Départ de Merkel : une chancelière saluée, mais aussi critiquée par le monde

Dans quelques jours, le 8 décembre, la chancelière passera la main à son successeur Olaf Scholz, après quatre mandats à la tête de l'Allemagne. (Photo, AFP)
Dans quelques jours, le 8 décembre, la chancelière passera la main à son successeur Olaf Scholz, après quatre mandats à la tête de l'Allemagne. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 05 décembre 2021

Départ de Merkel : une chancelière saluée, mais aussi critiquée par le monde

  • Dans quelques jours, le 8 décembre, la chancelière passera la main à son successeur Olaf Scholz, après quatre mandats à la tête de l'Allemagne
  • Nombreux sont les dirigeants du monde qui ont regretté le départ d’Angela Merkel; toutefois, son bilan en politique étrangère fait débat

BERLIN: "La vie sans crises est plus facile, mais quand elles sont là, il faut y faire face". Angela Merkel avait résumé son credo le 22 juillet.

La dirigeante allemande avait alors énuméré les cinq crises majeures auxquelles elle aura été confrontée, de la crise financière de 2008 à la pandémie de la Covid-19, en passant par le sauvetage de l'euro, l'afflux de réfugiés syriens et irakiens en 2015 et le réchauffement climatique.

Dans quelques jours, le 8 décembre, la chancelière passera la main à son successeur Olaf Scholz, après quatre mandats à la tête de l'Allemagne.

Pluie d’hommages…

Après 16 ans au pouvoir en Allemagne, elle a su gagner le respect de nombreux dirigeants au niveau international. Toutefois, elle s'est attiré les foudres de certains rivaux politiques.

Côté russe, le président russe Vladimir Poutine affirme : «Je lui fais confiance, c'est une personne très ouverte ». «Elle fait vraiment un effort honnête pour résoudre les crises», regrette-t-il.

A l'occasion du dernier conseil des ministres franco-allemand organisé à Paris fin mai 2021, le président français Emmanuel Macron a été reconnaissant envers une chancelière dont il estime qu’elle a toujours été à l’écoute. «Ce dernier conseil me permet de dire tout ce que la relation franco-allemande doit à ton engagement, ta volonté de faire, parfois ta patience avec nous, et ta capacité d'écoute. Et donc merci infiniment de cela,» déclare-t-il, s’adressant à Merkel.

Nombreux sont les dirigeants du monde qui ont regretté le départ d’Angela Merkel, y compris l’ancien président américain Obama, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde qui a fait l’éloge de son «dynamisme», le Premier ministre néerlandais Mark Rutte….

En pleine montée des populismes, Mme Merkel avait même été désignée par le New York Times comme la nouvelle "leader du monde libre".

L'influence allemande a grandi en Asie ou en Afrique, continent où elle s'est rendue beaucoup plus souvent que ses prédécesseurs.

Critiques de la politique «Merkel»

Toutefois, son bilan en politique étrangère fait débat car le poids géopolitique de l'Allemagne reste très en-deçà de son influence économique.

La priorité donnée au commerce avec la Chine - deuxième marché des exportateurs allemands - en dépit des accusations de violations des droits de l'Homme, lui vaut des critiques croissantes.

En matière transatlantique, l'Allemagne ne peut plus autant compter sur le parapluie américain que dans le passé, sans avoir défini dans le même temps une nouvelle stratégie en matière de politique de sécurité, sur une participation accrue par exemple à des missions militaires à l'étranger.

"L'engagement de l'Allemagne" sur la scène internationale, "reste souvent en-deçà des attentes de ses principaux partenaires et des exigences posées par l'environnement" mondial, soulignait l'an dernier un rapport de la Conférence sur la sécurité de Munich.

La première femme chancelière fédérale n'aura pas non plus réussi à influer sur la féminisation du personnel politique. L'actuelle proportion de femmes élues au Bundestag (34%) est à peine supérieure qu'à l'arrivée de Mme Merkel en 2005 (32,5%).

De sa part, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a souligné sa politique à l’égard des réfugiés : "La chose la plus importante est qu'il ne doit pas y avoir d'impérialisme moral. Je ne doute pas du droit de l'Allemagne à définir ses obligations morales pour elle-même. Ils peuvent décider s'ils acceptent chaque réfugié ou non, mais cela ne devrait être obligatoire que pour eux".

