Climat: l'UE veut créer un marché de l'hydrogène et sévir contre le méthane

Photographie d'une plate-forme d'extraction de méthane et le volcan Nyiragongo en République démocratique du Congo vus depuis le lac Kivu, à Gisenyi, au Rwanda, le 17 avril 2016.(AFP)
Photographie d'une plate-forme d'extraction de méthane et le volcan Nyiragongo en République démocratique du Congo vus depuis le lac Kivu, à Gisenyi, au Rwanda, le 17 avril 2016.(AFP)
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Publié le Jeudi 16 décembre 2021

Climat: l'UE veut créer un marché de l'hydrogène et sévir contre le méthane

  • Bruxelles a proposé mercredi de durcir les restrictions sur les émissions de méthane et d'encourager le stockage de CO2 dans les terres agricoles
  • Ces propositions, qui devront être approuvées par les Etats membres

BRUXELLES : Bruxelles a proposé mercredi de créer un marché européen de l'hydrogène, de durcir les restrictions sur les émissions de méthane et d'encourager le stockage de CO2 dans les terres agricoles, un plan insuffisant selon les ONG pour diminuer le recours aux énergies fossiles.

L'UE, qui vise des capacités d'électrolyse de 40 gigawatts d'ici 2040 pour produire de l'hydrogène, doit avoir "un marché et des infrastructures compétitifs pour approvisionner les consommateurs efficacement et de la manière la moins coûteuse", a indiqué le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans.

Ces propositions, qui devront être approuvées par les Etats membres et les eurodéputés, prévoient que ce nouveau marché dédié à l'hydrogène reposera sur un système de certification, des normes techniques et réglementaires communes pour faciliter les échanges entre les Vingt-Sept ainsi qu'avec des pays tiers.

La production, l'acheminement et la fixation des tarifs seraient régis par ces règles, tandis qu'une nouvelle structure de gouvernance serait instituée pour promouvoir les infrastructures, la construction de réseaux et coordonner les politiques nationales. Certaines structures gazières pourraient être réaffectées, et le coût des interconnexions transfrontalières annulé.

Dans le même temps, Bruxelles voudrait que les contrats européens à long terme d'achat de gaz naturel fossile "ne soient pas prolongés au-delà de 2049", mais, face aux récentes tensions sur les approvisionnements énergétiques, le texte autorise les Etats à procéder à des achats groupés volontaires de gaz pour disposer de stocks stratégiques.

Des ONG environnementales ont fustigé "une leçon magistrale en +greenwashing+", faisant la promotion d'un hydrogène produit lui-même massivement à partir d'énergie fossile ou nucléaire.

"Et en autorisant les opérateurs à mélanger jusqu'à 5% d'hydrogène dans l'approvisionnement en gaz, Bruxelles encourage les opérateurs à investir encore davantage dans leurs réseaux de gaz fossile, cela ne contribuera guère à réduire les émissions carbone et les consommateurs en subiront le coût", déplore GlobalWitness.

Dans une proposition distincte, l'exécutif européen souhaite durcir les restrictions sur le méthane. L'UE s'est engagée à réduire de 30% d'ici 2030 ses émissions de ce puissant gaz à effet de serre, par rapport à 2020.

Bruxelles veut obliger les entreprises pétrolières et gazières à inspecter fréquemment leurs équipements pour réparer immédiatement les fuites, et surtout interdire le rejet à l'air libre et le torchage de routine (brûlage des rejets de gaz) de puits d'hydrocarbure ou mines de charbon, sauf raisons de sécurité.

"La proposition compte de nombreuses exceptions notamment sur les importations, qui constituent 80% de notre consommation de méthane", relativise Alexia Falisse, de ClientEarth.

Enfin, la Commission veut doper les initiatives de stockage du carbone dans les sols agricoles, qui pourraient emprisonner sous terre 42 millions de tonnes de CO2 d'ici 2030.

Bruxelles entend promouvoir la pratique dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC), renforcer les financements publics, mais aussi proposer d'ici fin 2022 une certification rigoureuse des absorptions carbone, et l'octroi aux agriculteurs de crédits carbone.

Le plan divise le secteur: la puissante fédération européenne Copa-Cogeca (syndicats majoritaires) a salué "une belle opportunité pour les agriculteurs, à condition qu'une approche basée sur le marché soit privilégiée",  mais des organisations agricoles minoritaires ont réagi froidement.

"On parle de capturer le carbone, mais rien n'est dit sur les réductions des émissions dans l'agriculture industrielle. Le marché carbone appliqué à l'agriculture est une fausse solution", a déploré la Coordination européenne Via Campesina, tandis que l'ONG Fern critiquait "un mauvais signal" préférant la logique de marché à la préservation de "puits de carbone naturels" comme les forêts et tourbières. 


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.