Le CSA met en demeure CNews pour avoir relégué la nuit LFI et le gouvernement

Manifestation de protestation envers les «fake news» que diffuserait la chaîne CNews, le 12 novembre à Bordeaux (Photo, AFP).
Manifestation de protestation envers les «fake news» que diffuserait la chaîne CNews, le 12 novembre à Bordeaux (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 03 décembre 2021

Le CSA met en demeure CNews pour avoir relégué la nuit LFI et le gouvernement

  • «Une proportion très significative des interventions de l’exécutif et de La France Insoumise a été diffusée dans des émissions programmées entre 0h00 et 5h59» relève le CSA
  • Estimant que CNews n'a pas respecté ses obligations, le CSA met par conséquent en demeure la chaîne de s'y conformer «d'ici au 31 décembre 2021 et à l'avenir»

PARIS: Le CSA a mis en demeure vendredi CNews de respecter ses obligations en matière de pluralisme, reprochant à la chaîne d'info contrôlée par Vincent Bolloré d'avoir largement relégué le gouvernement et la France Insoumise aux programmes de nuit, à des heures d'audience très faible.

Dans une décision publiée sur son site, le CSA a relevé qu'entre le 1er octobre et le 15 novembre, "une proportion très significative des interventions de l’exécutif et de La France Insoumise a été diffusée dans des émissions programmées entre 0h00 et 5h59".

Selon le décompte du CSA, "plus de 82% du volume total des interventions des membres de l’exécutif et plus de 53% du temps de parole des représentants de La France Insoumise" ont été diffusés sur cette tranche horaire.

"Il apparaît de surcroît que l’exécutif et la France Insoumise ont été les seules catégories d’intervenants à faire l’objet de conditions de programmation aussi massivement défavorables et se traduisant, entre 6h00 et 23h59, par une sous-représentation marquée avec des proportions respectives de 8,6% et 3,7% du temps total d’intervention sur cette tranche horaire", ajoute le garant du pluralisme des médias en France.

Le CSA indique avoir alerté le 3 novembre par courrier CNews, qui appartient à Canal+, détenu par Vivendi, sur "la nécessité d'assurer une exposition des formations politiques plus équilibrée au regard des horaires de diffusion". 

Le 23 novembre, le groupe Canal+ avait "contesté la position retenue par le Conseil et s'est abstenu d'annoncer des mesures susceptibles de résorber, même partiellement, les déséquilibres constatés".

Hors période électorale --ce qui est encore le cas actuellement jusqu'au 1er janvier-- la règle est de donner la parole un tiers du temps à l'exécutif (c'est-à-dire le président de la République, ses collaborateurs et les membres du gouvernement), rappelle le CSA.

Estimant que CNews n'a pas respecté ses obligations, le CSA met par conséquent en demeure la chaîne de s'y conformer "d'ici au 31 décembre 2021 et à l'avenir".

Interrogée par l'AFP, la direction de la communication de CNews a déclaré que "conformément à la loi, la chaîne CNews respectera les temps de parole au 31 décembre". 

Une mise en demeure constitue une sorte d'avertissement et expose CNews, en cas de récidive, à une sanction qui peut aller d'une amende à une suspension de la diffusion d'un programme, en passant par une privation temporaire de publicité.

Le procédé de reléguer certains politiques à des heures tardives est assez classique et CNews n'est pas la seule chaîne d'info en continu à l'avoir fait. 

Fin 2020, LCI s'était vue reprocher de diffuser des interventions de l'écologiste Yannick Jadot à des heures tardives.

Ce n'est pas la première fois que CNews a maille à partir avec le CSA.  

En septembre dernier, la chaîne avait dû priver sa vedette, Eric Zemmour, locomotive de ses audiences depuis 2019, de son émission "Face à l'info", contrainte par le CSA comme tous les médias audiovisuels de décompter le temps de parole du polémiste, qui est devenu depuis le 30 novembre candidat à la présidentielle. 

En juin dernier, le CSA avait par ailleurs déjà mis en demeure la chaîne, mais sur une autre affaire: il lui reprochait alors d'avoir trop donné la parole au candidat du RN pour les élections régionales en Ile-de-France, par rapport aux autres listes. 