Le «losange» de Merkel, une posture devenue iconique

Une affiche géante de 20 m sur 70 est placardée près de la gare centrale de Berlin. Elle représente le désormais célèbre losange, composé de plus de 2.000 photographies de mains, avec le slogan "L'avenir de l'Allemagne en de bonnes mains".

Cette campagne provoque l'ire des adversaires sociaux-démocrates, qui vont jusqu'à dénoncer un "culte de la personnalité monstrueux et vide de contenu" autour de Mme Merkel. "Si c'est ça la politique, on est tombé bien bas", abondent les Verts.

Angela Merkel, la vie après la chancellerie

Sa priorité, elle l'a répété à plusieurs reprises: faire une pause après 30 ans de carrière politique.

"Mes yeux commenceront à se fermer car je suis fatiguée, je dormirai un peu, et ensuite nous verrons où cela m'emmènera", regrette-t-elle.

Les possibilités sont nombreuses: "Est-ce que je veux écrire, est-ce que je veux parler, est-ce que je veux faire des randonnées, est-ce que je veux rester à la maison, est-ce que je veux visiter le monde ?".

"J'ai décidé de ne rien faire pour le moment et d'attendre la suite", concluait-elle, décevant une fois de plus ceux qui espéraient la voir annoncer une tournée de conférences, l'écriture de ses mémoires, voire un road trip dans les Montagnes rocheuses américaines comme elle l'avait une fois évoqué.


Russes, Ukrainiens et Américains vont se réunir vendredi à Abou-Dhabi

Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov. (AFP)
Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov. (AFP)
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  • "Il a été convenu que dès aujourd'hui, la première réunion d'un groupe de travail trilatéral chargé des questions de sécurité aura lieu à Abou-Dhabi"
  • L'équipe russe, menée par le général Igor Kostioukov, haut responsable de l'état-major, "se rendra dans les prochaines heures à Abou-Dhabi"

MOSCOU: La Russie, l'Ukraine et les Etats-Unis vont tenir une réunion trilatérale vendredi à Abou-Dhabi, a annoncé dans la nuit le Kremlin après un entretien à Moscou entre le président Vladimir Poutine et l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Il a été convenu que dès aujourd'hui, la première réunion d'un groupe de travail trilatéral chargé des questions de sécurité aura lieu à Abou-Dhabi", a déclaré tôt vendredi à la presse le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov.

L'équipe russe, menée par le général Igor Kostioukov, haut responsable de l'état-major, "se rendra dans les prochaines heures à Abou-Dhabi", a-t-il dit.

Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov.

M. Ouchakov a souligné que l'entretien jeudi entre MM. Poutine et Witkoff à Moscou, avait été "utile à tous points de vue", notamment pour permettre cette trilatérale.

"Les Américains ont beaucoup fait pour préparer cette réunion et ils espèrent qu'elle sera un succès et ouvrira des perspectives pour avancer sur l'ensemble de questions liées à la fin du conflit" en Ukraine, a souligné M. Ouchakov, évoquant des pourparlers de "très substantiels" avec M. Witkoff.

Une autre rencontre, consacrée aux questions économiques, aura lieu également vendredi à Abou-Dhabi entre M. Witkoff et l'émissaire du Kremlin aux questions économiques internationales, Kirill Dmitriev, a-t-il précisé.

"Nous sommes sincèrement intéressés par un réglement (du conflit) par les moyens politico-diplomatiques", a assuré M. Ouchakov. Mais "tant que ce n'est pas encore le cas, la Russie va continuer d'atteindre ses objectifs (...) sur le champ de bataille", a-t-il ajouté.

Garanties de sécurité 

Steve Witkoff, qui était accompagné par le gendre du président américain, Jared Kushner, s'est entretenu avec Vladimir Poutine pendant plus de trois heures et demie. L'émissaire a déjà rencontré le président russe à plusieurs reprises depuis un an, dans le cadre des efforts américains pour mettre fin à quatre ans de combats en Ukraine.

Depuis Davos, M. Witkoff avait auparavant vanté les progrès "significatifs" accomplis lors de sa rencontre, le week-end dernier à Miami, avec les négociateurs ukrainiens.

