Tunisie: HRW dénonce les poursuites contre des voix critiques

Selon Eric Goldstein, directeur par intérim de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HRW, «critiquer publiquement le président à la suite de son accaparement de pouvoirs additionnels», à partir du 25 juillet, «c'est prendre le risque de finir devant un tribunal». (Photo, AFP)
Selon Eric Goldstein, directeur par intérim de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HRW, «critiquer publiquement le président à la suite de son accaparement de pouvoirs additionnels», à partir du 25 juillet, «c'est prendre le risque de finir devant un tribunal». (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 24 décembre 2021

Tunisie: HRW dénonce les poursuites contre des voix critiques

  • Selon HRW, «en s'appuyant sur les lois répressives promulguées avant la révolution (...) les procureurs s'attaquent à ceux qui critiquent le président Saied»
  • Des députés, militants sur les réseaux sociaux et des personnalités politiques ont été poursuivis par des tribunaux militaires ou civils dans ce cadre

TUNIS : L'organisation Human Rights Watch a dénoncé jeudi la multiplication en Tunisie des poursuites judiciaires qui s'appuient sur des lois "répressives" contre les voix critiques du coup de force du président Kais Saied, y voyant un "danger" pour les libertés.

"Les autorités tunisiennes poursuivent des citoyens devant des tribunaux militaires et civils et les emprisonnent pour avoir critiqué publiquement le président Kais Saied et d'autres responsables", a affirmé dans un communiqué l'organisation de défense des droits humains.

Selon elle, "en s'appuyant sur les lois répressives promulguées avant la révolution (...) les procureurs s'attaquent à ceux qui critiquent le président Saied" et "sa saisie de pouvoirs exceptionnels".

Selon Eric Goldstein, directeur par intérim de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HRW, "critiquer publiquement le président à la suite de son accaparement de pouvoirs additionnels", à partir du 25 juillet, "c'est prendre le risque de finir devant un tribunal".

M. Saied a invoqué le 25 juillet un "péril imminent" pour limoger le Premier ministre, suspendre les activités du Parlement et reprendre en main le pouvoir judiciaire.

Des députés, militants sur les réseaux sociaux et des personnalités politiques ont été poursuivis par des tribunaux militaires ou civils après des critiques publiques contre sa politique.

Par ailleurs, l'initiative "Citoyens contre le coup d'Etat", lancée par des opposants au coup de force de M. Saied, a annoncé jeudi que des députés suspendus et des personnalités politiques ont décidé d'entamer une grève de la faim pour protester contre une "oppression flagrante et une abolition complète des libertés".

"Il est devenu clair (...) que Kais Saied est déterminé à instaurer son régime autoritaire sous couvert de devises populistes", a indiqué ce mouvement sur sa page Facebook.

Le lancement de cette grève de la faim intervient au lendemain de la condamnation par contumace de l'ancien président Moncef Marzouki par un tribunal Tunis à quatre ans de prison pour avoir "porté atteinte à la sûreté de l'Etat à l'étranger" après des déclarations en France critiquant publiquement M. Saied.

"Un jugement émis par un juge pitoyable sur ordre d'un président illégitime", a réagi M. Marzouki sur sa page Facebook.

Un juge avait émis début novembre un mandat d'amener international contre M. Marzouki, deux semaines après une demande du président Saied à la justice tunisienne d'ouvrir une enquête sur des déclarations de l'ancien président et de retirer son passeport diplomatique à celui qui figure à ses yeux "parmi les ennemis de la Tunisie".

Le 16 décembre, le Syndicat national des journalistes en Tunisie a mis en garde contre "un danger imminent menaçant la liberté de la presse, des médias et d'expression" depuis le 25 juillet.

Il a dénoncé "un verrouillage médiatique et une violation flagrante du droit des journalistes d'accéder à l'information" de la part de la présidence de la République et du gouvernement.


La Turquie renforce son arsenal contre la presse avant les élections

Des personnes participent à une manifestation contre l'arrestation de neuf journalistes travaillant pour des médias kurdes, dont l'agence de presse Mezopotamya à Istanbul, le 31 octobre 2022. (Photo, AFP)
Des personnes participent à une manifestation contre l'arrestation de neuf journalistes travaillant pour des médias kurdes, dont l'agence de presse Mezopotamya à Istanbul, le 31 octobre 2022. (Photo, AFP)
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  • En octobre, le Parlement turc a adopté une nouvelle loi qui punit la diffusion de «fausse nouvelle» jusqu'à trois ans de prison, sans définir ce qui peut constituer une fausse information
  • La loi sur la désinformation permet aux autorités de suspendre internet ou de restreindre l'accès aux réseaux sociaux comme après l'attentat du 13 novembre à Istanbul (six morts, 81 blessés)

ISTANBUL: "Une arme de plus contre nous": à quelques mois d'élections cruciales en Turquie, le gouvernement a renforcé son arsenal répressif déjà bien garni contre la presse et l'opposition, s'inquiètent journalistes et activistes.

