Washington renforce son arsenal contre le trafic d'opiacés de synthèse

Des sachets de fentanyl exposés au Drug Enforcement Administration Northeast Regional Laboratory le 8 octobre 2019 à New York. Le fentanyl, un analgésique puissant approuvé par la Food and Drug Administration des États-Unis pour un éventail de conditions, a été au cœur de la crise américaine des opioïdes qui a commencé à la fin des années 1990. (Photo, AFP)
Des sachets de fentanyl exposés au Drug Enforcement Administration Northeast Regional Laboratory le 8 octobre 2019 à New York. Le fentanyl, un analgésique puissant approuvé par la Food and Drug Administration des États-Unis pour un éventail de conditions, a été au cœur de la crise américaine des opioïdes qui a commencé à la fin des années 1990. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 16 décembre 2021

Washington renforce son arsenal contre le trafic d'opiacés de synthèse

  • L'administration Biden veut prendre pour cible des trafiquants chinois après que le nombre de décès par overdose atteint des records
  • Quatre entreprises chinoises, accusées de participer à la production illégale de fentanyl, seront durement sanctionnées

Les Etats-Unis, où le nombre de décès par overdose atteint des records, vont renforcer leur arsenal de lutte contre le trafic d'opiacés de synthèse, en prenant pour cible des trafiquants chinois, a annoncé mercredi l'administration Biden.

Le président Joe Biden a décidé de durcir le régime américain de sanctions contre les acteurs du trafic international de drogue, ce qui va immédiatement s'appliquer à un narcotrafiquant chinois et quatre entreprises chinoises accusées de participer à la production illégale de fentanyl, un puissant opiacé de synthèse, pour le marché américain, selon des communiqués de la Maison Blanche et du département du Trésor.

"Le président Joe Biden engage une action décisive pour détecter, perturber et réduire le pouvoir d'organisations criminelles transnationales" au travers de deux décrets, selon un document transmis par ses services.

L'un de ces décrets établit un nouvel organisme, le "Conseil des Etats-Unis sur le crime organisé transnational", dont l'acronyme en anglais sera USCTOC, et qui rassemblera des représentants de diverses administrations.

L'autre décret instaure un régime plus large de sanctions contre les acteurs internationaux du trafic de drogue, dont les avoirs aux Etats-Unis pourront être gelés.

En application de ce nouveau régime de sanctions, le département du Trésor a annoncé mercredi une série de cibles: en Chine, mais aussi au Brésil et au Mexique.

En Chine, sont visés un individu, Chuen Fat Yip, accusé de diriger un trafic de drogues de synthèse entre la Chine et les Etats-Unis, ainsi que quatre sociétés: Wuhan Yuancheng Gongchuang Technology, Shanghai Fast-Fine Chemicals, Hebei Huanhao Biotechnology et Hebei Atun Trading.

"C'est très simple, un grand nombre des matières premières pour la fabrication d'opiacés de synthèse proviennent de Chine. Il était important d'envoyer un message à cet égard", a expliqué un haut responsable du gouvernement américain, sous réserve d'anonymat.

Au Brésil, les nouvelles sanctions américaines s'appliqueront à "Primeiro Comando Da Capital", désigné comme "le plus puissant réseau de crime organisé du Brésil et l'un des plus puissants du monde", dont les activités de trafic de drogue, de blanchiment, d'extorsion et d'assassinat sur commande s'étendent dans le monde entier.

Au Mexique, sont pris pour cible deux groupes criminels: Los Rojos et Guerreros Unidos.

A cette liste s'ajoute une série de réseaux et de narcotrafiquants au Mexique et en Colombie déjà sanctionnés depuis 1995 et 1999.

Le département d'Etat a de son côté fait savoir qu'il offrait jusqu'à 5 millions de dollars de récompense pour toute information pouvant conduire à l'arrestation de quatre ressortissants mexicains et trois ressortissants chinois (dont Chuen Fat Yip) accusés de se livrer au trafic international de drogue.

"Depuis des années, les Etats-Unis sont en proie à la plus grave épidémie de consommation de drogue de leur histoire, avec des morts par overdose impliquant de l'héroïne et du fentanyl produit de manière illégale, ainsi que par la plus grande circulation de métamphétamine", a commenté le secrétaire d'Etat Antony Blinken, cité dans un communiqué.

Entre avril 2020 et avril 2021, les Etats-Unis ont dénombré 100.306 overdoses fatales, une augmentation de 28,5% par rapport à la même période l'année précédente (78.056 décès).

C'est la première fois que la barre symbolique des 100.000 décès en un an est dépassée. Cela signifie un décès toutes les 5 minutes.

Le fentanyl en lui-même, qui est 50 fois plus puissant que l'héroïne, n'est pas forcément illégal. Il peut par exemple être utilisé comme sédatif pour des malades du cancer en grande souffrance.

Mais des laboratoires chinois sont soupçonnés d'alimenter largement des narcotrafiquants, notamment mexicains, en substances permettant de fabriquer du fentanyl, si besoin en falsifiant les documents destinés aux douanes.

Ces trafics passent le plus souvent par internet et les paiements peuvent être marchandés en cryptomonnaie, ce qui complique la tâche des enquêteurs.

La Chine avait durci sa législation en 2019, en inscrivant tous les types de fentanyl sur sa liste des substances réglementées.

