Le patron d'Instagram sommé de s'expliquer sur l'impact du réseau sur les plus jeunes

Le patron d'Instagram s'apprêtait à subir mercredi un feu nourri de questions de la part des sénateurs américains, alors que l'application de partage de photos est accusée d'avoir sciemment ignoré des documents internes faisant état de risques pour ses plus jeunes utilisateurs. (Photo, AFP)
Le patron d'Instagram s'apprêtait à subir mercredi un feu nourri de questions de la part des sénateurs américains, alors que l'application de partage de photos est accusée d'avoir sciemment ignoré des documents internes faisant état de risques pour ses plus jeunes utilisateurs. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 08 décembre 2021

Le patron d'Instagram sommé de s'expliquer sur l'impact du réseau sur les plus jeunes

  • Adam Mosseri sera sommé de s'expliquer sur le contenu de travaux de recherches réalisés par Facebook, la maison mère d'Instagram
  • Facebook s'est défendu face à ces révélations, assurant que les résultats de ses recherches avaient été dénaturés et minimisant leur portée

WASHINGTON: Le patron d'Instagram s'apprêtait à subir mercredi un feu nourri de questions de la part des sénateurs américains, alors que l'application de partage de photos est accusée d'avoir sciemment ignoré des documents internes faisant état de risques pour ses plus jeunes utilisateurs.

Adam Mosseri sera sommé de s'expliquer sur le contenu de travaux de recherches réalisés par Facebook, la maison mère d'Instagram, ayant fuité dans la presse américaine par l'intermédiaire de la lanceuse d'alerte et ex-employée de l'entreprise Frances Haugen.

L'une des études, publiée en 2019, révélait qu'Instagram renvoyait une image personnelle négative pour un tiers des jeunes filles de moins de 20 ans.

Une autre, datant de 2020, montrait que 32% des adolescentes estimaient que l'utilisation du réseau social avait aggravé l'image de leur corps lorsqu'elles n'en étaient déjà pas satisfaites.

Facebook s'est défendu face à ces révélations, assurant que les résultats de ses recherches avaient été dénaturés et minimisant leur portée.

Mais pour les parlementaires américains, qui ont déjà entendu plusieurs responsables de réseaux sociaux dans le cadre d'une série d'auditions sur la protection en ligne des enfants, il est urgent d'agir.

"Mes conversations avec des parents m'incitent fortement à me battre pour des réformes et à exiger les réponses que tout le pays attend", a déclaré mardi le sénateur Richard Blumenthal, qui préside la sous-commission sur la protection des consommateurs devant laquelle s'exprimera M. Mosseri.

Mi-novembre, plusieurs Etats américains ont ouvert une enquête pour déterminer si Meta, le nouveau nom de Facebook, avait délibérément laissé les enfants et les adolescents utiliser Instagram en sachant que la plateforme pourrait nuire à leur santé mentale et physique.

Mesures

A la veille de l'audition, Instagram a annoncé une série de mesures censées renforcer la protection des plus jeunes.

L'application va notamment empêcher les utilisateurs de mentionner dans leurs publications des adolescents qui ne sont pas abonnés à leur profil. Elle avait déjà rendu les comptes des mineurs privés par défaut quand ils s'inscrivent.

Le réseau social va aussi proposer, en mars 2022, des outils pour permettre aux parents de voir combien de temps leurs enfants passent sur l'application et instaurer des limites. Ils auront prochainement accès à un centre d'informations avec des tutoriels et des conseils d'experts.

Autre nouveauté, Instagram lance, sur tous les grands marchés anglophones, l'option "Fais une pause", qui suggérera aux utilisateurs d'arrêter pendant un moment de faire défiler des contenus sur l'appli.

M. Mosseri a également annoncé l'apparition, en janvier, d'un nouvel espace au sein de l'application qui permettra aux adolescents de passer en revue toute leur activité sur Instagram, des contenus postés aux commentaires, en passant par les "likes", et éventuellement d'en supprimer une partie, afin de leur permettre de "gérer plus facilement leur empreinte numérique".

Ces annonces ont été accueillies avec méfiance, voire hostilité, par les sénateurs américains.

