Les banques françaises en Arabie saoudite: un exemple d’export réussi

 Si 80 entreprises françaises de toutes tailles sont aujourd’hui implantées dans le Royaume, les banques françaises constituent un exemple particulièrement réussi d’export, comme Société Générale. (Photo, AFP)
Si 80 entreprises françaises de toutes tailles sont aujourd’hui implantées dans le Royaume, les banques françaises constituent un exemple particulièrement réussi d’export, comme Société Générale. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 04 décembre 2021

Les banques françaises en Arabie saoudite: un exemple d’export réussi

  • «Le pays connaît une transformation économique majeure avec la Vision 2030. C’est une opportunité pour nous de prendre part à cette transformation historique», explique le directeur général de la Société générale
  • «Comme banque internationale et française, nous avons une expérience qui peut faire la différence dans les produits dérivés, le financement de projets, ou encore le crédit export», assure Amine Jaoui

DUBAI: Sur le plan économique et dans le monde des affaires, la France et l’Arabie saoudite tissent des liens solides dans de nombreux domaines, et le secteur bancaire n’y fait pas exception. Si 80 entreprises françaises de toutes tailles sont aujourd’hui implantées dans le Royaume, les banques françaises constituent un exemple particulièrement réussi d’export, comme Société Générale. Présente en Arabie saoudite depuis 2010, elle y opère avec une licence de l'Autorité des marchés de capitaux (CMA). Les relations de la banque française avec le Royaume sont cependant bien plus anciennes, comme l’explique à Arab News en français Amine Jaoui, directeur général de la banque en Arabie saoudite. 

«Nous avons toujours entretenu des relations avec des clients historiques dans le Royaume», indique M. Jaoui, qui travaille sur des sujets saoudiens depuis 2015, et qui vit dans le pays depuis 2019. «Il était important et naturel d’être présent sur place. L’Arabie saoudite est une économie de taille, la première de la région, et nous y apportons une grande expertise», explique-t-il. M. Jaoui note une forte intensification des relations de la Société Générale (SG) avec des partenaires saoudiens dans le secteur privé ou public. 

Dressant le bilan de ces dix dernières années, M. Jaoui estime que SG a atteint ses objectifs de croissance mais aussi son «objectif qualitatif», celui «d’être de plus en plus présent sur des projets saoudiens stratégiques pour la politique du Royaume, pour les entreprises publiques ou pour les champions du secteur privé», ajoute-t-il. «Nous constatons que la qualité du dialogue avec nos partenaires s’améliore, et les projets sur lesquels nous sommes présents sont d’une plus grande importance. Si nous soutenons quand il est possible des entreprises françaises, le cœur de notre stratégie en Arabie saoudite reste notre développement en servant des entreprises et des banques locales», assure-t-il.

Depuis 2018, Société Générale a en effet connu une accélération de son activité dans le Royaume. «Nous avons fait un choix stratégique dans notre approche sur le Golfe et plus spécifiquement sur l’Arabie saoudite, en décidant être davantage présents et de manière plus pertinente auprès de nos clients et de nos partenaires saoudiens. Nous sommes passés à un niveau supérieur en termes d’investissement, d’expertise et de ressources», indique Amine Jaoui. Sans oublier que le pays connaît une transformation économique majeure avec  la Vision 2030, qui modifie la composition de l’économie saoudienne et renforce le dynamisme d’un certain nombre de champions saoudiens, notamment à l’international. C’est donc une opportunité pour nous de prendre part à cette transformation historique.»

Amine Jaoui tient d’ailleurs à rappeler que le secteur financier saoudien est un élément clé de la Vision 2030. «Pour atteindre les objectifs de ce programme, il faut assurer un financement nécessaire et posséder un secteur financier et un marché des capitaux sophistiqués», ajoute-t-il. «Les autorités saoudiennes en sont conscientes, ce qui explique l’effort entrepris pour accélérer le développement de ce secteur. Cela se traduit par un dynamisme des banques internationales dans le Royaume, mais aussi par une consolidation bancaire au niveau des banques nationales saoudiennes.» 

