011, qui n’ont eu de cesse de reporter cette réforme, et bien d’autres tout aussi difficiles, celui que dirige Najla Bouden depuis le 12 octobre 2021 n’aura pas cette possibilité. En effet, si la Tunisie ne met pas en œuvre ces réformes, les bailleurs de fonds multilatéraux, FMI en tête, n’accorderont pas au pays les financements dont il a tant besoin s’il veut sortir de l’une des plus graves crises financières et relancer son économie. Cela concerne en particulier son administration, qui devient de plus en plus coûteuse.

Toutefois, une question se pose: un gouvernement dont l’écrasante majorité des portefeuilles économiques est détenue par des ministres issus de la fonction publique peut-il avoir le courage d’engager une réforme aussi délicate?


Liban: Israël veut s'emparer d'une zone du sud, trois morts près de Beyrouth

Des poupées gisent sur un lit jonché de petits débris sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un appartement à Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, le 24 mars 2026. (AFP)
Des poupées gisent sur un lit jonché de petits débris sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un appartement à Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • "Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée"
  • Mardi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani

BEYROUTH: Israël a annoncé mardi qu'il allait s'emparer d'une large zone du sud du Liban pour assurer sa sécurité, alors qu'il poursuit ses frappes sur le reste du territoire libanais, faisant trois morts près de Beyrouth et cinq autres dans le sud.

Après avoir envahi le Liban en 1982, Israël avait maintenu une zone tampon de 10 à 20 kilomètres de profondeur, jusqu'à son retrait total en 2000, sous les coups de boutoir du Hezbollah pro-iranien.

Mardi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière.

"Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée", a-t-il prévenu.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale, Israël mène des frappes massives à travers le pays, qui ont fait plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés.

"La bataille contre le Hezbollah (...) ne fait que commencer", a averti lundi la porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Ella Waweya.

Mardi à l'aube, des frappes israéliennes ont tué cinq personnes dans le sud du pays et trois autres dans une zone résidentielle proche de Beyrouth, après des raids sur la banlieue sud de la capitale, bastion du Hezbollah.

"Qu'est-ce que j'ai fait?" 

"Ma maison a été entièrement détruite. Il ne reste plus rien, tout a brûlé", dit à l'AFP Abbas Qassem, 55 ans, dont l'appartement voisin du sien a été visé par la frappe à Bchamoun, au sud-est de Beyrouth.

"Qu'est-ce que j'ai fait pour que ma maison soit détruite? Je suis une personne normale", ajoute-t-il en pleurant, comme sa femme, découvrant l'appartement dévasté.

La frappe a notamment tué une fillette de quatre ans et fait quatre blessés, selon le ministère de la Santé.

Bchamoun n'est pas un bastion du Hezbollah, dont l'armée israélienne dit viser les combattants.

Un journaliste de l'AFP a vu des traces de sang et des restes d'un projectile dans l'appartement visé.

Lundi après-midi, une frappe ciblée avait visé un immeuble de la ville d'Hazmieh, dans une zone résidentielle surplombant Beyrouth, proche du palais présidentiel et abritant de nombreuses ambassades, faisant un mort.

Un porte-parole de l'armée israélienne a affirmé qu'un "terroriste de la force al-Qods", la branche des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, était visé.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré que des membres des Gardiens de la Révolution iraniens, se trouvant au Liban, dirigeaient les opérations du Hezbollah.

L'accréditation de l'ambassadeur d'Iran a été retirée, Beyrouth lui donnant jusqu'à dimanche pour quitter le pays.

Incursion 

Dans la nuit, une série de frappes a visé des quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

A Haret Hreik, l'un des quartiers de la banlieue sud désertée par une majorité d'habitants, un photographe de l'AFP a vu des immeubles effondrés et des rues jonchées de débris.

L'Ani a aussi rapporté des frappes sur plusieurs régions de l'est et du sud, où des stations essence de la société al-Amana, qui selon Israël finance le Hezbollah, ont été visées.

