Faute de touristes chinois, les commerces de Hong Kong trouvent des opportunités

Cette photo prise le 10 décembre 2021 montre un homme faisant du vélo dans une rue de Sheung Shui, une ville du nord-ouest de Hong Kong.(AFP)
Cette photo prise le 10 décembre 2021 montre un homme faisant du vélo dans une rue de Sheung Shui, une ville du nord-ouest de Hong Kong.(AFP)
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Publié le Dimanche 26 décembre 2021

Faute de touristes chinois, les commerces de Hong Kong trouvent des opportunités

  • Sheung Shui, premier quartier après le poste frontière venant de Chine continentale, profitait autrefois des recettes générées par les touristes du continent venant s'approvisionner en produits hors taxes pour les revendre chez euX
  • En janvier 2019, soit juste avant le début des manifestations, un record de 5,5 millions de personnes étaient arrivées du continent à Hong Kong

HONG KONG : Trois années de manifestations pro-démocratie suivies par la pandémie de coronavirus ont porté un coup dur aux commerçants de Hong Kong qui dépendaient toujours plus de l'argent des touristes de Chine continentale, mais la baisse du coût des baux commerciaux a créé de nouvelles opportunités.

Sheung Shui, premier quartier après le poste frontière venant de Chine continentale, profitait autrefois des recettes générées par les touristes du continent venant s'approvisionner en produits hors taxes pour les revendre chez eux. C'est le concept dit du commerce parallèle.

"Les gens associent Sheung Shui au commerce parallèle et à la Chine continentale", explique Eugene Chan, 22 ans, qui habite ce quartier depuis son enfance.

Le jeune homme se souvient des trottoirs envahis d'acheteurs remplissant leurs valises de cosmétiques, de lait pour bébés ou de produits ménagers pour répondre à l'énorme demande de l'autre côté de la frontière.

En janvier 2019, soit juste avant le début des manifestations, un record de 5,5 millions de personnes étaient arrivées du continent à Hong Kong, qui compte 7,5 millions d'habitants.

 « Rues dorées »

Dans le sillage des grands rassemblements pro-démocratie et de la fermeture des frontières liée au Covid-19, ce chiffre est tombé sous les 3.000.

"C'est une énorme baisse de la demande", souligne à l'AFP Simon Smith, un responsable de la société de conseil en immobilier Savills.

"Cet énorme volume de dépenses venu du continent, particulièrement axé sur le luxe, les montres, les bijoux, les marques avait vraiment propulsé les loyers vers des niveaux records", détaille-t-il. 

Les quartiers commerçants populaires de Hong Kong s'enorgueillissaient auparavant de leurs "rues dorées" où les loyers des magasins étaient plus élevés que ceux de la Ve Avenue de New York.

Aujourd'hui, selon M. Smith, ces loyers ont subi une "correction substantielle". Ils ont retrouvé les niveaux de 2003, soit une baisse de plus de 75% par rapport aux sommets atteints en 2013.

Les analystes ont noté une réorientation vers une consommation plus locale, certains magasins des zones commerçantes les plus en vues étant notamment repris par des enseignes meilleur marché.

Dans le quartier d'affaires Central, où les baux commerciaux étaient parmi les plus élevés au monde, la marque de luxe MCM a été remplacée en 2020 par la chaîne d'articles de sport Decathlon. Pour un loyer mensuel de 800.000 dollars hongkongais (environ 90.540 euros), soit une réduction de 70%, selon les calculs des médias locaux. 

« Petite communauté »

A Sheung Shui, des entrepreneurs comme Dream Law ont saisi l'occasion pour créer des entreprises s'adressant davantage aux habitants --en l'occurrence une épicerie. 

"A l'apogée (du tourisme continental), 80 à 90% des boutiques à Sheung Shui faisaient du commerce parallèle", précise M. Law à l'AFP, expliquant que les commerces de proximité (quincailleries, librairies, cinémas, etc) avaient été évincés par les hausses de loyer.

"Nous avions l'impression que ce quartier ne nous appartenait pas", ajoute-t-il. 

La situation économique dans les villes frontalières comme Sheung Shui a entraîné des manifestations à partir de 2012 et a largement contribué aux tensions croissantes entre la Chine et Hong Kong au cours de la dernière décennie.

Lorsque la pandémie a frappé, M. Law a profité des loyers très bas pour lancer BeWater Mart, qui se concentre sur les produits "fabriqués à Hong Kong". 

Son magasin, tout comme un café et un studio de poterie à proximité, font partie des nouvelles entreprises tentant de satisfaire la demande locale.

Mais pour Eugene Chan, la fermeture de la frontière n'est qu'une "pause" et il s'inquiète de la reprise du commerce transfrontalier.

Hong Kong, qui a suivi l'exemple de la Chine en adoptant une politique stricte de "zéro Covid", envisage actuellement une réouverture limitée de cette frontière avec le continent.

Des sondages ont montré que de nombreux Hongkongais étaient impatients de pouvoir de nouveau la franchir pour les affaires, le tourisme et les réunions de famille.

Selon M. Smith, la proposition du gouvernement de Hong Kong d'instaurer un quota quotidien, qui serait d'environ 1.000 personnes, n'aura pas d'"impact significatif" pour relancer les dépenses touristiques au point de les ramener aux niveaux pré-pandémie. 

En attendant, M. Chan s'efforce de profiter du présent: "L'atmosphère n'est pas aussi étouffante ou trépidante, au contraire, on se sent comme une petite communauté". 


L'Iran et les Etats-Unis jugent un accord proche

Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
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  • L’Iran et les États-Unis se disent proches d’un accord pour mettre fin à plusieurs mois de tensions au Moyen-Orient
  • Des désaccords persistent sur le nucléaire iranien, les sanctions économiques et le dossier libanais

TEHERAN: L'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, un haut responsable américain affichant également un ton optimiste.

Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.

"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir", a-t-il déclaré.

Le ministre a affirmé que le projet d'accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz.

Il a cependant accusé Israël de chercher des "prétextes" pour faire "dérailler" un éventuel accord avec Washington.

Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans le conflit. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.

- Signature "à distance" -

Et à Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti, sous le couvert de l'anonymat.

La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance".

Les marchés parient de leur côté sur une telle issue, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.

Le président américain, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par les Etats-Unis.

Il s'est fendu vendredi d'un message furieux sur son réseau Truth Social: "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit".

"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il écrit aussi.

- Dilution de l'uranium -

L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium, le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.

Washington a livré de son côté une toute autre version du texte.

Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.

Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%.

Diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires.

Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.

- Liban -

Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.

Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.

Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.

Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.