«Penser sur le long terme» 

Dans ce secteur en pleine transformation, SG se doit d’être fin prête. «Nous nous attendons à ce que les besoins de nos clients gagnent en sophistication», confie Amine Jaoui. «Les solutions que nous devrons leur proposer devront être davantage du sur-mesure. Mais c’est l’opportunité pour nous de développer ces secteurs et ces structures où nous sommes reconnus comme des leaders internationaux». Dans le domaine de la transition énergétique, des marchés des capitaux – notamment des émissions obligataires dites «vertes» –,  de la finance islamique, de l’infrastructure, des équipements maritimes et des privatisations,  Société Générale pourrait faire valoir son expérience française importante. «L’Arabie saoudite est un marché extrêmement concurrentiel et compétitif, tous les acteurs internationaux sont là», rappelle-t-il. «Il faut donc choisir intelligemment les secteurs et les domaines d’expertise dans lesquels nous sommes sûrs de pouvoir apporter la valeur ajoutée la plus forte. C’est un apprentissage.» 

 «En tant que banque internationale et française, nous avons une expérience qui peut faire la différence dans les produits dérivés, le financement de projets, ou encore le crédit export, qui permet actuellement aux entreprises de participer aux grands marchés de développement saoudien», poursuit M. Jaoui, qui souligne qu’«il ne faut pas négliger l’historique des relations franco-saoudiennes». 

Et de noter: «La France est active dans des secteurs stratégiques comme le pétrole depuis très longtemps. Sa présence  grandit sur des projets culturels et patrimoniaux comme AlUla. Et si la francophonie cherche à se développer un peu plus, les entreprises françaises peuvent profiter de cet historique pour réussir en Arabie saoudite». Sur ce plan, Amine Jaoui met l’accent sur le rôle de la culture, nécessaire selon lui pour construire une relation de confiance entre Français et Saoudiens. «Je conseillerais aux Français de penser sur le long terme, de privilégier les relations humaines plutôt que les contrats et de développer une présence sur place. Il existe une appréhension naturelle pour ce qu’on ne connaît pas. Mais le pays a une culture beaucoup plus diversifiée qu’on ne le pense. On constate une accélération de la transformation du mode de vie palpable de jour en jour. Le gouvernement saoudien a également mis en place des politiques pour ouvrir le pays aux visiteurs, ce qui va permettre aux investisseurs, aux entreprises françaises et aux particuliers de mieux connaître le Royaume. Cela ouvrira la voie au développement d’un contact humain et à une meilleure compréhension des opportunités.» 

Un message que SG semble assumer pleinement, les banquiers de l’institution française au Royaume étant saoudiens. «La saoudisation des emplois est tout à fait naturelle et organique», explique Amine Jaoui. «La saoudisation en elle-même est une chance. En effet, les talents nécessaires pour notre développement ont une connaissance fine de ce pays et il est tout à fait normal de recruter dans la population saoudienne des banquiers expérimentés et techniquement excellents. Surtout que le pool de talents locaux est remarquable dans notre secteur et il est antinomique d’espérer y réussir sans attirer des talents locaux. Bien qu’il y ait une forte concurrence pour attirer ces hommes et ces femmes, la qualité des générations montantes du pays, leurs ambitions, et leur niveau d’éducation cosmopolite sont de vraies chances pour les entreprises françaises.»

 


Le pétrole pourrait chuter à 65 dollars d'ici à fin 2022 en cas de récession, selon Citigroup

Le pétrole brut pourrait chuter à 65 dollars le baril d'ici la fin de cette année et sombrer à 45 dollars le baril d'ici à la fin de 2023. (Shutterstock)
Le pétrole brut pourrait chuter à 65 dollars le baril d'ici la fin de cette année et sombrer à 45 dollars le baril d'ici à la fin de 2023. (Shutterstock)
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  • Le pétrole brut pourrait même atteindre 45 dollars le baril en 2023 en cas de récession
  • L'avertissement de Citigroup est en contradiction avec une prévision récente de JPMorgan

RIYAD: Le pétrole brut pourrait tomber à 65 dollars (1 dollar = 0,97 euros) le baril d'ici à la fin de cette année et pourrait sombrer à 45 dollars le baril d'ici à la fin de 2023, si la récession frappe, prévient Citigroup, a rapporté Bloomberg.

Les analystes de Citigroup, notamment Francesco Martoccia et Ed Morse, ont signalé dans un rapport que ce scénario pourrait se produire en l'absence de toute intervention des producteurs de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses alliés, connus sous le nom «d'Opep+», et d'une baisse des investissements pétroliers.

