Covid-19: face à Omicron, restrictions en vue pour le Nouvel An

Cette photo d'archive prise le 31 décembre 2020 montre l'avenue des Champs Elysée pendant le réveillon du Nouvel An alors qu'un couvre-feu de 20h00 à 6h00 est mis en place en France pour éviter une troisième vague d'infections au Covid-19, à Paris. (Photo, AFP)
Cette photo d'archive prise le 31 décembre 2020 montre l'avenue des Champs Elysée pendant le réveillon du Nouvel An alors qu'un couvre-feu de 20h00 à 6h00 est mis en place en France pour éviter une troisième vague d'infections au Covid-19, à Paris. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 18 décembre 2021

Covid-19: face à Omicron, restrictions en vue pour le Nouvel An

  • La soirée du 31 décembre, où traditionnellement les fêtards sont plus exubérants, inquiète l'instance chargée de donner des recommandations à l'exécutif au regard des connaissances sur l'épidémie
  • Les contaminations au virus sont nettement reparties à la hausse en France depuis mi-novembre, pour dépasser le seuil de 50 000 nouveaux cas par jour

PARIS : Noël devrait être tranquille, mais attention au Nouvel An, alerte le Conseil scientifique, qui appelle le gouvernement à limiter strictement les rassemblements face au Covid-19, à l'image de Paris qui annule son emblématique feu d'artifice sur les Champs-Elysées.

Dans un avis publié samedi, le Conseil estime que "des mesures de restriction significatives doivent pouvoir être prises par les autorités à l'occasion du réveillon (y compris le cas échéant sous la forme de limitation d'activités collectives ou de couvre-feux), avec la possibilité d'une déclinaison territoriale".

La soirée du 31 décembre, où traditionnellement les fêtards sont plus exubérants, inquiète l'instance chargée de donner des recommandations à l'exécutif au regard des connaissances sur l'épidémie.

"Nos concitoyens auront à cœur de passer cette fête de Noël 2021 en nombre plus limité, de se faire tester avant, de s'assurer que les plus anciens ont bien reçu leur dose de rappel", estime le Conseil scientifique.

En revanche, "pour les festivités du Nouvel An, le Conseil scientifique alerte sur un comportement des citoyens qui pourrait être différent avec une activité festive plus ou moins contrôlée".

Il "souhaiterait une démarche pour éviter qu'à l'occasion du Jour de l'an, se constitue une série de mini-clusters à Omicron, qui pourraient diffuser rapidement dans les jours qui suivent sur l'ensemble du pays, compte tenu des mouvements de populations à cette période".

Le Premier ministre, Jean Castex, avait déjà souligné ce risque en recommandant vendredi aux mairies de renoncer aux concerts et feux d'artifice de la Saint-Sylvestre. Il annonçait que la consommation d'alcool sur la voie publique serait interdite dans toute la France ce soir-là.

Samedi matin, la mairie de Paris a annulé le feu d'artifice et des concerts prévus sur l'avenue des Champs-Élysées le soir de la Saint-Sylvestre.

 

Castex défend "l'efficacité" de la vaccination des enfants au lendemain de ses annonces

Jean Castex a défendu samedi "l'efficacité" de la vaccination des enfants pour contrer la propagation du Covid-19, au lendemain de son annonce sur la mise en place d'un pass vaccinal et alors que se profile l'ouverture de la vaccination pour tous les 5-11 ans.

En visite dans un vaccinodrome au Mans et au centre hospitalier de cette ville, le chef du gouvernement a échangé avec plusieurs personnes venues se faire vacciner, pour l'essentiel des doses de rappel. 

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Le Premier ministre français Jean Castex donne une conférence de presse pour la dernière mise à jour de Covid-19 à Paris le 17 décembre 2021. (Photo, AFP)

M. Castex avait annoncé vendredi plusieurs nouvelles mesures, dont un projet de loi en janvier visant à transformer le pass sanitaire en pass vaccinal. Concrètement, pour entrer dans les lieux soumis à ce pass (restaurants, lieux de culture, de loisirs...), un test négatif ne suffira plus: il faudra forcément avoir été vacciné (ou guéri du Covid) et avoir reçu une dose de rappel.

