Instagram donne quelques gages de protection des adolescents avant une audition explosive au Congrès

Fin septembre, le groupe californien avait mis sur pause son travail sur une version d'Instagram pour les moins de 13 ans, mais n'y a pas renoncé. (Photo, AFP)
Fin septembre, le groupe californien avait mis sur pause son travail sur une version d'Instagram pour les moins de 13 ans, mais n'y a pas renoncé. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 08 décembre 2021

Instagram donne quelques gages de protection des adolescents avant une audition explosive au Congrès

  • L'application va notamment empêcher les utilisateurs de mentionner dans leurs publications des adolescents qui ne sont pas abonnés à leur profil
  • Le réseau social va aussi proposer, en mars 2022, des outils pour permettre aux parents de voir combien de temps leurs enfants passent sur l'application et instaurer des limites

SAN FRANCISCO : Le patron d'Instagram, Adam Mosseri, a donné mardi quelques gages sur la protection des adolescents, à la veille de son audition sur le sujet au Congrès qui promet d'être tendue, des élus dénonçant déjà ses annonces comme une "diversion".

L'ancien entrepreneur qui dirige Instagram depuis trois ans n'a pas annoncé de modification majeure mais plutôt une série de changements à la marge "pour que les jeunes soient encore mieux protégés sur Instagram".

L'application va notamment empêcher les utilisateurs de mentionner dans leurs publications des adolescents qui ne sont pas abonnés à leur profil. Elle avait déjà rendu les comptes des mineurs privés par défaut quand ils s'inscrivent.

Le réseau social va aussi proposer, en mars 2022, des outils pour permettre aux parents de voir combien de temps leurs enfants passent sur l'application et instaurer des limites. Ils auront prochainement accès à un centre d'informations avec des tutoriels et des conseils d'experts.

Autre nouveauté, Instagram lance, sur tous les grands marchés anglophones, l'option "Fais une pause", qui suggérera aux utilisateurs d'arrêter pendant un moment de faire défiler des contenus sur l'appli.

"Des études préliminaires montrent que quand les ados activent ce rappel, plus de 90% le gardent actif ensuite", précise Adam Mosseri dans le communiqué de l'entreprise.

Le patron a aussi annoncé l'apparition, en janvier, d'un nouvel espace au sein de l'application qui permettra aux adolescents de passer en revue toute leur activité sur Instagram, des contenus postés aux commentaires, en passant par les "likes", et éventuellement d'en supprimer une partie, afin de leur permettre de "gérer plus facilement leur empreinte numérique".

Une «diversion»

Ces modifications n'ont pas convaincu le sénateur démocrate Richard Blumenthal.

"C'est un tout petit pas, très loin de ce qui est nécessaire pour protéger les enfants et les consommateurs", a-t-il déclaré mardi.

Ces annonces "semblent davantage conçues pour distraire de l'audition de demain que pour parvenir à de réelles avancées pour la sécurité des mineurs", a ajouté l'élu, qui a déjà interrogé au Congrès Antigone Davis, responsable de la sûreté chez Facebook.

Fin septembre, le groupe californien avait mis sur pause son travail sur une version d'Instagram pour les moins de 13 ans, mais n'y a pas renoncé.

"Je continue d'accueillir favorablement une collaboration productive avec les législateurs en vue d'accomplir notre objectif commun : créer un monde en ligne qui bénéficie aux générations futures tout en les protégeant", a indiqué Adam Mosseri.

"C'est une annonce creuse" pour "faire diversion", a de son côté réagi la sénatrice républicaine Marsha Blackburn, cheffe de file des républicains à la sous-commission sénatoriale à la Protection des consommateurs, qui va entendre le dirigeant mercredi.

Président de la Family Online Safety Institute, association de défense des familles utilisatrices d'internet, Stephen Balkam a lui salué un signe "encourageant". "C'est le dernier d'une longue série d'améliorations qu'a faite Instagram depuis deux ou trois ans."

"Instagram est plus sûr qu'il ne l'était", a-t-il poursuivi, "moins toxique pour les adolescents. Mais il ne sera jamais parfait, jamais complètement sûr. Mais c'est vrai de tous les réseaux sociaux."

L'image d'Instagram et de sa maison mère Facebook, depuis rebaptisée Meta Platforms, a été largement ternie par la lanceuse d'alerte Frances Haugen, une ex-employée de Facebook qui a fait fuiter cet automne des documents internes.