"La loi sur la désinformation, c'est une arme de plus contre nous dans l'arsenal du gouvernement", déplore Gokhan Bicici, rédacteur en chef du site d'information indépendant dokuz8NEWS, à Istanbul.

"Ils avaient déjà des armoires pleines de fusils et des dizaines d'outils et d'armes à leur disposition" pour réduire au silence les médias, indique-t-il à l'AFP depuis son bureau sur la rive asiatique de la ville.

Il cite notamment "l'insulte au président", accusation qui a permis ces dernières années de poursuivre des dizaines de milliers de voix critiques - étudiants, sportifs et même une ancienne Miss Turquie.

En octobre, le Parlement turc a adopté une nouvelle loi qui punit la diffusion de "fausse nouvelle" jusqu'à trois ans de prison, sans définir ce qui peut constituer une fausse information...

Le parti AKP (islamo-conservateur) et ses alliés nationalistes du MHP, majoritaires au Parlement, ont voté des amendements jugés "dangereux" et même "dystopiques" par les défenseurs des droits civils.

«Pouvoir discrétionnaire»

Pour le spécialiste du droit numérique Yaman Akdeniz, cette loi accorde "un large pouvoir discrétionnaire aux autorités" avec un risque patent d'arbitraire en période pré-électorale.

"Il n'est donc pas surprenant que la première personne poursuivie à ce titre soit le chef du principal parti d'opposition", relève-t-il.

Probable candidat à la présidentielle de juin 2023 face au chef de l'Etat Recep Tayyip Erdogan, Kemal Kilicdaroglu, patron du CHP, est poursuivi pour avoir accusé sur Twitter le gouvernement d'être responsable de "l'épidémie de méthamphétamine" qui frappe la Turquie.

M. Erdogan a ardemment défendu la loi, dénonçant les réseaux sociaux "sans limite, ni moralité, ni éthique qui attisent la polarisation et le feu de la haine".

Il s'était pourtant lui-même appuyé sur Twitter pour mobiliser ses partisans lors de la tentative de coup d'Etat de juillet 2016.

Avec la loi sur la désinformation, "le gouvernement pourra exercer un contrôle considérable sur les médias sociaux", redoute Emma Sinclair-Webb, représentante de Human Rights Watch.

"La loi (les) place dans une position très difficile: soit ils se conforment et suppriment des contenus; soit ils divulguent les données de leurs utilisateurs sous peine d'énormes amendes", détaille-t-elle.

Entré en vigueur alors que la cote du chef de l'Etat était au plus bas à cause de la crise économique et d'une inflation dépassant les 80%, le texte permet aux autorités de suspendre internet ou de restreindre l'accès aux réseaux sociaux comme après l'attentat du 13 novembre à Istanbul (six morts, 81 blessés).

«Davantage de pression»

Dans le viseur également, les journalistes et médias kurdes: Fatma Demirelli, directrice de l'ONG de soutien à la liberté d'expression P24, cite "de nouvelles arrestations visant un grand nombre de journalistes depuis cet été".

"Nous craignons que cette nouvelle loi (...) n'aggrave encore la situation", assure-t-elle à l'AFP.

Fin octobre, neuf journalistes ont été interpellés à Istanbul et d'autres villes du pays dont Diyarbakir, dans le sud-est à majorité kurde, accusés de liens avec des mouvements qualifiés de "terroristes", comme le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) auquel les autorités ont attribué l'attentat d'Istanbul.

Ce qui a porté à 76 le nombre de journalistes derrière les barreaux en Turquie, selon le décompte de la plateforme de surveillance de la liberté de la presse, Expression Interrupted.

Reporters Sans Frontières classe pour sa part la Turquie au 149e rang - sur 180 pays - de son index sur la liberté de la presse.

Fatos Erdogan, journaliste de dokuz8NEWS, affirme que les reportages sont de plus en plus difficiles.

"Nous avons déjà été victimes de violences mais j'ai le sentiment qu'il y aura davantage de pression", croit-elle, se disant "inquiète pour notre sécurité".

"Poursuites et menaces font partie de notre quotidien", confirme son rédacteur en chef, Gokhan Bicici.

"Désormais, se montrer prudents et éviter autant que possible d'être une cible est la principale préoccupation des journalistes en Turquie, même pour les plus libres d'entre eux", ajoute-t-il.


