La visite du président Macron en Arabie saoudite marque une nouvelle ère dans la coopération franco-saoudienne

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane avec le président français Emmanuel Macron à Djeddah (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane avec le président français Emmanuel Macron à Djeddah (SPA)
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Publié le Lundi 06 décembre 2021

La visite du président Macron en Arabie saoudite marque une nouvelle ère dans la coopération franco-saoudienne

  • Une déclaration commune et une multitude d'accords témoignent d'un partenariat bilatéral saoudien-français grandissant
  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane et le président Macron ont eu une réunion téléphonique avec le Premier ministre libanais Najib Mikati

DJEDDAH: Une déclaration commune couvrant un large éventail de sujets et la signature d'une multitude d'accords ont été les points forts de la visite en Arabie saoudite du président français Emmanuel Macron, dernière étape d'une tournée de deux jours dans le Golfe.

Plusieurs accords économiques ont également été annoncés samedi par des entreprises saoudiennes et françaises alors que Macron s’entretenait avec le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Le prince héritier a rencontré Macron au palais Al-Salam, où ils ont discuté de la coopération bilatérale et eu un entretien téléphonique avec le Premier ministre libanais Najib Mikati.

Les trois pays ont convenu de travailler ensemble pour soutenir les réformes globales nécessaires au Liban, selon des rapports officiels, qui précisent que l'Arabie saoudite et la France ont souligné leur souci d'instaurer la sécurité et la stabilité au Liban.

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Le président français Emmanuel Macron a rencontré le prince héritier Mohammed ben Salmane lors de la dernière étape de sa tournée dans plusieurs pays du Golfe. (SPA)

 

« Les deux parties ont souligné… que les réformes devraient inclure les secteurs de la finance, de l'énergie, de la lutte contre la corruption et du contrôle des frontières. Les deux parties sont également convenus de travailler avec le Liban pour assurer la mise en œuvre de ces mesures », indique le communiqué conjoint, communiqué par l'Agence de presse saoudienne (SPA).

« Ils ont également souligné la nécessité de limiter la détention des armes aux institutions légitimes de l'État, et que le Liban ne devrait pas être une rampe de lancement pour des actes terroristes qui déstabilisent la sécurité et la stabilité de la région, ou une source de trafic de drogue ».

« Ils sont également convenus d'établir un mécanisme d'aide humanitaire franco-saoudien garantissant une transparence totale, et ont exprimé leur détermination à trouver des mécanismes appropriés en coopération avec les pays amis et alliés pour alléger les souffrances du peuple libanais.

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L'Arabie saoudite et la France se sont engagées à renforcer la coopération et les échanges dans un large éventail de domaines culturels. (SPA)

 

Concernant le conflit israélo-palestinien, « les deux parties ont réitéré leur soutien à la réalisation de la paix au Moyen-Orient et l'importance de parvenir à un règlement global fondé sur la solution à deux États, les résolutions légitimes pertinentes et l'Initiative de Paix Arabe d’une manière qui garantit le droit du peuple palestinien à établir son État sur les frontières de 1967 avec Al-Qods (Jérusalem) comme capitale, appelant, dans ce contexte, à la fin de la politique de colonisation israélienne qui menace la solution à deux États ».

En ce qui concerne l'Iran, le communiqué commun a déclaré : « Les deux parties ont exprimé leur profonde inquiétude concernant le développement du programme nucléaire iranien et le manque de coopération et de transparence avec l'Agence internationale de l'énergie atomique.

« La France a souligné sa détermination à ne pas permettre à l'Iran de développer ou d'acquérir une arme nucléaire. Ils sont également convenus de la nécessité de faire face aux activités de déstabilisation de l'Iran dans la région, y compris l'utilisation et le transfert de drones et de missiles balistiques qui ont conduit à des attaques contre le Royaume d'Arabie saoudite ».

Abordant la crise au Yémen, le communiqué a déclaré : « La France a affirmé son plein soutien à l'initiative de paix saoudienne qui a été présentée le 22 mars 2021, et a condamné les attaques de missiles balistiques et de drones lancées par les milices houthies et a affirmé son engagement historique à préserver la sécurité du Royaume."