Et en mars, le CSA avait infligé à CNews une amende de 200.000 euros pour "incitation à la haine" et "à la violence" après des propos d'Eric Zemmour, sur les migrants mineurs isolés.


Dans les vergers, des arbres fruitiers à l'épreuve de la sécheresse

Un homme irrigue des arbres fruitiers dans une plantation à Bonloc, dans le sud-ouest de la France, le 3 août 2022. (Iroz Gaizka / AFP)
Un homme irrigue des arbres fruitiers dans une plantation à Bonloc, dans le sud-ouest de la France, le 3 août 2022. (Iroz Gaizka / AFP)
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  • Les vergers de Guillaume Seguin, arboriculteur dans l'Aisne, souffrent du manque d'eau et de l'excès de chaleur, dans une année bouleversée par les calamités climatiques.
  • La déshydratation a bloqué la croissance de ses fruits

DAMPLEUX:Des pommes "de la taille d'une prune", des poires brunies par les coups de soleil: les vergers de Guillaume Seguin, arboriculteur dans l'Aisne, souffrent du manque d'eau et de l'excès de chaleur, dans une année bouleversée par les calamités climatiques.

Auparavant, ses arbres situés aux alentours du village de Dampleux, à une vingtaine de kilomètres de Soissons, souffraient de la sécheresse "une fois tous les dix ans". Mais sur la décennie écoulée, "c'est la cinquième fois que ce verger est en stress hydrique, avec une récolte de plus en plus aléatoire, et de petits fruits que je ne suis même pas sûr de récolter", constate-t-il.

L'agriculteur mesure le calibre d'une petite pomme vert clair: 52 millimètres au lieu de 70 à cette époque de l'année, "la taille d'une belle prune, mais certainement pas d'une pomme".

La déshydratation a bloqué la croissance de ses fruits, qui "n'ont pratiquement pas grossi depuis deux mois". Ils risquent de ne même pas être suffisamment charnus pour faire de la compote - ce qui permettrait de sauver une partie de la récolte, à un prix de vente moins élevé.

Cet arboriculteur "de père en fils, sur trois générations", n'a jamais vu aussi peu de pluie, environ 70 millimètres depuis le mois d'avril, trois fois moins que d'habitude dans l'Aisne.

Face à la pire sécheresse qu'ait connue la France depuis 1959, des agriculteurs du nord au sud du pays ont interdiction d'arroser leurs cultures, mais le bassin où se trouve Guillaume Seguin n'est pas concerné, donc il irrigue le soir les pieds de ses arbres, au goutte-à-goutte. Le long tuyau noir percé, qui serpente seulement sur certaines de ses parcelles, apporte environ 50.000 litres d'eau par jour.

Un terrain voisin de 4,5 hectares au sol sableux, calcaire, n'a pas pu être raccordé au réseau d'eau. S'y ajoute l'effet de la chaleur: les pommes aux couleurs encore claires y ont la peau brunie par les coups de soleil, malgré la fine pellicule blanchâtre de calcium pulvérisée et censée les protéger.

L'arboriculteur, qui enregistre autour d'un million d'euros de ventes chaque année avec ses 27 hectares de fruits et 300 hectares de céréales, n'espère pas plus qu'une "demi-récolte" cette année sur cette parcelle desséchée.

Floraison en péril

Quelques centaines de mètres plus loin, là où poussent les poires, les feuilles ont aussi commencé à noircir, à se recroqueviller et à joncher le sol, les arbres s'en délestant pour limiter l'évaporation.

Quand il manque d'eau ou "qu'il fait très chaud, l'arbre ne s'alimente plus, il ferme ses stomates - qui lui permettent de respirer et de faire la photosynthèse", et cesse de nourrir ses fruits, explique Guillaume Seguin.

La récolte fera aussi les frais d'une année marquée une succession de calamités climatiques, puisqu'outre la canicule et la sécheresse, le gel a aussi frappé la zone.

Membre d'une coopérative avec 12 autres producteurs des Hauts-de-France, "nous ne sommes plus très nombreux à faire de l'arboriculture", particulièrement sensible à ces épisodes, constate-t-il.