"Je pense que nous avons réduit le problème à un seul point", a-t-il déclaré.

A Davos, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est brièvement entretenu jeudi avec M. Trump, et a évoqué devant la presse une rencontre "positive" mais un dialogue "pas simple".

Il a toutefois assuré être parvenu à un accord sur les garanties de sécurité qui doivent être offertes par les Etats-Unis à l'Ukraine pour dissuader la Russie d'attaquer à nouveau après une éventuelle fin du conflit.

"Les garanties de sécurité, c'est prêt", a-t-il déclaré, indiquant que "le document doit être signé par les parties, par les présidents, et ensuite il ira aux parlements nationaux".

M. Zelensky a en revanche dit que l'épineuse question des territoires de l'est de l'Ukraine revendiqués par Moscou n'est "pas encore résolue".

"Sans règlement de la question territoriale (…) il ne faut pas compter obtenir un règlement à long terme", a répété vendredi le conseiller diplomatique du Kremlin après la réunion entre MM. Poutine et Witkoff.

"Kaléidoscope" 

Des négociations directes entre la Russie et l'Ukraine avaient déjà eu lieu lors de la première année de la guerre, en 2022, et à plusieurs reprises en 2025, à Istanbul. Ces pourparlers n'avaient abouti qu'à des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats, sans régler le conflit.

La Russie exige un retrait des troupes ukrainiennes du Donbass, dans l'est industriel de l'Ukraine, et un engagement de Kiev à ne pas adhérer à l'Otan. Elle a multiplié ces derniers mois les frappes sur le réseau énergétique ukrainien, provoquant des coupures d'électricité et de chauffage massives notamment dans la capitale, par des températures glaciales.

De plus en plus critique envers les Européens ces dernières semaines, M. Zelensky a prononcé un discours particulièrement dur à Davos jeudi envers ses principaux soutiens, disant voir une Europe "fragmentée" et "perdue" lorsqu'il s'agit d'influer sur les positions de Donald Trump, et manquant de "volonté politique" face à Vladimir Poutine.

Il a également jugé, malgré les promesses européennes de déploiement de troupes en Ukraine après la guerre, "qu'aucune garantie de sécurité ne peut fonctionner sans les Etats-Unis".


«Promoteur dans l'âme», Trump révèle son projet immobilier de «Nouveau Gaza»

Donald Trump a révélé jeudi son plan pour un "Nouveau Gaza", qui transformerait le territoire palestinien dévasté en un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer, un projet qui pourrait voir le jour dans trois ans. (AFP)
Donald Trump a révélé jeudi son plan pour un "Nouveau Gaza", qui transformerait le territoire palestinien dévasté en un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer, un projet qui pourrait voir le jour dans trois ans. (AFP)
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  • "Je vais avoir beaucoup de succès à Gaza, ça va être beau à voir", a déclaré le président américain alors qu'il présentait à Davos son "Conseil de paix" controversé
  • "Je suis un promoteur immobilier dans l'âme (...) et j'ai dit, regardez ce site en bord de mer, regardez ce superbe lot foncier, ce que ce pourrait être pour tant de gens"

DAVOS: Donald Trump a révélé jeudi son plan pour un "Nouveau Gaza", qui transformerait le territoire palestinien dévasté en un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer, un projet qui pourrait voir le jour dans trois ans.

La guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël en octobre 2023, a ravagé le territoire et poussé la majorité des habitants à fuir. Un cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis est entré en vigueur en octobre, mais la crise humanitaire perdure pour la plupart des Gazaouis.

"Je vais avoir beaucoup de succès à Gaza, ça va être beau à voir", a déclaré le président américain alors qu'il présentait à Davos son "Conseil de paix" controversé, initialement conçu pour superviser la reconstruction du territoire palestinien.

"Je suis un promoteur immobilier dans l'âme (...) et j'ai dit, regardez ce site en bord de mer, regardez ce superbe lot foncier, ce que ce pourrait être pour tant de gens", a-t-il dit au Forum économique mondial qui se tient dans la station de sports d'hiver suisse.

