La course folle de l'économie américaine

Les gens achètent des articles de Noël dans un centre commercial de Montebello, en Californie, le 9 décembre 2021. (Frédéric J. Brown/AFP)
Les gens achètent des articles de Noël dans un centre commercial de Montebello, en Californie, le 9 décembre 2021. (Frédéric J. Brown/AFP)
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Publié le Samedi 11 décembre 2021

La course folle de l'économie américaine

  • Avec des aides massives qui ont gonflé l'épargne des ménages, certains Américains ne sont pas pressés de retourner au travail
  • Mais une résurgence de la pandémie à la fin de l'été et à l'automne avec l'apparition du variant Delta a tempéré la croissance: 2,1% au troisième trimestre

WASHINGTON : Des offres d'emplois pléthoriques, mais encore beaucoup de chômeurs, une croissance soutenue, mais menacée par une inflation record, des millions de doses de vaccin anti-Covid, mais l'ombre des variants Delta et Omicron, la reprise est tortueuse aux États-Unis.

Certaines statistiques sont indéniablement bonnes, illustrant la capacité de rebond de la première économie du monde.

Ainsi, 18,5 millions d'emplois ont été recréés depuis avril 2020 quand le taux de chômage a culminé à 14,7% après la paralysie de l'économie pour contenir la propagation du nouveau coronavirus.

Le taux de chômage est en baisse constante. Mais à 4,2% en novembre, il est encore supérieur aux 3,5% enregistrés en février 2020, quand il était à son plus bas niveau en 50 ans.

Avec des aides massives qui ont gonflé l'épargne des ménages -le stock d'épargne excédentaire était encore de 1.321 milliards en octobre - certains Américains ne sont pas pressés de retourner au travail.

Des millions d'autres, essentiellement des personnes non qualifiées des secteurs des services, démissionnent chaque mois, attirés par des emplois aux salaires plus généreux, assortis de primes et d'avantages sociaux. Si bien que la confiance des consommateurs américains s'est améliorée en décembre, les employés à bas salaires s'attendant à de nouvelles augmentations.

- Croissance soutenue -

Mais pour les employeurs, le marché du travail est devenu un casse-tête, en particulier pour ceux du secteur de l'hôtellerie et de la restauration, ainsi que de l'éducation, confrontés à une pénurie de main d’œuvre sans précédent freinant leur potentiel de croissance.

Les travailleurs se tournent vers des emplois proposés par les grands groupes du e-commerce tels qu'Amazon.

Résultat, dans certaines écoles du pays, des enseignants sont en burn-out et faute de bras, des établissements publics ont commencé à renvoyer une fois par semaine les enfants à la maison, au grand dam des parents et au risque d'entraver la productivité et la croissance du pays.

L'économie américaine avait connu en 2020 sa pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette année, elle a certes regagné du terrain, mais la folle allure du début d'année a laissé place à une croissance mesurée.

Après une expansion du Produit intérieur brut de 6,4% au premier trimestre en rythme annuel, le PIB a bondi de 6,7% au deuxième trimestre quand la campagne de vaccination contre le Covid battait son plein et que les consommateurs étaient optimistes quant à l'avenir.

Mais une résurgence de la pandémie à la fin de l'été et à l'automne avec l'apparition du variant Delta a tempéré la croissance: 2,1% au troisième trimestre.

Désormais, c'est l'émergence d'un nouveau variant, Omnicron, qui obscurcit l'horizon économique.

- Des prix au plus haut depuis 39 ans -

Outre la pandémie, l'inflation galopante est aussi une menace pour la croissance américaine.

La hausse des prix s'est élevée à 6,8% le mois dernier comparé à novembre 2020, après +6,2% en octobre, selon les données du département du Travail. C'est la plus forte hausse jamais enregistrée depuis juin 1982.

Les Américains paient tout plus cher: de la nourriture, aux vêtements en passant par les voitures, l'essence, les produits électroniques ou les billets d'avion et restaurants.

Et la hausse de leurs salaires ne compense pas complètement le niveau d'inflation, au risque de freiner la consommation, moteur historique de la croissance aux États-Unis.

Le président Joe Biden avait promis le mois dernier d'inverser la courbe des prix, mais la tâche s'avère plus difficile que prévu.

Par ailleurs, les chiffres publiés vendredi vont encore compliquer l'adoption au Sénat de son plan "Build Back Better", "reconstruire en mieux".

