Fin d'une époque chez Airbus: le dernier A380 livré

Le dernier A380 livré était le 251e appareil produit et le 123e appartenant à Emirates. (Photo, AFP)
Le dernier A380 livré était le 251e appareil produit et le 123e appartenant à Emirates. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 17 décembre 2021

Fin d'une époque chez Airbus: le dernier A380 livré

  • Le 251e et dernier super jumbo d'Airbus été livré jeudi à la compagnie Emirates, la production étant arrêtée pour cet appareil géant qui a subi un échec commercial
  • Doté de deux ponts courant sur toute sa longueur, l'A380 est le plus gros avion commercial de l'histoire, avec une capacité allant jusqu'à 853 places

Le 251e et dernier Airbus A380 produit a été livré jeudi à la compagnie Emirates, marquant la fin d'une époque pour l'avionneur européen dont l'appareil géant a subi un échec commercial.

L'A380 immatriculé A6-EVS est le 123e d'Emirates, de loin le plus important utilisateur du "super jumbo" lancé en 2000, mais arrêté faute de nouvelles commandes.

"Au nom de toutes les équipes d'Airbus, je souhaite profiter de cette livraison pour remercier chaleureusement Emirates (...) pour sa confiance et son partenariat de longue date", a déclaré Guillaume Faury, PDG d'Airbus, cité dans un communiqué.

De son côté, la compagnie a souligné que "la réception d'un avion neuf, dans un contexte toujours marqué par la pandémie, témoigne de l'optimisme d'Emirates, convaincue de la reprise du secteur et du retour de la demande de voyages", et rappelé que la compagnie avait été la première à commander l'A380 dès 2000.

Doté de deux ponts courant sur toute sa longueur (72,7 m), l'A380 a une envergure de 79,8 m et est le plus gros avion commercial de l'histoire, avec une capacité allant jusqu'à 853 places.

D'un point de vue commercial, il aura été loin de remplir l'objectif initial d'Airbus, qui avait estimé le marché des avions de plus de 500 places à 1.300 appareils sur 20 ans, espérant en capter 50%.

C'est Singapore Airlines qui avait le premier intégré un A380 à sa flotte, en 2007.

L'avionneur européen, qui avait pensé le quadriréacteur géant, capable de transporter 545 passagers sur 15.000 km, comme le successeur du mythique 747 de son rival américain Boeing, avait décidé dès février 2019 d'arrêter les frais, une fois les dernières commandes honorées.

C'était avant que la crise du Covid-19 cloue au sol de nombreux gros appareils.

Certaines compagnies ont tiré un trait sur l'A380 à cette occasion, d'autres l'avaient déjà fait auparavant, comme Air France.

Le 747 est toujours produit - désormais en version cargo - 51 ans après sa mise en service, même si Boeing a annoncé que le 1573e et dernier exemplaire quitterait ses usines en 2022.

Au début des années 2000, Airbus et Boeing avaient suivi deux stratégies différentes pour imaginer l'avenir de l'aviation commerciale long-courrier.

Quand l'Européen privilégiait une approche de "hub", c'est-à-dire de liaisons entre deux gros aéroports précédés ou suivis de vols en correspondance, son concurrent estimait que les clients préfèreraient des vols directs.

De cette philosophie est né le Boeing 787 à long rayon d'action et de 330 places maximum. Un peu plus grand, l'A350 d'Airbus, mis en service en 2015, a suivi le même modèle avec succès.

"L'A380 est un avion que les compagnies aériennes ont trouvé fantastique en termes d'expérience passagers mais compliqué en termes d'exploitation, car difficile à remplir", explique à l'AFP Bertrand Mouly-Aigrot, spécialiste du secteur au cabinet Archery Consulting, même si Emirates, avec sa stratégie de "massification" sur les longs-courriers, y a trouvé son compte.

En résumé, "l'A380 a eu de facto un marché très limité, sa fin de vie a été précipitée par le Covid", constate cet expert.

Airbus estime que "les A380 vont continuer à être exploités par les compagnies aériennes pendant plus d'une vingtaine d'années encore", même s'ils n'auront pas de successeur.

Petite consolation, des compagnies qui continuent à exploiter le géant des airs ont recommencé à le faire voler, à la faveur d'une reprise du trafic ces derniers mois, notamment Qatar Airways et British Airways.

Au moment de refermer un chapitre de son histoire, Airbus, plutôt que de s'étendre sur un programme A380 qui n'aura pas été rentable, remarque que l'appareil lui a permis de gagner en expérience et compétence.