Dans le sud, l'armée israélienne a visé la région de la ville côtière de Tyr, faisant cinq morts selon le ministère de la Santé.

Dans le même temps, elle a à nouveau frappé un pont sur le Litani, visé la veille, dans le cadre de son opération de destruction de plusieurs ponts sur ce fleuve reliant une partie du sud au reste du pays.

Le Hezbollah a pour sa part annoncé s'opposer à la progression des forces israéliennes dans des localités frontalières, revendiquant notamment des attaques contre des soldats dans le village de al-Qaouzah ainsi que sur le nord d'Israël.

Selon l'Ani, une unité israélienne a effectué une incursion dans le village frontalier de Halta, où les soldats "ont effectué des perquisitions dans plusieurs maisons et ouvert le feu sur les habitants", tuant l'un d'entre eux et en blessant un autre.

 


Le Liban décide d'expulser l'ambassadeur d'Iran, lui donne jusqu'à dimanche pour partir

Ci-dessus, Mohammad Reza Sheibani, nommé ambassadeur d’Iran au Liban, sur cette photo du 14 juin 2013. (AFP)
Ci-dessus, Mohammad Reza Sheibani, nommé ambassadeur d’Iran au Liban, sur cette photo du 14 juin 2013. (AFP)
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  • Le Liban a déclaré persona non grata l’ambassadeur d’Iran à Beyrouth et lui a donné jusqu’à dimanche pour quitter le pays
  • Cette décision intervient sur fond de tensions, Beyrouth accusant les Gardiens de la Révolution iraniens de diriger les opérations du Hezbollah depuis le Liban

BEYROUTH: Le Liban a retiré l'accréditation de l'ambassadeur d'Iran, récemment nommé à Beyrouth, et lui a donné jusqu'à dimanche pour quitter le pays, a annoncé mardi le ministère libanais des Affaires étrangères.

Cette mesure intervient après que Beyrouth a accusé les Gardiens de la Révolution iraniens de diriger les opérations du Hezbollah contre Israël depuis le Liban et annoncé interdire leurs actions sur le territoire libanais.

Le ministère a précisé avoir convoqué le chargé d'affaires iranien et l'avoir informé de la décision des autorités de "considérer persona non grata" l'ambassadeur Mohammad Reza Raeuf Sheibani, nommé en février à ce poste.


Trump évoque des "négociations" avec l'Iran, Téhéran nie et vise de nouveau Israël

Des traînées de roquettes sont visibles dans le ciel au-dessus de la ville côtière israélienne de Netanya, lors d’une nouvelle salve de missiles iraniens le 24 mars 2026. (AFP)
Des traînées de roquettes sont visibles dans le ciel au-dessus de la ville côtière israélienne de Netanya, lors d’une nouvelle salve de missiles iraniens le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Donald Trump annonce un revirement diplomatique avec des « négociations » avec l’Iran et un report de frappes, tandis que les tensions militaires restent vives avec des échanges de missiles et des frappes en Iran et en Israël
  • Au Liban, l’escalade se poursuit avec de nouvelles frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth et Bshamoun, faisant des morts et aggravant une crise humanitaire déjà lourde

TEHERAN: Dans un spectaculaire revirement, le président américain Donald Trump a évoqué des "négociations" avec un responsable iranien non-identifié et suspendu pour cinq jours des frappes qui devaient viser des infrastructures clés de la République islamique, laquelle a lancé de nouveau des missiles vers Israël mardi matin.

L'armée israélienne a dit tenter d'intercepter des projectiles iraniens puis dépêcher des soldats dans le sud du pays en raison du signalement d'impacts. Au fil de la nuit, les forces armées avaient déjà mis en garde contre des salves successives de missiles d'Iran.

La nuit a aussi donné lieu à des raids israéliens dans la banlieue sud de Beyrouth, considérée comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, mais aussi plus au sud, à Bshamoun, faisant deux morts selon le gouvernement libanais.