Le ministre de la Santé, Olvier Véran, a par ailleurs indiqué samedi matin que la vaccination serait offerte à tous les enfants de 5 à 11 ans à partir de mercredi 22 décembre "si tout va bien". 

Dans le chef-lieu de la Sarthe, le Premier ministre s'est notamment enquis auprès de plusieurs de ses interlocuteurs de la demande pour de premières doses de vaccination ainsi que des motivations des réfractaires à la vaccination, et dit espérer que "les décisions annoncées" vendredi aient "pour effet de les décider un peu plus".

Il faut vacciner les enfants "parce qu'ils sont contaminants", a-t-il répondu à un homme qui lui faisait part de ses doutes, rappelant que des personnes immunodéprimées ou souffrant de maladies graves pouvaient subir des formes graves du Covid bien qu'elles soient vaccinées. 

"La vaccination des enfants a son efficacité à ce titre", a estimé le Premier ministre, qui a néanmoins insisté sur le fait que cette vaccination serait proposée "sur la base du volontariat", alors qu'une majorité de parents y sont opposés, selon les sondeges.

Jean Castex s'est ensuite rendu au centre hospitalier du Mans, visitant notamment le service de réanimation, dans lequel 80% des patiens Covid sont non-vaccinés.

Le Premier ministre s'est enfin offert une déambulation au marché du quartier Patis-Saint-Lazare, en compagnie du maire PS Stéphane Le Foll. Jean Castex était accompagné dans sa visite par la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa, qui a été élue municipale au Mans entre 2014 et 2020.

«Un risque énorme»

Les contaminations au virus sont nettement reparties à la hausse en France depuis mi-novembre, pour dépasser le seuil de 50 000 nouveaux cas par jour.

Le variant Delta y reste très largement dominant. Or, l'exemple d'autres pays européens, Royaume-Uni en tête, montre que le variant Omicron, beaucoup plus contagieux, peut très rapidement aggraver une situation déjà difficile.

"Si c'est 10% des cas de variant Omicron aujourd'hui dans notre pays, ça veut dire que la semaine prochaine c'est 25 ou 30%, et ça veut dire que dans quinze jours il est majoritaire", a prévenu le ministre de la Santé Olivier Véran samedi sur France Inter.

À Noël, "on ne met pas de jauge parce que les gens ont très bien compris. La jauge, c'est: tout le monde vacciné à table. (...) Avoir conscience que si vous avez une grand-mère qui n'est pas vaccinée, à table, et que vous êtes vingt, vous prenez un risque, je le dis, un risque énorme", a estimé le ministre. Il a toutefois précisé que les autotests ne seraient pas rendus gratuits comme beaucoup s'y attendaient.

Mais le 31 décembre, a décrit M. Véran, "ce sont des moments de très fort brassage de populations qui ne se connaissent pas".

Le Conseil scientifique exhorte donc, pour ce Nouvel An 2022, à la "responsabilité individuelle" des Français.

Cela implique de "limiter la taille des évènements festifs", de "se faire tester largement le 31 décembre", de "ne pas multiplier les différents lieux de sorties pour une même personne qui, si elle est infectée, serait à l'origine de plusieurs clusters" et "d'éviter de voir des personnes âgées de plus de 65 ans durant la première semaine de janvier" si on a croisé beaucoup de monde au réveillon.

Un projet de loi est prévu début janvier pour transformer le pass sanitaire en pass vaccinal, ce qui limitera l'accès aux lieux culturels ou aux restaurants aux personnes entièrement vaccinées. 

La troisième dose de vaccin sera par ailleurs rendue obligatoire pour les soignants et les pompiers à partir de fin janvier, a indiqué M. Véran. Et la vaccination pour les 5-11 ans pourra commencer à partir de mercredi "si tout va bien", une fois les derniers avis scientifiques donnés, a-t-il encore dit.

Marine Le Pen, du Rassemblement national, a déploré que le gouvernement aille "toujours dans le sens d'un plus grand enfermement des Français". L'autre candidat d'extrême droite à la présidentielle, Eric Zemmour, a dénoncé "le durcissement" du pass alors que "les Français sont déjà largement vaccinés".