Ils montrent que les dirigeants avaient conscience de certains risques pour les mineurs, notamment pour la santé mentale de certaines jeunes filles confrontées, image après image, au mythe du corps féminin idéal.

«Impact positif»

Mi-septembre, en réponse au scandale, Instagram avait dit réfléchir à un système qui encouragerait les utilisateurs à ne pas s'appesantir sur certains contenus.

"Nous aurons bientôt plus d'informations à partager là-dessus, et sur des changements en matière de recommandations aux adolescents", a assuré Adam Mosseri mardi.

Il a aussi répété qu'il voyait, "tous les jours, l'impact positif qu'a Instagram sur la jeunesse partout dans le monde".

Lors de ses nombreuses auditions devant des parlementaires de plusieurs pays, dont ceux de la même commission sénatoriale qui entendra Adam Mosseri, la lanceuse d'alerte Frances Haugen avait réclamé à Facebook et Instagram de partager le produit de leurs recherches sur les effets de ces plateformes sur leurs utilisateurs.

C'est également ce qu'ont demandé une dizaine d'universitaires du monde entier dans une lettre ouverte à Mark Zuckerberg, publiée lundi et signée par plus de 200 de leurs pairs.

"Nous vous demandons de solliciter un examen indépendant et transparent de toutes vos recherches passées, présentes et futures sur la santé mentale des enfants et des adolescents", ont écrit les auteurs.


Londres annonce des mesures de soutien pour la reconstruction de l'Ukraine

Un policier se tient devant l'entrée du Palazzo dei Congressi à la veille d'une conférence internationale de deux jours sur la reconstruction de l'Ukraine à Lugano le 3 juillet 2022 (Photo, AFP).
Un policier se tient devant l'entrée du Palazzo dei Congressi à la veille d'une conférence internationale de deux jours sur la reconstruction de l'Ukraine à Lugano le 3 juillet 2022 (Photo, AFP).
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  • Londres soutiendra notamment la reconstruction de la ville et de la région de Kiev
  • Ces nouveaux fonds vont porter l'aide militaire britannique à Kiev à 2,3 milliards de livres

LONDRES: La ministre des Affaires étrangères britannique Liz Truss présentera lundi un vaste plan de soutien pour aider l'Ukraine à long terme et participer à la reconstruction du pays une fois la guerre avec la Russie terminée.

Lors de la conférence sur la reconstruction de l'Ukraine à Lugano, en Suisse, Mme Truss exposera les projets du Royaume-Uni pour soutenir le pays à court terme, à travers l'aide humanitaire, mais aussi à plus long terme pour relancer l'économie ukrainienne en apportant l'expertise financière et économique britannique, a indiqué son ministère dans un communiqué dimanche.

Londres soutiendra notamment la reconstruction de la ville et de la région de Kiev, à la demande du président Zelensky, indique le Foreign office.

Le Royaume-Uni compte également travailler avec Kiev et ses alliés pour accueillir la conférence sur la relance de l'Ukraine en 2023 et établira un bureau à Londres pour aider à coordonner ces efforts.

"Le redressement de l'Ukraine après la guerre d'agression de la Russie sera le symbole du pouvoir de la démocratie sur l'autocratie. Cela montrera à Poutine que ses tentatives de détruire l'Ukraine n'ont abouti qu'à une nation plus forte, plus prospère et plus unie", a déclaré la cheffe de la diplomatie britannique, en amont de la conférence.

"Nous avons été en tête en termes de soutien à l'Ukraine pendant la guerre et continuerons à être en tête du soutien au plan de reconstruction et de développement du gouvernement ukrainien", a-t-elle affirmé.

Mercredi, le gouvernement britannique avait annoncé débloquer un milliard de livres (1,16 milliard d'euros) d'aide militaire supplémentaire à l'Ukraine pour répondre à l'invasion russe, comprenant des systèmes de défense anti-aérienne et des drones.

Ces nouveaux fonds vont porter l'aide militaire britannique à Kiev à 2,3 milliards de livres.


Passe d'armes entre Jeff Bezos et la Maison Blanche sur les prix de l'essence

Le fondateur et PDG d'Amazon, Jeff Bezos (Photo, AFP).
Le fondateur et PDG d'Amazon, Jeff Bezos (Photo, AFP).
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  • La flambée des prix à la pompe, plombe la popularité du président démocrate
  • La porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, est venu à la défense de Joe Biden

NEW YORK: Le multimilliardaire et fondateur d'Amazon Jeff Bezos a estimé que le président américain se fourvoyait en appelant les distributeurs d'essence à faire baisser les prix rapidement, poussant dimanche plusieurs responsables de la Maison Blanche à défendre Joe Biden.

