L'Allemagne entre dans l'après-Merkel avec un gouvernement tripartite inédit

De gauche à droite : La co-leader du parti allemand Les Verts (Die Grünen) Annalena Bärbock, qui sera certainement ministre des AE, le co-leader du parti allemand Les Verts (Die Grünen) Robert Habeck, le ministre allemand des Finances (au centre), vice-chancelier et candidat des sociaux-démocrates (SPD) à la chancelerie Olaf Scholz, le chef du Parti libre-démocrate (FDP) allemand Christian Lindner, le secrétaire général du Parti libre-démocrate (FDP) Volker Wissing et le co-chef du parti social-démocrate SPD allemand Saskia Esken arrivent pour poser pour une photo de groupe le 24 novembre 2021 à Centre Westhafen à Berlin, après une dernière session de pourparlers de coalition. (Photo, AFP)
De gauche à droite : La co-leader du parti allemand Les Verts (Die Grünen) Annalena Bärbock, qui sera certainement ministre des AE, le co-leader du parti allemand Les Verts (Die Grünen) Robert Habeck, le ministre allemand des Finances (au centre), vice-chancelier et candidat des sociaux-démocrates (SPD) à la chancelerie Olaf Scholz, le chef du Parti libre-démocrate (FDP) allemand Christian Lindner, le secrétaire général du Parti libre-démocrate (FDP) Volker Wissing et le co-chef du parti social-démocrate SPD allemand Saskia Esken arrivent pour poser pour une photo de groupe le 24 novembre 2021 à Centre Westhafen à Berlin, après une dernière session de pourparlers de coalition. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 25 novembre 2021

L'Allemagne entre dans l'après-Merkel avec un gouvernement tripartite inédit

  • «Le feu tricolore est là», annonce Olaf Scholz, le futur chancelier, en référence au rouge pour le SPD, le vert pour les Verts, et le jaune pour les libéraux du FDP
  • Le programme de la coalition fait la part belle à l'environnement, à la rigueur budgétaire, la légalisation du cannabis et l’augmentation du salaire minimum
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La députée Vert et vice-présidente du Bundestag Claudia Roth, passe devant des rutilants véhicules officiels, une image qui sera impossible dans quelques années avec l'adoption du tout électrique et l'arrivée au pouvoir des... Verts. (Photo, AFP)

 

BERLIN : Le social-démocrate allemand Olaf Scholz a annoncé mercredi un accord pour prendre la tête du premier gouvernement post-Merkel, avec les Verts et les libéraux, une coalition inédite déjà confrontée à sa première crise avec la résurgence de la pandémie de Covid.

Près de deux mois après les élections législatives allemandes marquées par une débâcle historique pour le camp conservateur de la chancelière, Olaf Scholz s'apprête à lui succéder avec cette alliance hétéroclite sur le papier.

Ces trois formations, allant de la gauche pour les Verts, au centre-gauche pour les société-démocrates, à la droite avec les Libéraux, ont indiqué être tombées d'accord sur un "contrat" de coalition pour les quatre ans à venir à l'issue de plusieurs semaines de tractations.

Il fait la part belle à la protection de l'environnement, avec notamment une sortie "dans l'idéal" du charbon anticipée à 2030, contre 2038 auparavant.

"Le feu tricolore est là", a lancé devant la presse Olaf Scholz, en référence au nom donné à cette coalition du fait des couleurs politiques des trois partis (rouge, vert et jaune).

Jamais une telle combinaison politique n'a été au pouvoir dans l'Allemagne d'après-guerre.

Olaf Scholz "sera un chancelier fort", a  promis le dirigeant du FDP, Christian Lindner.

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La nouvelle coalition gouvernementale sera sous le feu des projecteurs avec la crise de la Covid-19 qui menace particulièrement l'Allemagne. Le pays a dépassé hier les 100000 morts depuis le début de la pandémie. (Photo, AFP)

 

A Washington, un porte-parole de la diplomatie américaine a déclaré que son pays était "impatient de travailler avec le nouveau gouvernement allemand sur nos objectifs de revitalisation du partenariat transatlantique, de renforcement de la coopération avec nos alliés au sein de l'Otan et d'ambition renouvelée dans nos relations avec l'Union européenne". 

Le nouvel exécutif, qui doit encore être confirmé à la Chambre des députés début décembre avant de prendre ses fonctions, n'aura toutefois droit à aucun répit. Il doit immédiatement gérer la crise sanitaire qui frappe de plein fouet la première économie européenne.

"La situation est sérieuse", a admis Olaf Scholz, 63 ans, alors que l'Allemagne craint une saturation des hôpitaux. Un milliard d'euros va d'ailleurs être débloqué en faveur du personnel soignant et aide-soignant.

"Nous allons prendre le gouvernement (...) à une période où il y a tant d'inquiétude, de peur et d'incertitude", a souligné le co-président des Verts Robert Habeck, promettant que "tout le nécessaire" sera fait pour briser la plus violente vague de contamination depuis l'apparition du virus dans le pays.

L'Allemagne va également "étudier" une éventuelle "extension" de l'obligation vaccinale, en vigueur dans l'armée et bientôt dans les établissements de soins. En revanche, la nouvelle coalition semble exclure dans l'immédiat toute idée de confinement national.

Parmi les mesures phares que le nouvel attelage veut également mettre en œuvre figurent le retour à la rigueur budgétaire dès 2023, la légalisation du cannabis et l'augmentation, chère aux sociaux-démocrates, du salaire minimum à 12 euros, contre 9,6 actuellement.

L'Allemagne tourne ainsi la page des années Merkel, celle-ci n'assurant plus que la gestion des affaires courantes depuis un mois.

D'ores et déjà les Verts sont assurés d'accéder au ministère des Affaires étrangères ainsi que d'un "super" ministère du Climat et de l'Economie tandis que le FDP, très orthodoxe sur les comptes publics, détiendra le portefeuille des Finances.

L'accord de coalition a été ficelé à l'issue de négociations menées tambour battant.

La conclusion rapide d'un accord de gouvernement devrait rassurer les autres pays européens, inquiets après les législatives de voir l'Allemagne, poids lourd de l'UE, sans réel capitaine à bord.

Et ce, au moment où les Vingt-Sept affrontent une nouvelle crise majeure à leurs portes avec l'afflux orchestré par le Bélarus de milliers de migrants à la frontière avec la Pologne.

Olaf Scholz, rompu aux arcanes de la négociation, a déjà fait ses premiers pas sur la scène internationale en accompagnant Angela Merkel au sommet du G20 le mois dernier à Rome.

Pour la première fois depuis seize ans, le SPD, arrivé en tête avec 25,7% des voix lors du scrutin législatif, va de nouveau diriger le gouvernement de la première économie européenne.

Fruit d'un compromis, le "contrat de coalition" a été mis au point en un temps record : le soir même des élections le 26 septembre, sociaux-démocrates, Verts et libéraux avaient manifesté leur volonté d'aller vite pour ne pas répéter le scénario de 2017 quand Angela Merkel avait mis plus de cinq mois à constituer son gouvernement, paralysant l'Europe.

Candidate malheureuse des écologistes à la chancellerie après une campagne ratée, Annalena Baerbock, 40 ans, devrait prendre la tête de la diplomatie allemande.

Le très important et prestigieux maroquin des Finances devrait quant à lui échoir au chef du FDP, Christian Lindner, 42 ans, tenant d'une ligne orthodoxe sur les déficits publics.

Robert Habeck devrait lui s'installer dans un "super ministère" du Climat et de l'Economie.


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.