Théâtre, musique classique, expositions: Bagdad renoue avec la culture

Des acteurs se produisent au théâtre Al-Rasheed lors du Festival international de théâtre de Bagdad dans la capitale irakienne de Bagdad, le 26 novembre 2021. (Photo, AFP)
Des acteurs se produisent au théâtre Al-Rasheed lors du Festival international de théâtre de Bagdad dans la capitale irakienne de Bagdad, le 26 novembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 07 décembre 2021

Théâtre, musique classique, expositions: Bagdad renoue avec la culture

  • D'habitude, la capitale irakienne fait les gros titres de la presse internationale pour une actualité géopolitique chargée, et violente
  • Mais en coulisses, une timide renaissance culturelle se poursuit ces dernières années, venant rappeler l'âge d'or d'une capitale historiquement considérée comme un pôle de création dans le monde arabe

BAGDAD : Godot à Bagdad, une foire du livre sur les bords du Tigre, des concerts et des expositions à foison: dans la capitale irakienne, après des décennies de guerre et de privations, la scène artistique bouillonne.

Près d'une salle de sport et d'un café à la décoration épurée, cela fait à peine un mois que The Gallery a ouvert ses portes.

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Des artistes irakiens peignent lors d'un festival culturel annuel dans la rue Abu Nawas de la capitale Bagdad, le long du Tigre, le 27 novembre 2021. (Photo, AFP)

Mais quand la salle d'exposition organise un vernissage, ils sont des dizaines à patienter sur le trottoir. Ce soir, ils contempleront les peintures abstraites aux couleurs vives de Riyadh Ghenea, artiste irako-canadien rendant hommage à sa défunte mère, Ghaniya.

"Ghaniya c'est la patrie, Ghaniya a souffert de toutes les phases qu'a traversé l'Irak", raconte l'artiste, moustache pointue et smoking noir.

Rentré à Bagdad en 2011, "je n'ai trouvé ni ma mère ni le pays que j'avais quitté", ajoute-t-il.

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Un visiteuse se reflète sur un miroir le 27 novembre 2021 entre les portraits des poètes irakiens Muhammad Mahdi al-Jawahiri et Badr Shakir al-Sayyab lors de la huitième édition d'un festival annuel du livre dans la rue Abu Nawas de la capitale Bagdad. (Photo, AFP)

D'habitude, la capitale irakienne fait les gros titres de la presse internationale pour une actualité géopolitique chargée, et violente.

Mais en coulisses, malgré la pandémie et les tribulations politiques, une timide renaissance culturelle se poursuit ces dernières années, venant rappeler l'âge d'or d'une capitale historiquement considérée comme un pôle de création dans le monde arabe.

Des galeries ouvrent, les festivals s'enchaînent, attirant des foules avides de rattraper le temps perdu après des conflits à répétition.

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Des visiteurs assistent au vernissage d'une exposition de l'artiste plasticien Riyad Ghenea dans la capitale irakienne de Bagdad, le 26 novembre 2021. (Photo, AFP)

Il y a eu l'invasion américaine de 2003 qui renversa Saddam Hussein puis les années de violences confessionnelles. Jusqu'à la montée en puissance des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et les attentats sanglants.

«Echappatoire»

L'enfance d'Amir? "Que des guerres", reconnaît ce pharmacien de 25 ans, employé dans un hôpital public: "Il y avait zéro intérêt pour l'art".

Devant The Gallery, il avoue que son dada c'est le cinéma, les courts-métrages et Christopher Nolan. "L'art permet de soigner le stress de notre vie quotidienne", assure Amir.

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L'artiste plasticien Riyad Ghenea (à droite) reçoit des fleurs lors du vernissage de son exposition dans la capitale irakienne de Bagdad, le 26 novembre 2021. (Photo, AFP)

Entre le coronavirus, la répression sanglante des manifestations antipouvoir de 2019 et les tensions politiques, le calme à Bagdad ne tient qu'à un fil.

Dans un Irak riche en hydrocarbures mais où les financements publics restent trop modestes, ce sont principalement des initiatives individuelles ou celles d'instituts culturels étrangers qui portent la vie artistique.

"Nous sommes comme dans n'importe quel pays, nous avons le droit à l'art pour nous divertir" indique la directrice de The Gallery Noor Alaa al-Din, vêtue d'un tailleur noir patte d'éléphants. "Les gens ont soif d'art, ils veulent développer leur goût artistique, c'est un échappatoire", dit-elle.

«Rien vu de tel»

En une douce après-midi de novembre, ils sont plusieurs milliers de visiteurs rassemblés sur les bords du Tigre. Pour sa huitième édition, le festival "Je suis Irakien... Je lis", distribue gratuitement 30 000 livres, toutes spécialités confondues: littérature, philosophie, langues étrangères.