 

Le pass vaccinal conduit à un "plus grand enfermement" des Français, selon Marine Le Pen

Le pass vaccinal qui va supplanter le pass sanitaire pour inciter les Français à se faire vacciner va conduire à un "plus grand enfermement" des Français, a déploré samedi Marine Le Pen en marge d'un déplacement à Mayotte. 

Pour faire face à la montée du variant Omicron, un projet de loi sera présenté "début janvier" pour transformer le pass sanitaire en pass vaccinal, a annoncé vendredi soir le Premier ministre Jean Castex. Pour entrer dans les lieux soumis à ce pass (restaurants, lieux de culture, de loisirs...), un test négatif ne suffira plus: il faudra forcément avoir été vacciné (ou guéri du Covid) et avoir reçu une dose de rappel.

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La candidate du Rassemblement national (RN) d'extrême droite à l'élection présidentielle de 2022, Marine Le Pen. (Photo, AFP)

"C'est donc une obligation vaccinale. Ce qu'on nous a absolument promis de ne pas faire est en train de se réaliser (...) toujours dans le sens d'un plus grand enfermement des Français, d'une perte de plus en plus lourde de nos libertés individuelles", a déploré devant la presse la candidate à la présidentielle du Rassemblement national, qui était déjà opposée au pass sanitaire.

Elle a fustigé "l'incurie du gouvernement, qui a supprimé 5.700 lits en pleine crise sanitaire, qui a mis au ban 15.000 soignants interdits de travailler parce qu'ils n'étaient pas vaccinés même s'ils démontraient par des tests qu'ils n'étaient pas porteurs du virus".

Marine Le Pen a aussi jugé la situation "très inquiétante" pour "la démocratie (et) la suite de la campagne" présidentielle avec les meetings envisagés. Le RN a prévu un grand meeting à Reims mi-janvier puis des réunions publiques de petite taille.

Interrogée sur les patients en réanimation qui pour la majorité ne sont pas vaccinés, elle a répondu : "qu'il y ait des gens qui soient en réanimation est une chose, mais qu'on soit obligé d'enfermer les gens, de les menacer de mort sociale s'ils ne sont pas vaccinés et qu'ils ne sont pas porteurs" en est une autre.   

"Ceci n'a pas de de sens sanitaire", a estimé la responsable d'extrême droite. "Il y a là encore une fois la démonstration de l'amateurisme, de l'incurie et peut-être même du cynisme du gouvernement". 

Pour sa part, l'autre candidat d'extrême droite Eric Zemmour a dénoncé, dans un tweet, un "durcissement installé avec de passe vaccinal" qui, selon lui, "a un objectif: instaurer une lutte des classes vaccinale, afin d’empêcher les Français de s’intéresser aux sujets sur lesquels Emmanuel Macron est en difficulté"


Macron reçoit mercredi les dirigeants du Danemark et du Groenland

A la suite de plusieurs semaines d'escalade, Donald Trump a reculé sur le Groenland, après avoir menacé de s'emparer de ce territoire et d'imposer des droits de douane accrus aux pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, qui s'y opposent et ont participé mi-janvier à une mission militaire de reconnaissance sur le territoire autonome danois. (AFP)
A la suite de plusieurs semaines d'escalade, Donald Trump a reculé sur le Groenland, après avoir menacé de s'emparer de ce territoire et d'imposer des droits de douane accrus aux pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, qui s'y opposent et ont participé mi-janvier à une mission militaire de reconnaissance sur le territoire autonome danois. (AFP)
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  • Des discussions à Davos entre Donald Trump et le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, ont permis, selon le président américain, de déboucher sur un "cadre d'accord" sur le Groenland sans que les détails en soient révélés
  • En juin dernier, Emmanuel Macron s'était rendu à Nuuk, la capitale du Groenland, où l'ouverture d'un consulat français est prévue le 6 février

PARIS: Emmanuel Macron recevra mercredi midi la Première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, et le Premier ministre du Groenland, Jens Frederik Nielsen, a annoncé l'Élysée mardi.