Cette prévision a été communiquée après comparaison du marché actuel de l'énergie avec les crises des années 1970.

«Pour le pétrole, les preuves historiques indiquent que la demande de pétrole ne devient négative que dans les pires récessions mondiales, étant donné que ses prix chutent dans toutes les récessions à peu près au coût marginal», ont affirmé les analystes dans ce rapport.

L'avertissement de Citigroup est en contradiction avec une prévision récente de JPMorgan.

Les analystes de l'institution, dont Natasha Kaneva, ont averti que les prix mondiaux du pétrole atteindraient 380 dollars le baril si les sanctions américaines et européennes contraignaient la Russie à infliger des réductions de production de brut en guise de représailles.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Wall Street ouvre en baisse, la récession toujours dans les têtes

Ce sont les marchés européens qui ont donné le ton à Wall Street et retourné la tendance quelques heures avant l'ouverture de la Bourse de New York (Photo, AFP).
Ce sont les marchés européens qui ont donné le ton à Wall Street et retourné la tendance quelques heures avant l'ouverture de la Bourse de New York (Photo, AFP).
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  • La Bourse de New York a ouvert en baisse mardi, entraînée par les places européennes
  • L'Europe digérait ainsi une série de mauvais indicateurs, notamment l'indice d'activité PMI en zone euro, tombé à 52,0 en juin contre 54,8 en mai

NEW YORK: La Bourse de New York a ouvert en baisse mardi, entraînée par les places européennes, alors qu'un fort parfum de récession, attendue dans les trimestres à venir, pèse sur les marchés depuis plusieurs semaines.

Vers 14H15 GMT, le Dow Jones reculait de 1,77%, l'indice Nasdaq de 1,00%, et l'indice élargi S&P 500 de 1,66%.

Ce sont les marchés européens qui ont donné le ton à Wall Street et retourné la tendance quelques heures avant l'ouverture de la Bourse de New York, qui semblait jusque-là partie pour ouvrir dans le vert.

L'Europe digérait ainsi une série de mauvais indicateurs, notamment l'indice d'activité PMI en zone euro, tombé à 52,0 en juin contre 54,8 en mai.

Pour Patrick O'Hare, de Briefing.com, le raidissement des marchés européens s'expliquait aussi par les prix toujours élevés de l'énergie. Le prix du gaz européen bondissait notamment de plus de 4% et retrouvait ses niveaux du début de l'invasion de l'Ukraine.

"Le marché se concentre clairement sur le moindre signe de faiblesse" de l'économie, a commenté Karl Haeling, de LBBW, qui citait également le rapport de la Banque d'Angleterre (BoE) sur la stabilité financière.

La BoE a ainsi indiqué que les perspectives économiques s'étaient "considérablement détérioré".

"Les esprits sont préoccupés par des craintes d'une récession", a insisté Karl Haeling.

Le petit élan de la fin de la séance de vendredi, dans lequel certains voyaient la promesse d'une nouvelle phase, aura fait long feu.

Dans ce contexte d'incertitude anormalement élevée, "un jour, le marché va voir un côté de la pièce, et le lendemain, l'autre côté", selon Karl Haeling. "Et aujourd'hui, c'est le côté récession."

Pour échapper au gros temps sur les marchés actions, les investisseurs se réfugiaient dans les obligations.

Le rendement des emprunts d'Etat à 10 ans reculait, à 2,81%, contre 2,88% vendredi.

A mesure que les déceptions s'accumulent au fil des indicateurs macroéconomiques, les opérateurs revoient leurs anticipations en matière de politique monétaire.

Si une hausse de 0,75 point de pourcentage lors de la prochaine réunion de la banque centrale américaine (Fed), fin juillet, semble toujours acquise, le scénario central est désormais celui d'une baisse de taux en 2023, qui serait la conséquence d'une forte décélération de la croissance et de l'inflation.

A la cote, le vent mauvais n'épargnait quasiment personne, toutes les valeurs du Dow Jones évoluant en repli, à l'exception de Nike (+1,17% à 102,35 dollars), qui rebondissait après sa chute de la semaine dernière due à des résultats décevants.