Son gendre Jared Kushner, qui n'a aucune fonction officielle mais fait office d'émissaire parmi d'autres pour le conflit à Gaza, a estimé que ce "maître projet" était voué à un "succès effrayant".

Exhibant une esquisse aux dizaines de tours d'appartements avec terrasse surplombant une allée ombragée, il a promis que ce paysage remplacerait les ruines laissées par la guerre.

"Au Moyen-Orient ils construisent des villes comme ça, pour deux ou trois millions de personnes, ils le font en trois ans", a-t-il dit. "C'est faisable en trois ans si nous voulons que ce le soit".

Il a estimé à 25 milliards de dollars les investissements nécessaires pour reconstruire les infrastructures et les services publics du territoire palestinien.

En 10 ans, le PIB de Gaza serait de 10 milliards de dollars, et le revenu moyen par foyer atteindrait 13.000 dollars, grâce "au plein emploi à 100% et aux possibilités offertes à tous".

Il a affirmé que le "Comité national pour l'administration de Gaza", censé travailler sous l'autorité du "Conseil de paix" de Donald Trump, avait reçu une proposition du promoteur immobilier israélien Yakir Gabay.

"Il s'est porté volontaire pas pour le profit, mais vraiment en écoutant son coeur", a assuré Jared Kushner. "Donc dans les 100 jours à venir nous allons continuer sans relâche à nous assurer que cela se réalise", a-t-il ajouté.

Il a estimé qu'un désarmement complet du Hamas, prévu par l'accord de cessez-le-feu conclu en octobre, convaincrait les investisseurs et les donateurs.

"Il va y avoir de fantastiques opportunités d'investissement", a conclu M. Kushner.

Sa présentation ne mentionnait pas le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays avait porté en 2025 un plan de reconstruction de Gaza soutenu par des pays arabes et accueilli favorablement par l'Union européenne.

Selon un communiqué de ses services, M. Sissi est rentré à l'aube jeudi, quelques heures après un tête-à-tête avec M. Trump au cours duquel les deux hommes ont échangé des compliments, le président américain le qualifiant de "grand leader" et de "type génial".


Rejoindre le Conseil de la paix reflète l’engagement saoudien à mettre fin au conflit à Gaza, affirme le prince Faisal

Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane, tient jeudi une charte fondatrice signée du Conseil de la paix lors du Forum économique mondial à Davos. (AFP)
Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane, tient jeudi une charte fondatrice signée du Conseil de la paix lors du Forum économique mondial à Davos. (AFP)
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  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères signe la charte fondatrice de l’initiative menée par les États-Unis lors d’une cérémonie au Forum économique mondial de Davos
  • L’Arabie saoudite fait partie des huit pays arabes et islamiques ayant annoncé mercredi leur adhésion à l’initiative, qui vise à stabiliser et reconstruire Gaza

​​​​​​DAVOS : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a signé jeudi la charte fondatrice du « Conseil de la paix » du président américain Donald Trump.

Cette décision de participation reflète le soutien du Royaume aux efforts visant à instaurer une paix durable à Gaza, a-t-il déclaré.

L’Arabie saoudite figure parmi les huit pays arabes et islamiques qui ont annoncé mercredi leur adhésion à cette initiative, dont l’objectif est de stabiliser et de reconstruire le territoire palestinien ravagé par la guerre.

Le prince Faisal a signé le document lors d’une cérémonie organisée en marge du Forum économique mondial de Davos, où le président Donald Trump a lancé la charte à l’occasion d’un événement réunissant plusieurs autres pays fondateurs, dont la Turquie et le Qatar.

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a indiqué que la signature du document témoignait de « l’engagement du Royaume à soutenir le conseil de la paix en tant qu’organe transitoire visant à mettre fin au conflit à Gaza, conformément à la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies ».

Cette initiative reflète également le soutien de l’Arabie saoudite à la reconstruction de Gaza et sa volonté de promouvoir une paix durable, tout en saluant les efforts de paix du président Trump, a ajouté le ministère.

Le président américain a contribué à la médiation d’un accord de paix en septembre, qui a largement mis fin à la guerre de deux ans menée par Israël contre Gaza, un conflit qui a dévasté le territoire et coûté la vie à plus de 70 000 Palestiniens.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com