«Le cinéma saoudien est prêt à faire de grandes choses», selon la star égyptienne Laila Eloui

(Photo AN par Huda Bachatah)
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Publié le Vendredi 10 décembre 2021

«Le cinéma saoudien est prêt à faire de grandes choses», selon la star égyptienne Laila Eloui

  • L’idole de l’écran exhorte la nouvelle génération de cinéastes du Royaume à «se mettre en avant et à occuper le devant de la scène»
  • «Lorsqu’un drame est écrit clairement et sous la meilleure forme, on ne peut que veiller à sa perfection à tous égards», selon Eloui

DJEDDAH: Les stars égyptiennes du cinéma et de la télévision sont depuis longtemps une source d’inspiration pour les Saoudiens, mais personne ne détrône Laila Eloui, l’actrice primée qui a tourné plus de 70 films au cours d'une carrière qui s’étend sur plusieurs décennies.

Avec son sens de la mode, sa beauté et ses boucles blondes, Laila Eloui était l’une des favorites de la nouvelle génération des années 1980 et 1990, qui manquait rarement l’occasion de regarder ses idoles sur les petits écrans.

Après avoir fait ses débuts à l’écran dans les années 1970, l’actrice a joué dans des films, des comédies et des drames aux côtés de certains des plus grands noms de l’histoire du divertissement égyptien, notamment Ahmad Zaki, Farouq al-Fichawi, Adel Imam, Kamal al-Chinawi, Hussain Fahmi, Laila Siddqi, Mervat Amin et Isaad Younis.

Les performances d’Eloui l’ont rendue célèbre et lui ont valu une série de prix dans des festivals égyptiens et internationaux.

Aujourd'hui, s’exprimant à l’occasion de la quatrième journée du Red Sea International Film Festival à Djeddah, Eloui a inspiré une nouvelle génération de cinéastes saoudiens à se lancer et à prendre leur tour sous les feux de la rampe.

«Tout le monde peut sentir le changement qui se produit ici», a-t-elle déclaré. «C'est un changement pour le meilleur, c'est un changement pour plus d’innovation, et je crois que la jeune génération de réalisateurs, d'acteurs et d'actrices et plus encore aura de grandes choses à offrir.»

«Vous devez saisir l’opportunité qui se présente parce que vous serez les producteurs du changement dans l’industrie cinématographique arabe et saoudienne», a-t-elle ajouté.

Eloui s’exprimait dans le cadre d’une série de séances de master classes comprenant des conférences et des discussions sous forme de questions-réponses avec des leaders de l’industrie cinématographique.

L’actrice égyptienne a occupé le devant de la scène jeudi et, avec un sourire contagieux, a dit combien elle était fière et heureuse de voir l’engagement de la communauté saoudienne dans le festival, ainsi que la popularité des films, des conférences et des ateliers.

Eloui a évoqué les défis auxquels elle a été confrontée tout au long de sa carrière et a décrit le métier d’acteur comme l’un des plus exigeants «car il nécessite une grande habileté pour contrôler ses actions et ses réactions, et jouer un personnage différent du sien».

Elle a donné un aperçu de certains de ses rôles les plus importants au cinéma et a déclaré que, même après 40 ans de carrière, son amour du métier d’acteur reste intact.

Parlant des défis auxquels sont confrontés les acteurs de la relève, en particulier lorsqu’il s’agit de scénarios, Eloui a déclaré que la lecture d’un scénario différait d’une décennie à l’autre.

«Au fil du temps, j’ai acquis plus de connaissances, j’ai mieux compris les scénarios et j’ai visualisé clairement les scènes. Cela doit s’acquérir par la patience et l’apprentissage.»

À ses débuts, c’était un véritable défi, «mais j’ai appris à aimer chaque personnage. Vous apprenez à aimer chaque œuvre qui se présente à vous et vous épousez l’histoire et votre rôle dans cette histoire.»

«Mon rôle en tant qu’actrice est de compléter le film. Ne faire qu’un avec le personnage est plus facile si vous comprenez votre rôle, et c’est là que réside la vraie magie d’un scénariste et d’un réalisateur. Une fois le message est clair, vous n’aurez besoin de faire aucun ajout en tant qu’actrice», a-t-elle ajouté.

«Cela ne fait pas de mal d’improviser parfois et d’ajouter votre grain de sel au personnage que vous jouez», a-t-elle renchéri en précisant «cela fonctionne mieux si vous avez une bonne compréhension de l’histoire et une bonne relation avec le réalisateur.»

«C’est une relation de travail et nous nous complétons mutuellement. C’est comme ça qu’on fait le succès.»