La perspective d'un ralentissement de la hausse de taux et d'une conjoncture économique dégradée, synonyme d'une montée des impayés et d'une moindre demande de crédit, mettait le secteur financier sous pression.

Bank of America (-2,71%), JPMorgan Chase (-2,58%), Goldman Sachs (-2,53%) ou American Express étaient particulièrement visés (-2,45%).

La glissade des prix de l'or noir affectait les pétrolières, de Chevron (-2,65%) à ExxonMobil (-2,51%).

La baisse des taux obligataires bénéficiait, comme souvent, à certaines valeurs technologiques et de croissance. AMD (-0,46%), Apple (-0,17%) ou le spécialiste des cartes graphiques Nvidia (-0,45%) limitaient ainsi leurs pertes, tandis qu'Amazon était même en petite hausse (+0,33%).

Le moindre appétit des consommateurs pour l'électro-ménager et les produits de technologie se répercutait sur Apple, Dell et Whirlpool.

Avec le plongeon des cours des matières premières, avec notamment le minerai de fer proche de son plus bas de l'année, l'aciériste US Steel (-5,05%) et les minières Freeport McMoRan (-7,69%) ou Cleveland-Cliffs (-5,33%) faisaient grise mine.


Un pirate dit avoir volé les données d'un milliard de Chinois

L'administration est très étendue en Chine et les autorités tiennent à jour de vastes bases de données sur la population (Photo, AFP).
L'administration est très étendue en Chine et les autorités tiennent à jour de vastes bases de données sur la population (Photo, AFP).
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  • La sensibilisation croissante du grand public a conduit ces dernières années les législateurs à renforcer les lois sur la protection des données des particuliers et des entreprises
  • Les citoyens n'ont toutefois que peu de moyens d'empêcher l'État de collecter leurs informations personnelles

PEKIN: Un pirate informatique, qui affirme avoir subtilisé les données personnelles d'un milliard de Chinois, propose désormais ces informations à la vente sur internet.

Si elle est confirmée, cette fuite de données serait l'une des plus importantes de l'histoire.

Un échantillon composé de 750 000 entrées, mis en ligne par le pirate, contient les noms, numéros de téléphone portable, numéros d'identité, adresses et dates de naissance des personnes concernées.

L'AFP et des experts en cybersécurité ont pu vérifier l'authenticité de certaines des données contenues dans cet extrait. Mais l'ampleur réelle de la fuite de données reste à confirmer.

Promue sur un forum internet à la fin juin mais repérée seulement cette semaine par des spécialistes en sécurité informatique, la base de données est vendue pour 10 bitcoins (soit plus de 190 000 euros).

"Cela semble provenir de sources multiples. Certaines viennent de systèmes de reconnaissance faciale, d'autres semblent être des données collectées lors d'un recensement", indique à l'AFP Robert Potter, cofondateur de la société de cybersécurité Internet 2.0.

Mais "il n'y a pas de vérification quant au nombre total d'entrées et je suis sceptique par rapport au chiffre d'un milliard de citoyens", souligne-t-il.

L'administration est très étendue en Chine et les autorités tiennent à jour de vastes bases de données sur la population.

La sensibilisation croissante du grand public a conduit ces dernières années les législateurs à renforcer les lois sur la protection des données des particuliers et des entreprises.

Les citoyens n'ont toutefois que peu de moyens d'empêcher l'État de collecter leurs informations personnelles.

Certaines des données divulguées par le pirate semblent provenir d'historiques d'entreprises de livraison express, très développées en Chine.

D'autres entrées contiennent des résumés d'incidents (accident de la circulation, vols, violences conjugales, viols, etc.) signalés à la police de Shanghai.

Quatre personnes sur les 12 contactées par l'AFP ont confirmé l'exactitude des informations contenues dans la base de données publiée, comme leurs noms et leurs adresses.

"Je ne comprends vraiment pas pourquoi mes données personnelles ont fuité", a déclaré l'une de ces personnes, une femme dont le nom de famille est Liu.

Certains internautes ont émis l'hypothèse que les données ont pu être piratées depuis un serveur de la société informatique chinoise Alibaba Cloud. Robert Potter, l'expert en cybersécurité, dit en être convaincu.

Contactés, Alibaba Cloud et l'Administration nationale de la cybersécurité n'ont pas répondu à une demande de commentaire de l'AFP.