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Les Irakiens parcourent le 27 novembre 2021 des livres lors de la huitième édition d'un festival annuel du livre dans la rue Abu Nawas de la capitale Bagdad. (Photo, AFP)

Des volontaires écoutent les requêtes et proposent des titres aux visiteurs. Tout près de là sur une estrade, un chanteur égrène des musiques du folklore irakien, accompagné par un oud et un santour.

Dans une ambiance joyeuse, la foule se mélange: jeunes endimanchés, cheveux gominés et costumes cintrés de dandys modernes, couples accompagnés des enfants, des dames du troisième âge qui profitent d'une sortie entre copines.

Un mobilisation tout aussi enthousiaste a accompagné la deuxième édition du Festival international du théâtre, organisée fin novembre par le ministère de la Culture.

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Les Irakiens parcourent le 27 novembre 2021 des livres lors de la huitième édition d'un festival annuel du livre dans la rue Abu Nawas de la capitale Bagdad. (Photo, AFP)

"Les premiers jours, il n'y avait pas suffisamment de places" pour le public, s'enthousiasme le directeur du théâtre Al-Racheed, Ali Abbas.

Au programme: des spectacles gratuits et des troupes venues d'Egypte, de Tunisie, d'Allemagne ou d'Italie. Mais aussi des artistes irakiens, à l'instar du metteur en scène Anas Abdel Samad qui a présenté sa pièce "Yes Godot".

M. Abbas reconnaît que "la situation a drastiquement changé" comparé à ses débuts en 2007: "Naguère, les Irakiens eux-mêmes avaient peur de sortir dans les rues".

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Des artistes irakiens peignent lors d'un festival culturel annuel dans la rue Abu Nawas de la capitale Bagdad, le long du Tigre, le 27 novembre 2021. (Photo, AFP)

Le comédien allemand Hanno Friedrich est venu jouer sa pièce "Tyll", adaptée d'un roman mêlant folklore européen à la guerre de 30 ans au XVIIe siècle. Il venait pour la première fois à Bagdad. "On nous a dit +n'y allez pas, c'est dangereux+", reconnaît M. Friedrich, 55 ans.

L'interaction avec le public irakien? "Les gens sont montés sur scène et nous ont pris dans leurs bras. Ils nous ont dit n'avoir jamais rien vu de tel. On en a eu la chair de poule et les larmes aux yeux".


Le projet de Beirut Museum of Art, une lueur d'espoir dans un Liban en crise

Le BeMA présentera la grande diversité de l'art libanais et fournira des installations pour l'éducation, la numérisation, la restauration, le stockage et les programmes de résidence. (Fourni/WORKac)
Le BeMA présentera la grande diversité de l'art libanais et fournira des installations pour l'éducation, la numérisation, la restauration, le stockage et les programmes de résidence. (Fourni/WORKac)
Le projet de Beirut Museum of Art peut-il aider le Liban à redécouvrir son identité et à se remettre de ses nombreux traumatismes ? (Fourni/WORKac)
Le projet de Beirut Museum of Art peut-il aider le Liban à redécouvrir son identité et à se remettre de ses nombreux traumatismes ? (Fourni/WORKac)
Le cabinet d'architectes new-yorkais WORKac a été contacté en 2018 pour concevoir le nouveau musée, qui devrait être achevé en 2026. (Fourni/WORKac)
Le cabinet d'architectes new-yorkais WORKac a été contacté en 2018 pour concevoir le nouveau musée, qui devrait être achevé en 2026. (Fourni/WORKac)
Situé dans le quartier chic de Badaro, le musée se dressera sur ce qui était autrefois la « ligne verte » qui divisait Beyrouth pendant la guerre civile. (Fourni/WORKac)
Situé dans le quartier chic de Badaro, le musée se dressera sur ce qui était autrefois la « ligne verte » qui divisait Beyrouth pendant la guerre civile. (Fourni/WORKac)
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  • Les architectes new-yorkais WORKac ont été contactés en 2018 pour concevoir le nouveau musée d'art de Beyrouth
  • Le BeMA se dressera sur ce qui était autrefois la « ligne verte » divisant la capitale libanaise pendant la guerre civile

DUBAI : Pour de nombreux Libanais, le passé peut être un sujet douloureux. Une guerre civile a détruit de larges pans du pays entre 1975 et 1990. La période d'après-guerre a été marquée par des conflits sectaires et le dysfonctionnement du gouvernement.

Mais malgré les traumatismes des dernières décennies, le Liban reste une terre d'une immense richesse culturelle, avec une histoire riche qui se reflète dans son patrimoine architectural, culturel et anthropologique.

C'est pourquoi le Beirut Museum of Art, ou BeMA, qui doit ouvrir en 2026, a été présenté comme une « lueur d'espoir » dans un pays en proie à la paralysie politique, au déclin économique et à une crise humanitaire de plus en plus grave.