Arrivé avec trois semaine d'avance, le printemps précoce a rendu son verger vulnérable aux coups de froid, et les fleurs ont subi les gelées de la mi-avril, ce qui a perturbé la pollinisation.

Il montre ses poires Conférence déformées, allongées "en forme de bananes" et sans pépins à cause de la mauvaise pollinisation, que peu de primeurs voudront acheter.

Pourtant bien adaptée au climat normalement tempéré de l'Aisne, Guillaume Seguin ne sait pas s'il plantera encore cette variété dans dix ans. Les pommes Pink Lady et Royal Gala, traditionnelles du Sud et mieux adaptées aux climats secs, pourraient bien les remplacer à l'avenir.

La sécheresse risque également de dégrader la floraison de l'année prochaine, car les arbres profitent de l'été pour emmagasiner des réserves pour leurs futurs boutons.

Pour poursuivre son activité, l'agriculteur espère bénéficier du futur système d'assurance récolte, une réforme attendue de longue date et prévue pour janvier 2023.

Il envisage aussi de creuser "de petits forages qui alimenteraient un bassin" en hiver en puisant dans les nappes phréatiques, une méthode de stockage de l'eau plébiscitée par les agriculteurs mais très critiquée par les associations de défense de l'environnement.


Une opération tentée dans la soirée pour extraire et sauver le béluga

L'extraction du béluga, égaré dans la Seine depuis une semaine et dont l'état de santé semblait stable mardi, s'annonce comme une opération "hors du commun". Photo AFP
L'extraction du béluga, égaré dans la Seine depuis une semaine et dont l'état de santé semblait stable mardi, s'annonce comme une opération "hors du commun". Photo AFP
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  • « Une opération de transport du béluga égaré dans la Seine va être tentée aujourd'hui dans la soirée», a indiqué aux médias la préfecture de l'Eure, qui pilote l'opération pour sauver l'animal
  • Selon la préfecture, l'extraction devrait débuter à 20H00 et le transport du cétacé doit être réalisé par camion vers une destination encore non précisée

SAINT-PIERRE-LA-GARENNE : L'extraction du béluga, égaré depuis une semaine dans la Seine, sera entreprise mardi soir, une opération de sauvetage du cétacé de près de 4 mètres et 800 kg hors d'une écluse nécessitant une logistique "hors du commun".

"Une opération de transport du béluga égaré dans la Seine va être tentée aujourd'hui dans la soirée", a indiqué aux médias la préfecture de l'Eure, qui pilote l'opération pour sauver l'animal évoluant habituellement dans des eaux froides.

Selon la préfecture, l'extraction devrait débuter à 20H00 et le transport du cétacé doit être réalisé par camion vers une destination encore non précisée.

Un point presse de la sous-préfète d'Evreux doit intervenir vers 17H30 pour présenter les contours de l'opération.

"Aujourd’hui est un grand jour pour ce béluga et pour toutes les personnes impliquées dans son sauvetage", a indiqué Sea Shepherd, l'ONG de défense des océans sur son site internet.

"Il sera sorti de l’eau et acheminé vers un bassin d’eau salée où il sera placé sous surveillance et bénéficiera de soins, en espérant que son mal soit curable. Il sera ensuite relâché en mer, avec on l’espère, les meilleures chances de survie", ajoute Sea Shepherd.

L'ONG a évoqué "un parcours d'obstacles" pour gérer une situation "encore très inédite en France et à laquelle personne n’est préparé".

Une membre de l'équipe du Marineland d'Antibes (Alpes-Maritimes), arrivée lundi soir sur place du plus grand zoo marin d'Europe, estimait auprès de l'AFP que l'opération était "hors du commun", notamment en raison du site.

Les berges de la Seine "ne sont pas accessibles aux véhicules" à cet endroit et "tout doit être transporté à la main", a expliqué Isabelle Brasseur. Pour la spécialiste, "la priorité est de le remettre dans l'eau de mer".

Cétacés «extrêmement résistants»

En effet, les experts et les autorités s'accordaient à dire que sa présence depuis vendredi soir dans ce bassin d'environ 125 m sur 25 m, avec une eau fluviale stagnante et relativement chaude, ne pouvait être que provisoire.

