Scholz succède à Merkel et promet à l'Allemagne un «nouveau départ»

Le chancelier allemand Olaf Scholz prête serment du président du Bundestag (chambre basse du parlement) Baerbel Bas lors d'une session au Bundestag (chambre basse du parlement) à Berlin le 8 décembre 2021 pour prêter serment. (Photo, AFP)
Le chancelier allemand Olaf Scholz prête serment du président du Bundestag (chambre basse du parlement) Baerbel Bas lors d'une session au Bundestag (chambre basse du parlement) à Berlin le 8 décembre 2021 pour prêter serment. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 08 décembre 2021

Scholz succède à Merkel et promet à l'Allemagne un «nouveau départ»

  • Sur les 736 membres du Bundestag issu du scrutin du 26 septembre, 395 ont voté pour Olaf Scholz, 303 contre et 6 se sont abstenus, lui permettant de devenir le neuvième chancelier de l'Allemagne d'après-guerre
  • Réputé pour sa sobriété, le nouveau chef de gouvernement, souriant, a reçu les félicitations de nombre d'élus, des bouquets de fleurs -ainsi qu'une corbeille de pommes- et posé pour de nombreux selfie

BERLIN: Un "nouveau départ": le social-démocrate Olaf Scholz a ouvert une nouvelle ère en Allemagne et en Europe en succédant mercredi à la chancelière Angela Merkel, qui s'est effacée sans effusion après 16 ans de pouvoir. 

Au terme d'une journée au déroulé très codifié, la dirigeante conservatrice, qui a presque égalé, à neuf jours près, le record de longévité de son mentor, Helmut Kohl, a passé le relais à son ancien ministre, devenu le nouvel homme fort de la première puissance économique européenne. 

Avant de quitter la chancellerie, imperturbable malgré les applaudissements d'employés et de passants, Mme Merkel a appelé son successeur à "travailler pour le bien" de l'Allemagne. M. Scholz lui a en retour rendu hommage pour "tout ce (qu'elle) a fait pour notre pays" et promis un "nouveau départ". 

Celle qui est surnommée "l'éternelle chancelière" va désormais aborder après 31 ans de carrière politique une nouvelle tranche de sa vie, encore entourée de mystère. 

"Je voulais voir Mme Merkel pour la dernière fois (...) Elle représente la stabilité pour le monde entier, y compris l'Europe et l'Allemagne", a expliqué à l'AFP une des personnes rassemblées devant la chancellerie, Enrique Velazco, 30 ans. "Je l'aime bien parce qu'elle est pragmatique. Je suis un peu triste aujourd'hui". 

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Attelage inédit 

M. Scholz, élu par une confortable majorité des 736 députés du Bundestag, a lui pris possession de son nouveau bureau et va pouvoir affronter les premières difficultés de son mandat de quatre ans. 

Dans la matinée, cette austère personnalité de 63 ans avait prêté serment au Bundestag en lisant l'article 56 de la Loi fondamentale dans laquelle il promet notamment "de consacrer" ses "forces au bien du peuple allemand". 

Ses parents et sa femme, Britta Ernst, une ministre régionale sociale-démocrate, ont assisté à l'événement. 

Son père, âgé de 86 ans, a confié que son fils, une sorte de "je-sais-tout" quand il était enfant, lui avait prédit à l'âge de 12 ans qu'il deviendrait chancelier. 

Marginalisé dans son propre parti il y a encore deux ans, M. Scholz est désormais à la tête d'un attelage inédit formé avec les Verts et les Libéraux du FDP. 

Féministe convaincu, Olaf Scholz prendra à sa suite les rênes d'un gouvernement composé pour la première fois d'autant d'hommes que de femmes, dont certaines occupent des postes clés comme les Affaires étrangères ou l'Intérieur. 

Plusieurs fois ministre, ancien maire de Hambourg, M. Scholz a reçu une myriade d'hommages des dirigeants du monde entier. 

Le président français Emmanuel Macron a promis à Olaf Scholz d'écrire "la suite ensemble". La présidente de la Commission européenne, l'Allemande Ursula von der Leyen, entend travailler avec lui "pour une Europe forte". 

Olaf Scholz les rencontrera tous les deux vendredi à l'occasion de son premier déplacement à l'étranger. 

Le Kremlin a souhaité quant à lui "une relation constructive" avec le nouveau chancelier, après des années de tensions entre Moscou et Berlin, attisées par l'empoisonnement d'Alexeï Navalny et des affaires d'espionnage imputées à la Russie. 

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Menace 

La partie n'est pas gagnée avec Moscou: lors de sa première interview en tant que chancelier, M. Scholz a menacé la Russie en cas d'invasion de l'Ukraine de "conséquences" sur le controversé gazoduc Nord stream 2 reliant les deux pays. 

Le président chinois Xi Jinping a lui fait savoir que la Chine était prête à élever à un "nouveau niveau" les relations avec l'Allemagne. 

La rapidité de Xi Jinping à féliciter le nouveau chancelier allemand contraste avec le traitement reçu par le président américain Joe Biden. Les Verts, dont la nouvelle cheffe de la diplomatie, Annalena Baerbock, promettent pourtant de durcir le ton avec Pékin. 

Mais c'est sur la scène intérieure que M. Scholz et son équipe vont devoir affronter leurs premiers obstacles, avec en particulier une situation sanitaire critique. 

Le chancelier a la "grande responsabilité" de lutter contre la flambée de Covid-19 dans le pays, a prévenu le président de la République fédérale, qui recevait la nouvelle équipe gouvernementale. 

"Ne laissons pas la pandémie nous diviser durablement", a lancé Frank-Walter Steinmeier dans un contexte de mobilisation, notamment de l'extrême droite, contre l'obligation vaccinale, censée entrer en vigueur en février ou mars. 

Le nouveau chancelier va aussi devoir composer avec une situation économique défavorable, plombée par une croissance plus faible qu'annoncé et le retour de l'inflation. 

M. Scholz a aussi une pléthore d'autres chantiers à mener, qui ne recueillent pas forcément l'assentiment des Allemands, comme le cannabis en vente libre, l'achat de drones armés par la Bundeswehr ou encore le droit de vote à 16 ans. 

 


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.