De fait, c'est avec ses monocouloirs qu'Airbus a frappé un grand coup commercial jeudi en conquérant les liaisons intérieures de Qantas (Australie) aux dépens de Boeing, nouvelle preuve de l'ascendant qu'il a pris ces dernières années sur son rival américain, affecté par de multiples revers techniques.


Ameublement: Roche Bobois souffre d'un marché morose

 La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
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  • Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne
  • La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

PARIS: La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée.

Le chiffre d'affaires de l'enseigne d'ameublement haut de gamme résiste mieux mais s'affiche en repli de 2,8%, à 402,5 millions d'euros, selon un communiqué publié jeudi.

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) - un indicateur de la rentabilité - diminue de 4,3%, à 71,2 millions d'euros, dans la fourchette annoncée par le groupe.

Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne.

La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

La France a également beaucoup souffert avec un Ebitda en baisse de 9,3%, à 16,8 millions d'euros, "en lien avec la baisse des volumes" des ventes.

Ces résultats en baisse sont compensés par la bonne tenue de la marque de canapés Cuir Center, également propriété du groupe, qui affiche une croissance de son Ebitda de 25%, à 7,7 millions d'euros, "grâce à sa bonne performance commerciale et à la fermeture de magasins non rentables en 2024".

Après ce nouvel exercice difficile, Roche Bobois proposera de verser un dividende de 0,80 euro par action lors de sa prochaine assemblée générale, contre 1,25 euros l'an dernier.

Le groupe dit aborder 2026 avec "prudence compte tenu du contexte géopolitique actuel qui pèse sur la vigueur de la consommation et des effets de change toujours peu favorables".

Roche Bobois détient actuellement un réseau de 339 magasins en propre ou franchisé dans 54 pays, ses principaux marchés étant l'Amérique du Nord, la France et le reste de l'Europe.

 


L'UE choisit Lille pour le siège de la future Autorité douanière européenne

Bâtiment destiné à accueillir l’Autorité douanière européenne à Lille, 25 mars 2026. (AFP)
Bâtiment destiné à accueillir l’Autorité douanière européenne à Lille, 25 mars 2026. (AFP)
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  • Lille a été choisie pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne (EUCA) en 2028, après avoir battu Rome et huit autres villes, renforçant le rôle stratégique de la France dans le commerce et la logistique européens
  • La ville bénéficiera d’une implantation à Euralille, au cœur des axes logistiques européens, avec environ 250 emplois prévus d’ici 2034, dans le cadre de la réforme du système douanier de l’UE

BRUXELLES: Lille a été choisie mercredi pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne, face à huit autres villes candidates, prenant ainsi sa revanche après avoir vu lui échapper l'Autorité européenne du médicament en 2017.

La métropole du nord de la France, chef lieu de la région des Hauts-de-France, était en concurrence avec Rome, finaliste, ainsi que Varsovie, Zagreb, Bucarest, La Haye, Liège, Porto et Malaga.

"C'est le choix d'une métropole ouverte et pleinement européenne, une fierté pour la France. Nous serons au rendez-vous", a salué le président français Emmanuel Macron, sur le réseau X.

La décision a été prise conjointement par le Parlement européen et le Conseil de l'UE, l'instance qui représente les 27 États membres, via une procédure spéciale.

Le Conseil et le Parlement européen avaient chacun présélectionnés Lille et Rome, sans se concerter. Il a fallu ensuite trois tours de scrutin pour les départager.

L'Autorité douanière de l'Union européenne (également connue sous son acronyme anglais EUCA) doit voir le jour en 2028. Sa création est l'un des principaux éléments de la réforme du système douanier européen, avec une nouvelle plateforme des données douanières, qui centralisera les informations des 27 États membres.

- "Au carrefour de l'Europe" -

"Fier de cette victoire collective: élus, entreprises, universités, une mobilisation exemplaire de tout le territoire", s'est félicité le maire de Lille, Arnaud Deslandes, dans un message sur X.

"Ça montre aussi que la France n'est pas isolée en Europe, contrairement à ce que beaucoup disent ou souhaiteraient", a assuré à l'AFP Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France.

Ce dernier y voit la preuve de "l'attractivité" de la région et des "atouts techniques clairs" de la candidature lilloise, laquelle avait tiré les leçons de 2017, lorsque la ville avait vu lui échapper l'Agence européenne du médicament, autrefois installée à Londres et transférée à Amsterdam après le Brexit.

Il salue aussi "un réel travail collectif" qui montre "l'influence et le rayonnement des Hauts-de-France".

