Objectifs climat alignés sur l'accord de Paris: qui en sera juge ?

Manifestation de militants du climat à l'extérieur de la Conférence sur le changement climatique COP26 à Glasgow le 12 novembre 2021. (Andy Buchanan/AFP)
Manifestation de militants du climat à l'extérieur de la Conférence sur le changement climatique COP26 à Glasgow le 12 novembre 2021. (Andy Buchanan/AFP)
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Publié le Dimanche 12 décembre 2021

Objectifs climat alignés sur l'accord de Paris: qui en sera juge ?

  • Évaluer les objectifs individuels des États est un exercice hautement sensible et controversé
  • L'ambition de l'accord de Paris est collective, et il n'existe aucune instance chargée d'évaluer les trajectoires nationales, déterminées elles par les États

PARIS : Tous les gouvernements devront avoir présenté d'ici un an des engagements climatiques compatibles avec les objectifs de l'accord de Paris. Mais évaluer les objectifs individuels des États est un exercice hautement sensible et controversé.

"C'est tellement politique que je ne pense pas que ça puisse avoir lieu dans le cadre de l'ONU" au sein duquel s'inscrit l'accord de Paris, résume Anne Olhoff, une des auteurs du rapport annuel de référence du Programme des nations unies pour l'environnement (PNUE) sur l'écart entre les engagements des États et les baisses réelles d'émissions de gaz à effet de serre.

La décision adoptée par tous les États à la conférence sur le climat COP26 de Glasgow en novembre appelle chacun d'entre eux à renforcer "le cas échéant" d'ici fin 2022 leurs objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre pour 2030, pour "être en ligne" avec l'accord de Paris qui vise à limiter le réchauffement bien en deçà de +2°C par rapport à l'ère préindustrielle, si possible +1,5°C.

Mais l'ambition de l'accord de Paris est collective, et il n'existe aucune instance chargée d'évaluer les trajectoires nationales, déterminées elles par les États.

"Il n'y a pas de +police+ qui vérifie, c'est une faiblesse du processus, mais ça permet aux pays de s’approprier leurs objectifs climatiques et d'avancer au rythme adapté à leur système politique", commente la climatologue Corinne Le Quéré.

L'ONU-Climat est bien chargée de refaire l'an prochain son évaluation des engagements des Etats membres pour 2030, mais son analyse est mondiale, prédisant à ce stade une augmentation de la température de +2,7°C.

- «Poil à gratter» -

Le rapport de référence du PNUE va plus loin, en particulier pour les pays du G20 responsables de deux-tiers des émissions. "On ne montre pas du doigt, mais nous attirons l'attention sur les membres du G20 qui ne sont vraiment pas en bonne voie", comme l'Australie ou le Mexique, indique Anne Olhoff.

Les Etats seraient-ils de toute façon réceptifs à une évaluation extérieure ? Les experts en doutent.

"Nous avons entendu clairement à Glasgow des pays comme les Etats-Unis dire qu'ils détermineront tous seuls ce qu'est une trajectoire vers +1,5°C", indique à l'AFP Bill Hare, du centre de recherche Climate Analytics.

Et ils ne sont pas les seuls. "Je ne pense pas que la responsabilité revienne à l'Union européenne, parce que nous sommes sur la voie de respecter largement Paris", déclarait récemment à l'AFP le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans. "Nous pouvons le prouver avec des faits!".

Dans ce contexte, même les Etats les plus ambitieux devront "aiguiser leurs argumentaires" pour convaincre, commente Lola Vallejo, du centre de réflexion IDDRI. "Charge ensuite à la société civile, aux médias, voire aux autres pays de jouer les poils à gratter".

"Les pays qui ne sont pas en ligne avec l’accord de Paris sentiront qu’ils sont sur la sellette. La pression des pairs fonctionne", poursuit un diplomate occidental.

Pour fournir des armes à cette pression, il existe des outils d'évaluation comme le Climate Action Tracker (CAT) qui classe les pays selon leur trajectoire estimée, vers +1,5°C, en dessous de +2°C, vers +3°C, ou pire.

Grâce à de telles analyses indépendantes, "le risque d'être pointé du doigt pourrait aider certains pays à se concentrer sur ce qu'ils doivent faire", note Bill Hare, partenaire du CAT, prédisant "beaucoup de discussions et de désaccord" d'ici l'échéance de fin 2022.