A l'occasion de ce "déjeuner de travail", le chef de l'État "réaffirmera la solidarité européenne et le soutien de la France à l'égard du Danemark et du Groenland, de leur souveraineté et de leur intégrité territoriale".

Selon l'Élysée, les trois dirigeants échangeront "sur les enjeux de sécurité dans l'Arctique et sur le développement économique et social du Groenland que la France et l'Union européenne sont prêtes à accompagner".

Selon un communiqué du bureau de presse de la Première ministre danoise, les deux dirigeants se rendront ensuite pour un débat à Sciences-Po animé par Giuliano da Empoli, auteur du best-seller "Le Mage du Kremlin"

Dans un contexte diplomatique de tensions, du fait de la menace russe et des ambitions américaines pour le Groenland, Mette Frederiksen - qui a participé à un sommet sur la coopération énergétique et sécuritaire en Mer du Nord lundi à Hambourg - et Jens Frederik Nielsen seront à Berlin ce mardi avant de se rendre mercredi à Paris.

A la suite de plusieurs semaines d'escalade, Donald Trump a reculé sur le Groenland, après avoir menacé de s'emparer de ce territoire et d'imposer des droits de douane accrus aux pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, qui s'y opposent et ont participé mi-janvier à une mission militaire de reconnaissance sur le territoire autonome danois.

Des discussions à Davos entre Donald Trump et le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, ont permis, selon le président américain, de déboucher sur un "cadre d'accord" sur le Groenland sans que les détails en soient révélés.

Mme Frederiksen, qui a rencontré mardi à Berlin le chancelier allemand Friedrich Merz, a ensuite souligné sur la télévision allemande ARD que si le Danemark voulait une coopération militaire "accrue" avec les Américains, sa "souveraineté" était une "ligne rouge".

"Le Groenland a répété à plusieurs reprises qu'il ne voulait pas faire partie des États-Unis", a-t-elle déclaré, selon la traduction allemande, appelant les alliés transatlantiques à se concentrer sur "la défense de l'Europe contre la Russie".

Comme M. Merz, qui a de nouveau assuré le Danemark et le Groenland de la "solidarité" de l'Allemagne, selon une communication de ses services, la France se veut en pointe de la solidarité européenne avec Copenhague.

En juin dernier, Emmanuel Macron s'était rendu à Nuuk, la capitale du Groenland, où l'ouverture d'un consulat français est prévue le 6 février.


L'Assemblée adopte le budget de l'Etat, qui va être transmis au Sénat

L'Assemblée nationale a de nouveau repoussé mardi deux motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, permettant l'adoption en nouvelle lecture du budget de l'Etat pour 2026, qui après un bref passage au Sénat devrait être adopté définitivement en début de semaine prochaine. (AFP)
L'Assemblée nationale a de nouveau repoussé mardi deux motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, permettant l'adoption en nouvelle lecture du budget de l'Etat pour 2026, qui après un bref passage au Sénat devrait être adopté définitivement en début de semaine prochaine. (AFP)
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  • Le débat a été l'occasion pour le Premier ministre, disant engager sa responsabilité "devant l'Histoire", de défendre un budget de "sursaut"
  • La motion de censure commune des groupes Insoumis, écologiste et GDR (communistes et ultra-marins) a été approuvée par 267 députés, alors que 289 voix étaient nécessaires pour faire tomber le gouvernement

PARIS: L'Assemblée nationale a de nouveau repoussé mardi deux motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, permettant l'adoption en nouvelle lecture du budget de l'Etat pour 2026, qui après un bref passage au Sénat devrait être adopté définitivement en début de semaine prochaine.

Le débat a été l'occasion pour le Premier ministre, disant engager sa responsabilité "devant l'Histoire", de défendre un budget de "sursaut", qui permettra d'augmenter les crédits de la défense de 6,5 milliards d'euros - occasion aussi pour lui de distribuer quelques coups de griffe et d'inviter à regarder "plus loin" que 2026.

La motion de censure commune des groupes Insoumis, écologiste et GDR (communistes et ultra-marins) a été approuvée par 267 députés, alors que 289 voix étaient nécessaires pour faire tomber le gouvernement.

