La Turquie fait pression sur les talibans pour exploiter cinq aéroports afghans

Un C-17 Globemaster décolle tandis que des combattants talibans sécurisent le périmètre extérieur de l'aéroport international Hamid Karzai de Kaboul, en Afghanistan, le 29 août 2021. (Getty Images)
Un C-17 Globemaster décolle tandis que des combattants talibans sécurisent le périmètre extérieur de l'aéroport international Hamid Karzai de Kaboul, en Afghanistan, le 29 août 2021. (Getty Images)
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Publié le Mardi 21 décembre 2021

La Turquie fait pression sur les talibans pour exploiter cinq aéroports afghans

  • L'accord pourrait voir Ankara acquérir une plus grande influence au niveau des questions politiques et sécuritaires régionales
  • La proposition comprend une participation conjointe turco-qatarie

ANKARA: Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a annoncé lundi qu'une entreprise turque et une entreprise qatarie soumettraient conjointement pour approbation une proposition aux talibans visant à gérer cinq aéroports en Afghanistan «si les conditions sont favorables».

Une semaine chargée attend les délégations techniques alors qu'un groupe d'experts devrait d'abord se rendre à Doha, avant de se rendre en Afghanistan pour discuter des détails de l'exploitation de l'aéroport de Kaboul – un point clé pour acheminer l'aide humanitaire aux civils afghans – et de sa réouverture aux voyages internationaux.

Les spécialistes soulignent le fait que la participation de la Turquie et du Qatar à la gestion des aéroports aidera les talibans à maintenir leurs liens avec les acteurs internationaux et à échapper à l'isolement international, tandis qu'Ankara utilisera également sa carte afghane pour rétablir les liens avec Washington et prendre un point d’ancrage dans la géopolitique régionale.

En attendant, les délégations turque et qatarie, qui ont déjà signé un accord commun sur l'exploitation des aéroports en Afghanistan, feront des propositions communes aux talibans qui seront discutées mercredi.

La Turquie proposait initialement d'exploiter l'aéroport international Hamid Karzai de Kaboul avec une assistance technique et sécuritaire, alors que des questions restent sans réponse sur les raisons pour lesquelles le plan initial a changé, ainsi que sur les avantages de cette proposition pour la sécurité régionale et la canalisation de l'aide humanitaire.

Dimanche, Cavusoglu a rencontré le ministre taliban des Affaires étrangères par intérim, Amir Khan Muttaqi, en marge de la réunion de l'Organisation de la coopération islamique à Islamabad, pour discuter de la question de l'aéroport.

«Alors qu’ils ont réussi à s'emparer militairement de l'Afghanistan et que le processus de paix de Doha est mort, les talibans souhaitent maintenant accroître leur capacité de gouverner, tout en manquant de légitimité à la fois sur les plans interne et international», a affirmé à Arab News Zalmai Nishat, chercheur à l'Asia Centre de l’université du Sussex.

«Les talibans auraient demandé de rendre opérationnels ces aéroports dans l'ouest, le nord, le sud et le centre de l'Afghanistan. Le manque de capacité dans ces aéroports est un problème clé et la Turquie peut y répondre avec ses connaissances techniques indispensables», a-t-il ajouté.

Cependant, Nishat a insisté sur le fait que lors du nouveau cycle de négociations avec les talibans, la Turquie devrait concevoir sa propre politique afghane et utiliser sa stature et son prestige pour assurer une représentation démocratique de toutes les communautés ethniques et sectaires, ainsi que les factions politiques d'Afghanistan.

Avec son rôle de non-combattant dans le pays au fil des ans, la Turquie a établi des liens avec divers segments de la société afghane, et notamment les talibans.

Le gouvernement turc insiste pour inclure des personnalités turques issues de groupes minoritaires – comme les Turkmènes et les Ouzbeks – ainsi que des femmes, dans le nouveau gouvernement afghan.

«En aidant à gérer les aéroports, Ankara envisage de prendre un point d’ancrage en Afghanistan en vue d’aider le pays à atteindre ses objectifs plus larges dans la région», a déclaré à Arab News Galip Dalay, chercheur au German Institute for Security and policy affairs.       

«Toutes les puissances régionales ont déjà joué un rôle en Afghanistan et le seul rôle que la  Turquie puisse occuper actuellement c’est l’établissement d’une véritable influence au niveau de la gestion des aéroports», a-t-il ajouté.