- Équité -

Peut-être est-il possible de rendre la critique plus acceptable en changeant de messager. Lola Vallejo souligne ainsi la légitimité plus "forte" quand l'avis vient de l'intérieur.

Comme des chercheurs qui dans chaque pays imaginent les chemins vers la décarbonation ou des comités indépendants comme le Climate Change Committee britannique ou le Haut Conseil pour le climat français, chargés d'évaluer et d'éclairer les politiques climat du gouvernement qui les a créés.

Dans tous les cas, même les plus ambitieux ne peuvent pas "s'endormir sur leurs lauriers (...) parce qu'il y a une autre question: celle du poids des émissions historiques et de l'équité", met en avant Anne Olhoff.

L'accord de Paris souligne le principe de "responsabilités communes mais différenciées" en fonction des situations nationales. Alors certains estiment que les pays riches, responsables du réchauffement, ont une responsabilité vis à vis des plus pauvres, et devraient ainsi faire plus pour parvenir à une contribution "juste".

Emissions historiques, émissions par habitant, empreinte carbone prenant en compte les émissions générées par les biens importés, aide aux pays pauvres... : les critères sont multiples pour évaluer cette "juste part" pour la planète.

Le message clé lui ne change pas: pour espérer freiner le réchauffement, "tous les pays doivent réexaminer leurs engagements et voir s'ils peuvent faire plus, et plus vite", plaide Anne Olhoff.


Trump dit mener les "derniers efforts" en vue d'un accord avec l'Iran

US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
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  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran
  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran

TEHERAN: Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d'un accord avec l'Iran, au lendemain de la cessation de frappes réciproques inédites depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord", a-t-il affirmé, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour que cet accord soit conclu.

Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes avaient de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv dimanche et lundi. Les attaques ont fait 15 blessés en Iran, selon le chef de l'organisation nationale des urgences.

Donald Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté l'Iran et Israël à cesser "immédiatement" les hostilités.

Téhéran a d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité. "A l'heure actuelle, les hostilités sur ce front ont cessé", a confirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Signe d'accalmie, le principal aéroport international de Téhéran a annoncé tôt mardi un "retour à la normale" de ses conditions d'exploitation, au lendemain de la réouverture de l'espace aérien du pays, partiellement fermé entre dimanche et lundi.

En moins de 24 heures, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.

Lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël. Mais, a-t-il prévenu, "en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seront entreprises".

- 14 tués au Liban -

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, avait affirmé que l'Iran avait "rompu l'équation qui consiste à conclure un cessez-le-feu sur le papier et à le violer systématiquement sur le terrain."

Sur le même ton, Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël riposterait "avec force" à toute nouvelle attaque iranienne.

Lui qui avait ordonné des frappes contre l'Iran malgré l'objection du président américain a aussi dit, "avec respect", qu'Israël exercerait son droit à se défendre "chaque fois que nécessaire".

Plus tôt, le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que son pays  "continuera(it) d'agir" contre le Hezbollah.

Téhéran exige un traitement simultané du conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, tandis que Washington souhaite conclure le dossier libanais dans un second temps.

Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi dans le sud du Liban, contre une quinzaine de localités dont la ville de Tyr, faisant 14 tués et plus d'une vingtaine de blessés, selon le gouvernement et la Croix-Rouge.

Le Hezbollah a lui revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas sur le territoire israélien.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessé.

Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a lui rencontré mardi au Pakistan son homologue pakistanais, Asim Munir. Le Pakistan fait figure de principal médiateur dans les pourparlers visant à mettre fin durablement à la guerre.

Le Pakistan a "souligné l'engagement de son armée à renforcer sa collaboration en matière de défense avec les forces armées libanaises" et à prendre en compte "l'évolution du contexte sécuritaire régional", selon un communiqué militaire.

Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, l'armée israélienne a annoncé tôt mardi avoir intercepté une "cible aérienne suspecte en provenance du Yémen", moins de 24 heures après que les rebelles houthis installés dans ce pays et alliés de l'Iran ont revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.

Dans ce contexte, les prix du pétrole, qui ont flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont légèrement reculé mardi matin, le prix du baril de Brent de la Mer du Nord perdant 0,90% à 93,40 dollars, tandis que le West Texas Intermediate se repliait de 1,16% à 90,24 dollars.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.