Marsha Blackburn, cheffe de file des républicains à la sous-commission sénatoriale sur la protection des consommateurs, a ainsi accusé Instagram de chercher à "faire diversion" juste avant l'audition.

Président de la Family Online Safety Institute, association de défense des familles utilisatrices d'internet, Stephen Balkam a lui salué un signe "encourageant". "C'est le dernier d'une longue série d'améliorations qu'a faites Instagram depuis deux ou trois ans."

"Instagram est plus sûr qu'il ne l'était", a-t-il poursuivi, "moins toxique pour les adolescents. Mais il ne sera jamais parfait, jamais complètement sûr. Mais c'est vrai de tous les réseaux sociaux."


Mort de l'acteur américain Ray Liotta, star des «Affranchis» de Scorsese

L'acteur américain Ray Liotta, star du film mythique sur la mafia «Les Affranchis». (Photo, AFP)
L'acteur américain Ray Liotta, star du film mythique sur la mafia «Les Affranchis». (Photo, AFP)
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  • La vedette est morte dans son sommeil, a précisé le site TMZ, citant une source proche de Ray Liotta
  • Il travaillait sur un long-métrage intitulé «Dangerous Waters», au moment de son décès soudain

LOS ANGELES: L'acteur américain Ray Liotta, l'une des stars du film mythique sur la mafia « Les Affranchis » de Martin Scorsese, est mort à l'âge de 67 ans, alors qu'il tournait en République dominicaine, ont annoncé jeudi les autorités cinématographiques de ce pays et des médias américains. 

La vedette est morte dans son sommeil, a précisé le site TMZ, citant une source proche de Ray Liotta. Le site Deadline a également rapporté le décès de l'acteur survenu alors qu'il était en tournage en République dominicaine. 

« Il était en compagnie de sa femme qui vous demande de respecter sa douleur », a confirmé un porte-parole de la direction générale du cinéma de la République dominicaine.  

Il travaillait sur un long-métrage intitulé « Dangerous Waters », au moment de son décès soudain.  

Chef d'œuvre  

Né le 18 décembre 1954, à Newark, dans le New Jersey, en grande banlieue de New York, Raymond Allen Liotta est devenu une star mondiale pour avoir campé à l'écran le vrai gangster mafieux new-yorkais Henry Hill (1943-2012) dans le chef d'oeuvre de Martin Scorsese « Les Affranchis » (« Goodfellas ») en 1990. 

L'acteur du film -- qui est aussi son narrateur -- crève l'écran aux côtés de Robert De Niro, et de Joe Pesci, dans ce qui est considéré par les cinéphiles comme l'un des plus grands films du genre au 20ème siècle, avec la trilogie « The Godfather » (« Le Parrain ») de Francis Ford Copolla.  

En 1991, le film « Les Affranchis » avait remporté un Oscar (Joe Pesci, meilleur second rôle) et avait été nommé dans cinq autres catégories. Certaines de ces scènes, parfois ultraviolentes, et les dialogues sont entrés pour toujours dans la culture cinématographique mondiale. 

Sa femme à l'écran dans « Les Affanchis », le personnage de Karen Hill joué par Lorraine Bracco, s'est déclarée sur Twitter « complètement brisée par l'annonce de cette terrible nouvelle ». 

Pour l'une des ses dernières apparitions à l'écran, Liotta avait joué aussi en 2021 dans le film « Many Saints Of Newark - Une histoire des Soprano », qui retrace les années de jeunesse du célèbre mafieux Tony Soprano, de la cultissime série télévisée éponyme. 

Ray Liotta s'était fait connaître du public américain en jouant dans le film de baseball « Jusqu'au bout du rêve » (« Field of Dreams ») en 1989 au côté de Kevin Costner et, en 1986, dans « Dangereuse sous tous rapports » (« Something Wild ») , qui lui avait valu une nomination aux Golden Globes comme meilleur second rôle masculin.  

Il avait été marié de 1997 à leur divorce en 2004 à l'actrice Michelle Grace, avec laquelle il a eu une fille. 