Cependant, pour Dalay, Ankara est susceptible d'apporter à la table des négociations le rôle «sécuritaire» qu'elle veut assumer dans les aéroports d'Afghanistan.

«Le Qatar est disposé à partager ces responsabilités avec la Turquie sur cette question car il n'a pas les compétences nécessaires pour gérer la sécurité des aéroports», a-t-il précisé.

Dalay a également indiqué que les talibans et Ankara trouveraient un terrain d'entente pour le rôle sécuritaire dans les aéroports sans être limités aux rôles techniques ou civils.

«Les talibans se trouvent actuellement dans un isolement économique et politique sur la scène internationale, et ils seront ouverts à toute offre pour le briser. À ce stade, un entrepreneur privé turc peut assumer le rôle sécuritaire dans les aéroports, la Turquie gagnant ainsi en influence dans ses relations vis-à-vis de l'administration Biden et de l'UE avec cette nouvelle responsabilité, du fait qu’elle ouvrira des canaux d'aide humanitaire au pays et aidera à gérer les flux migratoires vers l'Europe», a-t-il affirmé.

Lundi, Cavusoglu a déclaré qu'une société turque et une société qatarie avaient signé un protocole d'accord pour la gestion de cinq aéroports en Afghanistan, dont l’aéroport Hamid Karzai, sans spécifier le nom des quatre autres.

 Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Niger: plusieurs soldats tués dans des attaques d'un groupe rebelle dans le Nord

Le Premier ministre du Gouvernement d'unité nationale (GNU) de Libye, basé à Tripoli, Abdulhamid Dbeibah, reçoit le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, au siège du GNU à Tripoli, le 15 juin 2026. (Photo : Mahmud Turkia / AFP)
Le Premier ministre du Gouvernement d'unité nationale (GNU) de Libye, basé à Tripoli, Abdulhamid Dbeibah, reçoit le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, au siège du GNU à Tripoli, le 15 juin 2026. (Photo : Mahmud Turkia / AFP)
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  • Des attaques ont "visé tôt vendredi des postes de sécurité mixtes de Séguédine", a indiqué dimanche à l'AFP une source sécuritaire dans le nord du Niger
  • "Il y a eu plusieurs morts et des dégâts", a précisé la même source, sans plus de détails

ABIDJAN: Plusieurs soldats ont été tués dans des attaques menées vendredi par un groupe rebelle contre des positions des forces nigériennes à Séguédine, dans l'extrême nord désertique du pays, a appris l'AFP dimanche de sources sécuritaire et locale.

Séguédine est une petite localité-oasis située dans l'extrême nord-est du Niger, un point de transit pour les flux migratoires vers la Libye et l'Europe.

Des attaques ont "visé tôt vendredi des postes de sécurité mixtes de Séguédine", a indiqué dimanche à l'AFP une source sécuritaire dans le nord du Niger.

"Il y a eu plusieurs morts et des dégâts", a précisé la même source, sans plus de détails.

Dimanche après-midi, les autorités nigériennes n'avaient pas encore communiqué sur ces attaques.

Un habitant de Bilma, le département qui administre Séguédine, a déclaré à l'AFP que ces attaques ont "fait des morts et une partie du camp militaire et des véhicules ont été incendiés" par les assaillants.

Les attaques ont été revendiquées samedi par les rebelles du Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ), qui ont affirmé avoir fait "15 victimes dans les rangs des FDS" (Forces de défense et de sécurité) nigériennes, dans un communiqué publié samedi sur sa page Facebook.

L'AFP n'a pas pu confirmer dans l'immédiat ce bilan de sources indépendantes.

Le MPLJ est un groupe rebelle qui soutient le président Mohamed Bazoum, renversé par un coup d'Etat en juillet 2023 et détenu depuis.

Selon ce mouvement, ses "forces ont mené une opération contre le camp de la Garde nationale" et un "poste mixte de la police, de la gendarmerie et de la douane" de Siguédine.

Le MPLJ souligne que "les affrontements" avec l'armée "ont occasionné d'importants dégâts matériels" et dit avoir "emporté du matériel roulant et une quantité d'armes et des munitions".

Ce groupe mène depuis deux ans des attaques sporadiques contre l'oléoduc long de 2.000 km qui achemine le pétrole brut nigérien vers le Bénin, pays côtier voisin.