Celle du RN et de son allié le groupe ciottiste UDR a recueilli seulement 140 voix.

Les uns et les autres ont une nouvelle fois dénoncé sur le plan de la méthode le choix du Premier ministre de recourir à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, qui permet de faire passer un texte sans vote, en rupture avec la promesse faite en octobre devant le Parlement d'y renoncer.

Sur le fond, l'oratrice écologiste Christine Arrighi a fustigé un budget qui relègue l'écologie "au tout dernier rang", pointant notamment l'"effondrement" du budget alloué au Fonds vert: dédié à accompagner localement la transition écologique, celui-ci a, selon elle, vu ses crédits fondre de 2,5 milliards d'euros en 2024 à 850 millions d'euros en 2026.

Pour le RN, Jean-Philippe Tanguy a critiqué un budget qui va alourdir les impôts "d'au moins 9 milliards d'euros", tout en creusant la dette.

Comme déjà vendredi, le PS et LR ont refusé de s'associer à ces motions, au nom de la "stabilité" et de la nécessité de doter la France d'un budget.

Impôts et économies "imaginaires" 

Le député LR Corentin Le Fur, saluant l'"humilité" et l'"écoute" de Sébastien Lecornu durant les débats, n'a cependant pas manqué d'égratigner un budget qui reste "largement imparfait", dans la mesure où il évite de s'attaquer suffisamment "au chantier fondamental de la réduction de notre dépense publique".

Prenant la parole après tous les orateurs, le Premier ministre a répondu sur un ton particulièrement offensif.

S'en prenant à tous ceux, à droite comme à gauche, qui "parlent d'un autre budget, mais sans jamais dire lequel", et font surgir des impôts ou des économies "imaginaires", l'ancien élu de la chambre haute n'a pas épargné la droite sénatoriale, qui se prétend "plus rigoureuse", mais in fine a voté "un budget à 5,3% de déficit".

"Pour la première fois depuis longtemps, les chiffres disent une chose claire: la dépense ralentit réellement", a-t-il défendu, tout en affirmant la nécessité dans le futur de mener des "réformes de structures profondes" et de recentrer l'Etat sur "l'essentiel".

Invitant à "regard(er) plus loin", il a souhaité que les crédits militaires puissent atteindre "des niveaux proches de 90 à 100 milliards d'euros par an", contre 57 en 2026, alors que "nous changeons de monde".

Le Sénat, qui examinera le texte jeudi, devrait le rejeter d'emblée, permettant son retour à rapide à l'Assemblée pour une lecture définitive.

Le Premier ministre pourrait ainsi engager la responsabilité de son gouvernement une troisième fois dès vendredi, s'exposant à deux dernières motions de censure, qui pourraient être rejetées le 2 ou le 3 février, fermant quatre mois de débats parlementaires sur le budget.

 


L'Assemblée adopte l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

Des députés assistent à un débat parlementaire sur le processus législatif visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans à l'Assemblée nationale, à Paris, le 26 janvier 2026. (AFP)
Des députés assistent à un débat parlementaire sur le processus législatif visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans à l'Assemblée nationale, à Paris, le 26 janvier 2026. (AFP)
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  • Les députés ont adopté une proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, avec le soutien du gouvernement et du président Emmanuel Macron, au nom de la protection de la santé mentale des adolescents
  • Le texte, qui doit encore être examiné au Sénat, prévoit une mise en œuvre progressive dès 2026, assortie de sanctions pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires des plateformes en cas de non-respect

PARIS: La France bientôt pionnière en Europe? Les députés ont adopté dans la nuit de lundi à mardi une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mesure visant à protéger la santé des adolescents, soutenue de tout leur poids par le gouvernement et Emmanuel Macron.

La proposition de loi Renaissance devra maintenant être examinée au Sénat, et ce "dans les semaines à venir" a promis la ministre du Numérique Anne Le Hénanff.

