La communauté internationale devrait soutenir davantage le Liban, déclare Guterres

Le Premier ministre libanais Najib Mikati et le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres passent en revue la garde d’honneur au Grand Sérail lundi, à Beyrouth. (AP)
Le Premier ministre libanais Najib Mikati et le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres passent en revue la garde d’honneur au Grand Sérail lundi, à Beyrouth. (AP)
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Publié le Mardi 21 décembre 2021

La communauté internationale devrait soutenir davantage le Liban, déclare Guterres

  • Le Secrétaire général de l’ONU appelle à la mise en place d’une commission impartiale chargée d’enquêter sur l’explosion du port de Beyrouth
  • Guterres a déposé une gerbe devant le mémorial des victimes de l’explosion; une minute de silence a été observée en leur hommage

BEYROUTH:  La communauté internationale doit renforcer son soutien au Liban pour que le pays surmonte les «conditions très difficiles» auxquelles il fait face, a déclaré lundi le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, à Beyrouth.

Guterres a également mentionné que les personnes responsables de l'explosion du port devraient être poursuivies en justice et que les élections prévues l'année prochaine pourraient apporter la stabilité politique au pays.

Ses commentaires ont fait suite à une rencontre avec le président du Parlement, Nabih Berri, et à une visite au port, où il a déposé une gerbe devant le mémorial des centaines de victimes qui ont perdu la vie lorsque des produits chimiques stockés au port depuis près de sept ans ont explosé.

Guterres a tenu à consigner ses observations le deuxième jour de sa visite officielle au Liban.

Il a insisté sur le fait que seuls les Libanais pouvaient résoudre leurs problèmes, et a de nouveau appelé les dirigeants à «s’unir» pour surmonter les divisions.

Il a inspecté, pour la première fois, le site de l'explosion, passant en revue les dégâts du port et de ses environs, malgré le temps orageux et pluvieux.

Une minute de silence a été observée devant une plaque rendant hommage aux victimes de l'explosion.

Dans des notes distribuées par son bureau de presse, le Secrétaire général a déclaré qu'il s'était rendu au port pour rendre hommage aux victimes qui avaient perdu la vie et pour exprimer sa solidarité envers les blessés ainsi que leurs familles.

«Je sais que le peuple souffre et qu’il veut à tout prix connaître la vérité. Les gens réclament une véritable responsabilisation et je tiens à exprimer ma très profonde solidarité envers toutes les victimes de cette tragédie.»

Une réunion approfondie avec des représentants d’organisations et d'organismes internationaux, présidée par Guterres et le Premier ministre libanais Najib Mikati, a eu lieu.

Arab News a pris connaissance de la décision qui en a résulté: les différentes agences des Nations unies «doivent coordonner leurs efforts sur le terrain afin d’effectuer un travail plus efficace.»

D’après Guterres, Mikati a confirmé «que le gouvernement s’engageait à mener des négociations avec le FMI et à mettre en place un certain nombre de réformes administratives et financières nécessaires» pour favoriser le redressement économique.

Mikati a mis l’accent sur «l'adhésion du Liban au rôle de la Force intérimaire des Nations unies au Liban dans le sud, et au respect des résolutions internationales».

Il a souligné que le Liban était «attaché à la politique de dissociation de tout différend entre les pays arabes, comme il l'avait décidé en 2011», que le Liban ne serait «qu'un moyen d'unification entre les frères arabes, et [qu’il] tenait aux meilleures relations avec tous ses 'amis'.»

Il a ensuite ajouté que le Liban avait urgemment besoin d’aide dans de nombreux domaines, mais il a surtout évoqué l’aide qui devrait être fournie aux personnes les plus démunies et à la classe moyenne, en plus des segments marginalisés.

Il a souligné la nécessité d'accorder une importance particulière à l'expansion du réseau de protection sociale, et a précisé que le gouvernement était «déterminé» à tenir les élections parlementaires à temps. «Nous comptons sur le soutien indéfectible de l'ONU», a-t-il poursuivi.

Le chef de l'ONU a participé à une importante réunion avec des autorités religieuses et a écouté les points de vue des sectes libanaises concernant les derniers événements au Liban.

Leurs discours ont mis en valeur les divergences politiques qui règnent dans le pays.

Dans une déclaration commune, ils ont affirmé leur «attachement aux valeurs d'ouverture, de tolérance et de coexistence, étant donné qu’elles constituent l'essence même de l'identité et de la stabilité du Liban», et ont encouragé «le recours au dialogue comme moyen de résoudre les différends dans un esprit de consensus et de travail d'équipe.»

Le chef de l'ONU a également visité la ville de Tripoli, dans le nord du pays, où il a inspecté des centres et des écoles qui offrent des services aux résidents et aux réfugiés. Il a rencontré des femmes leaders et des activistes.

Ses entretiens avec Berri ont surtout porté sur la présence des forces de la FINUL au Liban-Sud et sur «la nécessité de mettre fin à toutes les violations du cessez-le-feu.»

Guterres a déclaré que Berri avait attiré son attention sur les «violations de l'espace aérien du Liban, ainsi que sur la nécessité d'une mise en œuvre totale des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU.»

«Nous avons discuté de l'importance de la coopération entre la FINUL et les forces armées libanaises que la communauté internationale doit également soutenir de manière beaucoup plus solide. Dans le cadre de nos activités, nous ferons également tout ce qui est en notre pouvoir pour faciliter les négociations qui, nous l’espérons, aboutiront à une solution rapide en ce qui concerne la délimitation des frontières maritimes.»

Lors d'une conférence de presse commune, Berri a déclaré : «S'il y a une perturbation quelconque, la responsabilité incombe à Israël, qui occupe notre terre. Chaque jour, il y a une nouvelle violation israélienne de l'espace aérien libanais. [Les Israéliens] utilisent même notre espace aérien pour frapper la Syrie.»

Ces propos s'inscrivent dans le contexte d'une demande des Nations unies pour que le Liban facilite la mission des forces de la FINUL pendant leur travail sur le terrain.

Le Hezbollah entrave souvent le travail de ces patrouilles sous prétexte qu'elles entrent dans une propriété privée.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.