"C'est un choix judicieux", a estimé aussi l'eurodéputé néerlandais Dirk Gotlink (PPE, droite), l'un des représentants du Parlement dans cette procédure.

"La France est l'un des principaux pays douaniers d'Europe, un colis sur trois entrant dans l'UE transite par son territoire. La situation stratégique de Lille, au carrefour de l'Europe, en fait le centre névralgique de cette autorité. Ce choix envoie un signal clair: la France jouera un rôle central dans l'avenir de notre union douanière", a-t-il souligné dans un communiqué.

Selon les propositions de la Commission européenne, la future agence devrait employer 250 personnes en équivalent temps plein d'ici 2034.

Elle aidera à moderniser les procédures de contrôle et de taxation des biens importés dans l'UE, alors que les services douaniers européens sont de plus en plus engorgés par l'afflux de colis de faible valeur en provenance de Chine.

Des auditions s'étaient déroulées fin janvier au Parlement européen pour aider à départager les candidatures.

Celle de Lille avait été défendue à cette occasion par l'ex-ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, et Xavier Bertrand.

L'Autorité sera installée dans un bâtiment du quartier d'affaires d'Euralille, à deux pas des gares de Lille-Flandres et Lille-Europe.

La France avait fait valoir la situation géographique privilégiée de la capitale des Hauts-de-France, située "au carrefour des grandes routes de la logistique et du commerce international européen", et à une demi-heure de Bruxelles, des institutions européennes et de l'Organisation mondiale des douanes.


Le dollar remonte avec la perspective de troupes américaines au Moyen-Orient

Des conteneurs sont visibles au terminal à conteneurs de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2026.  (AFP)
Des conteneurs sont visibles au terminal à conteneurs de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Selon Axios, le président et son administration envisagent de s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent environ 90% des exportations de brut de l'Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz
  • Or le Wall Street Journal rapporte que Washington va envoyer dans la région entre 2.200 et 2.500 Marines capables de mener des opérations amphibies

LONDRES: Le dollar profite mardi de la remontée des cours de l'énergie, après des informations de presse selon lesquelles l'armée américaine va déployer des troupes supplémentaires au Moyen-Orient, douchant les espoirs de négociations évoquées la veille par Donald Trump.

Vers 10H30 GMT (11H30 à Paris), la devise américaine prenait 0,22% à l'euro, à 1,1587 dollar.

"L'optimisme prudent des marchés financiers, suscité par le report des frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes par le président Trump, s'est dissipé durant la séance asiatique après la publication d'informations pessimistes", et "le dollar s'est apprécié", résume Carol Kong, analyste chez CBA.

Selon Axios, le président et son administration envisagent de s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent environ 90% des exportations de brut de l'Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz.

Or le Wall Street Journal rapporte que Washington va envoyer dans la région entre 2.200 et 2.500 Marines capables de mener des opérations amphibies.

Par ailleurs, deux infrastructures énergétiques iraniennes ont finalement été visées par des frappes israélo-américaines, a affirmé tôt mardi l'agence de presse Fars, tandis que le ministère iranien des Affaires étrangères a nié lundi être en pourparlers avec les Etats-Unis.

Lundi, la livre sterling avait gagné jusqu'à 1% face au dollar, et le rendement obligataire britannique à 10 ans a connu un nouveau sommet depuis 2008, à 5,12%, avant de retomber de concert.

Depuis, la devise britannique relâchait mardi 0,26% au billet vert, à 1,3396 dollar, et les taux d'emprunt se sont apaisés.

Les marchés, qui anticipaient la veille quatre hausses de taux de la Banque d'Angleterre cette année, tablent désormais sur entre deux et trois, d'après Bloomberg.

"Les conditions sont exceptionnellement difficiles à remplir pour que la Banque d'Angleterre relève son taux directeur, déjà en territoire restrictif", et au vu de données économiques faibles, estime en effet Chris Turner, analyste chez ING.

L'indice d'activité PMI au Royaume-Uni a faiblit en mars, à 51, contre 53,7 en février, et moins que les 52,8 projetés par le consensus des analystes sondés par Bloomberg, selon les chiffres publiés mardi par S&P Global.

Mercredi, sera dévoilée l'inflation en février dans le pays, qui ne capturera cependant pas les effets de la guerre.

Le prix d'une once d'or progressait aussi de 0,27%, à 4.419,40 dollars.

La veille, les cours des métaux précieux s'étaient brièvement effondrés, les investisseurs préférant engranger leurs bénéfices sur l'or et l'argent pour récupérer des liquidités, plus facilement mobilisables et accessibles.