D'un montant de quelque 1.800 milliards de dollars, il prévoit des réformes sociales ambitieuses -comme la scolarité dès trois ans- et des mesures pour lutter contre le changement climatique.

Selon l'administration Biden, il s'agit de réformer l'Amérique en profondeur.

Mais les républicains, et même certains démocrates, soutiennent qu'avec une inflation si élevée, ce n'est pas le moment d'adopter un projet de loi aussi massif.

La Chambre des représentants avait approuvé mi-novembre le projet de loi. Les dirigeants démocrates du Sénat ambitionnent de le faire adopter avant Noël. Sans certitude après des mois déjà de psychodrame politique.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.


Aldi dément une «éventuelle vente» de ses magasins français

Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
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  • Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché
  • D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans

PARIS: Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988.

Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché (3% selon Kantar WorldPanel fin novembre), loin derrière son rival également allemand Lidl, 6e (8,1%).

D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans, a demandé à la Deutsche Bank d'étudier un scénario de cession de sa filiale française", la maison mère "rechignant" à remettre au pot, après plus d'un milliard d'euros versés fin 2023.

"Les informations au sujet d'une éventuelle vente d'Aldi France sont fausses" a réagi Aldi Nord, sa maison mère, sollicitée par l'AFP.

"Aldi est et restera engagé à long terme sur le marché français", a assuré le groupe, pour qui les "spéculations" au "sujet d'un prétendu processus de vente" ou "retrait de France" sont "sans fondement".

"Depuis des années, nous investissons massivement dans notre assortiment ainsi que dans la modernisation de notre réseau de magasins et de logistique", a fait valoir le discounter, invoquant une stratégie "clairement axée sur l'optimisation et la croissance en France".

"L'évolution positive est constante et conforme aux objectifs du groupe Aldi Nord", a-t-il assuré.

Il reste qu'Aldi, comme Lidl, n'a pas bénéficié en France de la période de forte inflation alimentaire, qui a à l'inverse profité au numéro un Leclerc.

En outre le groupe avait déboursé en 2020 plus de 700 millions d'euros pour racheter 547 Leader Price auprès du distributeur en difficulté Casino. Aldi pesait alors 2,4% du marché de la distribution alimentaire, et Leader Price 1,5%.

Selon ses comptes consolidés pour l'année 2022, dernier exercice publié, Aldi a réalisé 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel en France, en forte hausse de 17%. Mais en creusant sa perte nette, passée en un an de près de 291 millions d'euros à 397 millions.

En cas de vente, les acheteurs potentiels ne manqueraient pas, comme l'a souligné jeudi sur son site le spécialiste du secteur Olivier Dauvers, citant Lidl, Carrefour et  Action.


Dina Powell McCormick, née en Égypte, nommée présidente et vice-présidente de Meta

Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
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  • L'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche a précédemment siégé au conseil d'administration de Meta
  • Dina Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis lorsqu'elle était enfant, rejoint l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution

LONDRES: Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente.

L'entreprise a déclaré lundi que l'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche, qui a déjà siégé au conseil d'administration de Meta, accède à un rôle de direction de haut niveau, alors que l'entreprise accélère sa progression dans les domaines de l'intelligence artificielle et de l'infrastructure mondiale.

Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis dans sa jeunesse, rejoindra l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution de l'entreprise. Elle travaillera en étroite collaboration avec les équipes de Meta chargées de l'informatique et de l'infrastructure, a indiqué l'entreprise, et supervisera les investissements de plusieurs milliards de dollars dans les centres de données, les systèmes énergétiques et la connectivité mondiale, tout en établissant de nouveaux partenariats stratégiques en matière de capital.

"L'expérience de Dina aux plus hauts niveaux de la finance mondiale, combinée à ses relations profondes dans le monde entier, la rend particulièrement apte à aider Meta à gérer cette prochaine phase de croissance en tant que présidente et vice-présidente de l'entreprise", a déclaré Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta.

Mme Powell McCormick a plus de 25 ans d'expérience dans les domaines de la finance, de la sécurité nationale et du développement économique. Elle a passé 16 ans en tant qu'associée chez Goldman Sachs à des postes de direction, et a servi deux présidents américains, notamment en tant que conseillère adjointe à la sécurité nationale de Donald Trump, et en tant que haut fonctionnaire du département d'État sous George W. Bush.

Plus récemment, elle a été vice-présidente et présidente des services à la clientèle mondiale de la banque d'affaires BDT & MSD Partners.