 

 


La cuisinière en chef de la Maison Blanche distinguée par la France

Cristeta Comerford, première femme chargée des fourneaux de la Maison Blanche,  lors d'une réception à New Delhi, le 24 octobre 2016. (Photo, AFP)
Cristeta Comerford, première femme chargée des fourneaux de la Maison Blanche, lors d'une réception à New Delhi, le 24 octobre 2016. (Photo, AFP)
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  • La récompense lui a été remise par l'un de ses pairs, l'ancien chef cuisinier de l'Élysée Guillaume Gomez, désormais représentant personnel du président Macron au service de la gastronomie française
  • Cris Comerford a été nommée cuisinière en chef de la Maison Blanche par la Première Dame des Etats-Unis Laura Bush, en 2005

WASHINGTON: Cristeta Comerford, qui marque l'histoire culinaire en étant la première femme chargée des fourneaux de la Maison Blanche, a été reçue dans l'ordre du Mérite agricole au grade d'officier, mercredi soir à Washington. 

La récompense lui a été remise par l'un de ses pairs, l'ancien chef cuisinier de l'Élysée Guillaume Gomez, désormais représentant personnel du président Macron au service de la gastronomie française. 

Née aux Philippines et naturalisée américaine, celle que tout le monde appelle « Cris » a rendu hommage aux responsables qui lui avaient mis le pied à l'étrier.   

« L'un de mes films préférés est le Festin de Babette, qui se déroule dans une ville côtière du Danemark. Il relate l'histoire fictive d'une cheffe française qui était en avance sur son temps. Sans attendre qu'on lui rende la pareille, elle offrait sa grâce, son service, sa compassion aux gens, car ils lui avaient donné une chance. C'est ce qui m'est arrivé », a déclaré la cheffe de 59 ans. 

Cris Comerford a été nommée cuisinière en chef de la Maison Blanche par la Première Dame des Etats-Unis Laura Bush, en 2005. Les présidents Obama, Trump et Biden lui ont maintenu leur confiance, lui conférant une longévité de 17 ans à ce poste exposé. 

« Imaginez que, tous les quatre ans, il faut vous adapter aux goûts d'un président différent, ce n'est pas simple, cela vous empêche d'avoir un style propre duquel vous ne déviez pas. Il faut être capable de s'adapter et c'est son cas », a expliqué Patrick O'Connell, le seul chef triple étoilé Michelin de la région de Washington, avec son restaurant « The Inn at Little Washington ». 

La fonction de chef cuisinier de la Maison Blanche remonte à une réorganisation du personnel opérée par Jacqueline Kennedy en 1961. En plus de 60 ans, deux Français ont occupé le poste, à une époque où les chefs de la patrie de Bocuse étaient incontournables dans les grandes écoles culinaires américaines.  

Mais Guillaume Gomez trouve légitime que les cordons-bleus des présidents soient désormais davantage la vitrine des traditions et savoir-faire nationaux. 

« Ils sont là aussi pour mettre en avant leur terroir et leur territoire, avec leur histoire, avec cet ADN qui fait la gastronomie d'un pays », a-t-il déclaré. « Aujourd'hui on ne mange pas français à la Maison Blanche, et c’est tant mieux! On mange français au palais de l'Elysée. Mon rôle en tant que chef du palais de l’Elysée, ce n'était pas de mettre en avant la truffe d'Alba, c'était le rôle de mes collègues au Quirinal ». 


La cinéaste émiratie Nayla al-Khaja collabore avec le compositeur oscarisé A.R. Rahman pour son nouveau film

M. Rahman composera la musique du prochain long-métrage de Nayla al-Khaja, Baab, qu’elle décrit comme son premier film «art et essai».
M. Rahman composera la musique du prochain long-métrage de Nayla al-Khaja, Baab, qu’elle décrit comme son premier film «art et essai».
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  • Cette collaboration est le fruit du hasard; c’est une simple coïncidence qui a conduit à un partenariat de rêve
  • Les deux artistes s’accordent pour dire que les meilleures collaborations naissent souvent de connexions spontanées

CANNES: La cinéaste émiratie Nayla al-Khaja s’est associée au compositeur indien oscarisé A.R. Rahman pour son prochain long-métrage, Baab.

«Ce projet me tient particulièrement à cœur. J’ai l’impression que ce travail sera unique et sans précédent. Il faut absolument que je me serve de ma caméra pour rendre cela en images, de la manière la plus sincère possible», déclare la cinéaste, elle-même lauréate de plusieurs prix, dans un entretien accordé à Arab News à l’occasion du festival de Cannes cette semaine.