En février, l'armée nigérienne avait repoussé vers le Tchad une attaque du MPJL visant cet oléoduc dans le nord-est qui abrite des puits de pétrole.

Le MPLJ et son leader Moussa Konaï, qualifiés de "terroristes" par Niamey, réclament notamment le retour à l'ordre constitutionnel au Niger, dirigé par le général Abdourahamane Tiani.


Trump dit qu'il va déclarer que le détroit d'Ormuz est "un territoire des Etats-Unis"

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  • Donald Trump affirme que le détroit d’Ormuz pourrait devenir un « territoire américain » après la défaite de l’Iran, une déclaration que la Maison Blanche présente comme une plaisanterie
  • Trump assume la guerre contre l’Iran malgré la hausse de plus de 35 % du prix de l’essence aux États-Unis, tandis que Téhéran affirme qu’Ormuz « restera iranien »

Garden City, États-Unis: Donald Trump a dit vendredi qu'une fois l'Iran battu, il déclarerait le très stratégique détroit d'Ormuz comme un "territoire des Etats-Unis", sur un ton laissant penser qu'il plaisantait.

Il a aussi défendu sa décision d'entrer en guerre pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, disant qu'il ne s'"excuserait jamais" pour cela en dépit de la hausse du prix du carburant subie par les Américains.

"Une fois que nous aurons fini de battre l'Iran (...), bientôt je déclarerai le détroit d'Ormuz comme étant un territoire des Etats-Unis", a dit le président américain, avec un petit sourire, pendant un meeting à Garden City, près de New York.

Donald Trump répète que les Etats-Unis ont le "contrôle" du détroit d'Ormuz, une affirmation que Téhéran a qualifiée de "mensonge".

Selon Brian Schwartz, un journaliste du Wall Street Journal qui cite sur X un haut responsable de la Maison Blanche, le président "plaisantait" en disant qu'Ormuz deviendrait un "territoire américain".

Samedi matin, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a réagi à la déclaration du président américain en assurant sur X que le détroit d'Ormuz "restera iranien".

"Le détroit d'Ormuz a été iranien, est iranien et restera iranien. Ce détroit ne sera ouvert et fermé que sur ordre de l'Iran. Tant que vous refuserez d'accepter la réalité de votre défaite et que vous continuerez à vous bercer d'illusions, l'Iran continuera à imposer un blocus", a déclaré M. Gharibabadi.

"Le détroit d'Ormuz ne peut pas être pris d'assaut avec un tweet ou un porte-avions, ni par un décret présidentiel, ni par un discours de campagne électorale", a également martelé le responsable iranien.

Dans les faits, ce passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole est verrouillé par l'Iran depuis le début de la guerre, alors que les Etats-Unis imposent de leur côté un blocus aux ports iraniens.

L'Iran n'aura "jamais l'arme nucléaire", a aussi affirmé Donald Trump.

"Si vous devez payer un peu plus" pour l'essence, "c'est ok. (...) Je ne m'excuserai jamais. J'ai pris la bonne décision", a-t-il déclaré.

Par rapport au niveau d'avant la guerre, le prix de l'essence aux Etats-Unis s'affichait vendredi en hausse de plus de 35%.

Le conflit est impopulaire et le mécontentement des ménages face au coût de la vie vaut à la cote de popularité de Donald Trump d'avoir fortement baissé.

Cette défense du conflit en Iran vient juste après que le vice-président JD Vance a tenu un discours un peu différent sur les objectifs poursuivis.

"Le pétrole a baissé et il est beaucoup plus bas que les sommets atteints au début du conflit. Voilà l'objectif numéro un, faire en sorte que le pétrole et l'essence restent bon marché pour les Américains", a-t-il dit sur la chaîne Fox News.

"Et ensuite l'objectif numéro deux est évidemment d'assurer que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire", a ajouté JD Vance, en déclarant: "Je pense que nous sommes en train de réaliser ces deux objectifs."