Eloui a rappelé son rôle dans le drame télévisé de 2001 «Hadith al-Sabah Wal Masaa» («Discussion du matin et du soir») avec Abla Kamel, Dalal Abdel Aziz et Khaled al-Nabawi. Le drame était basé sur un roman du lauréat d’un prix Nobel Naguib Mahfouz et portait sur la vie d’une famille égyptienne à travers les générations.

Le scénario était impeccablement écrit, et il est toujours largement apprécié par les fans et les professionnels du secteur, a-t-elle déclaré.

«Lorsqu’un drame est écrit clairement et sous la meilleure forme, on ne peut que veiller à sa perfection à tous égards. Des acteurs à la production en passant par le décor, l’éclairage et les costumes, tous ces éléments se complètent les uns les autres – c’est un cercle complet.»

Eloui a également souligné l’importance d’écouter le réalisateur. «Les acteurs sont des acteurs et ont leur vision; mais ils doivent montrer leurs compétences et accepter les instructions et les conseils d’un réalisateur», a-t-elle déclaré.

«Plus il y a de coopération entre les artistes dans un film, meilleur est le résultat.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le « Inshallah » d’Anne Hathaway fait le buzz

L’utilisation par la star hollywoodienne Anne Hathaway de l’expression arabe « Inshallah » lors d’une récente interview a été chaleureusement accueillie en ligne. (AFP)
L’utilisation par la star hollywoodienne Anne Hathaway de l’expression arabe « Inshallah » lors d’une récente interview a été chaleureusement accueillie en ligne. (AFP)
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  • L’utilisation du mot « Inshallah » par Anne Hathaway dans une interview devient virale et saluée pour sa portée culturelle
  • Sabrina Carpenter s’excuse après une confusion sur une tradition arabe lors de Coachella, relançant le débat sur la sensibilité culturelle

DUBAÏ : L’actrice hollywoodienne Anne Hathaway a suscité une vague de réactions positives en ligne après avoir utilisé l’expression arabe « Inshallah » lors d’une récente interview.

Offrant un moment de résonance culturelle au cours d’une discussion introspective sur le vieillissement et la longévité dans l’industrie du cinéma, l’actrice s’exprimait auprès de People Magazine pour promouvoir son dernier film, « The Devil Wears Prada 2 ».

Elle s’est confiée sur sa vie à 43 ans et sur ce que signifie avoir passé plus de deux décennies à Hollywood, évoquant l’évolution de sa perspective au fil du temps.

« J’apprécie enfin le calme », a-t-elle déclaré, expliquant qu’elle ne vit plus les hauts et les bas émotionnels de l’industrie avec la même intensité qu’auparavant. Désormais, elle aborde chaque nouvelle décennie avec curiosité plutôt qu’avec crainte.

Elle a ajouté : « Je veux avoir une vie longue et en bonne santé, Inshallah. J’espère. »

L’utilisation de cette expression arabe — qui signifie « si Dieu le veut » — a largement trouvé un écho, notamment auprès des publics du Moyen-Orient où elle est couramment employée pour exprimer l’espoir.

La vidéo de l’interview a depuis dépassé les 300 000 mentions « j’aime » sur TikTok.

Un utilisateur a commenté : « Inshallah ma princesse de Genovia », en référence à son rôle dans « The Princess Diaries », tandis qu’un autre a écrit : « Masha Allah sœur Anne ».

Plusieurs internautes ont également salué sa sagesse sur le vieillissement, l’un d’eux déclarant : « C’est la version la plus agréable d’elle que j’ai vue en interview récemment. »

Par ailleurs, la chanteuse américaine Sabrina Carpenter a présenté ses excuses sur X samedi après avoir confondu une zaghrouta — une ululation festive traditionnelle arabe — avec du yodel lors de sa performance principale à Coachella vendredi soir.

« Toutes mes excuses, je n’ai pas vu cette personne et je n’entendais pas clairement », a écrit Carpenter. « Ma réaction relevait de la confusion et du sarcasme, sans mauvaise intention. J’aurais pu mieux gérer la situation ! Maintenant, je sais ce qu’est une zaghrouta ! »

Des extraits de la scène ont largement circulé en ligne. Assise au piano sur la scène principale du festival, elle avait réagi : « Je crois avoir entendu quelqu’un faire du yodel… Je n’aime pas ça. »

Le fan a répondu : « C’est ma culture ! » — ce à quoi Carpenter a répliqué : « C’est ta culture, le yodel ? » Avant que l’intéressé ne précise : « C’est un cri de célébration. » Carpenter a alors conclu : « On est à Burning Man ? Qu’est-ce qui se passe ? C’est étrange. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le festival d'Avignon «n'est pas là pour sortir le drapeau palestinien», selon le maire de la ville