Dans d'autres développements samedi, le Dr Mohammed ben Saud Al-Tamimi, PDG de la Commission spatiale saoudienne, et Philippe Baptiste, PDG du Centre national français d'études spatiales (CNES), ont signé un accord de coopération conjoint dans le domaine de l'utilisation pacifique de l'espace, selon l'Agence de presse saoudienne (SPA).

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L'Arabie saoudite, la France et le Liban sont convenus de travailler ensemble pour soutenir les réformes globales nécessaires dans le pays en crise. (SPA)

 

L'accord « vise à fournir un cadre de coopération dans les activités spatiales pacifiques, faciliter l'échange d'informations et de technologies, contribuer au renforcement des capacités et des compétences, organiser des visites et des réunions mutuelles, mettre en place des cours de formation et des ateliers spécialisés, ainsi que renforcer la coopération conjointe pour développer un mécanisme de surveillance du climat depuis l'espace.

La SPA indique également qu'un protocole d'accord a été signé samedi, consolidant ainsi les relations culturelles entre l'Arabie saoudite et la France.

« Le protocole d'accord qui intervient quelques semaines seulement après que le ministre saoudien de la Culture, le prince Badr ben Farhane Al-Saoud, a rencontré son homologue français, le Dr Roselyne Bachelot à Paris, est le dernier exemple en date du renforcement des liens culturels entre les deux pays », selon la SPA.

 La SPA poursuit « Dans le cadre de l'accord de cinq ans, l'Arabie saoudite et la France se sont engagées à renforcer la coopération et les échanges culturels dans un large éventail de domaines culturels, notamment l'architecture, la production audiovisuelle, le design, le cinéma, le patrimoine, la littérature, les arts du spectacle et les arts visuels.

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Le prince héritier a reçu le président français au palais Al-Salam à Djeddah. (SPA)

 

En outre, le protocole d'accord permettra aux deux pays d'explorer les réglementations culturelles et politiques. Les artistes saoudiens et français en résidences d'échanges renforceront la coopération avec les institutions culturelles des deux pays.

La SPA a indiqué qu'un accord distinct visant à renforcer la coopération touristique entre les deux pays a été cosigné par Ahmed Al-Khateeb, le ministre saoudien du Tourisme, et Franck Riester, le ministre français délégué au commerce extérieur et à l'attractivité économique.

Il a cité Al-Khateeb disant : « La France, grâce à ses connaissances et son expérience, aidera le Royaume à développer son activité touristique pour attirer des investissements de 810 milliards de dollars, ce qui offrira au pays des opportunités touristiques en dehors de la saison du Hajj. Le Royaume devrait avoir de nouvelles opportunités d'investissement de 6000 milliards de dollars d'ici 2030».

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Nouveau comité exécutif du Conseil d'Affaires Franco Saoudien

Le Conseil d’Affaires Saudi-Français (CAFS) œuvre au rapprochement des communautés d’affaires, à la promotion des entreprises et au développement de la coopération bilatérale. (Fournie)
Le Conseil d’Affaires Saudi-Français (CAFS) œuvre au rapprochement des communautés d’affaires, à la promotion des entreprises et au développement de la coopération bilatérale. (Fournie)
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  • Le Conseil d'Affaires Franco Saoudien (CAFS) a annoncé son nouveau comité exécutif pour 2026-2030, avec à sa tête Dr. Mohammed Ben Laden
  • L’équipe rassemble des dirigeants clés d’entreprises saoudiennes et franco-saoudiennes pour renforcer les partenariats économiques bilatéraux

DUBAÏ: Le Conseil d'Affaires Franco Saoudien (CAFS) a annoncé la composition de son nouveau comité exécutif pour la période 2026-2030. Cette équipe de direction, composée de leaders influents du monde des affaires et de l’industrie en Arabie Saoudite et en France, jouera un rôle clé dans le renforcement des relations économiques et commerciales entre les deux pays.

À la présidence du CAFS, Dr. Mohammed Ben Laden, président de BLK Partners, prendra la tête du conseil pour cette nouvelle mandature. Le comité exécutif compte également deux vice-présidents : la Princesse Noura Faisal Al Saud, fondatrice de Culture House et CEO de Jay3lle, et Ing. Faiz Al Elweet, président d’International Aramoon.

