A Chypre, une foule multiculturelle pour la grande messe du pape

Le pape François préside une grande messe multilingue à Nicosie (AFP PHOTO /PIO).
Le pape François préside une grande messe multilingue à Nicosie (AFP PHOTO /PIO).
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Publié le Vendredi 03 décembre 2021

A Chypre, une foule multiculturelle pour la grande messe du pape

  • Les cris enthousiastes de la foule annoncent l'arrivée du pape, qui s'avance sur l'allée blanche menant à l'estrade fleurie où l'attendent différents représentants religieux
  • Les quelque 7000 participants de cette messe à ciel ouvert, selon les estimations des organisateurs, sont représentatifs de la communauté catholique à Chypre

NICOSIE: Drapeaux chypriote, libanais, philippin, argentin: un éventail de couleurs était brandi par les milliers de fidèles rassemblés vendredi matin dans le stade municipal de Nicosie, à Chypre, pour une grande messe multilingue présidée par le pape François.

"Nous sommes si chanceux", s'écrie Jackylyn Fo Bulado, une Philippine de 31 ans, qui voit le pape en chair et en os pour la première fois. "Nous attendons un message simple d'amour et de paix", dit à l'AFP cette employée de maison, qui s'est assurée pour l'occasion un jour de congé. 

En attendant l'arrivée du souverain pontife, elle parcourt le livret contenant les textes et chants liturgiques qui doivent être récités en latin, italien, grec, anglais mais aussi tagalog, la langue philippine. 

Les cris enthousiastes de la foule annoncent l'arrivée du pape, qui s'avance sur l'allée blanche menant à l'estrade fleurie où l'attendent différents représentants religieux, dont le patriarche latin de Jérusalem, Pierbattista Pizzaballa.

Dialogue

"J'ai pris mes billets d'avion il y a 10 jours pour venir ici malgré les difficultés économiques de mon pays", raconte à l'AFP Janine Daou, une libanaise maronite, chapeau en paille décoré du cèdre du Liban. 

"Nous sommes venus avec un groupe de 20 personnes pour donner une lettre au pape" pour "aider le Liban" voisin, en pleine crise. Au cours de la messe, elle serre un chapelet multicolore et énonce des "Amen" à l'unisson avec la foule.

Les quelque 7 000 participants de cette messe à ciel ouvert, selon les estimations des organisateurs, sont représentatifs de la communauté catholique à Chypre.

Composée d'environ 25 000 membres latins et de quelque 7 000 maronites, présents sur l'île méditerranéenne depuis plusieurs siècles, elle compte aujourd'hui majoritairement des travailleurs immigrés asiatiques et des réfugiés africains.

Cette messe est aussi marquée par le dialogue avec la communauté orthodoxe, majoritaire sur l'île (80%) et séparée de l'église catholique depuis le schisme de 1054 entre Rome et Constantinople. 

Avant la cérémonie, le pape a été reçu par l'archevêque Chrysostome II, primat de l'église locale, et a rencontré les plus hautes autorités orthodoxes locales à la cathédrale de Nicosie.

"Je suis heureuse d'être venue, c'est l'Histoire qui est en train de se faire", souligne Yvoane Sofocleous, venue de Larnaca, dans le sud de l'île. Cette britannique mariée à un chypriote orthodoxe espère que la visite papale renforcera "l'unité de toutes les églises".

L'organisation de cet événement a nécessité un important dispositif de sécurité mais aussi sanitaire. Une armée de bénévoles s'emploie à hydrater les fidèles, tous masqués et doté d'un pass sanitaire. 

Lors du rite de la communion, les gradins s'agitent pour recevoir l'hostie. 

«Pour la paix»

Devant la foule, le pape a appelé à renouveler la "fraternité" face "à nos propres obscurités et aux défis auxquels nous sommes confrontés dans l'Eglise et dans la société".

"Si nous ne dialoguons pas nous ne pourrons pas guérir pleinement de nos aveuglements", a-t-il lancé en italien, en présence du président chypriote Nicos Anastasiades.

Tout un coin du stade était occupé par une centaine de membres de la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre, divisée depuis l'invasion turque de 1974.

"Nous sommes ici (à Chypre) pour préserver la paix sur l'île, avec un message de paix comme celui du pape", témoigne Marcelo Velazquez, béret bleu sur la tête, parmi la soixantaine de membres de l'unité argentine venue au stade.

Après plus d'une heure de chants et de prières, le pape s'en est allé sous les applaudissements des fidèles, dont plusieurs ont profité de l'occasion pour une ultime photo avec le souverain pontife.


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".