Tiago Rodrigues (à gauche), directeur artistique du Festival d'Avignon, et Françoise Nyssen (à droite), présidente de l'Association pour la gestion du Festival d'Avignon, s'adressent à la presse en marge de la visite de la ministre française de la Culture au centre social et culturel La Croix des Oiseaux à Avignon, dans le sud de la France, le 24 juillet 2025. (AFP)
Tiago Rodrigues (à gauche), directeur artistique du Festival d'Avignon, et Françoise Nyssen (à droite), présidente de l'Association pour la gestion du Festival d'Avignon, s'adressent à la presse en marge de la visite de la ministre française de la Culture au centre social et culturel La Croix des Oiseaux à Avignon, dans le sud de la France, le 24 juillet 2025. (AFP)
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  • "J'ai été un peu choqué l'été dernier par une utilisation qui a pu être faite pour évoquer notamment de manière un petit peu trop poussée la question palestinienne", a-t-il déclaré
  • "Il y a parfois à l'occasion du festival des voix qui s'expriment et des drapeaux qui sortent. La culture est quelque chose qui doit rassembler et ne doit pas diviser", a-t-il ajouté

PARIS: Le nouveau maire divers droite d'Avignon, Olivier Galzi, a estimé mardi que le drapeau palestinien n'avait pas sa place lors du festival de théâtre qui se tient chaque été dans sa ville, estimant que la culture devait "rassembler" et non "diviser".

"Le festival n'est pas là pour sortir le drapeau palestinien", a jugé sur France Inter l'ex-journaliste, regrettant que lors de l'édition de 2025 du festival, une des plus célèbres manifestations de théâtre au monde, les références à la défense de la cause palestinienne aient été trop présentes.

"J'ai été un peu choqué l'été dernier par une utilisation qui a pu être faite pour évoquer notamment de manière un petit peu trop poussée la question palestinienne", a-t-il déclaré.

"Il y a parfois à l'occasion du festival des voix qui s'expriment et des drapeaux qui sortent. La culture est quelque chose qui doit rassembler et ne doit pas diviser", a-t-il ajouté, précisant que "quand vous mettez cette question (de la cause palestinienne, NDLR) sur le devant de la scène, ça crée de la division".

En 2025, année où la langue arabe était à l'honneur, le festival avait été marqué par plusieurs actions de militants de la défense de la cause palestinienne.

Une tribune intitulée "Nouvelle déclaration d'Avignon" avait été signée par plus d’une centaine d’artistes du monde théâtral et publiée dans Télérama en juillet pour dénoncer "le massacre de masse en cours ayant déjà tué un nombre effroyable d’enfants".

"Nous dénonçons la politique destructrice de l’État d'Israël. Nous appelons à la reconnaissance de l’État palestinien, à l'application des sanctions prévues par le droit international, à la suspension de l'accord d'association UE-Israël, et à l'arrêt de la criminalisation des prises de parole et des associations soutenant la cause palestinienne", avaient plaidé ces acteurs de la culture dont le chorégraphe et danseur Radouan Mriziga, Olivier Py, ex-directeur du Festival d’Avignon (2013-2022) et actuel directeur du Théâtre du Châtelet à Paris, l'écrivain Édouard Louis ou encore l'actuel directeur du festival d'Avignon Tiago Rodrigues.

Ce dernier avait également été présent à la lecture de cet appel, sans toutefois prendre la parole, sur la place du Palais des Papes où plusieurs drapeaux palestiniens avaient été déployés.

Le budget du festival est d'environ 16 millions d'euros, parmi lesquels figurent quelque deux millions de subventions partagés environ à parts égales entre la ville et la métropole d'Avignon, dont Olivier Galzi est également à la tête.

Quarante-sept spectacles (près de 300 représentations), dont 30 créations, sont au menu de la 80e édition de ce grand rendez-vous du théâtre international qui se tiendra du 4 au 25 juillet et mettra à l'honneur la Corée du Sud.


"Patrimoine majeur" ou passoire énergétique : la rénovation de l'immeuble Mouchotte à Paris divise

Cette photographie prise à Paris le 5 avril 2026 montre l’immeuble Mouchotte, conçu par l’architecte français Jean Dubuisson et inauguré en 1966 dans le cadre du projet de rénovation urbaine Maine-Montparnasse des années 1960. (AFP)
Cette photographie prise à Paris le 5 avril 2026 montre l’immeuble Mouchotte, conçu par l’architecte français Jean Dubuisson et inauguré en 1966 dans le cadre du projet de rénovation urbaine Maine-Montparnasse des années 1960. (AFP)
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  • Le projet de rénovation de l’immeuble Immeuble Mouchotte, classé passoire énergétique, divise les habitants entre rénovation lourde de la façade et solutions plus légères pour préserver ce patrimoine des années 1960
  • Une association demande son inscription aux monuments historiques pour éviter une transformation jugée coûteuse, écologique­ment discutable et menaçant sa valeur architecturale

PARIS: Le projet de rénovation de l'immeuble Mouchotte, emblématique de l'architecture parisienne des Trente Glorieuses, mais classé comme passoire énergétique, inquiète une partie de ses résidents qui demande son inscription aux monuments historiques.

