Covid, conflit social: le secteur du tourisme en Martinique durement touché

Un bateau navigue au coucher du soleil au large de Fort-de-France, dans l'île des Antilles françaises de la Martinique, le 23 novembre 2021. (Photo, AFP)
Un bateau navigue au coucher du soleil au large de Fort-de-France, dans l'île des Antilles françaises de la Martinique, le 23 novembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 04 décembre 2021

Covid, conflit social: le secteur du tourisme en Martinique durement touché

Un bateau navigue au coucher du soleil au large de Fort-de-France, dans l'île des Antilles françaises de la Martinique, le 23 novembre 2021. (Photo, AFP)
  • «La Covid et maintenant cette crise sociale, ça commence à faire beaucoup», explique une jeune femme de 38 ans qui emploie quatre salariés
  • Le tourisme (hôtellerie, activités...) représente 12% du PIB

FORT-DE-FRANCE: Le secteur du tourisme en Martinique enchaîne les coups durs: après deux ans de Covid et alors qu'il comptait sur la venue de la Transat Jacques Vabre pour lancer la saison, la crise sociale vient encore le fragiliser.  

« Je ne veux pas que ce soit l'échec de ma vie » : Judith Talmann s'accroche pour sauver le bar-restaurant O'Pub en centre-ville de Fort-de-France qu'elle a racheté en janvier 2020, deux mois avant la crise de Covid.  

« La Covid et maintenant cette crise sociale, ça commence à faire beaucoup », explique la jeune femme de 38 ans qui emploie quatre salariés.   

« C'est difficile, le matin, on se demande si on pourra arriver au travail, si on aura de quoi servir nos clients parce que les magasins sont vides, nos fournisseurs se retrouvent bloqués sur la route », explique-t-elle.  

En 2019, la Martinique a accueilli un million de touristes, moitié moins en 2020 et en prévoit 304 000 pour cette année, selon François Baltus-Languedoc, directeur général du comité martiniquais du tourisme.   

« La crise de Covid plus la crise sociale, notre visibilité en prend un coup pour 2022 », assure-t-il depuis son bureau surplombant les bateaux de la Transat Jacques Vabre, qui avait choisi pour la première fois la Martinique comme ligne d'arrivée cette année.  

Couvre-feu, barrages, population non vaccinée... En novembre, Judith Talmann n'a perdu « que 40% » de chiffre d'affaires au lieu des 50% du mois précédent, grâce aux skippers de la célèbre course partie du Havre.   

« Mais on avait anticipé un évènement incroyable », explique-t-elle « ils avaient annoncé 90 000 visiteurs sur dix jours, on avait fait des stocks, envisagés des menus spéciaux, des évènements au sein de l'établissement », et les barrages se sont installés.  

« Que des crises »  

« Les mouvements sociaux vont sûrement avoir un impact qu'on ne ressent pas encore parce qu'il y avait déjà des touristes sur l'île » avant que le conflit n'éclate, selon Celia Saintville, chargée du tourisme à la rhumerie Clément à Le François.   

C'est le cas d'Anne, 72 ans, et son mari, croisés sur une plage du Carnet, à l'ouest de Fort-de-France. « Dès qu'il y a eu les problèmes, on a vécu un autre confinement, on est resté tranquille. On n'a plus bougé », raconte-t-elle. « Mais c'est tellement magnifique ici qu'on ne va pas se plaindre », nuance la vacancière.   

Sur cette même plage de sable noir, Pierre et Amélie, un père de 49 ans et sa fille de 19 ans, avaient réservé depuis plusieurs semaines leurs vacances et n'ont pas modifié leurs plans malgré le conflit. « On a eu une petite appréhension » avant de venir, assurent-ils en cœur.   

« On a ressenti le conflit au niveau des stations essence et des supermarchés », explique Pierre qui n'a été bloqué qu'une fois par un barrage l'obligeant juste à faire demi-tour.   

L’inquiétude de Célia Saintville reste « l'impact » de ce conflit sur l'image de l'île. « Quel relais on va avoir sur les médias nationaux ? La métropole est notre marché principal », explique-t-elle.   

La rhumerie accueillait 200 000 visiteurs par an avant la pandémie. Ils étaient moitié moins en 2021 et devraient encore baisser de 15% cette année.  

« Depuis deux jours on enregistre des annulations pour la deuxième quinzaine de décembre, ce qui est inquiétant puisque la saison commence vraiment avant les fêtes », explique M. Baltus-Languedoc.   

« Sur les compagnies aériennes, on a des chiffres d'annulation entre 10 et 15% et pour l'hôtellerie on est à moins 20% », selon lui.   

La compagnie Air Belgium a également reporté l'ouverture de la ligne vers la Martinique au mois de janvier parce que les croisières ne reprennent pas mais aussi à cause de la crainte de la nouvelle vague de Covid.  

« Une crise en chasse une autre, depuis 20 mois, on ne gère que des crises. C'est assez lourd pour les professionnels », explique M. Baltus-Languedoc.   

Le tourisme (hôtellerie, activités...) représente 12% du PIB, selon lui. « S'il y a le variant, cela voudra dire que la saison est complétement morte. On croise les doigts », s'inquiète Jean-Yves Bonnaire, président d'une association de chefs d'entreprises. 


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.


Opération avec Audemars Piguet: Swatch dit à l'AFP avoir constaté des «problèmes» dans une vingtaine de magasins

L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
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  • A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.
  • Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis

ZURICH: L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi.

"Le jour du lancement, il y a eu des problèmes dans environ une vingtaine de magasins Swatch sur 220 dans le monde où Royal Pop a été lancée, car les files d’attente des personnes intéressées étaient extrêmement longues et l’organisation faite par certains centres commerciaux n’était pas suffisante pour contenir cette ruée", a indiqué le groupe suisse.

"La réaction à la collection Royal Pop dans le monde est phénoménale et la demande est immensément élevée", a ajouté le groupe horloger, qui compare le lancement de ce modèle avec Audemars Piguet à celui du modèle MoonSwatch en 2022, en partenariat avec Omega.

Avant l'ouverture samedi, de longues files d'attentes s'étaient formées durant la nuit devant les boutiques Swatch. L'affluence a viré au chaos à l'ouverture dans certaines villes, nécessitant l'intervention de la police et la fermeture immédiate de certains magasins.

"Comme pour le MoonSwatch, cela s'est quelque peu 'normalisé' après le jour du lancement", a précisé le groupe suisse, "surtout après que nous avons de nouveau communiqué que la collection Royal Pop serait disponible durant plusieurs mois".

Dans l'ouest de la région parisienne, au Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), quelque 300 personnes, venues avant l'ouverture du magasin Swatch du centre commercial Westfield Parly 2, ont été dispersées samedi par la police à l'aide de gaz lacrymogène.

A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.

Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis.

Propriétaire de 16 marques, Swatch avait déjà lancé une coopération en 2022 avec Omega, une des marques de prestige du groupe. Devant son succès, l'entreprise avait renouvelé l'opération en 2023 avec Blancpain, autre marque du groupe, connue notamment pour ses montres de plongée.

Mais pour le modèle lancé samedi, la collaboration a lieu cette fois avec une marque externe au groupe, Audemars Piguet. Cette marque indépendante compte parmi les plus prestigieuse de l'horlogerie suisse.