 


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.

 

 


Washington examine une proposition iranienne sur le détroit d'Ormuz

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
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  • Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte
  • Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient"

WASHINGTON: La Maison Blanche étudie une nouvelle proposition de l'Iran pour débloquer le détroit d'Ormuz, quasiment paralysé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Téhéran jugeant de son côté mardi que les Etats-Unis n'étaient plus en mesure de dicter leur politique à d'autres pays.

Le blocage d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce du pétrole et du gaz naturel liquéfié, a fragilisé l'économie mondiale et sa réouverture est un enjeu majeur pour un règlement durable du conflit, déclenché par des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée.

Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte.

Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient".

"Exigences illégales et irrationnelles" 

Selon un article du site américain Axios - relayé par l'agence officielle iranienne Irna - l'Iran a transmis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, négocier sur le dossier nucléaire.

Les Etats-Unis "ne sont plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes", a affirmé le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, appelant Washington à renoncer à ses "exigences illégales et irrationnelles".

Le Parlement iranien prépare parallèlement une loi prévoyant de placer le détroit sous l'autorité des forces armées. Selon ce texte, les navires israéliens auraient l'interdiction d'y passer et des droits de passage devraient être acquittés en rials iraniens.

"Nous ne pouvons pas tolérer que les Iraniens tentent d'instaurer un système dans lequel ils décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut leur payer pour l'utiliser", a répliqué Marco Rubio sur Fox News.

Il a par ailleurs insisté sur le volet nucléaire: "nous devons faire en sorte que tout accord conclu les empêche définitivement d'avoir à tout moment l'arme nucléaire à leur portée", a-t-il dit. Téhéran nie nourrir cette ambition et défend son droit au nucléaire civil.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, un méthanier, chargé à plein en GNL, a pu franchir le détroit d'Ormuz courant avril, et se trouvait lundi au large de l'Inde, selon les données du cabinet spécialisé Kpler.

"Conflit gelé"? 

Alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines, les négociations piétinent sur un arrêt durable des hostilités. Face à cette impasse diplomatique, le Qatar a mis en garde mardi contre un "conflit gelé" dans le Golfe.

Après l'annulation par les Etats-Unis d'un deuxième round de négociations au Pakistan, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a rencontré lundi à Saint-Pétersbourg son allié Vladimir Poutine.

Moscou, un des principaux soutiens de Téhéran, fera "tout" pour que "la paix puisse être obtenue le plus rapidement possible", a assuré le président russe.

M. Araghchi a aussi démenti tout affaiblissement de l'Iran malgré les nombreuses frappes qui ont visé le pays durant les premières semaines de la guerre et le blocus maritime imposé par Washington à ses ports.

La guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban.

Le bombardement au premier jour de la guerre de l'école de Minab, dans le sud de l'Iran, un des drames les plus spectaculaires du conflit, a été ramené à 155 morts (dont 120 enfants) contre au moins 175 précédemment, selon un bilan révisé diffusé mardi par la télévision d'Etat iranienne.

Sur le front libanais, l'armée israélienne - qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Des frappes israéliennes dans cette région ont fait quatre morts et 51 blessés lundi, selon le ministère libanais de la Santé. Cela porte à au moins 40 le nombre de personnes tuées au Liban depuis le début de la trêve théoriquement en vigueur sur ce front depuis le 17 avril, d'après un décompte de l'AFP à partir des chiffres du ministère de la Santé.


La stabilité dans le Golfe passe par des « garanties crédibles» de sécurité pour l'Iran

L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
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  • L’ambassadeur iranien à l’ONU affirme que la stabilité du Golfe dépend de garanties crédibles empêchant toute nouvelle attaque contre l’Iran et du respect de sa souveraineté
  • De nombreux pays critiquent l’Iran pour son contrôle du détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran accuse les États-Unis de blocus naval et d’actions assimilées à de la piraterie

NATIONS UNIES: Le retour de la sécurité et de la stabilité dans le Golfe passe par des "garanties crédibles" pour l'Iran contre toute nouvelle attaque américano‑israélienne, a déclaré lundi l'ambassadeur iranien aux Nations unies.

"Une stabilité et une sécurité durables dans le Golfe et dans toute la région ne peuvent être garanties que par une cessation durable et permanente de toute agression contre l'Iran, accompagnée de garanties crédibles de non-répétition et du plein respect des droits et intérêts souverains légitimes de l'Iran", a déclaré Amir Saeid Iravani lors d'une session du Conseil de sécurité convoquée par Bahreïn.

Lors de la réunion à New York, des dizaines de pays ont condamné l'Iran pour son contrôle du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les exportations d'hydrocarbures des pays du Golfe vers le reste du monde.

S'adressant ensuite à la presse, M. Iravani a regretté que les critiques aient visé exclusivement l'Iran, sans mentionner le blocus naval décrété par Washington.

"Les États-Unis agissent comme des pirates et des terroristes, ciblant les navires commerciaux par la coercition et l'intimidation, terrorisant les équipages, se saisissant illégalement des navires et prenant des membres d'équipage en otage", a-t-il déclaré. "Pourtant, parmi ceux qui ont exprimé leur inquiétude quant à la sécurité de la navigation internationale, personne lors de la réunion d'aujourd'hui n'a osé évoquer ni condamner ces actes terroristes."