Lorsque Sandra Abou Nader et Rita Nammour ont lancé le projet du musée, leur objectif était de présenter la grande diversité de l'art libanais et de fournir des installations pour l'éducation, la numérisation, la restauration, le stockage et les programmes de résidence d'artistes.

« Elles ont réalisé qu'il y avait, en fait, très peu de visibilité pour la scène artistique libanaise, dans le pays et à l'étranger, et pour les artistes libanais, qu'ils soient modernes ou contemporains », a déclaré Juliana Khalaf, consultante en art du BeMA, à Arab News.

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Vues du BeMA générées par ordinateur. Décrit comme un « jardin de sculptures vertical », il comprendra trois étages de galeries qui emprunteront des éléments aux designs Art déco locaux. (Fourni/WORKac)

Environ 700 œuvres d'art seront exposées dans le nouveau lieu, provenant de la collection du ministère libanais de la culture, qui compte plus de 2 000 pièces, dont la plupart sont stockées depuis des décennies.

« Nous allons abriter cette très importante collection », a déclaré M. Khalaf. « Nous l'appelons la collection nationale et elle appartient au public. C'est notre rôle de la rendre, pour la toute première fois, accessible. Elle n'a jamais été vue auparavant. »

Les œuvres d'art, créées par plus de 200 artistes et datant de la fin du XIXe siècle à nos jours, racontent l'histoire de ce petit pays méditerranéen, de son époque de renaissance et d'indépendance à la période de la guerre civile et au-delà.

La collection comprend des œuvres de l'écrivain, poète et artiste visuel libano-américain Khalil Gibran et de son mentor, le maître influent de la fin de l'ère ottomane Daoud Corm, réputé pour ses portraits et ses natures mortes sophistiqués.

Des œuvres de pionniers du modernisme libanais tels que Helen Khal, Saloua Raouda Choucair et Saliba Douaihy figureront également dans la collection, de même que plusieurs artistes moins connus du XXe siècle, dont Espérance Ghorayeb, qui a créé plusieurs compositions abstraites rares dans les années 1970.

« La collection est un rappel du magnifique héritage que nous avons », a déclaré Khalaf. « Elle nous montre notre culture à travers les yeux de nos artistes ».

Parmi les priorités de l'équipe du BeMA, en partenariat avec l'Institut des sciences de la conservation de Cologne, figure la restauration de la collection, qui comprend plusieurs peintures et œuvres sur papier endommagées par la guerre, la négligence, un stockage inadéquat ou simplement l’écoulement du temps.

Le rassemblement des informations sur les artistes et leurs effets sur le patrimoine artistique du Liban est une autre priorité pour l'équipe du BeMA, et c'est une tâche qui s'est avérée difficile étant donné le manque de ressources publiées et de moyens pour les cataloguer.

 


Sur les murs de Cotonou, des graffeurs peignent «le nouveau Bénin» et ses trésors

Le célèbre artiste brésilien Edgar Bernardo Dos Santos (Photo, AFP).
Le célèbre artiste brésilien Edgar Bernardo Dos Santos (Photo, AFP).
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  • Cette juridiction spéciale, mise en place en 2016 pour mettre fin à l'impunité au sein de la classe politique, est perçue par ses détracteurs comme le bras armé du pouvoir
  • Elle a notamment condamné à de très lourdes peines d'emprisonnement les principales figures de l'opposition au Bénin, mais le pouvoir dénie, lui, toute forme d'ingérence

COTONOU: Juché sur un échafaudage, le célèbre artiste brésilien Edgar Bernardo Dos Santos (Ed-Mun), bombe de peinture en main, scrute d'un regard minutieux l'oeuvre qu'il vient de graffer sur un mur de Cotonou, la capitale économique du Bénin.

Sur fond bleu et jaune, il retouche ensuite au pinceau sa représentation de la statue mi-homme mi-requin du roi Béhanzin, l'un des 26 trésors pillés par les troupes coloniales françaises à la fin du 19ème siècle et restitués fin 2021 au Bénin après plus de deux ans de négociation entre Paris et Cotonou.

A ses côtés, 25 autres graffeurs, dont 15 également venus de l'étranger, agitent bombes et pinceaux, pour raconter en peinture l'histoire et la culture du Bénin sur ce mur de plus d'un kilomètre longeant le port de Cotonou.

Leur objectif: réaliser la plus grande fresque murale du monde dans le cadre du festival Effet Graff, qui a retenu pour sa huitième édition le thème, le "Nouveau Bénin".

Plus de 700 mètres de mur ont été colorés depuis le 11 avril (Photo, AFP).
Plus de 700 mètres de mur ont été colorés depuis le 11 avril (Photo, AFP).