Le président de la République, attaché à cette réforme qui marquerait son second quinquennat, a salué "une étape majeure". "Parce que le cerveau de nos enfants n'est pas à vendre. Ni aux plateformes américaines, ni aux réseaux chinois", a-t-il ajouté sur X.

S'il est adopté définitivement, la France deviendrait le deuxième pays à se doter d'une législation aussi restrictive pour les mineurs, après l'Australie qui a interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans début décembre.

Le gouvernement souhaite aller vite, avec une interdiction mise en œuvre dès la rentrée 2026 pour les nouveaux comptes, et une vérification d'âge efficace pour tous les utilisateurs (y compris les comptes déjà existants) d'ici le 1er janvier 2027, a précisé Mme Le Hénanff.

Le texte, porté par la députée Laure Miller, prévoit que "l'accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de quinze ans".

Il exclut de l'interdiction certaines plateformes éducatives. "Les messageries privées interpersonnelles" comme WhatsApp ne sont pas non plus concernées, a indiqué Mme Miller.

La proposition de loi a été adoptée par 130 voix contre 21, avec notamment le soutien du camp gouvernemental, de l'alliance RN-UDR, et de la majorité des socialistes. Seuls les insoumis et deux députés du groupe écologiste ont voté contre.

Durant les débats, le député LFI Arnaud Saint-Martin a dénoncé "une forme de paternalisme numérique" et une réponse "simpliste".

- Santé mentale -

Les débats se sont par moments déroulés au pas de course, et des votes à quelques voix près ont parfois créé la surprise.

Plusieurs amendements visant à contraindre les plateformes de réseaux sociaux, combattus par la rapporteure et la ministre car contrevenant selon elles au droit européen, ont été adoptés. Il y aura "encore de multiples occasions de réajuster le texte", a toutefois voulu rassurer l'entourage de Mme Miller, dans une déclaration à l'AFP.

Le texte entendait aussi étendre l'interdiction des téléphones portables aux lycées, comme c'est déjà le cas dans les écoles et les collèges.

Les députés ont adopté une réécriture de cette mesure, prévoyant désormais que le réglement intérieur des lycées précise "les lieux et les conditions d'utilisation" des téléphones portables. A défaut, cette utilisation est "interdite pendant les cours" et "dans les couloirs, mais autorisée dans une zone définie de la cour", prévoit l'amendement.

Les réseaux comme TikTok, Snapchat ou encore Instagram, devenus omniprésents dans la vie des adolescents, nuisent gravement à leur santé mentale, a alerté au début du mois l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

Les risques listés sont nombreux, entre cyberharcèlement, comparaison permanente ou exposition à des contenus violents. Également pointés: les systèmes de captation de l'attention, au détriment du sommeil.

L'ex-Premier ministre et chef des députés Renaissance Gabriel Attal s'est félicité d'une mesure "décisive pour la protection de nos jeunes", rappelant qu'elle semblait "impossible" il y encore "quelques mois".

- Sanctions -

La principale difficulté du texte réside dans l'obligation de conformité avec le droit européen - plus précisément avec son règlement sur les services numériques (DSA). Objectif: ne pas subir le même sort qu'une loi de 2023 instaurant une majorité numérique à 15 ans mais n'ayant jamais pu être appliquée.

Depuis cet été, la publication par la Commission européenne de nouvelles lignes directrices a permis d'ouvrir la voie à une régulation, dans le droit national, de l'accès aux réseaux sociaux sous un certain âge.

"Les plateformes ne respectant pas l'interdiction (...) seront passibles de sanctions pouvant s'élever jusqu'à 6% de leur chiffre d'affaires", a déclaré Laure Miller.

Pour que l'interdiction devienne une réalité, un système de vérification d'âge efficace devra être mis en place. Des travaux sont en cours au niveau européen.

Un "tiers de confiance", qui ne serait "ni l'État ni les plateformes de réseaux sociaux" pourrait procéder soit par reconnaissance faciale, soit par téléchargement de documents d'identité, a avancé lundi Gabriel Attal.

Plusieurs députés ont toutefois estimé que des contournements par les mineurs seraient inévitables. "Mais est ce une raison pour renoncer?", leur a lancé la rapporteure Laure Miller.