"Une véritable catastrophe architecturale, financière, écologique et culturelle !" : l'association d'habitants Sauvons Mouchotte a lancé une pétition en ligne pour demander au ministère de la Culture l'inscription "en urgence" de l'immeuble au titre des monuments historiques. Le texte a recueilli plus de 12.000 signatures depuis octobre 2025.

Cette longue barre en verre et en métal du 14e arrondissement, qui fête ses 60 ans, compte 17 étages, 13 escaliers, 753 logements et quelque 2.500 habitants.

Comme la tour Montparnasse voisine, fermée pour travaux le 31 mars, l'immeuble Mouchotte, conçu par Jean Dubuisson, architecte du Musée national des arts et traditions populaires à Paris, est typique du style années 1960.

Le bâtiment, équipé de simple vitrage et d'huisseries en aluminium, n'a jamais été restauré et fait l'objet d'un projet de rénovation pour une moitié de sa façade.

Cet ensemble de logements sociaux à l'origine se divise, depuis 2017, en deux parties gérées différemment : le 8-20 rue du Commandant René-Mouchotte (436 logements appartenant à des propriétaires individuels), pas concerné par le projet, et le numéro 26 de cette rue (317 appartements, dont 172 appartiennent au bailleur intermédiaire In'li et les autres à des propriétaires individuels).

Ce sont les 10.000 m2 de façade du "26" qui doivent être rénovés, car, avec un diagnostic de performance énergétique (DPE) F, il est considéré comme une passoire énergétique. Sans travaux, les appartements seront interdits à la location en 2028.

Deux projets ont été présentés aux copropriétaires lors de la dernière assemblée générale en 2025 : une rénovation "légère" et une "lourde", qui impliquerait le remplacement total de la façade à l'identique par des matériaux neufs.

- "Patrimoine majeur" -

Sauvons Mouchotte craint qu'In'li, avec ses 47% de droits de vote, privilégie cette solution.

Ce serait "une décision aberrante", s'alarme auprès de l'AFP la fondatrice de l'association, Nathalie Amar, également avocate.

"L'idée de détruire la façade en aluminium d'origine pour la refaire à l'identique, toujours en aluminium, est un immense gâchis écologique", s'indigne-t-elle un matin ensoleillé de fin mars, sur la dalle au pied du bâtiment.

En outre, "le coût global du projet, présenté à 11 millions d'euros, est largement sous-évalué selon de nombreux professionnels" consultés par l'association, qui prédit plutôt 25 à 30 millions.

L'association met aussi en doute le DPE F de l'immeuble, puisque le "8-20", conçu à l'identique et jamais refait non plus, est diagnostiqué E.

L'inscription aux monuments historiques permettrait de "sauvegarder ce patrimoine architectural majeur", souligne Sauvons Mouchotte.

Michel Sebald, architecte et habitant de l'immeuble, a déposé une demande d'inscription aux monuments historiques à la Direction régionale des affaires culturelles d'Ile-de-France.

Dans son salon au 13e étage, avec une vue spectaculaire sur Paris, il évoque les "éléments exceptionnels" de la façade actuelle, où "il n'y a pas un point de rouille !"

- "L'été, ça tape" -

"Pourquoi tout casser ?", se désole l'architecte, alors qu'"il existe des solutions intelligentes, minimes et pas chères".

Les opposants à une rénovation lourde, qui reconnaissent que "l'été, ça tape" et "l'hiver, il fait froid quand il y a du vent", préfèreraient des travaux moins invasifs.

"On peut avoir une restauration énergétique correcte en mettant les bons éléments, le bon vitrage, les bons stores, la VMC (système d'aération, NDLR)...", estime Nadia Coutsinas, archéologue de 51 ans qui réside là depuis ses 6 ans.

In'li se dit "plutôt favorable" à une rénovation complète de la façade, indique El Houssine Tabou, directeur de la proximité du bailleur. Il relève "un inconfort important toute l'année" qui entraîne "des consommations d'énergie et des charges élevées".

Si l'immeuble était inscrit aux monuments historiques, "ça redessinerait un peu les lignes, peut-être les techniques d'intervention", note-t-il. "Mais la protection architecturale n'empêche pas une amélioration énergétique", ajoute-t-il.

L'association attend désormais le 8 avril et la prochaine assemblée générale des copropriétaires du "8-20", auxquels sera aussi présenté un projet de remplacement de leur façade.

S'ils s'y opposent, Sauvons Mouchotte aura un argument supplémentaire. "Vous imaginez, visuellement, si on change la façade et pas eux ?", s'interroge Nathalie Amar.