Parmi les membres du comité exécutif figurent des dirigeants de premier plan tels que Talal Almarri (CEO, Expo Riyadh 2030), Nadir Al-Koraya (CEO, Riyad Bank), Nabil Al-Nuaim (CEO, Aramco Digital), Ayman Aboabah (CEO, Riyadh Airports), Ing. Walid Abukhaled (CEO, EMIR), Dr. Fahad Aljuwaidi (CEO, First Abu Dhabi Bank Saudi Arabia), Nawaf Al-Sharif (CEO, AlSharif Holding Group), Zaher Al-Munajjed (Chairman, Support Services Network Company), Ing. Soufyan Al Kabbani (CEO, Saudico Electronic Systems) et Mohamed Al-Amoudi (Vice-président du conseil d’administration, Saudi Red Brick Company – Al-Amoudi & Brothers Co).

Créé il y a vingt ans pour renforcer les relations économiques entre l’Arabie Saoudite et la France, le Conseil d'Affaires Franco Saoudien (CAFS) œuvre au rapprochement des communautés d’affaires, à la promotion des entreprises et au développement de la coopération bilatérale.

Cette nouvelle mandature marque une étape stratégique pour le Conseil, qui ambitionne de poursuivre le développement des échanges économiques et des partenariats durables entre les deux pays au cours des prochaines années.


Syrie: deux membres de l'EI arrêtés en lien avec l'attaque d'une mosquée en décembre 

Deux membres du groupe Etat islamique (EI) ont été arrêtés en Syrie en lien avec une attaque en décembre contre une mosquée située dans un secteur alaouite de Homs (centre), a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur syrien. (AFP)
Deux membres du groupe Etat islamique (EI) ont été arrêtés en Syrie en lien avec une attaque en décembre contre une mosquée située dans un secteur alaouite de Homs (centre), a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur syrien. (AFP)
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  • L'attaque, qui avait fait huit morts, avait été revendiquée par le groupuscule Saraya Ansar al-Sunna, apparu quelques mois plus tôt. Selon des experts, le groupe serait en réalité lié à l'EI - à qui les autorités syriennes avaient imputé l'attentat
  • Dans son communiqué, le ministère annonce l'arrestation "d'Ahmed Attallah al-Diab et d'Anas al-Zarrad, qui appartiennent à l'organisation terroriste Daech (acronyme de l'EI en arabe, NDLR) et sont responsables de l'explosion"

DAMAS: Deux membres du groupe Etat islamique (EI) ont été arrêtés en Syrie en lien avec une attaque en décembre contre une mosquée située dans un secteur alaouite de Homs (centre), a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur syrien.

L'attaque, qui avait fait huit morts, avait été revendiquée par le groupuscule Saraya Ansar al-Sunna, apparu quelques mois plus tôt. Selon des experts, le groupe serait en réalité lié à l'EI - à qui les autorités syriennes avaient imputé l'attentat.

Dans son communiqué, le ministère annonce l'arrestation "d'Ahmed Attallah al-Diab et d'Anas al-Zarrad, qui appartiennent à l'organisation terroriste Daech (acronyme de l'EI en arabe, NDLR) et sont responsables de l'explosion ayant visé la mosquée Ali Ben Abi Taleb dans le quartier de Wadi al-Dahab à Homs".

Des explosifs, différentes sortes d'armes et de munitions ainsi que des documents prouvant leur implication dans des attaques, ont également été saisis, selon la même source.

Saraya Ansar al-Sunna avait déjà revendiqué une attaque en juin contre une église de Damas, qui avait tué 25 personnes.

Pendant la guerre civile, déclenchée en 2011 par des manifestations pro-démocratie, l'EI avait contrôlé de vastes territoires avant d'être défait par la coalition internationale en 2019.

Malgré sa défaite, ses combattants repliés dans le vaste désert syrien continuent épisodiquement de mener des attaques.

En décembre, une attaque dans la région de Palmyre avait coûté la vie à trois Américains. Les Etats-Unis ont mené une série de frappes en réponse, et les autorités syriennes une série d'arrestations.

La ville de Homs, à majorité sunnite, compte plusieurs quartiers habités par la minorité alaouite. L'attaque de décembre avait entraîné de larges manifestations de cette communauté.