"Mon message aux entreprises qui exploitent des stations-service et qui fixent les prix à la pompe est simple: nous sommes en temps de guerre et de péril mondial", a écrit le président américain sur Twitter samedi. "Réduisez le prix que vous facturez à la pompe pour refléter le coût que vous payez pour le produit. Et faites-le maintenant".

Pour M. Bezos, ce raisonnement relève "soit d'une tentative de diversion, soit d'une profonde incompréhension de la dynamique de base du marché".

"L'inflation est un problème bien trop important pour que la Maison Blanche continue à faire des déclarations comme celle-ci", a-t-il réagi samedi sur le réseau social.

La flambée des prix à la pompe, devenue un symbole de la montée générale des prix, plombe la popularité du président démocrate, qui reproche régulièrement aux géants pétroliers de s'enrichir sans faire d'efforts pour résoudre le problème.

Ces derniers rétorquent qu'ils font croître leur production et qu'ils font fonctionner les raffineries américaines à des cadences très élevées mais que les prix sont fixés sur le marché mondial et sont soumis à des dynamiques en dehors de leur contrôle.

La porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, est venu à la défense de Joe Biden dimanche en remarquant sur Twitter que les prix du brut ont baissé "d'environ 15 dollars au cours du mois passé" mais que les prix à la pompe "sont à peine redescendus". "Il ne s'agit pas de la +dynamique de base du marché+. C'est un marché qui laisse tomber le consommateur américain".

Le gallon d'essence aux États-Unis s'est hissé début juin au-dessus du seuil symbolique des 5 dollars le gallon pour la première fois. Il est un peu redescendu depuis mais reste loin des 3,10 dollars d'il y a un an.

John Kirby, qui coordonne la communication de la Maison Blanche sur les questions stratégiques, a défendu, dimanche lors d'une interview sur Fox, la position de Joe Biden.

"Le président travaille très très dur, sur plusieurs fronts (...) pour tenter de réduire les prix" à la pompe, a-t-il assuré avant d'évoquer entre autres sa proposition de suspendre la taxe fédérale sur l'essence pendant l'été -qui doit être acceptée par le Congrès, ou la décision de puiser massivement dans les réserves stratégiques de pétrole.

"Il sait que cela ne résoudra pas tous les problèmes, mais cela aidera si tout le monde coopère, et nous pourrions faire baisser le prix d'au moins environ 1 dollar le gallon", a-t-il ajouté.


Enquête après le piratage des comptes Twitter et Youtube de l'armée britannique

Un informaticien effectue une démonstration de piratage au Forum international de la cybersécurité (FIC) à Lille (Photo, AFP).
Un informaticien effectue une démonstration de piratage au Forum international de la cybersécurité (FIC) à Lille (Photo, AFP).
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  • «Nous allons mener une enquête complète et tirer les leçons de cet incident»
  • L'armée britannique a présenté ses excuses sur Twitter pour l'«interruption temporaire» de ses contenus

LONDRES: Une enquête est en cours après le piratage des comptes Twitter et Youtube de l'armée britannique, a annoncé dimanche le ministère de la Défense.

"Nous avons connaissance d'une violation des comptes Twitter et YouTube de l'armée et une enquête est en cours. L'armée prend la sécurité de l'information très au sérieux et nous sommes en train de résoudre le problème", a indiqué le ministère de la Défense sur Twitter.

"Tant que leur enquête n'est pas terminée, il serait inapproprié de commenter davantage", a ajouté le ministère.

Des vidéos sur la crypto-monnaie et des images de l'homme d'affaires Elon Musk sont apparues sur la chaîne Youtube de l'armée tandis que son compte Twitter officiel a retweeté un certain nombre de messages semblant liés aux NFT.

Le NFT, pour "non-fungible token" ou jeton non fongible, est un format numérique qui permet d'associer à tout objet virtuel, qu'il s'agisse d'une image, photo, animation, vidéo, ou morceau de musique, un certificat d'authenticité enregistré sur une chaîne de blocs (ou "blockchain"), la technologie qui sert de base notamment aux cryptomonnaies comme le bitcoin.

L'armée britannique a présenté ses excuses sur Twitter pour l'"interruption temporaire" de ses contenus, et annoncé la reprise du service normal de son compte.

"Nous allons mener une enquête complète et tirer les leçons de cet incident", a indiqué l'armée.