M. Rahman – lauréat du Bafta, du Golden Globe et du Grammy, ayant composé plus de cent quarante-cinq musiques de film – participera au prochain long-métrage de la cinéaste, qu’elle décrit comme son premier film d’art et d’essai.

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Nayla al-Khaja (à droite) sur le tournage de son court-métrage The Shadow. (Photo fournie)

Elle est largement reconnue comme la première cinéaste indépendante des Émirats arabes unis (EAU). Elle a déjà réalisé les courts-métrages The Neighbour, Malal, Animal et The Shadow et coécrit Baab avec Masoud Amralla al-Ali.

«C’est extraordinaire qu’une personne puisse, comme elle, ouvrir la voie aux jeunes femmes et c’est encore plus remarquable de participer à l’aventure», déclare M. Rahman. Baab sera son premier projet au Moyen-Orient et il explique pourquoi il a été immédiatement attiré par cette collaboration.

«J’ai l’impression que ma carrière ne fait que commencer», déclare-t-il. «C’est comme si c’était mon premier film, car elle a une toute nouvelle vision et elle vient d’un endroit différent que je n’ai jamais visité. Je me sens toujours très à l’aise face à une page blanche.» 

La collaboration est le fruit du hasard, explique la cinéaste. C’est une simple coïncidence qui a conduit à un partenariat de rêve.

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A. R. Rahman avec ses deux oscars pour Slumdog Millionaire. (Photo fournie)

«En réalité, c’est grâce à Instagram», précise-t-elle. Un jour, après avoir vu l’une des stories où la cinéaste mentionne M. Rahman, son chauffeur lui dit en plaisantant: «Imaginez qu’elle vous appelle un de ces jours.»

«Ce n’était qu’une simple remarque, mais, deux jours plus tard, j’ai reçu un appel pour organiser une réunion», poursuit-elle.

Les deux s’accordent pour dire que les meilleures collaborations naissent souvent de connexions spontanées.

«C’était complètement imprévu», indique la cinéaste. «Mais je ne veux pas dire que cela s’est passé par accident. C’est le fruit d’une démarche sincère.»

A.R. Rahman explique ce qui l’a initialement attiré vers cette production. «J’aime les nuances», soutient-il. «Travailler avec un cinéaste a un côté ouvert et inexploré, ce qui est formidable.»

Il poursuit en expliquant le processus de composition: «En discutant avec un réalisateur, je découvre les choses à faire et à ne pas faire – son inspiration et son degré de réalisme. Je fais quelques recherches pour trouver des sons. Je les utilise ou non. C’est mieux de les avoir et de ne pas les utiliser que de ne pas les avoir du tout pendant la production», souligne-t-il.

La cinéaste décrit le film qui, indique Variety, suit une jeune fille (Wahida) alors qu’elle enquête sur la mort mystérieuse de sa sœur jumelle, comme «un film fantastique 100 % art et essai, à la limite de l'horreur».

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La cinéaste et le compositeur espèrent tous deux que le film sera spécial. (Photo fournie)

«C’est difficile à définir», souligne-t-elle. «C’est intense. Il y a des moments effrayants très inconfortables. Je ne sais pas si je peux le classer comme un film d’horreur, mais nous avons probablement deux ou trois scènes qui appartiennent à ce genre. Pour le reste, je dirais que c’est un film d’art et d’essai.»

L’une de ces scènes «inconfortables» survient vers la fin du film, précise-t-elle, lorsque l’un des personnages est suspendu à quelques centimètres du plafond.

«Elle est attachée par les bras et les jambes au moyen de cordes. Le plafond touche presque son visage pendant toute la scène puis, soudain, une corde se rompt. Elle reste accrochée longtemps et respire contre le plafond. C’est calme et puis ça casse! C’est juste à la fin», poursuit-elle.

Les deux artistes espèrent que le film sera spécial – non seulement en matière d’intrigue et d’interprétation, mais aussi de conception des costumes, de production et de musique.

«Nous voulons vraiment aller le plus loin possible», conclut la cinéaste.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com