Washington menace l'Iran d'un isolement «jamais vu», loin des promesses d'accord sur Ormuz

Une photo d'archive non datée, diffusée le 11 novembre 2020 par KNPC, une filiale de la Kuwait Petroleum Corporation, montre l'unité de distillation du brut de la raffinerie de Mina Abdullah, située dans le quartier de Fahaheel, à environ 35 kilomètres au sud de Koweït City. (AFP)
Une photo d'archive non datée, diffusée le 11 novembre 2020 par KNPC, une filiale de la Kuwait Petroleum Corporation, montre l'unité de distillation du brut de la raffinerie de Mina Abdullah, située dans le quartier de Fahaheel, à environ 35 kilomètres au sud de Koweït City. (AFP)
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  • Le ton a changé en quelques jours: le 4 août, le même Scott Bessent évoquait un accord possible avec Téhéran "aujourd'hui ou demain" pour rouvrir ce passage stratégique du commerce mondial d'hydrocarbures
  • Ces propos rassurants avaient fait grimper Wall Street et chuter les cours du pétrole

WASHINGTON: Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a menacé jeudi l'Iran d'un isolement économique "comme le monde n'en a jamais vu", nouveau signe d'un durcissement de Washington, qui promettait pourtant début août un accord imminent pour rouvrir le détroit d'Ormuz.

"Ce sera une combinaison d'un isolement économique comme le monde n'en a jamais vu et de la poursuite du blocus dans le détroit d'Ormuz, qui empêchera quoi que ce soit d'entrer ou de sortir des ports iraniens", a déclaré M. Bessent sur la chaîne conservatrice Newsmax, en promettant de nouvelles mesures, sans en préciser la nature: "Restez à l'écoute, d'autres annonces arrivent la semaine prochaine."

Le ton a changé en quelques jours: le 4 août, le même Scott Bessent évoquait un accord possible avec Téhéran "aujourd'hui ou demain" pour rouvrir ce passage stratégique du commerce mondial d'hydrocarbures. "Nous avons de très bonnes discussions", avait déclaré le même jour Donald Trump, assurant que l'Iran voulait passer un accord.

Ces propos rassurants avaient fait grimper Wall Street et chuter les cours du pétrole.

Cette nouvelle escalade verbale intervient alors que la guerre, déclenchée fin février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, approche de son sixième mois: le protocole d'accord conclu en juin pour y mettre durablement fin a volé en éclats début juillet, avant que Donald Trump ne suspende les frappes à la fin du mois, en conditionnant cette pause à la conclusion rapide d'un accord.

Tout accord devait inclure l'ouverture "complète et totale" du détroit d'Ormuz et "la fin de la menace nucléaire iranienne", avait-il affirmé le 1er août.

Le président américain semble depuis privilégier une approche plus attentiste, fondée sur la pression économique.

"Actes de piraterie" 

Sur le terrain, le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole mondial, reste le point de friction le plus brûlant.

Les Emirats arabes unis ont dénoncé une attaque iranienne menée jeudi soir contre deux navires affiliés à la compagnie pétrolière publique ADNOC qui franchissaient le détroit. Abou Dhabi a condamné les "actes de piraterie" des Gardiens de la Révolution qui constituent "une menace directe" pour "la sécurité énergétique mondiale".

Les Emirats ont demandé à l'Iran de "rouvrir complètement et sans condition" ce passage.

Téhéran a de son côté fustigé jeudi les "mensonges" de Donald Trump, qui avait assuré la veille, sur son réseau Truth Social, que les Etats-Unis avaient un contrôle "total" du détroit.

Ormuz reste "sous la gestion et le contrôle total de la République islamique", a martelé Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du commandement central Khatam al-Anbiya.

Dans les faits, le détroit est verrouillé par l'Iran depuis le début de la guerre, tandis que les Etats-Unis imposent un blocus aux ports iraniens. Téhéran exige des navires une autorisation et veut imposer à terme des frais de service, ce que Washington refuse.

Avant Scott Bessent, le vice-président JD Vance avait affiché jeudi sur Fox News la priorité donnée à l'arme économique: "l'objectif numéro un" des Etats-Unis est de "faire en sorte que le pétrole et l'essence restent bon marché pour les Américains", "l'objectif numéro deux" étant "d'assurer que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire".

M. Bessent a, lui, présenté sa stratégie comme la combinaison de deux leviers, l'asphyxie financière et le blocus physique, citant Cuba et le Venezuela en comparaison: "Le Venezuela s'est immédiatement effondré quand nous avons imposé le blocus", s'est-il félicité.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a accusé jeudi les Etats-Unis de "mauvais calculs" liés à des défaillances du renseignement. "Un exemple: la guerre contre l'Iran. Maintenant, un mauvais calcul encore plus important sur le détroit d'Ormuz", a-t-il écrit sur X.