Les géants de l'armement épargnés par la crise économique de la Covid

Cinq géants américains monopolisent cette fois encore le haut du classement mondial : Lockheed-Martin a consolidé sa première place avec des ventes d'armes de 58,2 milliard de dollars, devant Raytheon Technologies nouveau numéro deux après une grande fusion, puis Boeing, Northrop Grumman et General Dynamics. (Photo, AFP)
Cinq géants américains monopolisent cette fois encore le haut du classement mondial : Lockheed-Martin a consolidé sa première place avec des ventes d'armes de 58,2 milliard de dollars, devant Raytheon Technologies nouveau numéro deux après une grande fusion, puis Boeing, Northrop Grumman et General Dynamics. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 06 décembre 2021

Les géants de l'armement épargnés par la crise économique de la Covid

  • Derrière les 41 entreprises américaines du Top 100 et leur part de 54%, 26 sociétés européennes ont accaparé 21% des ventes totales
  • Le marché de l'armement, caractérisé par des commandes étalées sur plusieurs années est moins sensible aux aléas conjoncturels

STOCKHOLM : Les géants mondiaux de l'armement ont été largement épargnés l'an passé par les effets de la crise économique provoquée par la Covid, avec un nouveau record de leurs ventes en hausse pour la sixième année consécutive.

Le chiffre d'affaires des cent plus grands groupes du secteur de la défense a atteint en 2020 un nouveau sommet de 531 milliards de dollars (470 milliards d'euros), dont plus de la moitié par les entreprises américaines, selon un rapport de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri) publié lundi.

Cela représente une hausse de 1,3% sur un an de leurs ventes d'armement et de services militaires alors que dans le même temps l'économie mondiale a chuté de plus de 3%, souligne l'organisme de recherche basé en Suède, dont les travaux font référence en la matière.

Le chiffre d'affaires des cent plus grands groupes d'armement est en hausse continue depuis 2015, avec une progression totale de 17%, selon le Sipri.

La croissance a toutefois été plus faible en 2020 qu'en 2019, où le top 100 avait vu ses ventes bondir de 6,7%.

À l'exception des entreprises russes (-6,5% de ventes) et françaises (-7,7%), les autres principales nations ont vu leurs grandes entreprises progresser l'an dernier.

Cinq géants américains monopolisent cette fois encore le haut du classement mondial : Lockheed-Martin (avions de combat F-35, missiles...) a consolidé sa première place avec des ventes d'armes de 58,2 milliard de dollars, devant Raytheon Technologies nouveau numéro deux après une grande fusion, puis Boeing, Northrop Grumman et General Dynamics.

Le Britannique BAE Systems est le premier européen (6e) avec Airbus (11e). Les Chinois Norinco (7e) Avic (8e) et CETC (9e) et l'Américain L3Harris (10e) complètent le top 10.

Selon l'institut, la bonne résistance des grandes entreprises à la conjoncture difficile en 2020 s'explique notamment par les politiques de soutien budgétaire prises face à la pandémie et les effets des confinements.

Le secteur "a été largement protégé par le maintien de la demande des gouvernements pour du matériel militaire", souligne le Sipri.

Le marché de l'armement, caractérisé par des commandes étalées sur plusieurs années est aussi moins sensible aux aléas conjoncturels.

Mais l'industrie de la défense n'a pas été totalement immune à la Covid, notamment sur l'aspect industriel. "Dans de nombreux cas, les mesures prises pour freiner le virus ont perturbé les chaînes d'approvisionnement et retardé les livraisons", note le Sipri.

Le rapport cite ainsi le cas de Thales, première entreprise française – hors Airbus – du classement (14e), qui a attribué au confinement la baisse de 6% de son chiffre d'affaires 2020.

Les problèmes logistiques d'approvisionnement s'étant multipliés en 2021, "il est possible que ces difficultés se reflètent dans leurs ventes" cette année,  comme le prévoit par exemple Lockheed Martin, souligne Lucie Béraud-Sudreau, responsable du suivi des dépenses militaires au Sipri.

Derrière les 41 entreprises américaines du Top 100 et leur part de 54%, 26 sociétés européennes ont accaparé 21% des ventes totales. Suivent la Chine (13% du total, avec cinq entreprises) et la Russie (5%, neuf entreprises).