C'est de cette minorité qu'est issu le président Bachar al-Assad qui a été renversé en décembre 2024 par la coalition dirigée par Ahmad al-Chareh, ancien jihadiste aujourd'hui à la tête de la Syrie.

Depuis, cette communauté a fait l'objet d'attaques et la prise du pouvoir par des islamistes a renforcé les craintes des minorités syriennes.

Les autorités s'efforcent de rassurer sur leur capacité à pacifier et réunifier le pays après une guerre civile de près de 14 ans, et multiplient les gestes pour rassurer les minorités.


La Somalie annule tous ses accords avec les Émirats arabes unis

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  • "Après avoir soigneusement évalué les récents développements et exerçant son autorité constitutionnelle, le Conseil des ministres a annulé tous les accords conclus avec les Émirats arabes unis"
  • Cette décision, qui inclut "les accords bilatéraux de coopération en matière de sécurité et de défense", mais aussi ceux signés avec les administrations régionales, "repose sur des rapports crédibles et des preuves convaincantes"

MOGADISCIO: La Somalie a annulé lundi tous les accords conclus avec les Émirats arabes unis, sur fond de tensions liées à la reconnaissance par Israël du Somaliland et d’informations selon lesquelles les Émiratis auraient utilisé le territoire somalien pour aider un séparatiste yéménite à fuir son pays.

"Après avoir soigneusement évalué les récents développements et exerçant son autorité constitutionnelle, le Conseil des ministres a annulé tous les accords conclus avec les Émirats arabes unis", peut-on lire dans un communiqué gouvernemental reçu par l'AFP.

Cette décision, qui inclut "les accords bilatéraux de coopération en matière de sécurité et de défense", mais aussi ceux signés avec les administrations régionales, "repose sur des rapports crédibles et des preuves convaincantes concernant des actions hostiles sapant la souveraineté nationale, l’unité territoriale et l’indépendance politique du pays", affirme le Conseil des ministres.

Sont également concernés le port de Berbera au Somaliland, propriété d'un groupe émirati, ainsi que ceux de Bosaso (au Puntland, nord-est de la Somalie) et de Kismayo (au Jubaland, sud-ouest), précise le texte.

Situé au nord-ouest de la Somalie, l’État séparatiste du Somaliland représente plus d'un quart de ce que l’État fédéral somalien considère comme étant son territoire.

Quant au Puntland et au Jubaland, ils ont des relations complexes avec le gouvernement fédéral.

Les Émirats sont perçus par de nombreux experts comme étant derrière la reconnaissance récente par Israël de la république autoproclamée du Somaliland, territoire sur lequel Mogadiscio revendique sa souveraineté.

La coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen a également affirmé jeudi que le chef des séparatistes yéménites, soutenus par les Émirats arabes unis, avait été exfiltré à Abou Dhabi, la capitale émiratie, via les ports de Berbera et Mogadiscio.

L’agence somalienne de l’immigration a alors déclaré qu’elle enquêtait sur une "utilisation non autorisée présumée de l’espace aérien et des aéroports nationaux de la Somalie".

"Patience" épuisée 

Interrogé par l'AFP sur ce qui motivait la décision somalienne, un haut responsable du palais présidentiel s'est refusé à entrer dans les détails.

"La décision du cabinet aujourd’hui intervient après une longue période de patience de la part de la direction du gouvernement fédéral. Les Émirats ont continué d’interférer dans les affaires intérieures de la Somalie et se sont livrés à des actes de mauvaise conduite et à une politique de double discours en Somalie", a-t-il commenté.

Le 26 décembre, Israël est devenu le premier pays à reconnaître le Somaliland comme "État indépendant et souverain" depuis sa sécession en 1991 de la Somalie.

La république autoproclamée de 176.000 km2 fonctionne depuis en autonomie, avec ses propres monnaie, armée et police, et se distingue par sa relative stabilité par rapport à la Somalie minée par l'insurrection islamiste des shebab et les conflits politiques chroniques.

Sa position sur le détroit de Bab-el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden, en fait un territoire stratégique.

Les Émirats arabes unis, cas rare dans le monde musulman, n'ont pas condamné Israël pour sa reconnaissance du Somaliland, contrairement à l'Arabie saoudite.

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud avait qualifié la décision israélienne de "menace" pour la sécurité et la stabilité de la Corne de l'Afrique.