"Il faut essayer de comprendre ce qu'il a", a dit Mme Brasseur. "Il peut y avoir des dégradations internes qui ne se voient pas", bien qu'il s'agisse de cétacés "extrêmement résistants".

Interrogée sur la faisabilité d'une telle opération, en considérant la taille et la masse de l'animal, Mme Brasseur a fait valoir que le Marineland avait dans le passé assuré l'extraction et le transport d'animaux plus imposants, comme un orque né à Antibes et transporté vers les Etats-Unis.

La piste de l'euthanasie écartée, l'option d'une extraction de l'animal a été privilégiée lundi au détriment de l'ouverture de l'écluse dans l'espoir qu'il remonte de lui-même le fleuve et retrouve les eaux de la Manche.

"Ce serait une solution simple mais il est à plus de 150 km de l'estuaire, doit passer encore une écluse, est dans une condition physique dégradée et avait jusqu’ici plutôt tendance à se diriger vers Paris que vers la mer", a argumenté Sea Shepherd.

Selon l'observatoire Pelagis, spécialiste des mammifères marins, il s'agit du second béluga connu en France après qu'un pêcheur de l'estuaire de la Loire en avait remonté un dans ses filets en 1948.


Imam Iquioussen: Pradié (LR) plaide pour une «Cour de sûreté»

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  • Il a estimé à propos du cas de l'imam Iquioussen que le ministre de l'Intérieur «Gérald Darmanin s'est pris les pieds dans le tapis»
  • Le secrétaire général des Républicains Aurélien Pradié a plaidé mardi pour créer une «Cour de sûreté» dans les dossiers de terrorisme

PARIS: Le secrétaire général des Républicains Aurélien Pradié a plaidé mardi pour créer une "Cour de sûreté" dans les dossiers de terrorisme, alors que la justice administrative a suspendu vendredi en urgence l'expulsion de l'imam Iquioussen vers le Maroc.

"Je fais partie de ceux qui pensent que nous devons installer dans notre pays une Cour de sûreté de la République dont la mission sera de traiter en urgence des décisions d'expulsions de celles et ceux qui menacent la sécurité sur notre territoire", a indiqué M. Pradié sur Europe 1.

Critiquant le rôle "des juges qui aujourd'hui ont pris une ampleur trop importante dans notre pays", il a estimé qu'il faut non "pas proposer des lois cosmétiques qui ne fonctionneront pas", mais "réorganiser le système".

Dans cette "lutte contre les haines et le terrorisme", "il faut nous réarmer. C'est une nécessité absolue pour la défense de nos valeurs", a justifié le député du Lot, qui réserve par ailleurs pour la rentrée une possible décision de candidature à la présidence de LR.

M. Pradié n'a pas précisé davantage les prérogatives qu'aurait selon lui cette Cour de sûreté.

Il a estimé à propos du cas de l'imam Iquioussen que le ministre de l'Intérieur "Gérald Darmanin s'est pris les pieds dans le tapis" et que cette affaire "démontre toute son impuissance depuis des années", où ses "grandes paroles" ont abouti à de "très faibles actes".

Ce n'est pas la première fois que l'idée d'une telle Cour apparaît dans le débat à droite.

Au printemps 2021, Guillaume Peltier, alors numéro deux des Républicains, s'était attiré les foudres des ténors du parti en souhaitant le rétablissement d'une Cour de sûreté - juridiction créée par le général de Gaulle en 1963 et supprimée après l'élection de François Mitterrand - qui pourrait placer en rétention, sans possibilité d'appel, dans les dossiers de terrorisme. M. Peltier avait finalement été démis de ses fonctions.

Au Rassemblement national, Marine Le Pen a pendant la campagne présidentielle réclamé une "législation d'exception", avec une Cour de sûreté de l'Etat ou une "mise au ban" de l'islamisme, mais en promettant qu'elle serait "conforme à l'Etat de droit" et "n'affectera(it) aucunement les libertés publiques".

Le ministère de l'Intérieur a fait appel devant le Conseil d'Etat de la décision de suspendre l'expulsion de l'imam Hassan Iquioussen.

Ce prédicateur est accusé par les autorités françaises d'avoir tenu des propos antisémites, homophobes et "anti-femmes", lors de prêches ou de conférences, il y a près de 20 ans pour certains.