L'OCI salue les résolutions de l'ONU sur la cause palestinienne

Des femmes devant une école gérée par l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans la ville de Gaza, le 1er décembre 2022. (AFP).
Des femmes devant une école gérée par l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans la ville de Gaza, le 1er décembre 2022. (AFP).
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  • L'Organisation de la coopération islamique a salué l'adoption par l'Assemblée générale de l'ONU de cinq résolutions cruciales sur la Palestine et le Moyen-Orient
  • L’Assemblée générale des nations unies a également adopté une résolution pour commémorer le jour de la Nakba

DJEDDAH: L'Organisation de la coopération islamique (OCI) a salué l'adoption par l'Assemblée générale des nations unies de cinq résolutions cruciales sur la Palestine et le Moyen-Orient, parmi lesquelles un texte qui appelle Israël à cesser toute action visant à «modifier la composition démographique, le caractère et le statut du territoire palestinien occupé».

L'assemblée a adopté des résolutions relatives au mandat et au travail du Comité «sur les droits inaliénables du peuple palestinien, la division du secrétariat des Nations unies qui se consacre aux droits palestiniens», le programme médiatique sur la cause palestinienne et les principes de base d'une «solution pacifique» à la cause palestinienne.

Elle a également adopté une résolution pour commémorer le jour de la Nakba, lorsque les Palestiniens ont été chassés de chez eux en 1948 après la fondation d'Israël.

L'observateur permanent de l'État de Palestine a déclaré, au cours du débat, que la particularité d'Israël n'a fait qu'enhardir ses pires instincts, a constaté l'Assemblée générale des nations unies.

«Aujourd'hui, l'assemblée va enfin reconnaître l'injustice historique qui a frappé le peuple palestinien en adoptant une résolution qui décide de commémorer dans la salle de l'assemblée le 75e anniversaire de la Nakba», a-t-il ajouté.

L'OCI a salué les positions des pays qui ont contribué à parrainer et à soutenir ces résolutions, qui affirment leur engagement vis-à-vis du droit international conformément à leurs positions historiques, fondées sur les principes de vérité, de justice et de paix, a rapporté la SPA, l’agence de presse saoudienne.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com.


Un recruteur présumé du groupe Etat islamique extradé de Turquie vers l'Australie

Neil Christopher Prakash est apparu dans des vidéos de recrutement de l'EI dans lesquelles il exhortait les Australiens à se «réveiller» et à rejoindre le groupe (Photo, AFP).
Neil Christopher Prakash est apparu dans des vidéos de recrutement de l'EI dans lesquelles il exhortait les Australiens à se «réveiller» et à rejoindre le groupe (Photo, AFP).
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  • Neil Christopher Prakash, 31 ans, a été arrêté en Turquie en 2016 après avoir traversé le pays depuis la Syrie
  • Il a été condamné en 2019 à sept ans d'emprisonnement par un tribunal turc, qui l'a reconnu coupable d'appartenance à une organisation terroriste

SYDNEY: Un combattant du groupe Etat islamique (EI), qui aurait joué un rôle important dans la propagande de recrutement de cette organisation, va être inculpé pour "graves infractions terroristes" après avoir été extradé de Turquie vers l'Australie, a annoncé vendredi la police fédérale.

Neil Christopher Prakash, 31 ans, a été arrêté en Turquie en 2016 après avoir traversé le pays depuis la Syrie.

Il a été condamné en 2019 à sept ans d'emprisonnement par un tribunal turc, qui l'a reconnu coupable d'appartenance à une organisation terroriste.

La police fédérale australienne a fait savoir que M. Prakash était arrivé en Australie par avion vendredi matin.

"Une enquête a été lancée en 2016 lorsque l'homme se serait rendu en Syrie pour combattre avec l'Etat islamique", a-t-elle indiqué dans un communiqué, ajoutant qu'elle "plaidera devant le tribunal que l'homme a commis une série d'infractions terroristes graves".

Les autorités estiment que quelque 230 Australiens se sont rendus en Irak et en Syrie pour prendre les armes depuis 2012, M. Prakash en étant l'un des exemples les plus marquants.

Il est apparu dans des vidéos de recrutement de l'EI dans lesquelles il exhortait les Australiens à se "réveiller" et à rejoindre le groupe.

M. Prakash a été décrit par l'ancien Premier ministre conservateur Malcolm Turnbull comme l'un des "principaux financiers ou organisateurs" de l'EI au Moyen-Orient.

L'ex-procureur général australien George Brandis avait déclaré en 2016 que M. Prakash avait été tué en Irak à la suite d'une frappe aérienne américaine ciblée, mais il été confirmé par la suite qu'il avait seulement été blessé.