Plus de 700 mètres de mur ont été colorés depuis le 11 avril, et les organisateurs espèrent l'agrandir à 1 300 mètres lors de la neuvième édition qui doit se tenir début 2023. Ils espèrent ainsi battre le record de la plus longue fresque graffiti du monde.

"Pour réaliser le Bénin du futur, il faut garder le Bénin du passé sous nos yeux", explique Laurenson Djihouéssi, de son nom d'artiste Mr Stone, graffeur et promoteur du festival.

Alors nombreux sont les graffeurs qui ont choisi de représenter sur ce mur les 26 trésors restitués, présentés depuis février pour la première fois au Bénin au sein d'une exposition historique au palais présidentiel, situé à quelques centaines de mètres de là.

«L'art au public»

"Là-bas, le public va en direction de l'art, mais ici l'art va au public", explique le graffeur Mr Stone, qui a décidé de rendre hommage aux amazones, les troupes d'élite uniquement constituées de femmes du royaume du Dahomey (l'un des royaumes constituant le Bénin avant la colonisation).

Leurs tuniques guerrières sont désormais visibles au sein de l'exposition présentée à la présidence, mais Mr Stone a décidé de représenter une amazone avec une cape, sur laquelle sont dessinés les emblèmes du royaume du Dahomey.

"C'est une continuité de l'exposition (à la présidence) et nous misons ici sur le graffiti qui est un grand vecteur de communication pour nous reconnecter à notre histoire", ajoute le graffeur.

Avec cette oeuvre, l'artiste veut placer la femme béninoise "au coeur de l'action et du développement", dit-il, qu'elle "soit une amazone des temps modernes".

Mais ce n'est pas seulement l'histoire royale du Bénin peinte sur cette fresque qui attire les passants par dizaines. 

Soutenu par la fondation Claudine Talon, la Première dame du Bénin, et le ministère de la Culture, ce mur met également en avant les récentes réalisations entreprises dans le pays ouest-africain.

Modernisation 

Drusille Fagnibo, 32 ans, est l'une des rares femmes artistes participant au festival. Chapeau en raphia sur la tête, elle s'active sous un soleil de plomb pour terminer son oeuvre.

Des grues évoquant la réforme du port de Cotonou, poumon économique du pays, en passant par les machines agricoles, en référence à la modernisation du secteur de l'agriculture, ou encore les voies bitumées, symboles des centaines de kilomètres de routes construites, les principaux chantiers lancés par le président béninois Patrice Talon sont représentés sur cette fresque.

Depuis sa première élection en 2015, le chef de l'Etat réélu en 2021 a mené des dizaines de projets tous azimuts en vue d'engager son pays dans la voie du développement. Cette impressionnante modernisation de l'économie, aussi rapide qu'à marche forcée, s'est aussi accompagnée d'un important recul démocratique, selon l'opposition, réduite quasiment à néant aujourd'hui.

Sur son pan du mur, Drusille Fagnibo a également représenté le bâtiment de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).

Cette juridiction spéciale, mise en place en 2016 pour mettre fin à l'impunité au sein de la classe politique, est perçue par ses détracteurs comme le bras armé du pouvoir. Elle a notamment condamné à de très lourdes peines d'emprisonnement les principales figures de l'opposition au Bénin, mais le pouvoir dénie, lui, toute forme d'ingérence.


Menart Fair 2022 : Zerrouki Boukhari, artiste algérien

Zerrouki Boukhari, artiste peintre algérien. (Photo fournie)
Zerrouki Boukhari, artiste peintre algérien. (Photo fournie)
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  • L’artiste a exposé à Alger, Oran, à Moscou lors de l’exposition collective Expressions d’Algérie avec d’autres artistes algériens comme Issiakhem, Kadda Medjeded et Ballagh en 1989
  • Il se nourrit des intrigues d'une société algérienne en pleine mutation qui s’en inspire dans le processus créatif de ses œuvres.

PARIS : Après des études à l’École nationale d’architecture et des Beaux-arts d’Alger, Zerrouki Boukhari, artiste peintre, décorateur et scénographe algérien, est devenu un fin observateur d’une société en pleine mutation. Il se nourrit des intrigues qui s’y déroulent et s’en inspire dans le processus créatif de ses œuvres. L’artiste a exposé à Alger, Oran, à Moscou lors de l’exposition collective Expressions d’Algérie avec d’autres artistes algériens comme Issiakhem, Kadda Medjeded et Ballagh en 1989, et à Casablanca, Tunis et Nouakchott lors de l’exposition Art contemporain maghrébin en 1990.  

Représenté par l’Ayn Gallery (Paris), Zerrouki Boukhari, explique à Arab News en français le processus de création et les symboles qu’il a intégrés dans les œuvres exposées à la Menart Fair 2022.