D'après le site d'informations Axios, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, se serait entretenu avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. Mais le responsable iranien a démenti, sur X, affirmant que "de fausses informations sont utilisées pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les Etats-Unis et Israël sont enlisés".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, lui, affirmé que Donald Trump estimait possible "de réaliser les objectifs de la guerre dans le cadre d'un accord qui préservera nos intérêts vitaux".

Côté iranien, le ministère des Affaires étrangères a nié lundi "toute négociation avec les Etats-Unis au cours des 24 derniers jours de cette guerre imposée". Il a toutefois reconnu avoir reçu via des "pays amis" des "messages transmettant une demande américaine de négociations" pour faire cesser le conflit.

Selon Axios et l'agence de presse Reuters, MM. Witkoff et Kushner, et possiblement le vice-président JD Vance, pourraient rencontrer une délégation iranienne dès cette semaine au Pakistan.

Interrogée à ce sujet par l'AFP, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, n'a pas démenti mais répondu que de telles "spéculations" ne devaient pas "être considérées comme avérées tant qu'elles n'ont pas été officiellement annoncées par la Maison Blanche".

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a, lui, promis à Téhéran l'aide d'Islamabad pour ramener la paix dans la région.

- Report de 5 jours -

Sur son réseau Truth Social, le président américain a annoncé un report "de cinq jours" des frappes qu'il menaçait de lancer sur des centrales électriques et autres infrastructures en Iran si la République islamique ne débloquait pas le détroit d'Ormuz, voie stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures.

Face à la presse, il a ajouté que Washington et Téhéran avaient trouvé des "points d'accord majeurs" lors de négociations menées avec un "haut dirigeant" qui n'est pas le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei.

Donald Trump a toutefois menacé de "continuer à bombarder allègrement" si les négociations échouaient.

Malgré ces déclarations, l'agence de presse iranienne Fars a signalé tôt mardi que des infrastructures énergétiques avaient été visées par des frappes israélo-américaines à Ispahan (centre) et Khorramshahr (sud-ouest).

La volte-face de M. Trump, peu avant l'ouverture de Wall Street lundi, avait débuté avec un premier message, où le président s'était félicité de "très bonnes et productives discussions pour une cessation totale" des hostilités.

En réaction, les cours du pétrole ont brutalement chuté de plus de 10% lundi - avant toutefois de rebondir mardi matin en Asie, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, repassant au-dessus des 100 dollars.

Les marchés asiatiques affichent de leur côté leur soulagement mardi matin, comme les Bourses européennes (hormis Londres) et Wall Street lundi.

- Frappes au Liban -

En réponse à l'ultimatum de M. Trump, l'Iran avait menacé de fermer complètement le détroit d'Ormuz et de cibler "toutes les infrastructures énergétiques, de technologie de l'information et de dessalement d'eau appartenant aux Etats-Unis", selon l'agence Fars citant l'armée iranienne.

De leur côté, les médias d'Etat iraniens ont publié lundi des listes de cibles potentielles au Moyen-Orient, dont les deux principales centrales électriques d'Israël, Orot Rabin et Rutenberg.

Au Liban, où la guerre a fait plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés, l'armée israélienne a repris ses frappes contre la banlieue sud de Beyrouth.

Sept raids aériens israéliens y ont eu lieu dans la nuit de lundi à mardi, selon l'agence Ani. Lundi soir, déjà, des images de l'AFPTV ont montré d'épais nuages de fumée s'élever au-dessus de cette zone qui n'avait pas été visée depuis vendredi.

Deux personnes ont par ailleurs été tuées et cinq autres blessées dans un raid d'Israël contre le village de Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, a annoncé mardi le ministère libanais de la Santé.

Du côté des pays du Golfe visés ces derniers jours par l'Iran, l'Arabie saoudite a détruit mardi au moins une vingtaine de drones, selon son gouvernement, quand l'armée du Koweït a dit agir contre des missiles et drones "hostiles".