En comptant séparément les pays européens, la Chine est le deuxième pays et le Royaume-Uni troisième (sept entreprises, 7,1%), devant la Russie (neuf sociétés, 5%) et la France (six entreprises, 4,7%).

"La progression de la Chine comme un producteur majeur d'armement a été tirée par sa volonté de devenir plus auto-dépendante dans sa production et du fait de programmes ambitieux de modernisation" de ses armées, souligne le Sipri.

De nombreux groupes ayant aussi des activités civiles, comme Boeing ou Airbus, seules leurs ventes militaires sont comptabilisées par le Sipri.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.


Aldi dément une «éventuelle vente» de ses magasins français

Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
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  • Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché
  • D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans

PARIS: Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988.

Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché (3% selon Kantar WorldPanel fin novembre), loin derrière son rival également allemand Lidl, 6e (8,1%).

D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans, a demandé à la Deutsche Bank d'étudier un scénario de cession de sa filiale française", la maison mère "rechignant" à remettre au pot, après plus d'un milliard d'euros versés fin 2023.

"Les informations au sujet d'une éventuelle vente d'Aldi France sont fausses" a réagi Aldi Nord, sa maison mère, sollicitée par l'AFP.

"Aldi est et restera engagé à long terme sur le marché français", a assuré le groupe, pour qui les "spéculations" au "sujet d'un prétendu processus de vente" ou "retrait de France" sont "sans fondement".

"Depuis des années, nous investissons massivement dans notre assortiment ainsi que dans la modernisation de notre réseau de magasins et de logistique", a fait valoir le discounter, invoquant une stratégie "clairement axée sur l'optimisation et la croissance en France".

"L'évolution positive est constante et conforme aux objectifs du groupe Aldi Nord", a-t-il assuré.

Il reste qu'Aldi, comme Lidl, n'a pas bénéficié en France de la période de forte inflation alimentaire, qui a à l'inverse profité au numéro un Leclerc.

En outre le groupe avait déboursé en 2020 plus de 700 millions d'euros pour racheter 547 Leader Price auprès du distributeur en difficulté Casino. Aldi pesait alors 2,4% du marché de la distribution alimentaire, et Leader Price 1,5%.

Selon ses comptes consolidés pour l'année 2022, dernier exercice publié, Aldi a réalisé 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel en France, en forte hausse de 17%. Mais en creusant sa perte nette, passée en un an de près de 291 millions d'euros à 397 millions.

En cas de vente, les acheteurs potentiels ne manqueraient pas, comme l'a souligné jeudi sur son site le spécialiste du secteur Olivier Dauvers, citant Lidl, Carrefour et  Action.


Dina Powell McCormick, née en Égypte, nommée présidente et vice-présidente de Meta

Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
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  • L'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche a précédemment siégé au conseil d'administration de Meta
  • Dina Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis lorsqu'elle était enfant, rejoint l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution

LONDRES: Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente.

L'entreprise a déclaré lundi que l'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche, qui a déjà siégé au conseil d'administration de Meta, accède à un rôle de direction de haut niveau, alors que l'entreprise accélère sa progression dans les domaines de l'intelligence artificielle et de l'infrastructure mondiale.

Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis dans sa jeunesse, rejoindra l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution de l'entreprise. Elle travaillera en étroite collaboration avec les équipes de Meta chargées de l'informatique et de l'infrastructure, a indiqué l'entreprise, et supervisera les investissements de plusieurs milliards de dollars dans les centres de données, les systèmes énergétiques et la connectivité mondiale, tout en établissant de nouveaux partenariats stratégiques en matière de capital.

"L'expérience de Dina aux plus hauts niveaux de la finance mondiale, combinée à ses relations profondes dans le monde entier, la rend particulièrement apte à aider Meta à gérer cette prochaine phase de croissance en tant que présidente et vice-présidente de l'entreprise", a déclaré Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta.

Mme Powell McCormick a plus de 25 ans d'expérience dans les domaines de la finance, de la sécurité nationale et du développement économique. Elle a passé 16 ans en tant qu'associée chez Goldman Sachs à des postes de direction, et a servi deux présidents américains, notamment en tant que conseillère adjointe à la sécurité nationale de Donald Trump, et en tant que haut fonctionnaire du département d'État sous George W. Bush.

Plus récemment, elle a été vice-présidente et présidente des services à la clientèle mondiale de la banque d'affaires BDT & MSD Partners.